Archives de catégorie : Banque

Les tentatives de fraude par « deepfakes » : +2137% en 3 ans

Les tentatives de fraude utilisant des deepfakes ont explosé de 2137 % en trois ans, selon une étude. Cette évolution inquiète le secteur financier, contraint de renforcer ses mesures de cybersécurité pour contrer ces usurpations d’identité sophistiquées.

Les deepfakes, ces faux contenus générés par intelligence artificielle, ne sont plus seulement une curiosité technologique. Leur utilisation à des fins frauduleuses explose, particulièrement dans le secteur financier, où les tentatives de fraude par usurpation d’identité ont bondi de 2137 % depuis trois ans. L’étude de Signicat révèle une augmentation alarmante des attaques visant à prendre le contrôle des comptes bancaires ou à manipuler les procédures d’authentification. Pourtant, seulement 22 % des institutions financières se sont équipées d’outils de détection basés sur l’IA. Face à cette menace grandissante, les entreprises doivent repenser leurs stratégies et adopter des solutions multicouches alliant biométrie, intelligence artificielle et surveillance continue pour sécuriser leurs clients et leurs opérations.

La montée en puissance des deepfakes dans la fraude financière

Les deepfakes, ces falsifications numériques ultraréalistes générées par intelligence artificielle, ont bouleversé le paysage de la fraude financière. Autrefois peu répandus, ils sont aujourd’hui l’un des types d’usurpation d’identité les plus courants. Selon l’étude, 42,5 % des tentatives de fraude détectées dans le secteur financier reposent sur l’IA. En trois ans, les deepfakes sont passés de l’ombre à la lumière, devenant une arme redoutable pour les cybercriminels. L’un des cas les plus retentissants (et publics) : cette visioconférence où seule la comptable était humaine.

Cette technologie est exploitée principalement à travers deux types d’attaques. Les attaques par présentation consistent à manipuler les systèmes de reconnaissance en utilisant des vidéos en temps réel ou des images truquées. Elles sont souvent utilisées pour tromper les processus d’authentification faciale. L’un des cas les plus connu, avec masque en silicone et visioconférence trouble, l’affaire de l’ex Ministre de la Défense Le Drian.

Les attaques par injection, plus sophistiquées, visent à insérer directement des deepfakes dans des systèmes bancaires via des logiciels malveillants, contournant ainsi les vérifications biométriques et les processus KYC (Know Your Customer).

L’évolution rapide de ces techniques met en difficulté les systèmes traditionnels de détection des fraudes, qui peinent à différencier un deepfake d’une véritable interaction humaine.

Des institutions financières en retard face à la menace

Malgré la montée en flèche des fraudes basées sur l’IA, une grande majorité des institutions financières ne disposent toujours pas d’outils de prévention adaptés. L’étude de Signicat révèle qu’à peine 22 % des entreprises du secteur financier ont intégré des solutions de détection basées sur l’intelligence artificielle. Ce retard expose les banques, fintechs et entreprises de paiement à des risques accrus, alors même que les cybercriminels perfectionnent leurs méthodes.

Le Chief Product & Marketing Officer de Signicat, Pinar Alpay, met en garde : « Il y a trois ans, les attaques par deepfake ne représentaient que 0,1 % des tentatives de fraude détectées. Aujourd’hui, elles représentent 6,5 %, soit 1 cas sur 15. Les fraudeurs exploitent des techniques que les systèmes classiques ne peuvent plus identifier. […] En combinant intelligence artificielle, biométrie et authentification renforcée, les entreprises peuvent mieux protéger leurs clients et leurs opérations« , souligne-t-elle.

L’enjeu dépasse la simple mise à jour des technologies. Il s’agit également d’éduquer les employés et les clients pour qu’ils puissent identifier les signaux d’alerte d’une fraude par deepfake et éviter d’être piégés par ces usurpations d’identité avancées.

Vers une protection multicouche face aux deepfakes

Face à cette explosion des fraudes par deepfake, une seule solution s’impose : adopter une protection multicouche. L’étude insiste sur la nécessité d’une approche combinée, intégrant plusieurs niveaux de défense pour anticiper et bloquer ces attaques sophistiquées.

DataSecuritybreach.fr recommande une approche en quatre étapes :

  1. Une évaluation précoce des risques : identifier rapidement les comportements suspects grâce à l’intelligence artificielle.
  2. Une authentification renforcée : utiliser la biométrie faciale et des méthodes de vérification d’identité avancées.
  3. Une surveillance continue : mettre en place un contrôle en temps réel pour détecter toute tentative de fraude en cours.
  4. La formation et la veille : former ses équipes et mettre en place une veille des fuites de données impactant l’entreprise, les salariés, Etc. peuvent permettre la prise de conscience active face à du Social Engineering via deepfake.

L’adoption de ces nouvelles pratiques devient urgente. Sans une réaction rapide, les entreprises risquent de devenir les victimes privilégiées d’une cybercriminalité dopée à l’IA.

