Wipers et botnets IoT dominent le paysage des menaces

La guerre entre la Russie et l’Ukraine, la multiplication des équipements connectés et les botnets IoT ont eu le plus fort impact sur les menaces visant les systèmes de contrôle des processus industriels (ICS).

Selon le dernier rapport de sécurité OT et IoT de Nozomi Networks Labs, les malwares de type « wipers », l’activité des botnets IoT et la guerre entre la Russie et l’Ukraine ont eu un fort impact sur le paysage des menaces au premier semestre 2022.

Depuis le début de l’invasion de l’Ukraine par la Russie en février 2022, les chercheurs ont observé l’activité de plusieurs types d’acteurs malveillants, notamment des hacktivistes, des APT étatiques et des cybercriminels. Ils ont également été témoins de l’usage intensif de wipers, ainsi que de l’apparition d’un variant d’Industroyer, nommé Industroyer2, conçu dans le but de détourner le protocole IEC-104, couramment utilisé dans les environnements industriels. Comme le montre le blog ZATAZ, spécialiste de l’actualité liée à la lutte contre la cybercriminalité, les assauts des pirates informatiques Russes et Ukrainiens ont évolué de manière significative.

Toujours au premier semestre 2022, l’activité des botnets IoT s’est intensifiée et complexifiée. Nozomi Networks Labs a mis en place une série de honeypots destinés à attirer ces robots malveillants et à en capter l’activité afin d’en savoir plus sur la manière dont ils ciblent l’Internet des objets. Les analystes de Nozomi Networks Labs ont ainsi exprimé des préoccupations croissantes autour de la sécurité des mots de passe codés « en dur » et des interfaces Internet servant à l’identification des utilisateurs. De janvier à juin 2022, les honeypots de Nozomi Networks ont permis les découvertes suivantes :

Mars 2022 a été le mois le plus actif, au cours duquel ont été collectées près de 5000 adresses IP distinctes de cyberattaquants. Les plus nombreuses de ces adresses IP se situaient en Chine et aux Etats-Unis. Les identifiants root et admin sont les plus fréquemment ciblés et exploités selon diverses méthodes par des acteurs malveillants afin d’accéder à l’ensemble des commandes et comptes utilisateurs.

En matière de vulnérabilité, les secteurs de la fabrication et de l’énergie demeurent les plus exposés, suivis par la santé et le commerce.
La CISA a rendu publiques 560 CVE, un nombre en recul de 14 % comparé au second semestre 2021.
Le nombre de fabricants touchés a augmenté de 27 %.
Le nombre de produits touchés est lui aussi en hausse, de 19 % par rapport au second semestre 2021.

« Cette année, le paysage des cybermenaces s’est complexifié, commente Roya Gordonde chez Nozomi Networks. « De nombreux facteurs, notamment la multiplication des équipements connectés, la sophistication des acteurs malveillants ou encore l’évolution des motifs des attaques accentuent le risque de piratages de données ou de cyberattaques physiques. Heureusement, les défenses de sécurité évoluent elles aussi. Des solutions sont disponibles dès à présent pour apporter aux infrastructures critiques la visibilité réseau, la détection dynamique des menaces et les informations de veille exploitables nécessaires pour réduire leurs risques et renforcer leur résilience. »

Vulnérabilité à pirate pour Microsoft Office 365 Message Encryption

Une faille dans l’outil Microsoft Office 365 Message Encryption peut permettre à des hackers malveillants d’accéder à vos courriels. Il n’existe, pour le moment, encore aucun correctif.

Microsoft Office 365 Message Encryption (OME) permet aux entreprises d’envoyer des e-mails chiffrés en interne et en externe. Cette solution utilise l’implémentation Electronic Codebook (ECB) – un mode de fonctionnement connu pour laisser fuiter certaines informations structurelles sur les messages.

En collectant suffisamment d’e-mails OME, des hackers peuvent déduire partiellement ou totalement le contenu des messages. Pour ce faire, ils doivent analyser l’emplacement et la fréquence des séquences répétées dans les messages individuels, puis faire correspondre ces séquences à celles trouvées dans d’autres e-mails et fichiers OME.

« Les hackers qui parviennent à mettre la main sur plusieurs messages peuvent utiliser les informations ECB fuitées pour déchiffrer le contenu de ces messages. Plus le hacker dispose d’un nombre important d’e-mails, plus ce processus est facile et précis. Ils peuvent mener cette opération soit en mettant la main sur des archives d’e-mails volés lors de violations de données, soit en s’introduisant sur un compte ou un serveur de messagerie, soit en accédant aux sauvegardes », explique Harry Sintonen, consultant et chercheur en sécurité chez WithSecure, qui a découvert le problème.

Les pirates peuvent mener une analyse tout en étant hors ligne, et donc compromettre des archives d’anciens messages. Malheureusement, les entreprises n’ont aucun moyen d’empêcher un hacker en possession des e-mails d’en compromettre le contenu en utilisant cette méthode.

Il n’est pas non plus nécessaire de connaître les clés de chiffrement pour effectuer l’analyse. Et l’utilisation d’un système BYOK (Bring Your Own Key) ne résout pas le problème.

Harry Sintonen a partagé ses recherches avec Microsoft en janvier 2022. Microsoft a reconnu le problème mais… aucun correctif n’a cependant été publié depuis !

Les entreprises peuvent choisir de renoncer à utiliser cette fonctionnalité mais le risque que des hackers accèdent à des e-mails existants déjà chiffrés avec OME demeure.

Toute entreprise dont le personnel utilisait OME pour chiffrer les e-mails est coincée. Pour celles qui sont soumises à des exigences de confidentialité dans le cadre de contrats ou de réglementations locales, cela peut créer des problèmes. Et il y a, évidemment, les risques liés au vol de données lui-même, ce qui en fait un souci majeur pour les organisations.

Il n’existe donc pas de correctif publié par Microsoft, et aucun mode de fonctionnement plus sécurisé n’est disponible pour les administrateurs de messagerie ou les utilisateurs. Bref, en attendant et quand cela est possible, il est recommandé d’éviter d’utiliser OME pour assurer la confidentialité des e-mails.