Cyber risque

Près de 90% des entreprises considèrent que le risque cyber a augmenté ces deux dernières années

Au cœur des préoccupations des entreprises, la cybersécurité est devenue en quelques mois un sujet clé, notamment dans un contexte de généralisation du travail à distance et de multiplication des attaques. Entreprises publiques ou privées, toutes les organisations sont désormais concernées. Ainsi, en tant que spécialiste de la transformation digitale des organisations, le cabinet de conseil mc2i s’est intéressé aux pratiques et inquiétudes des organisations au travers d’une étude menée en partenariat avec IDC (International Data Corporation). Si l’étude montre une nette tendance à la hausse des investissements, elle montre aussi que la gestion des cybermenaces reste complexe pour des organisations. Des efforts restent à faire sur l’identification des risques ainsi que sur les moyens de protection à mettre en œuvre.

L’augmentation du risque cyber impacte les dépenses de cybersécurité pour 75% des entreprises

Conscientes que le risque d’attaque cyber a augmenté depuis 2 ans, les entreprises sont désormais 88% à considérer que les cybermenaces peuvent impacter leur activité. Parmi celles-ci, les ¾ considèrent que l’augmentation du risque a des conséquences directes sur les dépenses en cybersécurité. En effet, 70% des répondants ont augmenté leurs dépenses de cybersécurité en 2021. Une accélération notable, puisqu’elles n’étaient que 45% à les avoir augmentées en 2020.

Cette tendance va se poursuivre en 2022 puisque selon les estimations, les dépenses consacrées à la sécurité IT atteindront 4,7 Md d’€ cette année (contre 4,3 Md en 2021).

« Les entreprises du secteur privé comme les organisations publiques sont conscientes qu’elles peuvent à tout moment être victimes de cyberattaques. En particulier, au cours des deux prochaines années, elles vont concentrer leurs efforts sur la lutte contre les attaques ciblées telles que les ransomwares. Cela passera par des investissements technologiques, notamment en matière d’automatisation et d’intelligence artificielle/Machine Learning, mais également en matière d’accompagnement via le recours à des services de sécurité IT. » explique Eddye Dibar, Senior Research Analyst chez IDC.

Plus d’une entreprise sur 2 vont augmenter leurs investissements dédiés à la sensibilisation des collaborateurs

Parmi les failles identifiées, c’est le comportement des collaborateurs qui inquiète le plus les responsables de la sécurité IT. Une réalité exacerbée dans un contexte post Covid puisque 2/3 des organisations jugent que le travail hybride entraîne une hausse des cybermenaces, (connexions internet vulnérables, hotspots wifi publics…). Alors que seules 43% des entreprises ont plus de 3/4 de leurs salariés sensibilisés à la cybersécurité, elles sont 55% à vouloir augmenter leurs dépenses en sensibilisation des salariés, considérée comme une priorité pour les 2 prochaines années par 64% des répondants.

« Une diversité de compétences alliant maîtrise technique, compréhension des enjeux métiers, capacité relationnelle, qualité pédagogique et appétence juridique est nécessaire pour répondre à la sensibilisation et à la formation des collaborateurs qui sera encore en 2022 l’un des investissements majeurs. Les entreprises cherchent des solutions pour sensibiliser et former rapidement de nombreuses personnes avec des méthodes et des approches innovantes telles que le recours à des formations immersives et ludiques. » affirme Nosing Doeuk, Directeur et associé chez mc2i.

Une prise de conscience qui amène une réflexion sur la mise en place d’une gouvernance et de moyens de protection contre les cybermenaces

Face aux cybermenaces, l’étude révèle que les entreprises françaises sont encore peu mâtures en matière de gouvernance et de gestion du risque cyber. En effet, plus de 3 ans après l’entrée en vigueur du RGPD, seules 4 entreprises sur 10 ont mis en place une entité chargée de la gouvernance des données, et seules 5% d’entre-elles considèrent qu’elles ont une très bonne capacité à adapter leur politique de conformité en fonction de la sensibilité de ces données. En matière de détection et de gestion des cyberattaques, le constat est également préoccupant puisque 40% des répondants n’ont pas encore de politique de détection des cyberattaques et 38% n’ont pas de process pour y répondre en cas de survenance.