L’essor des deepfakes dans la fraude financière démontre une chose : les cybercriminels ont toujours un temps d’avance sur les systèmes de protection traditionnels. Face à une augmentation vertigineuse des tentatives d’usurpation d’identité, les entreprises doivent accélérer l’intégration de solutions de cybersécurité avancées. Mais seront-elles capables d’adapter leurs systèmes assez vite pour contenir cette menace ?

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Blanchiment d’argent : Près de 2 millions de comptes mules détectés en 2024

En 2024, près de 2 millions de comptes bancaires ont été identifiés comme mules financières, révélant l’ampleur croissante du blanchiment d’argent à l’échelle mondiale.

Le blanchiment d’argent demeure une menace persistante pour le système financier international. Selon un rapport de BioCatch, spécialiste en détection de fraude numérique, environ 2 millions de comptes mules ont été signalés en 2024 par 257 institutions financières réparties dans 21 pays sur cinq continents. Ces comptes, utilisés pour dissimuler l’origine de fonds illicites, illustrent les méthodes sophistiquées employées par le crime organisé. Les jeunes adultes, notamment ceux âgés de 25 à 35 ans, sont particulièrement ciblés pour servir de passeurs d’argent, souvent attirés par la promesse de gains faciles. Cette situation souligne l’urgence de renforcer les mesures de prévention et de sensibilisation pour contrer cette forme de criminalité financière.

Les comptes mules : un maillon essentiel du blanchiment d’argent

Les comptes mules sont des comptes bancaires utilisés par des criminels pour transférer des fonds d’origine frauduleuse, rendant ainsi plus difficile la traçabilité de l’argent sale. Les titulaires de ces comptes, appelés « mules financières », sont souvent recrutés par le biais d’annonces promettant des gains rapides et faciles. Selon la société, les 2 millions de comptes mules signalés en 2024 ne représentent probablement qu’une fraction des comptes utilisés ou dormants au sein des 44 000 institutions financières dans le monde.

Les jeunes adultes : une cible privilégiée

Les criminels ciblent principalement les jeunes adultes pour servir de mules financières. Au Royaume-Uni, près des deux tiers des passeurs de fonds ont moins de 30 ans. Aux États-Unis, la tranche d’âge la plus vulnérable se situe entre 25 et 35 ans. Ces jeunes sont souvent attirés par la perspective d’une rémunération facile et peu risquée, sans être pleinement conscients des conséquences légales de leurs actions.

Sanctions sévères et risques encourus

Participer au blanchiment d’argent en tant que mule financière expose à des sanctions pénales sévères. Aux États-Unis, la peine moyenne pour blanchiment d’argent est de 71 mois d’emprisonnement. En France, cette infraction est punie de cinq ans d’emprisonnement et de 375 000 euros d’amende. De plus, les mules financières peuvent également être tenues responsables des dettes contractées sur les comptes utilisés pour les transactions illicites.

L’essor des réseaux de blanchiment d’argent

Le rapport intitulé « Réseaux mondiaux de passeurs d’argent : l’utilisation de l’intelligence comportementale et des appareils pour faire la lumière sur le blanchiment d’argent » met en lumière la complexité des réseaux de blanchiment d’argent. Ces réseaux utilisent divers types de mules pour transférer des fonds illicites, rendant la détection et la prévention du blanchiment d’argent de plus en plus difficiles.

Augmentation des cas de blanchiment d’argent

Entre 2019 et 2023, les cas de blanchiment d’argent aux États-Unis ont augmenté de 14%. Cette hausse peut être attribuée à une attention accrue portée à ce phénomène, à une amélioration des techniques de détection, ou à une augmentation réelle de l’activité criminelle. Quoi qu’il en soit, cette tendance souligne la nécessité de renforcer les efforts de lutte contre le blanchiment d’argent à l’échelle mondiale.

2025 : évolutions réglementaires européennes en matière de lutte contre la criminalité financière

2025 marquera une étape majeure dans l’évolution des réglementations européennes sur la criminalité financière, l’identité numérique et la résilience opérationnelle. Ces changements exigeront une planification minutieuse de la part des institutions financières, tant au sein de l’Union européenne qu’ailleurs, pour se conformer aux nouvelles exigences.

L’Union européenne se prépare à instaurer en 2025 des réformes de grande ampleur visant à moderniser son cadre réglementaire en matière de lutte contre la criminalité financière et de renforcement des pratiques de sécurité. Parmi les évolutions notables, on trouve la mise en place de l’Autorité de lutte contre le blanchiment d’argent (AMLA), l’entrée en vigueur de nouvelles directives comme la 6AMLD, ainsi que des révisions du cadre d’identification électronique et de résilience numérique. Ces modifications visent à harmoniser les pratiques entre les États membres, à combler les lacunes existantes et à anticiper les risques émergents. L’impact de ces mesures s’étendra également aux entreprises basées hors UE, qui devront s’adapter pour rester compétitives dans un environnement international de plus en plus exigeant.

