Archives de catégorie : Identité numérique

Le paiement biométrique bientôt possible dans le système CB

Le Groupement des Cartes Bancaires CB évalue actuellement le principe de la biométrie appliquée au paiement et devrait d’ici la fin de cette année octroyer un agrément au standard d’authentification forte défini par Natural Security Alliance pour autoriser son utilisation dans le système CB.

Le premier agrément CB portera sur l’association de la biométrie avec une puce insérée dans un porte-clefs. L’intégration de cette puce dans la carte micro-SD d’un téléphone est également étudiée. Très pratique, l’utilisateur gardera sur lui ce porte-clefs ou ce téléphone (dans une poche, dans un sac) et n’aura pas besoin de le rechercher ou de le présenter pour effectuer un paiement ou un retrait. Outre le fait que la biométrie simplifie l’acte d’authentification avec juste un doigt à poser et plus de code confidentiel à saisir, elle renforce également la sécurité en garantissant la présence du porteur au moment de la transaction.

De plus, la mise en oeuvre de cette solution garantit le respect de la vie privée et des données personnelles de l’utilisateur puisqu’aucune base de données ne centralise les données biométriques de l’utilisateur, celles-ci restant dans la puce intégrée dans le porte-clefs ou le téléphone. Gilbert Arira, Directeur Général du Groupement des Cartes Bancaires CB : « on accorde aux produits CB. ici la fin de cette année 2014 ».

Pour Cédric Hozanne, CEO de Natural Security Alliance : « Les travaux d’agrément engagés par le Groupement des Cartes Bancaires CB constituent une étape très importante pour l’adoption de notre technologie dans le domaine du paiement puis du retrait. Cet agrément permettra aux banques françaises de proposer à leurs clients une nouvelle manière de payer qui tout en renforçant la sécurité, apportera simplicité, sérénité et praticité. CB a été le premier à adopter et à promouvoir la technologie de la carte à puce dès 1992 adoptée depuis par l’ensemble des autres pays. Avec le standard Natural Security, CB montre à nouveau la voie à suivre pour le monde de l’industrie des paiements sécurisés ».

Un Monsieur sécurité pour protéger les données des électeurs

Le gouvernement Canadien a décidé, voilà quelques jours, de mandater une équipe de sécurité informatique qui aura comme mission de trouver la moindre faille et fuite de données concernant les électeurs du pays. Une décision politique qui fait suite au jugement d’une entreprise de généalogie qui a commercialisé durant 6 ans les données de plusieurs millions d’élécteurs via ses services oueb.

L’Institut Drouin, spécialisé dans la généalogie, avait copié une liste électorale datant de 2003. Le jugement de cour du Québec a ordonné à Drouin de détruire les données appartenant à 5,5 millions de Québécois : nom, adresse, sexe et date de naissance. « L’État a le droit d’en interdire la diffusion pour protéger la vie privée des électeurs », a indiqué le tribunal.

En France, il suffit de regarder les seconds tours d’éléctions pour appercevoir les candidats et leurs équipes décortiquer les listes électorales afin d’inciter les abstansionnistes à voter, voir certains élus analyser les employés municipaux n’ayant pas pris le temps de voter !

Identity Leak Checker

Est-ce que des cybercriminels ont volé mes données personnelles et les ont rendues librement disponibles en ligne de sorte que d’autres personnes puissent également y accéder et les utiliser de manière abusive ?

Les utilisateurs d’Internet du monde entier peuvent désormais répondre à cette question en utilisant un service gratuit de l’Institut Hasso Plattner pour l’ingénierie des systèmes informatiques de l’université de Potsdam, en Allemagne. Pour cela, il leur suffit de consulter le site sec.hpi.de et de saisir leur adresse e-mail. Le système recherche alors sur Internet les données personnelles librement disponibles qui leur sont associées.

Si des noms, des mots de passe, des détails de compte ou d’autres données personnelles associées à l’adresse e-mail s’avèrent circuler sur la toile, l’institut HPI avertit l’utilisateur par e-mail et lui donne des conseils sur la façon de procéder. Pour des raisons de sécurité, l’institut ne divulguera pas la nature précise des données.