Néanmoins, l’augmentation du risque amène une prise de conscience de la part des entreprises qui ont pour la majorité entamé une réflexion sur le renforcement de cette gouvernance. Pour cela, près de la moitié d’entre-elles prévoient d’avoir recours à une prestation de conseil ou d’audit afin de se faire accompagner. Par ailleurs, la souveraineté des données est aujourd’hui un enjeu pour 77% des répondants. Parmi ceux-ci, 50% déclarent d’ailleurs gérer désormais leurs données en interne, ou être en cours de rapatriement.

« Le contexte de tensions géopolitiques et commerciales fait apparaître une préoccupation nouvelle autour de la souveraineté numérique. C’est dans ce contexte de hausse de l’exposition à la menace que mc2i adapte constamment son offre d’accompagnement à la cybersécurité qui se veut différenciante par la constitution d’équipes pluridisciplinaires alliant maîtrise technique et fonctionnelle, pour répondre efficacement à des besoins désormais protéiformes. » complète Nosing Doeuk.

Face au risque cyber, l’assurance peine à convaincre

Alors que 41% des organisations ont déjà une police d’assurance associée à la gestion des cyber risques, près d’un tiers des répondants (26%) ne trouve pas de contrat adapté à ses besoins. La multiplication de clauses particulières (48%) et les prix trop élevés par rapport aux risques encourus (42%) sont les premiers freins évoqués par les entreprises.

Marchandises pirates ont été dopées par la pandémie

Les contrefaçons et les marchandises pirates ont été dopées par la pandémie, selon un nouveau rapport d’Europol. Les réseaux criminels se sont rapidement saisis des nouvelles perspectives commerciales et adaptés à la demande de produits générées par la pandémie. Les produits cosmétiques, les aliments, les produits pharmaceutiques, les pesticides et les jouets contrefaits constituent tous une menace grave pour la santé des consommateurs. Les contrefacteurs s’appuient à présent fortement sur le domaine numérique pour trouver des composants et distribuer des produits (tangibles et non tangibles) aux consommateurs par l’intermédiaire de plateformes en ligne, de médias sociaux et de services de messagerie instantanée. La plupart des marchandises de contrefaçon distribuées dans l’UE sont produites en dehors de l’UE.

La dernière évaluation menée à l’échelle de l’UE sur la menace posée par les atteintes à la propriété intellectuelle (Intellectual Property Crime Threat Assessment), réalisée conjointement par Europol et l’Office de l’Union européenne pour la propriété intellectuelle (EUIPO), révèle que la distribution de marchandises de contrefaçon a connu un succès florissant pendant la pandémie de COVID-19. La crise sanitaire a ouvert de nouvelles perspectives pour le commerce de contrefaçons et de marchandises pirates, et les criminels ont adapté leurs modèles commerciaux à la nouvelle demande mondiale.

Ce rapport, fondé sur des données à l’échelle de l’UE et sur les informations opérationnelles d’Europol, confirme que la contrefaçon et le piratage continuent de constituer une menace grave pour la santé et la sécurité des consommateurs, ainsi que pour l’économie européenne. Les importations de produits de contrefaçon et de marchandises pirates ont atteint 119 milliards d’EUR en 2019, soit 5,8 % de l’ensemble des marchandises entrant dans l’UE, selon les dernières données de l’OCDE et de l’EUIPO.

Outre les catégories des vêtements et autres produits de luxe contrefaits saisis, le commerce de produits susceptibles de nuire à la santé humaine, tels que les médicaments, les aliments, les boissons, les cosmétiques et les jouets de contrefaçon, se développe.

La découverte de produits pharmaceutiques de contrefaçon (de divers types de médicaments à des équipements de protection individuelle ou des masques chirurgicaux) est en constante augmentation ces dernières années. Autrefois distribués sur des marchés physiques, ils le sont à présent presque entièrement par la vente en ligne, ce qui suscite des préoccupations en matière de santé publique. Ces produits illicites proviennent toujours en grande partie de l’extérieur de l’UE, mais ils peuvent également être produits dans des laboratoires illégaux situés dans l’UE, qui sont difficiles à détecter et peuvent être mis en place avec relativement peu de moyens.

La production de denrées alimentaires illicites, et en particulier de boissons, est devenue plus professionnelle et plus complexe, certains contrefacteurs contrôlant l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement et de distribution. Les violations d’indications géographiques protégées continuent également d’être largement signalées.

Le rapport présente par ailleurs certaines tendances majeures dans divers secteurs de production principalement ciblés par les contrefacteurs. Les vêtements, les accessoires et les articles de luxe figurent toujours parmi les catégories de produits les plus contrefaites, et sont vendus à la fois en ligne et dans le commerce traditionnel. Ils représentent une très large part des quelque 66 millions d’articles de contrefaçon saisis par les autorités dans l’UE en 2020.