Une réforme structurelle pour combattre la criminalité financière

La mise en place de l’AMLA et la directive 6AMLD

La création de l’Autorité de lutte contre le blanchiment d’argent (AMLA) représente une étape décisive pour centraliser les efforts dans la lutte contre la criminalité financière. Prévue pour entrer en fonction le 1er juillet 2025, cette agence supervisera directement une quarantaine d’institutions financières (IF) jugées à haut risque, principalement celles ayant des opérations transfrontalières. Elle harmonisera les règles de lutte contre le blanchiment d’argent (AML) et le financement du terrorisme (CFT) à travers l’UE en introduisant un cadre unique de régulation (AMLR).

Parallèlement, la sixième directive sur le blanchiment d’argent (6AMLD) viendra renforcer les mécanismes de diligence raisonnable (KYC) et étendra la liste des entités concernées aux secteurs émergents, tels que les cryptoactifs, les clubs de football professionnels et les marchands de biens de luxe. De plus, elle limitera les paiements en espèces à 10 000 euros et imposera une meilleure transparence sur les propriétés bénéficiaires.

Les implications pour les entreprises financières

Les entreprises financières devront revoir leurs procédures de diligence raisonnable pour inclure des exigences renforcées, notamment pour les transactions impliquant des pays tiers à haut risque ou des clients fortunés. En outre, l’utilisation de processus automatisés, bien que permise, devra inclure une supervision humaine significative afin de garantir la conformité. Ces changements demanderont des investissements technologiques substantiels pour intégrer de nouveaux outils de surveillance et de reporting.

Bénéfices attendus

La création d’un cadre réglementaire harmonisé réduira les disparités entre les États membres, facilitant ainsi la coopération transfrontalière. Cela permettra non seulement de combler les lacunes juridiques qui ont longtemps été exploitées par les criminels, mais également de renforcer la confiance des consommateurs dans le système financier européen.

La numérisation au service de la résilience et de la transparence

eIDAS2 : vers une identité numérique européenne

La révision du cadre eIDAS (Electronic Identification, Authentication and Trust Services) est une étape majeure pour répondre aux besoins croissants en matière d’identité numérique. L’eIDAS2 introduit un portefeuille européen d’identité numérique (EUDI Wallet), qui permettra aux citoyens et aux entreprises de stocker et de partager leurs attributs d’identité de manière sécurisée. Ce portefeuille pourra inclure des documents tels que les cartes d’identité, les permis de conduire et les informations bancaires.

Dès 2025, les premiers portefeuilles devraient être disponibles, et les institutions financières devront s’adapter pour accepter ce moyen d’authentification d’ici 2027. En intégrant ces portefeuilles dans leurs processus d’intégration (onboarding), les institutions pourront simplifier leurs procédures tout en réduisant les risques de fraude.

Les limites et opportunités

Malgré ses avantages, l’eIDAS2 présente certaines limites, notamment l’absence d’éléments de preuve physique, comme les selfies ou les informations sur les appareils, qui sont souvent exigés par les régulateurs. Les entreprises devront combiner cette nouvelle solution avec leurs outils existants pour garantir une conformité complète aux exigences AML.

DORA : un cadre pour la résilience numérique

Adopté en 2022, le Digital Operational Resilience Act (DORA) vise à renforcer la résilience numérique des institutions financières. Ce règlement impose des exigences strictes en matière de gestion des risques liés aux technologies de l’information et de la communication (TIC). Les entreprises devront non seulement évaluer leurs fournisseurs de services TIC, mais également mettre en place des plans de continuité et réaliser des tests réguliers.

En cas de non-conformité, les sanctions seront élevées, ce qui incitera les entreprises à investir dans des infrastructures robustes et sécurisées. Cela inclut l’évaluation des fournisseurs critiques, tels que les services de vérification d’identité, les outils de détection des fraudes et les fournisseurs de cloud.

Face à ces réformes ambitieuses, les institutions financières doivent adopter une approche proactive pour identifier les écarts dans leurs pratiques actuelles, former leurs équipes et revoir leurs processus technologiques. Ces efforts permettront de répondre efficacement aux défis réglementaires, tout en restant compétitives dans un environnement en mutation rapide.

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Cyberattaque contre la Banque centrale ougandaise : 16,8 millions de dollars volés

Des pirates ont infiltré la Banque centrale ougandaise, dérobant 16,8 millions de dollars. L’enquête en cours soulève des questions sur la cybersécurité et une possible collusion interne.

La Banque centrale ougandaise a été victime d’une cyberattaque qui a conduit au vol de 16,8 millions de dollars (62 milliards de shillings ougandais). Le groupe de pirates, se faisant appeler « Waste », a transféré les fonds vers des comptes à l’étranger, notamment au Japon. Si plus de la moitié des fonds volés ont été récupérés, l’incident met en lumière des failles critiques dans les systèmes financiers ougandais.

Selon New Vision, les autorités enquêtent également sur une possible collusion interne impliquant des employés de la Banque centrale et du ministère des Finances. L’enquête, menée par le département de police criminelle et le commissaire aux comptes, vise à établir les responsabilités et à renforcer la sécurité des infrastructures bancaires.

