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Alerte maximale : CISA redoute une exploitation massive du code source volé de F5

Une cyberattaque d’ampleur contre F5 a conduit l’agence américaine CISA à ordonner en urgence la mise à jour de tous les systèmes fédéraux vulnérables.

L’agence de cybersécurité américaine (CISA) alerte sur une menace majeure visant les réseaux fédéraux après le vol du code source et de failles non divulguées de F5 par un acteur étatique. Le gouvernement a publié une directive d’urgence obligeant toutes les agences civiles à mettre à jour leurs produits F5 d’ici le 22 octobre, afin de prévenir tout risque de compromission systémique.

Un vol stratégique du cœur technologique de F5

Le 9 août, F5 a découvert une intrusion prolongée et discrète dans ses environnements de développement, selon un rapport déposé à la SEC. L’entreprise, épaulée par CrowdStrike, Mandiant et les autorités fédérales, a confirmé que l’assaillant avait accédé au code source de sa suite BIG-IP — technologie clé utilisée pour le routage, la sécurité applicative et la gestion des accès dans les infrastructures critiques. Des informations sur des vulnérabilités encore non corrigées ont également été exfiltrées.
CISA estime que cet accès offre à l’attaquant un avantage technique majeur, lui permettant d’analyser en profondeur le code, d’identifier de nouvelles failles et de créer des exploits ciblés. L’agence craint que ces outils ne servent à s’infiltrer dans les réseaux fédéraux, voler des données sensibles et maintenir un accès persistant.

Une directive d’urgence face à un risque systémique

L’ordre fédéral impose la mise à jour immédiate de tous les équipements et logiciels F5 — physiques ou virtuels — avant le 22 octobre, et un rapport d’audit complet avant le 29. Les produits concernés incluent BIG-IP, F5OS, BIG-IP Next for Kubernetes, BIG-IQ et les clients APM.

Nick Andersen, directeur exécutif adjoint de la cybersécurité à CISA, a précisé qu’aucune compromission confirmée n’a été détectée dans les agences fédérales à ce jour, mais que des milliers d’appareils F5 sont déployés sur les réseaux gouvernementaux. L’agence prévoit des réunions d’information avec les entités locales, étatiques et privées.
Madhu Gottumukkala, directeur par intérim de CISA, a averti que la simplicité d’exploitation des failles volées « impose une action immédiate et décisive ». L’agence recommande également au secteur privé d’appliquer sans délai les correctifs, évoquant un risque de compromission « catastrophique » pour les systèmes critiques.

Une brèche surveillée, mais un adversaire inconnu

F5 affirme avoir évincé les intrus, réinitialisé ses identifiants et renforcé la supervision de ses environnements. Aucun signe de modification du code source ni de la chaîne d’approvisionnement logicielle n’a été observé, selon les validations indépendantes de NCC Group et IOActive.

L’entreprise indique ne pas connaître l’identité de l’acteur étatique responsable, mais plusieurs experts pointent des précédents impliquant des groupes affiliés à la Chine. En 2023, Mandiant avait déjà révélé que des sous-traitants du ministère chinois de la Sécurité d’État exploitaient une faille critique (CVE-2023-46747) affectant BIG-IP.

F5 a également confirmé que certains fichiers volés contenaient des informations techniques relatives à un faible pourcentage de clients. L’entreprise s’engage à notifier directement les clients concernés et à offrir à tous ses utilisateurs un abonnement gratuit au logiciel de détection Falcon EDR de CrowdStrike.

Cette attaque contre F5 illustre la vulnérabilité croissante des chaînes logicielles stratégiques. Si le vol de code source devient un levier d’espionnage à long terme, quelles contre-mesures structurelles peuvent encore garantir l’intégrité des systèmes fédéraux et industriels ?

Sources

F5 victime d’une compromission attribuée à un acteur étatique

Un acteur lié à un État a infiltré durablement le réseau de F5 et dérobé le code source ainsi que des données de vulnérabilités de BIG-IP, exposant des risques majeurs pour la chaîne d’approvisionnement numérique mondiale.

F5, éditeur américain de solutions réseau BIG-IP, a révélé une compromission prolongée par un acteur gouvernemental sophistiqué. L’attaquant aurait accédé aux serveurs internes responsables de la création et de la distribution des mises à jour logicielles, exfiltrant du code source et des informations sur des failles non publiées. Cette intrusion, détectée le 9 août, fait peser un risque critique de compromission de la chaîne d’approvisionnement pour des milliers d’entreprises et d’agences publiques qui utilisent BIG-IP. F5 a publié 44 correctifs et fait appel à IOActive, NCC Group, Mandiant et CrowdStrike pour enquêter. Les autorités américaines et britanniques ont depuis appelé à l’application urgente des mises à jour.