Fonctionnement des réseaux criminels

Le rapport souligne que la distribution de produits de contrefaçon repose principalement sur des plateformes numériques, tendance qui s’est accélérée avec la pandémie et la consommation en ligne généralisée. Les marchandises de contrefaçon sont proposées sur les marchés en ligne, via des services de diffusion en continu en direct, des vidéos et de la publicité sur les plateformes de médias sociaux, et sur les services de messagerie instantanée. Les distributeurs ciblent généralement leurs clients par le biais de réductions trompeuses ou de produits de marque à bas prix.

La contrefaçon est une activité très lucrative pour les réseaux criminels, lesquels récoltent d’importants bénéfices tout en courant relativement peu de risques.

La criminalité liée à la PI fait partie des priorités de l’UE dans la lutte contre la grande criminalité organisée pour la période 2022-2025, dans le cadre de la plateforme pluridisciplinaire européenne contre les menaces criminelles (EMPACT).

Le rapport souligne que, bien que la majorité des contrefaçons sur le marché de l’UE soient produites en dehors de l’Europe, principalement en Chine et dans d’autres régions d’Asie, la fabrication au sein de l’UE est une tendance qui prend de l’ampleur. L’augmentation des importations dans l’UE de matériaux d’emballage et de produits semi-finis contrefaits met clairement en évidence la présence d’installations de fabrication illégales dans l’UE. Les réseaux basés en Europe se livrant à des actes de criminalité liée à la PI distribuent les articles de contrefaçon importés et gèrent dans certains cas des installations modernes d’assemblage de produits semi-finis.

M. Christian Archambeau, Directeur exécutif de l’EUIPO, explique : « Cette nouvelle évaluation de la menace apporte un nouvel éclairage sur l’étendue et les tendances de la contrefaçon et du piratage au sein de l’UE, et souligne les graves préjudices qui peuvent être causés à la santé des consommateurs ainsi que l’incidence sur les entreprises légitimes, en particulier en ces temps difficiles de reprise après la pandémie de COVID-19. Les criminels ont démontré leur capacité à s’adapter aux nouvelles opportunités offertes par la pandémie, et nous devons continuer à soutenir, à travers notre collaboration étroite avec Europol, les efforts déployés par les autorités répressives dans la lutte contre la criminalité liée à la PI« .

Pour Mme Catherine De Bolle, Directrice exécutive d’Europol : « La pandémie de COVID-19 a offert aux criminels de nouveaux débouchés commerciaux pour la distribution de produits contrefaits et de qualité inférieure. Au mieux, ces produits ne fonctionneront pas aussi bien que les produits authentiques. Au pire, ils peuvent présenter des défaillances aux conséquences catastrophiques. Les saisies réalisées par les autorités répressives indiquent que ces marchandises sont de plus en plus produites au sein de l’UE, tandis que la pandémie de COVID-19 a encore renforcé le recours des criminels au domaine numérique pour s’approvisionner en produits illégaux et les distribuer. Ce rapport fait le point sur l’étendue de ce phénomène criminel et appelle une réaction axée sur des actions transfrontalières concertées tandis que nous entrons dans la période de reprise économique post-COVID. Les contrefacteurs sans scrupules doivent être les seuls à payer un prix élevé.« 

Autres marchandises de contrefaçon sur le marché

Les téléphones portables ainsi que leurs accessoires et composants figurent également parmi les principales catégories de marchandises contrefaites saisies et sont vendus en grande quantité lors d’événements tels que le Black Friday et le Cyber Monday. Dernièrement, les contrefacteurs ont profité de la pénurie mondiale de puces à semi-conducteurs.

Dans le cas des parfums et des cosmétiques, la production illicite concerne des produits de consommation courante, tels que le shampoing, le dentifrice ou les détergents.

Le commerce de pesticides illicites reste une activité extrêmement lucrative présentant un risque faible, soutenue par une demande élevée et des sanctions minimes à l’égard des contrevenants.

La COVID-19 a également entraîné une augmentation de l’offre de contenus numériques illicites, souvent liés à d’autres activités cybercriminelles. Le piratage prend désormais essentiellement la forme d’une délinquance informatique, et les sites web qui distribuent illégalement des contenus audiovisuels sont hébergés sur des serveurs situés en Europe, en Asie et au Moyen-Orient. (rapport)

Conférence cybersécurité : fuites et sécurisation

La société Barracuda organise une conférence en ligne dédiée à la  cybersécurité. Parmi les discussions, les fuite de données de ces derniers mois.