Les informaticiens qui ont développé ce service ont baptisé leur innovation  » Identity Leak Checker « . À ce jour, les chercheurs de cet institut universitaire, qui est financé par Hasso Plattner, le cofondateur de SAP, ont identifié et analysé plus de 170 millions d’ensembles de données personnelles sur Internet. Quelque 667 000 vérifications gratuites ont été effectuées depuis le lancement du service en Allemagne. Dans 80 000 de ces cas, les utilisateurs ont dû être informés qu’ils avaient été victimes d’un vol d’identité.

« Ce type de système d’avertissement pour les données personnelles volées circulant sur Internet vise à permettre aux utilisateurs de comprendre comment ils traitent leurs données personnelles « , a déclaré le Prof. Christoph Meinel, directeur de l’institut HPI. Son département a également mis au point une base de données pour l’analyse des vulnérabilités informatiques (https://hpi-vdb.de). Cette dernière intègre et combine de grandes quantités de données déjà disponibles en ligne à propos des vulnérabilités de logiciels et d’autres problèmes de sécurité. La base de données contient actuellement pas moins de 61 000 éléments d’information concernant des points faibles qui existent dans près de 160 000 programmes logiciels de plus de 13 000 fabricants.

La base de données de l’institut HPI a récemment commencé à aider les utilisateurs à effectuer des vérifications gratuites de leurs ordinateurs à la recherche de points faibles identifiables qui sont souvent exploités habilement par les cybercriminels pour leurs attaques. Le système reconnaît le navigateur de l’utilisateur – y compris les plugins fréquemment utilisés – et affiche une liste de vulnérabilités connues. Des plans visant à étendre le système d’auto-diagnostic pour couvrir d’autres logiciels installés sur un ordinateur sont en cours de préparation.

FriendOrFoe, application pour contrôler son identité Facebook

Kaspersky Lab présente FriendOrFoe (littéralement « ami ou ennemi »), une application gratuite pour Facebook qui permet aux utilisateurs d’évaluer la fréquence de leurs interactions avec leurs amis, et ce que ces derniers pensent d’eux. L’application révèle lesquels de ces centaines d’abonnés sont d’authentiques fans, qui partagent et commentent des contenus essentiellement au sein d’un cercle d’amis. Elle met aussi en évidence les menaces pour les utilisateurs du réseau social et leur explique comment protéger leurs informations personnelles.

Pour ceux qui utilisent diverses applications d’analyse Facebook, Kaspersky Lab a créé un outil destiné à collecter des statistiques sur l’activité enregistrée. FriendOrFoe indique ainsi le nombre de vidéos et de photos publiées par un utilisateur, le nombre de « J’aime » reçus et une multitude d’autres statistiques susceptibles d’intéresser les aficionados du réseau social. FriendOrFoe est aujourd’hui disponible en différentes langues (anglais, français, russe, allemand, italien, espagnol, brésilien, mexicain, arabe, japonais). Cette liste sera complétée dans un proche avenir.

« Le plus vaste réseau social au monde ne peut qu’attirer l’attention des cybercriminels. Le plus souvent, ils sont à la recherche de données personnelles et d’identifiants qu’ils pourront ensuite exploiter pour accéder, par exemple, à des comptes bancaires via les sites de banque en ligne. Il n’est donc pas surprenant que Facebook soit la cible la plus prisée des auteurs d’attaques de phishing : au cours du premier trimestre 2014, 79,5 % des activités de phishing enregistrées sur les réseaux sociaux touchaient Facebook. En plus de proposer des statistiques amusantes, FriendOrFoe apporte des informations simples et claires concernant les dangers qui menacent un utilisateur» commente Evgeny Chereshnev, Head of Global Mobile Business Development chez Kaspersky Lab.

Les fonctionnalités de FriendOrFoe :
–       Contrôle des “tag” sur les photos : l’utilisateur Facebook peut consulter toutes les photos dans lesquelles il est “tagué” et repérer ainsi potentiellement les photos compromettantes.

–       Contrôle de la géolocalisation : il est possible pour un utilisateur de voir s’il a été géolocalisé par une tierce personne sans sa permission et le cas échéant d’opérer un nettoyage des activités non-approuvés.

–       Maitrise des applications : FriendOrFoe examine les applications Facebook utilisées et la liste des tâches autorisées par l’utilisateur.

–       Maitrise de l’historique : il n’est pas possible d’empêcher Facebook de stocker l’historique de recherche mais il est possible de l’effacer du profil.