L’attaque a été revendiquée par un groupe de cybercriminels connu sous le nom de « Waste », qui aurait exploité des failles dans le système informatique de la Banque centrale pour effectuer des transferts frauduleux. Les fonds volés, en partie envoyés vers le Japon, témoignent de la portée internationale de l’attaque. Bien que la Banque centrale ait récupéré plus de la moitié du montant, la perte initiale reste une atteinte grave à sa crédibilité.

Des informations de sources locales indiquent que les pirates pourraient être basés en Asie du Sud-Est, une région où des groupes organisés exploitent régulièrement les systèmes financiers mondiaux. Cependant, une autre piste est également étudiée : celle d’une complicité interne. Plusieurs employés de la Banque centrale et du ministère des Finances ont été interrogés, renforçant l’idée que l’attaque aurait pu être facilitée de l’intérieur.

L’enquête en cours, dirigée par le département de police criminelle et le commissaire aux comptes, bénéficie également d’une collaboration internationale pour retracer les fonds et identifier les responsables. Une coopération avec les autorités japonaises.

La cyberattaque contre la Banque centrale ougandaise illustre les menaces grandissantes auxquelles sont confrontées les infrastructures financières dans un monde hyperconnecté. Les failles techniques et humaines (par le social engineering par exemple) doivent être comblées pour éviter de nouvelles attaques.

Les banques africaines, cibles de choix pour hacker ?

1. Bank of Africa (BOA) Mali – Février 2023

En février 2023, la filiale malienne de la Bank of Africa a subi une cyberattaque majeure. Le groupe de hackers nommé « Medusa » a revendiqué l’attaque, affirmant avoir extrait environ 2 téraoctets de données internes, incluant des informations sensibles sur les clients. Les cybercriminels ont exigé une rançon de 10 millions de dollars en échange de la non-divulgation des données. Malgré les dénégations initiales de la banque, des échantillons de données ont été publiés sur le dark web, confirmant l’ampleur de l’attaque.

La même année, la « Banco Sol » en Angola a été contrainte de suspendre temporairement certains services en raison d’une cyberattaque. Bien que les détails précis de l’attaque n’aient pas été entièrement divulgués, cet incident illustre la menace croissante des cyberattaques contre les institutions financières africaines.

2. State Bank of Mauritius (SBM) – Octobre 2018

En octobre 2018, la State Bank of Mauritius a été victime d’un piratage informatique ayant entraîné la perte de 2,3 millions d’euros. Les attaquants ont infiltré le système de la filiale indienne de la banque, transférant illicitement des fonds vers des comptes à l’étranger. La banque a rapidement détecté l’anomalie et a pu récupérer une partie des fonds, tout en renforçant ses mesures de sécurité par la suite.

Toujours en 2018, NSIA Banque en Côte d’Ivoire a subi un détournement de fonds par piratage informatique, entraînant une perte estimée à près de 1,2 milliard de francs CFA. Les détails spécifiques de l’attaque n’ont pas été largement divulgués, mais cet incident souligne la vulnérabilité des institutions financières face aux cybermenaces.

4. Ecobank Sénégal – Mars 2019

En mars 2019, la filiale sénégalaise d’Ecobank a déclaré avoir été victime d’une fraude informatique, avec un montant détourné s’élevant à 323 millions de francs CFA. Les cybercriminels ont exploité des failles dans le système de la banque pour effectuer des transferts frauduleux. La banque a pris des mesures pour renforcer sa cybersécurité à la suite de cet incident.

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Les fuites d’informations personnelles en Russie : un pays en crise

Au cours des deux dernières années, les principales sources de fuites d’informations personnelles sur les citoyens Russes ont été les magasins en ligne et les établissements médicaux, tandis que les organismes bancaires ne représentaient que 2 % de l’ensemble des fuites.

Stanislav Kuznetsov a décrit la situation en matière de protection des données en Fédération de Russie comme « déplorable », affirmant qu’au cours de cette période, les données personnelles d’au moins 90 % de la population adulte ont été rendues publiques. Cette statistique choquante souligne la vulnérabilité des systèmes de sécurité dans plusieurs secteurs cruciaux.

La majorité des fuites proviennent de secteurs tels que le commerce en ligne et les établissements médicaux, et non des institutions bancaires.

Un pic des fuites en 2023

Le vice-président a souligné que 2023 a été l’année la plus critique pour les fuites de données confidentielles. En 2024, même si le nombre d’incidents a diminué, les conséquences restent importantes. Sberbank prévoit que les dommages économiques liés aux incidents de cybersécurité atteindront environ 1 000 milliards de roubles pour la période 2023-2024. Le montant estimé des vols par les escrocs et cybercriminels en 2024 s’élève à 250 milliards de roubles.

Cette situation alarmante montre que malgré les efforts des institutions financières, la fuite des données et le vol de fonds continuent d’afficher une tendance à la hausse.

L’essor des escroqueries téléphoniques

Entre février et mars 2024, Sberbank a enregistré un pic record de 20 millions d’appels frauduleux par jour. À l’heure actuelle, ce chiffre reste élevé, avec entre 6 et 7 millions d’appels quotidiens. Les escrocs, de plus en plus habiles, perfectionnent leurs techniques et adoptent des approches toujours plus sophistiquées pour tromper leurs victimes. Un représentant d’une institution financière a déclaré qu’au cours des deux dernières années, les données personnelles d’au moins 90 % de la population adulte de la Fédération de Russie étaient devenues librement accessibles sur Internet.

