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Accord sur la protection des données personnelles : oui à la protection de nos vies privées !

Les négociations sur le paquet protection des données personnelles ont abouti mardi 15 décembre. C’est un succès pour les eurodéputé-e-s socialistes et radicaux. Nous voulions un accord dans le PNR ; il était pour nous indissociable de la protection des données personnelles. La commission des libertés civiles s’est prononcée aujourd’hui, et avant une adoption en plénière prévue au début 2016, en même temps que le PNR européen, ce que nous exigions.

Les données personnelles des Européens ont une valeur estimée aujourd’hui à 315 milliards d’euros, qui pourrait s’élever à 1 000 milliards d’euros en 2020 ! Elles sont donc l’objet de bien des convoitises. Le rôle de l’Europe, et tout particulièrement du Parlement européen, est de les protéger. Nous devions nous battre afin d’améliorer la législation sur la  protection des données devenue largement obsolète. Aujourd’hui, 97% de nos données transitent par le net alors que la législation encore en vigueur date d’avant le développement de la toile !

Parce que la technologie donne de nouveaux moyens de surveillance à la police et la justice, il était indispensable de bâtir un socle de garanties pour les droits et libertés des citoyens, tout en autorisant les forces de sécurité à échanger des informations de manière plus rapide et plus efficace. Nous sommes parvenus à un juste équilibre entre la protection des droits fondamentaux des citoyens et le renforcement de l’efficacité de la coopération policière dans l’ensemble de l’Union européenne.

Quant au bruit des derniers jours concernant l’accès des jeunes aux réseaux sociaux, nous nous félicitons, au Parlement, que la raison l’ait finalement emporté au Conseil. Le Parlement européen a en effet toujours défendu un accès libre aux réseaux sociaux pour les enfants à partir de 13 ans. Malheureusement, certains États membres au sein du Conseil privilégiaient une approche plus restrictive – et hors des réalités – avec un accès sans consentement parental seulement à partir de 16 ans ! Vouloir interdire l’accès libre aux réseaux sociaux aux moins de 16 ans relevait pourtant de l’absurde et risquait de discréditer l’Europe à leurs yeux et à ceux de bien de leurs parents. Quiconque a des enfants sait déjà que « tenir » jusqu’à 13 ans relève de l’impossible…. La sagesse était d’en rester à un relatif statu quo, en permettant aux États membres de fixer librement l’âge auquel un mineur peut s’inscrire sur les réseaux sociaux sans consentement parental.

Tout au long des débats, qui ont duré quatre ans, nous avons veillé à renforcer les droits des internautes en leur permettant de mieux contrôler leurs données, notamment en cas d’usage abusif. Droit à l’effacement, voies de recours, informations sur la façon dont les données sont traitées, encadrement des transferts de données des Européens vers les pays tiers, possibilités de profilage strictement limitées, sanctions en cas de non-respect des règles : avec cette réforme, l’Union sera dotée des standards de protection de la vie privée les plus élevés au monde ce qui, compte tenu de son poids démographique et économique, permettra d’influencer la norme du reste de la planète.

Comportements en matière de protection des données en Europe

77% des personnes interrogées doutent que leur entreprise respecte les lois relatives à la protection des données.

Sophos, l’éditeur spécialiste de la cybersécurité, a publié les résultats de sa toute dernière étude révélant les comportements des utilisateurs en matière de sécurité et de protection des données en Europe. Selon cette étude réalisée par Vanson Bourne, 84% des sondés pensent que l’Europe doit renforcer les lois relatives à la protection des données. Cependant, 77% doutent que leur entreprise soit conforme aux lois actuellement en vigueur. Il suffit d’ailleurs de lire les nombreuses révélations liées aux fuites de données, ici ou encore là, pour se dire que la victoire n’est pas pour demain.

Sur les 1500 professionnels interrogés en France, en Allemagne et au Royaume-Uni, une majorité a confirmé être inquiète pour ses données personnelles (79%) ainsi que pour les données de son entreprise (65%). Cependant, alors que 91% déclarent avoir installé un logiciel de protection de leurs données personnelles, seuls 59% sont équipés d’un antivirus. Par ailleurs, presque la moitié (49%) d’entre eux ont déclaré que leur entreprise n’avait pas mis en place de politique de protection des données, ou alors qu’on ne leur avait pas expliquée en détails.

Cette étude, dont le but premier était d’évaluer la compréhension et la connaissance des utilisateurs en matière de protection des données, dans le cadre du projet de nouveau règlement européen à venir, a permis de montrer que sur seuls 23% des personnes interrogées étaient convaincus que leur entreprise observait les règles actuellement en vigueur.