Comment l’intrusion s’est déroulée

F5, basée à Seattle, a confirmé qu’un groupe agissant pour le compte d’un gouvernement non nommé avait maintenu un accès persistant à son réseau interne pendant une période prolongée. L’intrusion, découverte le 9 août puis révélée publiquement, a montré que les assaillants avaient atteint le segment critique chargé de compiler et distribuer les mises à jour de BIG-IP.

Ce périmètre de build et de diffusion représente le pivot logique d’une attaque sur la chaîne d’approvisionnement : il signe, emballe et pousse le code vers des dizaines de milliers d’appareils déployés. Les serveurs concernés, situés à la périphérie des réseaux clients, gèrent l’équilibrage de charge et assurent le rôle de pare-feu applicatif, en inspectant et chiffrant le trafic.

F5 précise que des fragments du code source de BIG-IP ont été exfiltrés. Parallèlement, les assaillants ont dérobé des informations sur des vulnérabilités découvertes par F5 mais non encore corrigées ni rendues publiques, ainsi que certains paramètres de configuration client. Ce trio d’éléments — code source, failles non divulguées et configurations — réduit considérablement le temps et les ressources nécessaires pour concevoir des attaques ciblées et échapper à la détection.

L’entreprise souligne que la compromission concernait spécifiquement l’infrastructure liée à la distribution logicielle. Si l’enquête n’a pas montré de modification du code déployé ni d’altération du processus de signature, la fuite de ce matériel sensible constitue une escalade notable du risque de compromission en cascade. En d’autres termes, un acteur doté du code et des vulnérabilités internes pourrait théoriquement produire des mises à jour falsifiées ou des attaques exploitant directement les points faibles des clients.

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Portée et impact technique

Les équipements BIG-IP sont présents dans 48 des 50 plus grandes entreprises mondiales. Ces appliances, situées à l’entrée du réseau, inspectent tout le trafic entrant et sortant, gèrent le chiffrement TLS et appliquent les politiques d’accès. Dans de nombreux cas, elles détiennent aussi des identifiants administratifs privilégiés et des configurations adaptées à l’architecture interne des organisations.

La fuite de ces paramètres offre à un attaquant une cartographie détaillée de cibles potentielles. Elle révèle les chemins techniques menant aux systèmes les plus sensibles situés derrière le pare-feu applicatif.

À la suite de l’incident, F5 a publié 44 correctifs. Selon l’entreprise, ces vulnérabilités étaient accessibles à l’assaillant depuis au moins août, date de détection de l’intrusion. Aucune preuve n’indique que ces failles aient été exploitées avant leur correction.

Pour confirmer cette évaluation, F5 a mandaté plusieurs sociétés spécialisées : IOActive et NCC Group ont audité les composants accessibles depuis l’extérieur et n’ont trouvé aucune faille critique non corrigée ; Mandiant et CrowdStrike ont mené des analyses forensiques internes et conclu qu’aucune donnée financière ou client n’avait été volée.

Cependant, le maintien d’un accès furtif sur une longue période, dans une infrastructure connectée à la quasi-totalité des grands réseaux mondiaux, laisse ouverte la possibilité d’opérations ultérieures ciblées. D’un point de vue technique, la possession du code source et de données de vulnérabilités accélère la production d’exploits : les flux de contrôle, la logique de validation et la gestion cryptographique deviennent visibles pour l’attaquant.

L’association avec des configurations réelles d’entreprises réduit encore l’incertitude opérationnelle. Ensemble, ces éléments offrent à un acteur étatique les moyens de conduire une attaque de chaîne logistique à large échelle, potentiellement contre des infrastructures publiques critiques. L’enjeu dépasse F5 : les équipements BIG-IP se trouvent au cœur des architectures réseau de la majorité des grandes organisations américaines et britanniques, avec des implications directes pour la sécurité nationale et économique.

Réponses, atténuation et risques persistants

F5 affirme avoir immédiatement pris des mesures correctives. L’entreprise a diffusé des mises à jour couvrant l’ensemble des failles découvertes et a collaboré avec les autorités compétentes. Les investigations externes n’ont révélé ni altération du processus de build, ni signe d’exploitation active du matériel volé.

Malgré cela, les centres nationaux de cybersécurité américains (CISA) et britanniques (NCSC) ont diffusé des alertes officielles. Ils demandent à toutes les administrations et entreprises d’inventorier leurs équipements BIG-IP et d’appliquer sans délai les mises à jour de sécurité. Les recommandations s’étendent au secteur privé, notamment dans les télécoms, la finance et les infrastructures critiques.

Ces consignes reposent sur un principe de précaution : un adversaire disposant des vulnérabilités et des configurations peut préparer des attaques ciblées à long terme. Le déploiement de correctifs réduit le risque immédiat, mais ne garantit pas l’absence de mécanismes d’accès persistants.

F5 reconnaît les limites d’une détection a posteriori. Dans des environnements complexes, il est difficile de prouver qu’aucune modification invisible ne subsiste. Cette incertitude pèse désormais sur les clients : ils doivent considérer la compromission comme un risque systémique et renforcer leur surveillance.

