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Panne Google Cloud : les entreprises face au silence

La panne de Google Cloud du 20 octobre a perturbé de nombreux sites, dont la banque Revolut et relancé une question stratégique : comment poursuivre son activité lorsque les communications habituelles deviennent indisponibles ?

Une application inaccessible, des paiements perturbés, des équipes privées de leurs moyens d’échange : une interruption informatique peut rapidement désorganiser une entreprise. L’incident de Google Cloud du 20 octobre 2026 replace la continuité des communications au cœur du débat. Data Security Breach souligne une dépendance souvent sous-estimée : plusieurs outils peuvent reposer sur une infrastructure commune. Le retour d’expérience transmis par Revolut à ses clients illustre également les conséquences prolongées d’une panne, certaines opérations nécessitant un délai de régularisation après le rétablissement. L’enjeu dépasse donc la disponibilité technique : il concerne la capacité à coordonner, informer et décider.

Plusieurs applications, une même dépendance

Le 20 octobre, plusieurs services de Google Cloud ont rencontré des difficultés dans la région de Londres. La page officielle de suivi mentionne un incident électrique ayant provoqué une interruption dans la zone europe-west2-b. Une défaillance d’infrastructure peut ainsi se répercuter sur les organisations qui utilisent les services concernés.

Revolut figure parmi les entreprises touchées. Dans le message adressé à ses clients, la société attribue explicitement son interruption de service à cette panne de Google Cloud. Elle indique que le problème a été résolu le jour même et affirme que les fonds comme les données sont restés en sécurité pendant toute la perturbation. Le rétablissement technique ne signifie toutefois pas que toutes les conséquences disparaissent immédiatement. Revolut prévient que certaines transactions par carte, remboursements compris, peuvent demander quelques jours avant d’apparaître sur le compte et d’être répercutées dans le solde. L’établissement précise travailler au traitement de ces opérations et renvoie les clients rencontrant encore des difficultés vers l’assistance accessible dans son application.

Ce décalage illustre une distinction essentielle : remettre un service en ligne et retrouver un fonctionnement entièrement normal constituent deux étapes différentes. Entre les deux, les utilisateurs doivent comprendre ce qui fonctionne, ce qui reste en attente et comment obtenir une réponse. DataSecuritybreach.fr Derbes attire précisément l’attention sur cette fragilité organisationnelle. Une entreprise peut disposer d’une téléphonie sur IP, d’une messagerie instantanée, d’une plateforme collaborative et d’un outil de visioconférence sans bénéficier de quatre voies de secours indépendantes. Ces applications peuvent partager un hébergeur, un fournisseur cloud ou certaines infrastructures. Leur nombre ne renseigne donc pas, à lui seul, sur leur capacité à résister à une défaillance commune. La diversification apparente des interfaces peut masquer une concentration des dépendances.

L’enjeu consiste alors à identifier les communications indispensables. Joindre les collaborateurs, transmettre une décision urgente, répondre aux clients et coordonner les interventions ne peuvent dépendre d’un dispositif dont personne n’a vérifié les possibilités de remplacement.

Autre détail, de taille, nous savons maintenant que Révolut sauvegarde les données chez Google Cloud !

Le secours doit fonctionner pendant la panne

L’existence d’une solution alternative ne garantit pas sa disponibilité au moment critique. Elle peut utiliser le réseau déjà interrompu, demander une authentification inaccessible ou présenter des limites de traçabilité incompatibles avec les exigences de l’activité. La question opérationnelle devient très concrète : les personnes chargées de gérer la crise peuvent-elles effectivement se joindre lorsque leurs outils habituels ne répondent plus ? Un dispositif documenté reste insuffisant si son activation dépend précisément du service défaillant.

L’identification des dépendances et l’expérimentation régulière des moyens de remplacement est indispensable. Pendant que les techniciens rétablissent les systèmes, l’organisation doit conserver la possibilité de transmettre des consignes et d’expliquer la situation à ses interlocuteurs.