50% d’entre eux ont avoué ne pas savoir ce qu’est le chiffrement  (27%), ignorer si leur entreprise a mis en place des politiques de chiffrement (23%), ou que leur entreprise n’a rien mis en place dans ce domaine (20%). Seuls 23% ont confirmé que leur entreprise procédait au chiffrement des données des employés et des clients.

Sécurité des appareils mobiles
L’étude se penche également sur les comportements des utilisateurs en termes de sécurité des appareils mobiles. 98% des sondés, soit presque la totalité d’entre eux, sont d’accord sur le fait que les données stockées sont presque plus importantes que l’appareil mobile en tant que tel. Et pourtant, malgré cela, un quart de ces personnes ont avoué stocker des données d’entreprise sur leur ordinateur ou leur téléphone personnel ; quasiment 1 personne sur 5 (soit 19%) expliquant qu’elle avait déjà perdu un appareil mobile ou personnel par le passé.

Toujours en ce qui concerne la sécurité des appareils mobiles, alors que la majorité des entreprises des sondés (64%) avait mis en place des mots de passe pour protéger les mobiles, seules 31% des personnes équipées de téléphones d’entreprise savaient si ceux-ci étaient également chiffrés. Mis en comparaison avec les 51% possédant un portable d’entreprise et capables d’affirmer que celui-ci est bel et bien chiffré, ceci démontre bien que les mobiles sont désormais perçus comme vecteur de risque.

Le partage de données
La plupart des sondés pense que l’information est ce qu’il y a de plus important : 95% d’entre eux explique que, pour travailler correctement, ils ont besoin de partager, d’envoyer et d’accéder aux données de leur entreprise à partir de n’importe quel endroit ou système. Cette étude démontre également que 66% des sondés ne vérifient pas toujours s’il est prudent de partager ces données ou non. Par ailleurs, pour partager ces données plus facilement, 2/3 d’entre eux (soit 64%) sont prêts à passer par des services informatiques ou en Cloud « non autorisés » pour contourner les limites et les politiques de sécurité mises en place par leur entreprise.

On remarque également des attitudes différentes quant au stockage dans le Cloud, d’un pays à l’autre. Tous pays confondus, 31% des sondés déclarent que l’usage de solutions de stockage dans le Cloud, type Dropbox, est autorisé par l’entreprise. Cependant, ce pourcentage atteint 44% au Royaume-Uni, mais seulement 27% en France et 23% en Allemagne. En revanche, 11% déclarent ne pas être autorisés à utiliser des solutions de stockage dans le Cloud, mais le font quand même. De la même façon, ce sont bien les Britanniques qui partagent le plus de données dans le Cloud : ils sont 52% à le faire, alors que la France en compte 40% et l’Allemagne 34%.

Perception des lois relatives à la protection des données en Europe
61% des sondés déclarent qu’il est important de renforcer les lois autour de la protection des données et ce dans tous les pays européens. Ce pourcentage est ainsi réparti par pays : 68% pour les Français, 62% pour les Allemands et 54% pour les Britanniques. On note également des divergences d’opinion d’un pays à l’autre en ce qui concerne la sécurité des données personnelles : avec 86%, la France apparaît plus inquiète que le Royaume-Uni (78%) ou même l’Allemagne (74%). L’Allemagne apparaît particulièrement peu préoccupée par d’éventuels cybercriminels mettant la main sur des données (29%). En France, ils sont 49% à s’inquiéter de ce phénomène et 45% au Royaume-Uni. De la même façon, la France s’inquiète davantage de la protection des données d’entreprise (76%) contre 62% au Royaume-Uni et 59% en Allemagne.

Il est intéressant de noter que 60% des employés du Royaume-Uni déclarent que leur entreprise a mis en place des politiques de protection des données et que celles-ci leur ont clairement été expliquées, contre 43% en France et 50% en Allemagne. On note également que plus l’entreprise est importante en taille, mieux les employés sont renseignés sur les politiques de protection des données.

Gerhard Eschelbeck, directeur technique de Sophos explique à DataSecuritybreach.fr que « la cybercriminalité étant désormais partout, les grandes entreprises doivent s’assurer de la bonne mise en place de politiques de sécurisation des données, et ce pour mettre à l’abri les données d’entreprise, mais également celles de leurs employés. Cette étude montre clairement que même si la majorité des utilisateurs comprennent que l’information est stratégique et qu’il l’est tout autant de la protéger, ceux-ci sont malgré tout prêts à ignorer ces risques pour se faciliter la vie. Si les entreprises souhaitent lutter contre la cybercriminalité, elles doivent s’assurer de la pertinence et de la bonne mise en place des politiques de sécurité. Il ne s’agit pas uniquement de protéger les informations essentielles à l’entreprise, mais également de répondre aux besoins de ses employés. »