La majorité des appels frauduleux proviennent de numéros masqués ou internationaux, renforçant la difficulté de leur détection par les victimes.

Malgré cela, les systèmes de sécurité des banques bloquent actuellement environ 99 % des tentatives de transfert frauduleux. Cette statistique montre l’efficacité relative des mesures prises par les institutions financières, mais aussi la nécessité de rester vigilant face aux nouvelles méthodes des criminels.

Amende en cas de fuite de données

Le chef du ministère russe du Développement numérique, Maksut Shadayev, a déclaré que la décision d’introduire des amendes en cas de fuite de données confidentielles serait prise par la Douma d’État et le gouvernement de la Fédération de Russie avant la fin de cette année. Le ministre a fait la déclaration correspondante lors de son discours lors de l’événement en cours SOC Forum 2024.

Maksut Shadayev a déclaré qu’aujourd’hui le volume total des fuites d’informations personnelles sur les citoyens russes dépasse toutes les limites acceptables. À cet égard, on s’attend à ce que les autorités russes décident d’introduire des amendes négociables pour de tels incidents de sécurité de l’information avant la fin de 2024, d’autant plus que le projet de loi correspondant a déjà été adopté en première lecture à la Douma d’État.

Le ministre du Développement numérique, lors de son discours, a également souligné qu’en Russie, il était depuis longtemps nécessaire d’introduire des mesures économiques sérieuses visant à empêcher les fuites de données confidentielles. De plus, nous parlons non seulement des données personnelles des citoyens russes, mais également des informations sur les entreprises, qui présentent également un grand intérêt pour les fraudeurs et les cybercriminels. Maksut Shadayev est convaincu que les entreprises devraient assumer une responsabilité financière importante dans les fuites d’informations confidentielles, surtout si elles concernent les données personnelles des citoyens russes.

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Fausse musique et hack de streaming pour 10 millions de dollars !

Les autorités américaines ont récemment inculpé Michael Smith, 52 ans, pour avoir orchestré une fraude aux services de streaming d’une valeur de plus de 10 millions de dollars. Smith aurait utilisé des technologies d’intelligence artificielle (IA) pour générer des centaines de milliers de chansons et les diffuser via des plateformes telles que Spotify, Apple Music, YouTube Music et Amazon Music.

Smith fait face à plusieurs chefs d’accusation, notamment fraude électronique, complot en vue de commettre une fraude électronique et blanchiment d’argent. Chaque accusation pourrait entraîner jusqu’à 20 ans de prison s’il est reconnu coupable. En plus de produire de la musique via IA, Smith aurait manipulé le nombre d’écoutes à l’aide de robots, ce qui lui a permis de percevoir des redevances frauduleuses sur les diffusions.

Selon les autorités, cette fraude aurait duré de 2017 à 2024. Smith aurait utilisé des milliers de comptes fictifs créés à partir d’adresses électroniques achetées pour mettre en œuvre son stratagème. À l’aide d’un logiciel développé en interne, il diffusait en continu ses propres compositions générées par IA, en imitant l’activité de véritables utilisateurs répartis dans plusieurs régions afin de ne pas éveiller les soupçons.

Pour rendre son opération plus crédible et passer sous le radar des plateformes de streaming, Smith a mis en place une stratégie méticuleuse. Il veillait à ne jamais diffuser un morceau trop de fois et choisissait soigneusement des noms d’artistes et de chansons générés par IA afin qu’ils se fondent dans la masse des véritables groupes musicaux. Parmi les exemples cités, des artistes fictifs comme Callous Post et Calorie Screams ont vu leurs morceaux, aux titres étranges tels que Zygotic Washstands et Zymotechnical, inonder les plateformes de streaming.

Les documents d’enquête révèlent que Smith avait commencé en téléchargeant ses propres compositions originales sur les services de streaming, mais ses revenus modestes l’ont incité à passer à la musique générée par IA. En 2018, il s’est associé à un dirigeant anonyme d’une société spécialisée en musique IA et à un promoteur de musique pour créer une vaste bibliothèque de contenu musical produit artificiellement. Bien que les documents judiciaires ne détaillent pas précisément la technologie utilisée pour générer ces morceaux, il est clair que Smith a exploité la flexibilité et la rapidité de production de l’IA pour contourner les systèmes de détection de fraude.

Des millions d’écoutes et des millions de dollars

Le stratagème s’est avéré extrêmement lucratif. Dans des messages internes, Smith a affirmé qu’il pouvait diffuser ses morceaux jusqu’à 661 440 fois par jour, générant ainsi potentiellement 3 307,20 dollars quotidiennement, soit environ 1,2 million de dollars par an. Au plus fort de son activité, Smith contrôlait plus de 1 000 comptes automatisés, chacun hébergeant plusieurs bots destinés à augmenter artificiellement les écoutes de ses morceaux.

