Trente Mac mini font revivre le Cray-1

Un musée espagnol a construit une réplique du Cray-1 avec trente anciens Mac mini, une installation qui explique comment plusieurs ordinateurs peuvent unir leurs capacités de calcul.

Le Cray-1 revient sous une forme inattendue. Cinquante ans après son arrivée en 1976, ce supercalculateur emblématique possède une réplique grandeur nature au Musée de l’histoire de l’informatique, en Espagne. Sa structure accueille trente Mac mini, principalement commercialisés en 2012, réunis pour travailler ensemble. Le projet a demandé dix-huit mois de préparation et célèbre également le cinquantième anniversaire d’Apple. Les performances annoncées atteignent jusqu’à 1,5 téraflops sur des calculs matriciels. Cette installation pédagogique permet surtout de comprendre le calcul distribué, tout en rappelant ce que représentait Cray dans l’histoire des machines conçues pour traiter les problèmes scientifiques les plus exigeants.

Cray, un nom majeur du calcul scientifique

Avant de désigner cette étonnante reconstruction, Cray renvoie à un constructeur spécialisé dans les supercalculateurs. Ces ordinateurs sont conçus pour exécuter des calculs particulièrement lourds, avec des applications scientifiques, industrielles et stratégiques. Le nom vient de Seymour Cray, ingénieur américain qui a fondé Cray Research en 1972. Le Cray-1, livré en 1976, est devenu l’une des machines les plus reconnaissables de cette industrie.

Son apparence contribue à sa célébrité. Une structure incurvée, accompagnée d’une banquette, lui donne une silhouette inhabituelle pour un ordinateur. Cette disposition répondait à des contraintes techniques précises. La proximité des composants permettait de raccourcir les liaisons électriques et de limiter les délais de transmission des signaux. Les sièges dissimulaient notamment les alimentations électriques.

Le Cray-1 reposait sur le traitement vectoriel, une architecture adaptée à l’application d’opérations sur des séries de données. Ses usages comprenaient la conception aéronautique, les simulations nucléaires et la cryptographie. Pour les lecteurs intéressés par le renseignement, cette dernière application rappelle le lien ancien entre puissance informatique et traitement de problèmes stratégiques.

La réplique espagnole reprend son enveloppe à l’échelle réelle. À l’intérieur, le travail est confié à des ordinateurs Apple beaucoup plus récents. Il faut donc distinguer la reproduction visuelle du supercalculateur et son architecture informatique. L’installation ne restaure pas les circuits historiques du Cray-1 et ne permet pas, à elle seule, d’affirmer qu’elle reproduit son fonctionnement logiciel. Ce choix sert l’objectif de l’exposition. Les visiteurs peuvent observer comment une tâche de calcul change de dimension lorsqu’elle est répartie entre plusieurs machines. La silhouette historique attire le regard ; les ordinateurs qu’elle abrite rendent visible un principe essentiel du calcul contemporain.

Trente ordinateurs coordonnés dans une même structure

D’après les caractéristiques rapportées dans le texte fourni, l’ensemble comprend cinq Mac mini équipés de processeurs Intel Core i7 à quatre cœurs et vingt-cinq modèles dotés de Core i5 à deux cœurs. L’addition donne soixante-dix cœurs physiques, soit vingt pour les premiers et cinquante pour les seconds. La majorité des appareils datent de 2012. Sur une épreuve de multiplication matricielle, la configuration aurait atteint 1,3 téraflops. Un précédent fonctionnement mobilisant tous les cœurs aurait permis d’obtenir 1,5 téraflops. Ces valeurs décrivent les performances annoncées pour cette charge de travail particulière.

Le Cray-1 d’origine affichait une puissance maximale théorique d’environ 160 mégaflops. La comparaison avec les résultats de la réplique demande donc de la prudence : un plafond théorique et une mesure issue d’un test spécifique ne permettent pas d’établir directement un classement entre les deux architectures. Le musée rapproche deux générations informatiques, sans effacer leurs différences.

Un Mac mini principal assure la coordination des autres ordinateurs, qui fonctionnent sous macOS Mojave 10.14. Les échanges reposent sur MPI, une interface permettant aux programmes répartis sur plusieurs machines de communiquer. Chaque ordinateur constitue un nœud du cluster. L’enjeu consiste à organiser leur coopération pour qu’ils contribuent à un même calcul.

La construction doit également évacuer la chaleur. Les Mac mini sont installés verticalement, sur des supports en aluminium, dans une structure en acier. Cette disposition favorise la convection naturelle et évite l’ajout de ventilateurs au châssis. Elle ne signifie pas que les ventilateurs internes des ordinateurs ont disparu. Le niveau sonore annoncé se situe autour de 30 à 33 décibels.

Le musée envisage ensuite une installation réunissant soixante-dix à quatre-vingts Mac mini équipés de puces M4. Il affiche l’ambition de rejoindre le TOP500 des supercalculateurs. À ce stade, il s’agit d’un objectif annoncé.

Un Apple I vendu aux enchères à un prix record

L’année 1976 occupe également l’actualité des collectionneurs. Un Apple I encore fonctionnel, connu sous le nom de « Hatfield », a été vendu chez Bonhams pour 1 148 200 dollars, frais compris, soit environ 1,02 million d’euros. Selon la maison de ventes, il s’agit d’un record mondial aux enchères pour un Apple I commercialisé, une précision qui évite de confondre cette catégorie avec les prototypes et exemplaires particuliers. La vente s’est achevée le 14 octobre 2026, après vingt-huit minutes de compétition entre deux enchérisseurs.

Cet ordinateur porte la signature de Steve Wozniak sur sa carte mère. Son histoire est documentée jusqu’à son premier propriétaire, Fred Hatfield, dont il conserve le nom. Le lot comprend un écran, un clavier, une alimentation électrique ainsi que plusieurs documents, notamment un manuel et les instructions de l’interface cassette.

Une lettre signée par Steve Jobs en 1978 accompagne surtout la machine. Le cofondateur d’Apple proposait à Hatfield de restituer sa carte mère dans le cadre d’un échange vers un Apple II. Le propriétaire a décliné cette proposition, conservant ainsi son ordinateur de première génération. Bonhams souligne qu’il appartient aux moins de soixante-quinze Apple I authentifiés encore connus, dont une fraction seulement demeure opérationnelle.

Avec ses 8 Ko de mémoire vive et son processeur MOS Technology 6502, l’Apple I appartient à une autre branche de l’histoire informatique que le Cray-1. Le premier incarne les débuts d’Apple et de la micro-informatique ; le second, la recherche de performances pour les calculs scientifiques. Cinquante ans plus tard, l’un devient une pièce de collection à sept chiffres, tandis que la silhouette de l’autre accueille trente ordinateurs personnels réunis en cluster.

Laisser un commentaire Annuler la réponse