Les développeurs de Kaspersky Lab continueront d’améliorer les fonctionnalités de l’application suite aux retours des utilisateurs. Cependant, attention, en utilisant ce service vous fournissez votre accès à Kaspersky !

Pornographie, violence ou drogue, quels contenus Internet consultent les enfants ?

Chaque année, les enfants sont de plus en plus nombreux à aller sur Internet. La plupart des parents ont parfaitement conscience de l’existence de sites à caractère pornographique, présentant des images violentes, faisant l’apologie de la drogue ou comportant d’autres contenus indésirables.

Cependant, tous ne sauraient imaginer quelles sont les catégories particulières de ces sites inappropriés que les enfants tendent à visiter le plus ou à quelle fréquence ils les consultent. C’est pourquoi Kaspersky Lab a décidé d’apporter une réponse à ces questions en analysant les recherches[1] effectuées par les jeunes internautes. Dix catégories de contenus indésirables sur le Web ont été choisies pour faire l’objet de cette étude : pornographie et érotisme, logiciels illégaux, drogues, cruauté et violence, propos grossiers, armes, jeux d’argent, serveurs proxy anonymes, systèmes de paiement, jeux en ligne.

Les 10 interdits
Les parents jugent traditionnellement trois types de contenus particulièrement indésirables pour leurs enfants. Il s’agit des contenus pornographiques et érotiques, cruels et violents ou encore en rapport avec la drogue. Concernant ces trois catégories, l’étude donne les résultats suivants :

·        Dans la quasi-totalité des pays, la catégorie « pornographie et érotisme » vient – de loin – en tête des statistiques de consultation issues des notifications du module de contrôle parental de Kaspersky Lab. Les pourcentages les plus élevés de visites [2] sur des sites à caractère pornographique ou érotique ont été relevés au Japon (74,9 %) et en France (68,9 %), suivis au troisième rang par le Mexique (56,3 %).

·        Les sites relevant de la catégorie « cruauté et violence » sont consultés le plus souvent au Mexique (8,6 %) et aux Etats-Unis (7 %), puis en Europe – notamment au Royaume-Uni et en Espagne (4,8 % chacun). D’après les statistiques du contrôle parental, la popularité des sites de cette catégorie est relativement faible. Néanmoins, il est à noter qu’il est pratiquement impossible d’y aboutir par accident : seule une recherche délibérée peut y mener. Par conséquent, même faibles, les pourcentages de visites de ce type de sites doivent constituer pour les parents un signal d’alerte et une source de préoccupation.

·        Les sites de la catégorie « drogues », tout comme ceux de la catégorie « cruauté et violence », reçoivent le plus de visites au Mexique (1,8 %) et aux Etats-Unis (1,4 %). Le Royaume-Uni se classe en troisième position (0,9 %).

Les logiciels illégaux sont particulièrement prisés en Chine et c’est donc dans ce pays que cette catégorie se détache largement (69,4 %, contre 24 % pour le « concurrent » le plus proche, l’Espagne, et 10.6 % pour le Japon).

Résultats pour les autres catégories
·        Propos grossiers : Russie (10,7 %), Italie (9 %), Mexique (7,7 %).
·        Armes : Russie (26,4 %), Italie (13,7 %), Etats-Unis (12 %).
·        Jeux d’argent : Italie (15,7 %) Etats-Unis (15,4 %), Royaume-Uni (13,5 %).
·        Serveurs proxy anonymes : Mexique (2,1 %), Royaume-Uni (1,2 %), Italie (0,8 %).
·        Systèmes de paiement : Italie (8,5 %), France (5,5 %), Allemagne (2 %).
·        Jeux en ligne : Allemagne (41,1 %), Australie (13,4 %), Etats-Unis (11,2 %).

« En dehors des contenus indésirables, Internet s’accompagne d’autres dangers non moins préjudiciables pour les enfants, à l’exemple du cyberharcèlement. Les agresseurs peuvent exploiter tous les canaux possibles d’interaction en ligne – réseaux sociaux, forums, chats, messageries – qui, lorsqu’ils sont combinés peuvent causer chez les victimes une souffrance mentale dont celles-ci n’osent pas parler. Du point de vue technique, le cyberharcèlement n’est pas si simple à combattre, de sorte que le contrôle parental n’est guère efficace en la matière. En règle générale, les enfants ne sont pas de taille à faire face seuls à des agresseurs : les parents ont donc un rôle important à jouer dans la protection des plus jeunes contre ce fléau. Dans l’idéal, ils doivent prêter attention aux activités de leurs enfants sur Internet. » commente Anna Larkina, analyste senior chez Kaspersky Lab.