En juin 2019, Smith gagnait environ 110 000 dollars par mois, partageant une partie de ces revenus avec ses complices. En 2023, il se vantait d’avoir accumulé 4 milliards de streams et récolté un total de 12 millions de dollars de royalties depuis 2019. Smith a réussi à tromper les services de streaming pendant plusieurs années en manipulant leurs algorithmes et en exploitant les failles de leurs systèmes de surveillance. Cependant, en 2018, lorsque qu’une société de distribution de musique a commencé à signaler des abus dans l’industrie du streaming, Smith a nié toute implication, affirmant qu’il n’y avait « absolument aucune fraude ».

Le procureur Damian Williams a condamné les actions de Smith, déclarant que son stratagème frauduleux lui avait permis de percevoir des millions de dollars de redevances qui auraient dû revenir aux musiciens, auteurs-compositeurs et détenteurs de droits d’auteur légitimes. Un détournement des ressources et des revenus des artistes et créateurs respectant les règles du jeu.

Les opérateurs téléphoniques inclus dans la lutte contre la fraude bancaire en Russie

Depuis le 25 juillet 2024, les banques russes ont commencé à restituer aux clients les fonds volés par les fraudeurs dans le cadre d’un nouveau système antipiratage de carte bancaire. Les opérateurs téléphoniques sont impliqués dans la chasse aux pirates.

Les banques russes ont l’obligation, depuis le 25 juillet, de rembourser les fonds volés par des pirates informatiques dans les 30 jours suivant la réception de la demande correspondante du client. Comme l’a expliqué un représentant de la Banque centrale, l’objectif principal est de lutter contre le vol de fonds, notamment en utilisant des techniques et des méthodes d’ingénierie sociale. Il a ajouté que le document établit un ensemble de mécanismes visant à encourager les banques à améliorer la qualité de leurs systèmes antifraude. Ainsi, selon la Banque centrale, en 2023, les banques n’ont restitué à leurs clients que 8,7 % des 15,8 milliards de roubles volés (plus de 170 millions d’euros).

Comment se déroulera le remboursement ? Si un client de la banque (particulier) a détecté un vol de fonds, il doit le signaler à la banque. La banque de l’expéditeur doit alors vérifier la demande et restituer le montant total des fonds volés dans un délai de 30 jours après réception de la demande du client dans les cas suivants :

  • si la banque a autorisé le transfert de fonds vers un compte frauduleux, qui se trouve dans la base de données spéciale de la Banque de Russie « Sur les cas et tentatives de transfert de fonds sans le consentement du client ». La Banque centrale collecte cette base de données sur la base des données reçues des banques et autres opérateurs de systèmes de paiement. Elle contient des informations sur les transactions terminées, les payeurs et les destinataires des fonds. Dans le même temps, les établissements de crédit ont trouvé dans cette base de données des données provenant de magasins légaux, y compris des chaînes de vente au détail fédérales et régionales, et ont averti la Banque centrale du blocage forcé des paiements qui leur étaient destinés ;
  • si la banque n’a pas envoyé de notification au client concernant le virement, qui a été effectué sans le consentement du client ;
  • si le client a perdu la carte ou si elle a été utilisée sans son consentement, la banque doit restituer les fonds à condition que le client ait été informé de ces faits. Si le client n’a pas averti la banque de la perte de contrôle de la carte, la banque ne pourra pas rembourser les fonds. Dans ce cas, le délai de retour d’un virement transfrontalier est également précisé – 60 jours.

Les opérateurs téléphoniques en appui Les banques devront également bloquer les transactions suspectes pendant deux jours et pendant ce temps contacter le client pour s’assurer qu’il effectue un transfert d’argent volontairement et non sous l’influence de fraudeurs. Sont considérées comme transactions suspectes celles qui sont effectuées sur un compte ou un appareil à partir de la base de données de la Banque centrale si les paramètres du transfert d’argent sont atypiques pour le client (par exemple, le volume des fonds envoyés, le lieu de la transaction, etc.).

Depuis le 25 juillet, de nouveaux signes de transferts suspects se sont ajoutés. L’un de ces facteurs est l’information des opérateurs mobiles sur les conversations téléphoniques périodiques et longues, ainsi que l’augmentation du nombre de SMS avant l’envoi d’un transfert. Un transfert d’argent vers un compte depuis la base de données de la Banque centrale sera bloqué strictement pendant deux jours, même si le client a confirmé la transaction. Autrement dit, la banque ne pourra traiter le virement qu’après l’expiration de ce délai. Dans tous les autres cas, la banque est tenue d’effectuer le virement immédiatement après avoir reçu la confirmation du client.

Arnaques crypto : nouvelle méthode de drainage des fonds sur le réseau TON

Les arnaques en crypto-monnaies continuent d’évoluer, exploitant la confiance des utilisateurs et les technologies de pointe pour dérober des fonds.

Une nouvelle méthode de détournement de crypto-monnaies sur le réseau TON a récemment été mise en lumière, utilisant une technique connue sous le nom de « drainer ». Voici comment fonctionne cette arnaque et les précautions à prendre pour se protéger.