Les données européennes donnent une autre dimension à cette réflexion. Publié en juin 2026, le premier rapport commun des autorités européennes de supervision sur les incidents majeurs déclarés dans le cadre de DORA porte sur 3 383 événements. Environ un tiers ont produit des effets transfrontaliers. Ces chiffres concernent les incidents informatiques du secteur financier, et non exclusivement les communications. Ils illustrent néanmoins l’étendue possible des répercussions d’une défaillance numérique.

Orange : des suspensions préventives liées à PHP
Le 22 octobre, Orange a annoncé la fermeture temporaire de certains services après la publication de vulnérabilités PHP le 21 octobre.
Le groupe indique avoir interrompu ces accès pour installer les correctifs et effectuer les contrôles nécessaires.
Plusieurs filiales et entités sont concernées, avec une remise en service progressive des sites et applications.
Une mesure préventive.

Ces situations replacent la disponibilité des échanges dans les décisions de direction. Les performances, les fonctionnalités et les coûts doivent être examinés avec les conséquences d’une interruption prolongée. Les responsables opérationnels et, lorsque nécessaire, les fonctions de conformité ont donc leur place dans cette préparation. Confier une infrastructure à un prestataire ne dispense pas l’entreprise d’organiser sa propre continuité.

Hub sécurisé de services cloud

Orange Business Services intègre Salesforce à Business VPN Galerie, son hub sécurisé de services cloud.

Les entreprises pourront accéder à l’ensemble des solutions cloud Salesforce à travers le réseau « cloud-ready » d’Orange Business Services A l’occasion de la tenue du Salesforce World Tour à Paris, Orange Business Services a annoncé l’arrivée de Salesforce au sein de son écosystème de services cloud disponibles sur Business VPN Galerie. Lancé en 2010, Business VPN Galerie est le premier hub mondial reliant les clients VPN d’Orange Business Services à des services cloud à travers des passerelles entièrement sécurisées.

Grâce à Business VPN Galerie, les entreprises accèdent aux infrastructures et aux applications cloud d’Orange et de ses partenaires en bénéficiant des avantages d’un réseau privé conçu pour les besoins du cloud, dit « cloud-ready ». Elles bénéficient ainsi de services de management et de support de bout en bout ou encore de garanties de fiabilité, de performance et de sécurité. Les clients peuvent par ailleurs conserver leurs moyens d’accès utilisateur existants, ainsi que les politiques relatives à la sécurité de leur entreprise. « Business VPN Galerie a été la première offre réseau « cloud-ready » du marché. En interconnectant Business VPN Galerie et Salesforce, nous enrichissons considérablement l’écosystème d’applications disponibles sur Business VPN Galerie », déclare Didier Duriez, Senior Vice President Global Solutions and Services chez Orange Business Services.

L’association des solutions Orange Business Services et Salesforce permet ainsi aux entreprises de bénéficier simultanément des avantages de leur réseau VPN et de la flexibilité de salesforce.com, pionnier du modèle cloud. « Les entreprises doivent renouveler leurs manières d’interagir avec leurs clients pour se développer dans le monde connecté qui est le nôtre aujourd’hui », indique Olivier Derrien, Vice Président de salesforce.com. « En intégrant Salesforce.com à Business VPN Galerie, Orange Business Services soutient les entreprises dans cette transformation majeure. » Actuellement, Business VPN Galerie fournit des services à plus de 700 entreprises multinationales sur plus de 15 000 sites.

Aujourd’hui, pas moins de 20 services cloud d’Orange Business Services et de ses partenaires sont disponibles à travers Galerie.

Surveillance de masse : Graves complicités françaises publiques et privées

Communiqué de presse de la Quadrature du Net – Depuis mai 2013, notamment grâce aux documents fournis par le lanceur d’alerte Edward Snowden, les révélations concernant les pratiques extra-légales des autorités françaises en matière de surveillance des communications Internet se multiplient. Après le vote de la loi de programmation militaire fin 2013 [1] et les dernières révélations [2] concernant la collaboration entre les services de renseignement et l’opérateur Orange, le gouvernement doit mettre fin à son silence assourdissant pour permettre la tenue d’un débat démocratique sur l’étendue des pratiques de surveillance. Au-delà, la France doit œuvrer à réformer sa législation afin de respecter le droit international en matière de protection de la vie privée.