Internet oblige les parents à parler plus tôt des « choses de la vie »
Pour AVG Technologies, une étude montre que pour 68% des parents en France, la technologie accélère la fin de l’innocence de l’enfance et les oblige à aborder plus tôt des sujets délicats avec leurs enfants. Des enfants âgés de 10 ans, soit 5 ans plus tôt que leurs parents, dont la majorité (50%) ne se souviennent pas d’avoir eu cette conversation avant l’âge de 15 ans – et parfois pas du tout (42% global, 37% en France).

Concernant les thèmes tels que la pornographie, le sexe et la puberté – sujets de conversation les plus gênants pour les parents interrogés – Internet ressort nettement comme la raison principale d’avoir à avancer cette discussion (76% global, 68% en France). Les inquiétudes liées au temps passé en ligne par leurs enfants (une préoccupation pour 42% des parents globalement, 43% en France) et la facilité avec laquelle ils peuvent accéder à des contenus inappropriés (47% global et 50% en France) se dégagent très clairement.

Alors que l’étude fait état d’une certaine confusion chez les parents quant au meilleur moyen d’assurer la sécurité en ligne de leurs enfants, la série de livres numériques interactifs « Magda and Mo » propose des conseils clairs et simples pour trouver les mesures les plus efficaces. Parmi les méthodes le plus souvent utilisées par les parents figurent l’interdiction pour les enfants de visiter des sites inconnus sans demander la permission (53% global et 47% en France) ; l’interdiction de « chatter » avec des inconnus ou de faire des achats en ligne (51% chacun globalement et 45% et 44% respectivement pour la France) ; et la limitation du temps que les enfants sont autorisés à passer sur Internet (44% globalement, 42% en France) – en revanche, aucune mesure n’a recueilli à elle seule la préférence d’une écrasante majorité.

Bien que plus de huit parents sur dix (81%) imposent une ou plusieurs restrictions, seulement un tiers des enfants (35% globalement, 38% en France), interrogés avec leurs parents, considèrent qu’Internet présente des dangers. La plupart des parents estiment que leurs enfants connaissent mieux Internet qu’eux-mêmes avant l’âge de 12 ans, et un parent sur cinq (19%) pense que ce sera déjà le cas avant l’âge de 9 ans.

« Ces résultats illustrent la nécessité d’initier très tôt le processus d’apprentissage des règles de sécurité en ligne, et le besoin pour les parents et les enfants d’en faire une activité partagée. Dans un contexte d’utilisation croissante d’appareils connectés, on ne peut pas sous-estimer l’importance d’aborder le sujet très tôt et correctement. » explique Judith Bitterli, Directrice marketing chez AVG Technologies.

Heartbleed, de retour dans nos smartphones

Nous vous en parlions à l’époque, la faille heartbleed a été découverte/exploitée aussi dans les smartphones. Des millions d’appareils sous Android, non mis à jour (4.1.1 et antérieur), le sont encore. Un chercheur vient de lancer une alerte indiquant que des millions de smartphones sont tributaires des mises à jour des opérateurs, constructeurs. Bref, la faille OpenSSL fait encore des dégâts.

Luis Grangela, scientifiques portuguais, indique qu’une méthode de piratage exploitant Heartbleed peut être exploitée par des pitrates. Sa méthode utilise le Wi-Fi et des smartphones Android. Son attaque, baptisée Cupidon, est basée au niveau des tunnels TLS. Pour le chercheur, iOS d’Apple ne serait pas épargné.

Val Thorens, une marque protégée sur Internet

Comme l’explique le site Legalis, la station de ski Val Thorens est une marque qu’il vaut mieux éviter de détourner sur Internet.

Par un arrêt du 28 mai 2014, la cour d’appel de Lyon a estimé que les noms de domaine val-thorens.net et val-thorens.org appartenaient à la station de ski éponyme et non pas à l’internaute qui avait mis la main de ces adresses web. Pour la justice, il y a violation du droit d’auteur, même si la Ville et son office de tourisme n’avaient pas enregistré les noms de domaine.