Le « drainer » est une technique simple mais efficace pour détourner des fonds en crypto-monnaies. Le processus commence lorsque la victime, souvent appelée « mammouth » dans le jargon des arnaqueurs, se connecte à une application ou un site web malveillant. Ce site peut sembler légitime et demande à l’utilisateur de connecter son portefeuille crypto, tel que Tonkeeper ou @wallet.

Une fois le portefeuille connecté, l’application demande à l’utilisateur d’approuver une transaction. Cette demande d’approbation est souvent masquée ou déguisée pour ne pas éveiller de soupçons. L’utilisateur, pensant qu’il s’agit d’une action bénigne, donne son accord. En réalité, il autorise le transfert de tous ses fonds vers le portefeuille des arnaqueurs. (Exemple d’arnaque dans la vidéo ci-dessous).

Exemple récent d’arnaque

Dans le nouveau rapport lié au cybercrime diffusé par le Ministère de l’Intérieur Français, le 30 juillet, le « drainage » est dans le collimateur des autorités. Récemment, une telle arnaque a permis de détourner 50 000 dollars en quelques clics. Les fonds volés comprenaient des tokens ANON, Gram, et un numéro virtuel acheté deux semaines auparavant pour 12 000 dollars. Vous pouvez voir les détails de la transaction sur le réseau TON via ce lien. Les Etats-Unis, par exemple et comme a pu vous le révéler DataSecuritybreach.fr, viennent de condamner un milliardaire Chinois, en exil aux USA, pour escroquerie à la cryptomonnaie.

Les arnaqueurs derrière cette méthode cherchent actuellement à étendre leurs opérations et recrutent de nouveaux partenaires. Ils proposent de collaborer sans nécessiter d’investissements initiaux ou de vendre des « drainers » prêts à l’emploi pour ceux qui souhaitent se lancer dans cette activité illicite. Ils opèrent principalement sur des forums de la dark web avec un garant pour assurer les transactions. « Nous invitons chacun à rejoindre notre équipe et à gagner de l’argent sans investissement dans le projet scam le plus prometteur du web3. » a pu lire le blog ZATAZ, le spécialiste mondialement reconnu sur toutes les questions de lutte contre le cybercrime.

Comment fonctionne le Drainer ?

Le drainer fonctionne de manière assez simple : sous n’importe quel prétexte (air drop, loterie, etc.), la personne lance un bot Telegram, connecte son portefeuille via le protocole Ton Connect, par exemple Tonkeeper. Le drainer des voyous 2.0 prend en charge n’importe quel portefeuille. Ensuite, une transaction est envoyée, elle peut être acceptée ou refusée. « Si vous confirmez, vous envoyez les TON et tous les autres actifs cryptographiques au portefeuille du propriétaire du drainer. […] Notre objectif est d’attirer la personne dans notre bot, qui peut être déguisé en n’importe quoi : une copie d’un projet célèbre existant, l’obtention d’un actif précieux, des distributions, etc. Lorsque la personne appuie sur le bouton, une approbation lui est demandée, et après sa confirmation, tous les actifs nous sont transférés. » indiquent les pirates.

Comment se Protéger

Vérifiez les applications et sites web
Avant de connecter votre portefeuille crypto à une application ou un site web, assurez-vous qu’ils sont légitimes et bien réputés. Recherchez des avis et des témoignages d’autres utilisateurs.

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Un Milliardaire Chinois en exil reconnu coupable d’escroquerie 2.0

Guo Wengui, un milliardaire chinois exilé aux USA connu pour ses virulentes critiques du Parti communiste chinois et ses liens étroits avec les conservateurs américains, a été reconnu coupable escroqué ses abonnés en ligne de centaines de millions de dollars.

Guo, également connu sous les noms de « Miles Kwok » et « Ho Wan Kwok », a attiré un nombre conséquent d’abonnés en ligne grâce à ses vidéos YouTube où il critiquait le gouvernement communiste chinois. Les procureurs fédéraux de Manhattan l’ont accusé d’avoir amassé plus d’un milliard de dollars en promettant à ses abonnés qu’ils ne subiraient aucune perte s’ils investissaient dans ses nombreuses entreprises et projets de cryptomonnaie.

Les accusations portées contre Guo détaillent comment il aurait utilisé cet argent pour financer un style de vie opulent, incluant l’achat d’une maison dans le New Jersey, d’une Lamborghini rouge et d’un yacht de luxe. Après un procès de sept semaines, Guo a été reconnu coupable de neuf des douze chefs d’accusation, incluant le complot de racket et la fraude électronique. Le procureur américain Damian Williams a déclaré que Guo risque plusieurs décennies de prison, avec une sentence prévue pour le 19 novembre 2024 par la juge de district américaine Analisa Torres.

Une Fraude de Grande Envergure

Guo a été arrêté en mars 2023 à New York, accusé d’avoir mené un « stratagème tentaculaire et complexe » de 2018 à 2023. Les procureurs ont affirmé que Guo et son partenaire commercial Kin Ming Je avaient sollicité plus d’un milliard de dollars d’investissements en faisant de fausses déclarations. Ils ont promis des retours sur investissement démesurés aux victimes qui investissaient dans des entités telles que GTV Media, Himalaya Farm Alliance, G|CLUBS et Himalaya Exchange.

