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Les États-Unis bloquent les nouveaux onduleurs étrangers

Washington ferme l’accès aux nouveaux onduleurs étrangers connectés, invoquant un risque de piratage capable d’affecter à distance des infrastructures électriques critiques américaines.

La Federal Communications Commission (FCC) durcit la surveillance des équipements électriques connectés aux États-Unis. Son Public Safety and Homeland Security Bureau a ajouté certains onduleurs électriques produits à l’étranger à la Covered List, ce qui bloque immédiatement les nouvelles autorisations d’équipements concernés. La décision vise les modèles disposant de fonctions de communication, de transmission de données ou de mise à jour distante. Les appareils étrangers déjà titulaires d’une autorisation FCC restent importables, commercialisables et installables. Au cœur du dossier figure une menace cyber précise : la possibilité qu’un acteur étranger exploite la connectivité d’un onduleur pour modifier son fonctionnement, déployer un firmware ou interrompre une production électrique.

Une interdiction centrée sur les nouveaux modèles connectés

La mesure annoncée par le bureau chargé de la sécurité publique et intérieure de la FCC concerne les futures demandes d’autorisation. Un modèle fabriqué hors des États-Unis et dépourvu d’un FCC ID obtenu auparavant ne peut donc plus recevoir automatiquement l’autorisation nécessaire à sa commercialisation.

Cette distinction réduit considérablement l’impact immédiat sur les chantiers déjà engagés. Les modèles étrangers précédemment validés restent admissibles à l’importation, à la vente et à l’installation. Selon les précisions réglementaires rapportées dans le texte source, une large part des projets solaires commerciaux et industriels proches de leur mise en service utilise précisément des références déjà autorisées.

La décision cible surtout les équipements connectés. Les onduleurs sans fonctions de commande distante, ainsi que ceux reposant sur une architecture totalement isolée du réseau, restent hors du périmètre décrit. La question de sécurité ne repose donc pas uniquement sur l’origine physique du matériel. Elle porte également sur la capacité d’un équipement à recevoir des instructions, transmettre des informations ou accepter des mises à jour logicielles.

Cette logique intervient après une analyse du Department of Energy datée de janvier 2026. L’examen de 30 onduleurs chinois n’avait identifié aucune preuve de matériel malveillant dissimulé. L’approche retenue ensuite par le conseil interagences de la Maison-Blanche déplace le risque vers la couche numérique. Selon cette analyse, un adversaire étranger pourrait exploiter les fonctions sans fil d’un onduleur intelligent pour pousser une mise à jour de firmware et arrêter à distance des installations photovoltaïques.

La provenance industrielle devient parallèlement un critère déterminant. La restriction vise le lieu de fabrication finale, indépendamment de la nationalité de la marque. Un fabricant américain assemblant un modèle à l’étranger peut ainsi être concerné. À l’inverse, une entreprise étrangère réalisant l’assemblage final dans une usine américaine peut demander une autorisation si son processus respecte les seuils fédéraux applicables aux composants.

La cybersécurité rencontre les contraintes du réseau électrique

Les conséquences pourraient devenir plus sensibles lors du renouvellement des gammes. Les données du Department of Energy citées dans le document indiquent que les producteurs américains couvrent seulement 7 % du marché national des onduleurs solaires. Le déficit théorique atteint donc 93 %, calculé par différence entre 100 % de la demande et 7 % d’approvisionnement domestique.

Cette dépendance intervient alors que les développeurs prévoient de raccorder plus de 58 000 MW de nouvelles capacités solaires et de stockage durant l’année suivante. Les nouveaux modèles nécessitant une autorisation FCC pourraient rencontrer un obstacle si leur production demeure étrangère et si leurs fonctions de communication les placent dans le champ de la Covered List.

Changer de fournisseur n’est pas nécessairement neutre. Les accords d’interconnexion sont associés aux caractéristiques techniques d’un modèle d’onduleur précis. Le remplacement d’une référence étrangère par un équipement domestique différent peut être considéré comme une « Material Modification ». Cette qualification peut imposer une nouvelle étude technique et retarder la procédure auprès du gestionnaire de réseau.

Le dossier touche aussi la stratégie américaine autour de l’intelligence artificielle. Selon l’America’s AI Action Plan cité dans le texte, la croissance des centres de données de nouvelle génération entraîne une forte hausse de la demande électrique. Les entreprises technologiques comptent notamment sur le solaire et le stockage pour soutenir ces besoins sans accroître excessivement la pression exercée sur les réseaux locaux.

Une voie dérogatoire existe pour certains équipements fabriqués à l’étranger. Le Department of Homeland Security ou le Department of Defense peut intervenir dans une procédure de Conditional Approval. Une autorisation conditionnelle peut être accordée lorsqu’une administration compétente estime que l’appareil, ou sa catégorie, ne présente pas un niveau de risque inacceptable.

L’Annex A mentionné par la FCC prévoit également un mécanisme destiné aux fournisseurs étrangers acceptant un calendrier contraignant de transfert de l’assemblage vers les États-Unis. Les fabricants concernés doivent alors exposer leur chaîne d’approvisionnement et leur architecture logicielle aux contrôles fédéraux afin de démontrer que leurs produits ne peuvent pas être manipulés à distance. Brev ! Un « espionnage » industriel décidé par la loi. Un classique !