Dans son édition du 21 mars dernier, Le Monde s’appuie sur les documents fuités par Edward Snowden pour lever un peu plus le voile sur les pratiques des autorités françaises en matière de surveillance d’Internet. Le journal met notamment en exergue la collaboration [2] de l’opérateur Orange et les services de renseignement français, lesquels disposeraient « d’un accès libre et total à ses réseaux et aux flux de données qui y transitent » en dehors de tout cadre légal. Ces informations témoignent des dérives auxquelles aboutit le passage au secteur privé des hauts fonctionnaires en charge de fonctions régaliennes liées à la sécurité nationale.

Elles s’ajoutent aux informations déjà publiées concernant notamment le transfert massif de données entre les services français et la NSA américaine (accord LUSTRE [3]), ou la mise en place [4] d’un large dispositif d’interception des flux circulant sur les réseaux internationaux avec l’appui d’entreprises comme Alcatel-Lucent ou Amesys. Le Monde indique être en possession de nombreuses pièces encore inexploitées et à partir desquels ses journalistes poursuivent leur travail d’investigation.

Alors que depuis plus de huit mois est détaillée l’étendue des pratiques de surveillance d’Internet par les États-Unis et le Royaume-Uni, mais aussi par leurs alliés comme la France ou l’Allemagne, l’absence de toute réaction politique substantielle au niveau français est révélatrice de l’hypocrisie des autorités. Ainsi, le président de la République François Hollande s’est adonné à de ridicules gesticulations politiques en réclamant sans succès un accord [5] encadrant les pratiques d’espionnage des dirigeants entre les États-Unis et les pays de l’Union européenne et en appuyant l’appel [6] d’Angela Merkel à l’édification d’un « Internet européen ».

Pour autant, il se refuse à soutenir la seule mesure de poids immédiatement applicable et efficace pour œuvrer à la protection des données personnelles des citoyens européens, à savoir la suspension de l’accord « safe-harbor » [7] entre l’Union européenne et les États-Unis, et que défend [8] le Parlement européen.

Quant au gouvernement, le lancement de son opération de communication politique [9] pour vanter son action dans le domaine numérique ne doit tromper personne : le projet de loi sur les « libertés numériques » promis il y a un an s’annonce [10] comme un texte avant tout répressif (le mot « liberté » semble d’ailleurs avoir opportunément disparu de son intitulé), tandis que le premier ministre Jean-Marc Ayrault se fait l’avocat de politiques inconséquentes [11] en matière de chiffrement des correspondances électroniques. Dans le même temps, les responsables politiques français ont l’audace de se doter d’une législation d’exception en matière de surveillance d’Internet au travers de la scandaleuse Loi de programmation militaire [12], tout en refusant de collaborer avec la commission d’enquête du Parlement européen consacrée aux révélations d’Edward Snowden [13]. Ce jeu de dupes doit cesser.

« Depuis des mois, l’exécutif français s’enferme dans un silence assourdissant pour échapper au débat démocratique sur la surveillance d’Internet. Cette position n’est plus tenable au vu des éléments qui s’accumulent et qui démontrent l’inquiétante fuite en avant dans ce domaine. Il est grand temps que l’ensemble des acteurs institutionnels – qu’il s’agisse de François Hollande, du gouvernement, du Parlement, de l’autorité judiciaire ou même de la CNIL – soient mis devant leurs responsabilités pour que ces graves violations des droits fondamentaux cessent et que leurs responsables soient condamnés », déclare Félix Tréguer, cofondateur de La Quadrature du Net.