Et si vous vous mettiez dans la peau d’un pirate informatique, pour mieux les comprendre et donc mieux les contrer ! Les sociétés CVC-IT et Barracuda vous proposent d’assister à un conférence dédiée à la Cybersécurité. Ca se déroulera en ligne, le 29 Mars 2022, à 11H.

Le rendez-vous sera co-animée par Damien Bancal, spécialiste en cyber intelligence depuis plus de 30 ans et Alhan Douville de la société Barracuda.

Vous pourrez découvrir les fuites de données qui ont touché Internet, ces derniers mois et des cas concrets de sécurisation des données.

Cette conférence en ligne est gratuite. Pour vous inscrire -> ICI

Bourse : les cyberattaques font grimper des valeurs en bourse

La crise avec l’Ukraine a des répercussions de plus en plus mondiales. Désormais, même les internautes ne sont plus à l’abri. Un groupe de hackers russe, a publié un nouveau type de malware appelé “Cyclops Blink”. Plusieurs pannes sont recensées auprès de différents acteurs, cyberattaques ou coïncidence, la situation est bénéfique pour les sociétés de sécurité numérique à la bourse.

La guerre numérique est lancée

La situation en Ukraine a déclenché des mouvements de cyberattaques sur le gouvernement et les institutions ukrainiennes, mais on soupçonne aussi d’autres attaques sur des infrastructures européennes. L’attention sur le risque de cyberattaques a grimpé en flèche, faisait monter les valeurs des acteurs de la cybersécurité en bourse. Dans le cadre de l’effort de guerre, un groupe étatique russe appelé “Sandworm » a mis en ligne un nouveau malware qui attaque les pare-feux de ses cibles.

La situation est palpable pour la sécurité numérique, dans un contexte où dès qu’une panne sur un service est recensée, l’on se méfie d’une cyberattaque. C’était le cas pour le satellite Ka Sat, qui avait subi une interruption de fonctionnement, coupant ainsi l’accès à plusieurs opérateurs comme Nordnet en France. L’interruption est soupçonnée d’être d’origine criminelle. C’est également le cas pour des perturbations et des pannes suspectes sur différents logiciels comme Discord, Twitter ou encore Spotify.

Un élan pour la cybersécurité en bourse

Réalité ou coïncidences hasardeuses, la situation a mis en évidence la fragilité des infrastructures. Internet n’est pas une forteresse inatteignable et ses réseaux et services peuvent être la cible d’attaques. Ainsi, cette tendance est bénéfique pour plusieurs sociétés de cybersécurité qui ont vu les investisseurs miser sur leur valeur et faire monter les actions en bourse. Parmi les sociétés qui ont le plus profité de ce coup de projecteur, on peut citer Crowdstrike Holdings Inc. (+ 13 %), Fortinet Inc. (+ 11%), Palo Alto Networks (+13%) et Cloudflare (+18%). Les hausses des valeurs ne sont pas négligeables et le moment est propice pour un investissement dans ce secteur.

Les ETF qui suivent les valeurs de la cybersécurité en Amérique ont également progressé, suivant cette tendance. Le First Trust NASDAQ Cybersecurity ETF, le plus grand ETF de cybersécurité, a gagné presque 7 % fin février. Des augmentations similaires sont observées chez le ETFMG Prime Cyber Security et le Global X Cybersecurity ETF. En Europe également, les ETF de cybersécurité ont récupéré quelques points sur les pertes de l’année. L&G Cyber Security UCITS ETF est en hausse de 4 %. Cette tendance est suivie par d’autres ETF de Cybersécurité européenne. La hausse est encore légère, mais, est le signe d’un rebond intéressant. La situation géopolitique profite largement à ce secteur qui devrait connaitre des fortes hausses dans les semaines voir les mois à venir. Si la cybersécurité semblait peut-être superflue pour de nombreux investisseurs, le cadre actuel révèle bel et bien son utilité dans un conflit comme celui-là.

Cela peut être un moment intéressant si vous souhaitez vous lancer l’aventure boursière et investir dans des ETF ou des actions du secteur de la cybersécurité. Il faut évidemment rester prudent avec ces investissements, mais l’actualité est en faveur de cette tendance à la hausse pour ces valeurs.