Les administrateurs sont invités à recenser les appliances BIG-IP installées, vérifier leurs versions logicielles et examiner les journaux d’accès pour détecter toute activité anormale. Un suivi spécifique du trafic sortant depuis ces dispositifs peut permettre d’identifier d’éventuelles communications non autorisées.

D’un point de vue renseignement, cette opération illustre la stratégie des acteurs étatiques : pénétrer la chaîne d’approvisionnement pour obtenir un effet démultiplié. En compromettant un fournisseur central, ils acquièrent un levier stratégique sur l’ensemble de ses clients. Même sans exploitation avérée, la simple possession du code et des vulnérabilités internes permet une planification offensive à grande échelle.

Les implications dépassent la sphère technique. Elles soulèvent des questions de souveraineté numérique et de dépendance vis-à-vis d’équipements étrangers au cœur des infrastructures critiques. Les autorités devront examiner comment renforcer la résilience des chaînes logicielles et instaurer des audits continus de sécurité au niveau des fournisseurs.

L’incident documenté par F5 illustre un scénario typique d’attaque de la chaîne d’approvisionnement : un accès persistant au cœur du processus de développement permet de dérober du code et des informations exploitables contre des milliers de réseaux.

Malgré l’absence d’exploitation confirmée, le risque demeure tangible : les matériaux volés peuvent faciliter des intrusions différées, difficilement détectables. La réaction de F5, entre communication rapide et audits indépendants, ne supprime pas la nécessité d’une vigilance accrue de la part des clients et des États.

Pour les opérateurs, la priorité reste claire : localiser les dispositifs BIG-IP, appliquer les correctifs et renforcer la surveillance en périphérie de réseau. Pour les équipes de renseignement et de réponse à incident, cette affaire rappelle qu’une compromission de fournisseur peut devenir une arme stratégique.

Comment les organisations concernées pourront-elles prouver l’absence de compromission secondaire chez leurs partenaires, maintenant que le code source et les données de configuration ont été exposés ?

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L’Insee et la Drees ouvrent le code source d’Ines

L’Insee et la Drees mettent leurs données à disposition depuis de nombreuses années. Le 14 juin, ils iront encore plus loin et partageront le code source d’un de leurs outils de simulation, le modèle Ines, qui fête ses 20 ans cette année.

Cette ouverture sera précieuse pour tous ceux qui souhaitent utiliser un modèle fiable et éprouvé, afin de mener des évaluations de politiques publiques. Elle le sera également pour l’Insee et la Drees qui pourront améliorer le modèle grâce aux contributions libres.

Mais qu’est Ines ?
Créé en 1996, Ines est l’acronyme d’« Insee-Drees », les deux organismes qui développent conjointement le modèle. Le modèle Ines simule les prélèvements sociaux et fiscaux directs et les prestations sociales à partir de données représentatives de la population française que fournit l’enquête Revenus fiscaux et sociaux. Il est largement mobilisé par l’Insee et la Drees pour éclairer le débat économique et social dans les domaines de la redistribution monétaire, la fiscalité ou la protection sociale.

A partir d’Ines, l’équipe Insee – Drees  publie chaque année un dossier dans France Portrait Social qui décrit l’impact des mesures fiscales et sociales de l’année précédente sur le niveau de vie moyen et les inégalités.   Ines permet également l’estimation des indicateurs avancés du taux de pauvreté monétaire et des inégalités.  Il est aussi utilisé comme outil d’appui à la réflexion, notamment en réponse aux sollicitations des ministères de tutelles, de divers Hauts Conseils, ou d’organismes de contrôle (IGF, Cour des Comptes, Igas).

Pour en savoir plus sur le modèle Ines .

Que pourra-t-on faire à partir du code source d’Ines ?  
Mener des travaux de recherche à partir d’un outil performant et éprouvé. Fort de ses vingt ans d’existence, le modèle Ines est un modèle de référence en matière de simulation des prélèvements obligatoires et des prestations sociales. Le mettre à disposition, c’est permettre aux  équipes de recherche ayant accès aux données sur lesquelles s’appuie le modèle, de mener des travaux pointus et approfondis, notamment à des fins d’évaluation de politiques publiques.  De plus, l’Insee et la Drees joignent au code source une documentation très complète et continuellement alimentée via un wiki, pour permettre à chacun une utilisation autonome du modèle.

Contribuer à l’amélioration du modèle
L’Insee et la Drees se réjouissent de pouvoir bénéficier ainsi des contributions d’experts extérieurs à la conception du modèle Ines. Un dispositif sera mis en place dès le 14 juin pour recueillir les propositions d’amélioration. Les utilisateurs pourront communiquer entre eux et s’adresser à l’équipe qui administre le modèle pour signaler des erreurs dans le code et/ou proposer des améliorations, via un forum dédié. Ces propositions seront étudiées par l’équipe Insee – Drees et pourront être intégrées au modèle.