« Au delà d’un débat inévitable sur la surveillance d’Internet et la nécessaire souveraineté sur nos infrastructures, la maîtrise de nos communications ne sera possible que par l’utilisation de logiciels libres, du chiffrement de bout en bout et de services décentralisés. En parallèle, une réforme législative s’impose afin que la France respecte le droit international [14] et que les services de renseignement fassent l’objet d’un contrôle adéquat. », conclut Benjamin Sonntag, cofondateur de La Quadrature du Net.

* Références *
1. https://www.laquadrature.net/fr/lpm-promulguee-la-derive-du-politique-vers-la-surveillance-generalisee
2. https://www.laquadrature.net/fr/lemonde-espionnage-comment-orange-et-les-services-secrets-cooperent
3. https://www.laquadrature.net/fr/lemonde-surveillance-la-dgse-a-transmis-des-donnees-a-la-nsa-americaine
4. http://reflets.info/amesys-dgse-drm-et-si/
5. https://www.laquadrature.net/fr/silicon-hollande-a-obama-les-ecoutes-de-la-nsa-c-est-deja-oublie
6. https://www.laquadrature.net/fr/francetvinfo-pourquoi-l-internet-europeen-d-angela-merkel-ne-rime-a-rien
7. https://fr.wikipedia.org/wiki/Safe_Harbor
8. https://www.laquadrature.net/fr/la-commission-europeenne-doit-entendre-lappel-du-parlement-contre-les-programmes-de-surveillance
9. http://www.pcinpact.com/news/86409-l-executif-prepare-offensive-communicationnelle-sur-numerique.htm
10. http://www.lesechos.fr/entreprises-secteurs/tech-medias/actu/0203381114149-les-premieres-pistes-de-la-loi-numerique-658053.php
11. http://www.numerama.com/magazine/28502-les-e-mails-de-france-seront-chiffres-et-stockes-en-france.html
12. https://www.laquadrature.net/fr/lpm-la-derive-du-politique-vers-la-surveillance-generalisee
13. Le rapport de la commission d’enquête du Parlement européen, adopté le 12 mars dernier, indique ainsi que « les parlements britannique et français n’ont (…) pas souhaité participer aux travaux de la commission » et précise que les responsables de la DGSE et de la DGSI ont refusé d’être auditionnés :
http://www.europarl.europa.eu/sides/getDoc.do?pubRef=-//EP//TEXT+REPORT+A7-2014-0139+0+DOC+XML+V0//FR#title5
14. https://fr.necessaryandproportionate.org/text

Affaire Orange: Le gouvernement (enfin) à l’écoute des Français

Suite aux révélations des services secrets techniques britanniques (GCHQ) sur la collaboration d’Orange avec la DGSE dans la collecte de données, l’eurodéputée Françoise Castex réagit: « Vu de Bruxelles, ces révélations ne sont malheureusement qu’une demi-surprise! Le Parlement européen a pointé du doigt, la semaine dernière, dans son rapport sur le programme d’espionnage massif de la NSA, certains États membres, à commencer par la France. »

Le rapport Moraes, voté mercredi 12 mars à Strasbourg, demandait en effet à la France et cinq autres pays européens de clarifier les allégations de surveillance massive, et notamment les éventuels accords entre services de renseignement et entreprises de télécommunications sur l’accès et l’échange de données personnelles – et leur compatibilité avec la législation européenne.

Pour Françoise Castex « à la lumière de ces révélations, on comprend mieux le manque d’empressement du gouvernement français à dénoncer le scandale de la NSA, et qu’il ait mis plus d’un an et demi à transmettre aux eurodéputés français un semblant de position sur le paquet données personnelles en cours de négociation au niveau européen. »

Pour l’eurodéputée Nouvelle Donne: « La France doit revoir sa législation nationale afin de garantir que la DGSE soit soumise à une vraie surveillance publique par le biais d’un contrôle parlementaire et judiciaire effectif. »

« Au lieu d’écouter les Français, le gouvernement ferait mieux d’entendre leurs préoccupations réelles, à commencer par le respect de leurs droits fondamentaux! » conclut l’élue du Gers.