Payer la rançon : le meilleur moyen d’être attaqué une seconde fois…

Les résultats d’une étude mondiale sur le ransomware menée en avril 2021 auprès de 1263 professionnels de la sécurité (aux États-Unis, en Allemagne, Espagne, Royaume-Uni, à Singapour et aux Émirats Arabes Unis, et comptant 150 professionnels français) affiche que la moitié des organisations interrogées au niveau mondial ont été victimes d’un ransomware lors des deux dernières années. L’étude démontre surtout que payer la rançon n’est pas la meilleure voie à suivre.

Dans la très grande majorité des cas, les entreprises ayant payé ont été attaquées une seconde fois : c’est le cas pour 60% des entreprises en France et 80% dans le monde.

Dans de nombreux cas les données ont tout de même été compromises, malgré le paiement : 53% des entreprises françaises estiment que leurs données ont été compromises, et sont donc toujours exposées, malgré le paiement de la rançon (45% au niveau mondial).

« Le paiement d’une rançon ne garantit en effet pas une reprise réussie. Et surtout cela ne fait qu’exacerber le problème en encourageant de nouvelles attaques. Il faut encourager les entreprises à prendre les devants sur la menace en sensibilisant et en s’équipant en solutions de sécurité axée sur la prévention » déclare Lior Div, directeur général et cofondateur de Cybereason.

Autre élément d’intérêt : les 3 pays (de l’étude) les plus ciblés par les ransomwares sont aussi ceux qui payent le moins les rançons !

Avec 70% d’entreprises ciblées au cours des 24 derniers mois, la France est bien plus ciblée par les ransomwares que les États-Unis par exemple, où environ 30% des entreprises ont dû affronter ces acteurs malveillants. L’Espagne (72%) et l’Allemagne (70%) sont les deux autres nations analysées dans le cadre de l’étude ayant été les plus ciblées.

En revanche, contrairement aux idées reçues, les pays les plus ciblés ne sont pas forcément ceux qui payent le plus : plus de 80% des entreprises américaines ont déclaré avoir accepté de payer la rançon, plus de 73% au Royaume-Uni, alors qu’elles sont moins de 50% en France (environ 43% en Espagne et 40% en Allemagne).

Les entreprises subissent des conséquences sur le long terme

  • 39% des organisations françaises ont fait état d’une perte significative de revenus à la suite d’une attaque par ransomware. Elles sont 44% au niveau mondial.
  • En France, 19% des organisations ont déclaré la démission de cadres dirigeants suite à une attaque (45% au Royaume-Unis et 50% aux Émirats arabes unis)
  • Pire, 22% des entreprises attaquées par rançongiciel ont été contraintes de cesser leur activité (c’est environ 26% au niveau mondial).

Le rapport complet mis à disposition de la presse par Cybereason révèle également dans quelles mesures les pertes subies par l’entreprise peuvent être couvertes par une cyberassurance, dans quelles mesures les organisations sont préparées à faire face aux menaces de ransomware avec des politiques de sécurité et des ressources adaptées, et des informations plus détaillées sur l’impact des attaques par ransomware par région, taille d’entreprise et secteur vertical.

En outre, le rapport fournit des données exploitables sur les types de solutions de sécurité que les organisations avaient en place avant une attaque, ainsi que sur les solutions les plus souvent mises en œuvre par les organisations après avoir subi une attaque par ransomware.

CyberGendMar – Nouveau partenariat entre la Gendarmerie maritime (GMar) et l’association « France Cyber Maritime » au profit de la cyber sécurité

CyberGendMar – Le 8 juin 2021, le général Guillaume Grimaux, commandant la gendarmerie maritime et Frédéric Moncany de St-Aignan, président de l’association « France Cyber Maritime », ont signé une convention de coopération sur la prévention et la lutte contre les actes de cyber délinquance dans les domaines maritime et portuaire.

Cette nouvelle coopération mobilisera la Cellule nationale cyber maritime de la gendarmerie maritime (CyberGendMar) et le service Maritime computer emergency response team (CERT-M) de l’association « France Cyber Maritime ».

La CyberGendMar réalise des enquêtes judiciaires à caractère cyber auprès de tout acteur maritime, à terre comme en mer. Répartis au sein des unités, 43 correspondants experts en nouvelles technologies (N’Tech), travaillent avec différents acteurs des domaines maritime et portuaire (Maritime Information Cooperation and Awareness Center – MICA Center, le centre d’expertise français dédié à la sûreté maritime, à compétence mondiale – et le Centre de lutte contre les criminalités numériques).

Le CERT-M est un centre de surveillance des incidents ou attaques cyber rattaché à l’association « France Cyber Maritime ». C’est une émanation du Centre de conseil de cyber sécurité du monde maritime (C2M2) qui dépend du Secrétariat général de la Mer (SGMer) avec l’appui de l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI).

Ce nouveau partenariat porte sur l’échange d’informations entre la CyberGendMar et le CERT-M pour lutter contre les attaques cyber des entreprises affiliées à leur réseau. Cette coopération s’appuie sur l’identification de l’attaque cyber par le CERT-M, l’investigation et la prise en charge de l’incident par les enquêteurs de la CyberGendMar.

Face à la montée des actes de cyber délinquance dans le monde maritime, la GMar, une des cinq composantes opérationnelles de la Marine nationale, renforce son dispositif de lutte contre la cybercriminalité.