Les fonds récoltés ont été utilisés comme une « tirelire personnelle » par Guo pour maintenir son style de vie extravagant aux États-Unis. Des achats somptueux incluaient une maison, une Bugatti personnalisée pour 4,4 millions de dollars, une Ferrari à 3,5 millions de dollars, un yacht de 37 millions de dollars.

Kin Ming Je, un citoyen de Hong Kong et du Royaume-Uni, est toujours en fuite, accusé de 11 chefs d’accusation similaires à ceux de Guo, et risque jusqu’à 20 ans de prison supplémentaires pour obstruction à la justice. Yanping Wang, une autre co-conspiratrice connue sous le nom de « Yvette Wang », a également été arrêtée et inculpée de fraude électronique, de fraude en valeurs mobilières et de blanchiment d’argent.

Un personnage controversé

Guo Wengui était autrefois l’une des personnes les plus riches de Chine avant de quitter le pays en 2014 pour demander l’asile aux États-Unis, accusant les responsables chinois de corruption. Il a gagné une large audience en ligne en alignant ses déclarations politiques contre le régime chinois avec des opportunités d’investissement attrayantes. En 2017, il a demandé l’asile aux États-Unis, ses avoirs ayant été saisis par les gouvernements chinois et hongkongais dans le cadre d’enquêtes pour blanchiment d’argent.

Guo est également connu pour ses liens avec Steve Bannon, ancien conseiller de Donald Trump. Bannon a été arrêté en août 2020 sur le yacht de Guo dans une affaire de fraude non liée, avant d’être gracié par Trump. Plus récemment, Bannon a commencé à purger une peine de quatre mois de prison pour avoir défié une assignation à comparaître de la commission de la Chambre enquêtant sur l’attaque du Capitole le 6 janvier 2021. (USA Today)

Au cours des cinq dernières années, 100 milliards de dollars de cryptomonnaies illicites ont transité

Depuis 2019, les échanges de cryptomonnaies ont reçu au moins 100 milliards de dollars provenant d’adresses liées à des activités illégales.

La conclusion à laquelle sont parvenus les chercheurs de la société Chainalysis, a de quoi laisser pantois. Ils ont découvert que les sites dédiés aux échanges de cryptomonnaies ont reçu au moins 100 milliards de dollars provenant d’adresses liées à des activités illégales. Un tiers de ce montant s’est retrouvé sur des plateformes faisant l’objet de sanctions internationales, y compris Garantex.

Garantex est une plateforme d’échange de cryptomonnaies fondée en 2019 et initialement enregistrée en Estonie. Elle permet le trading de diverses cryptomonnaies, y compris Bitcoin, Ether, et des stablecoins comme USDT et USDC. La plateforme offre aux utilisateurs la possibilité d’acheter et de vendre des actifs numériques en utilisant des devises fiduciaires telles que les roubles, les dollars et les euros, avec des services comme des plateformes P2P et des options de dépôt/retrait en espèces sans commission​.

Cependant, Garantex a été impliqué dans des controverses importantes et des problèmes juridiques. En avril 2022, l’Office of Foreign Assets Control (OFAC) du département du Trésor des États-Unis a sanctionné Garantex pour ses liens avec des activités illicites, notamment la facilitation d’opérations de blanchiment d’argent pour le blackmarket Hydra (aujourd’hui fermé), le plus grand marché darknet mondial de biens et services illégaux. Hydra était connu pour ses opérations étendues dans la cybercriminalité, le trafic de drogue et d’autres activités illicites, utilisant souvent des cryptomonnaies pour les transactions​.

Les sanctions contre Garantex faisaient partie d’un effort plus large visant à perturber les réseaux de cybercriminalité et de financement illicite opérant depuis la Russie. La plateforme d’échange a été accusée de permettre des transactions pour des groupes de ransomware et d’autres entités criminelles, avec plus de 100 millions de dollars de transactions liées à des activités illicites. Cela incluait des fonds provenant d’opérations de ransomware et de marchés darknet comme Hydra​.

Selon les chercheurs, ce chiffre témoigne d’un manque de coopération internationale dans la lutte contre le blanchiment d’argent. Chainalysis a également souligné que ces données pourraient ne représenter que la partie émergée de l’iceberg, car elles incluent uniquement les sommes totales transférées de sources illégales vers des services d’échange de cryptomonnaies. Le volume des transactions entre intermédiaires ne peut pas être calculé. L’entreprise affirme qu’une part significative de l’argent sale est désormais stockée et transférée non pas en cryptomonnaies traditionnelles comme le Bitcoin ou l’Ethereum, mais en stablecoins. Ces derniers représentent la majorité du volume total des transactions illégales. Les stablecoins sont devenus le moyen privilégié pour ces transactions illicites, malgré la capacité des émetteurs à geler les fonds, comme l’a fait Tether avec environ 1,5 milliard de dollars d’USDT.

L’année 2022 a enregistré le montant le plus élevé, avec 30 milliards de dollars de cryptomonnaies illicites.