Formulaire d’oubli de Google, oui mais…

Reputation VIP, l’un des leaders français de l’e-réputation, réagit de manière très positive à la mise en ligne du formulaire d’oubli de Google suite à la décision de la Cour de justice Européenne. Le droit à l’oubli sur Internet est un réel sujet de société, auquel la startup lyonnaise est confrontée quotidiennement. Bertrand Girin, PDG de Réputation VIP indique « que toute l’équipe est impressionnée par la rapidité d’action de Google, qui a mis en ligne rapidement le formulaire pour que certaines personnes physiques puissent soumettre leurs demandes de suppression de résultats ».

Mais de nombreuses questions se posent. Google cite comme critère de décision l’obsolescence, la pertinence ou encore l’excès. Ces termes ne sont-ils pas de parfaits exemples de notions subjectives ? Comment Google peut-il juger de cela ? N’est-ce pas aussi une dangereuse façon de renforcer davantage la toute-puissance du géant américain ? Que fera Google en cas d’homonymie ? Comment départager Jean Dupont le criminel de Jean Dupont le bon père de famille ? Qui devra occuper la page des résultats Google ? Et surtout comment Google saura-t-il qui est le Jean Dupont qui fait la demande de suppression ?

La CJUE demande que les personnalités publiques n’aient pas la même facilité que le citoyen lambda à faire supprimer les informations, mais à partir de quand devient-on une personnalité publique ? Le maire d’une petite commune n’est peut-être pas une personnalité publique pour vous, mais pour ses habitants ? Le chef d’entreprise qui passe régulièrement dans les médias sera-t-il considéré comme une personne publique ?

Enfin, on peut se poser la question du champ d’action de ce formulaire. Faut-il être citoyen européen ? Le formulaire parle actuellement de « certains utilisateurs », mais qui sont-ils ? De plus, le champ des suppressions reste-il borné aux moteurs de recherche européens ? Ou vos amis à New-York et Tokyo pourront-ils encore voir ce que vous ne verrez plus ?

Google a annoncé la mise en place d’un comité consultatif d’experts, mais là aussi une question se pose inévitablement, celle de la gouvernance. De quel type de personnes sera t’il composé ? Ces dernières seront-elles intégrées à Google ou indépendantes ? Bertrand Girin PDG de Réputation VIP : « Nous avions tout de suite compris que ce comité était indispensable, l’e-réputation est un sujet trop sensible pour que l’on puisse la juger sans en discuter. On touche à la vie des gens, à leurs opinions, et surtout à l’opinion que les autres ont d’eux. L’opinion est un sujet trop subjectif pour que l’on puisse la ranger dans des cases et automatiser nos jugements sur les comportements d’autrui »

Besoin urgent d’étendre les lois obligatoires sur les fuites de données

Le distributeur en ligne américain eBay a annoncé avoir été victime d’une cyber-attaque et a recommandé à tous ses utilisateurs de changer leur mot de passe. Dans un bulletin émis le mercredi 21 mai, l’entreprise a indiqué que certains identifiants appartenant à des employés avaient été volés, donnant aux pirates l’accès à son réseau interne. Le piratage s’est concentré sur une base de données contenant des noms de clients d’eBay, des mots de passe encryptés, des adresses e-mails et des dates de naissance, et ne concerne donc – à priori – pas les informations financières. Selon eBay, l’attaque a eu lieu entre fin février et début mars et aucune activité anormale de la part des utilisateurs ne semble avoir été détectée depuis.

Nous faisons face à un déluge de données volées, et avec un nombre si important de victimes touchées, souvent des millions de clients, il est grand temps d’étendre les lois relatives à la déclaration obligatoire de divulgations de données à tous les secteurs d’activité – et pas seulement pour les fournisseurs d’accès internet ou les opérateurs télécoms. En dépit des recommandations qui sont faites, de nombreuses personnes continuent d’utiliser le même mot de passe pour plusieurs comptes et avec le temps qu’il a fallu pour avertir les clients de l’existence de cette faille, ces derniers ont été exposés à d’importants risques durant toute cette période. En outre, les dommages pourraient continuer de s’étendre. Avec plus 128 millions d’utilisateurs actifs sur le site d’eBay dans le monde, s’il existe ne serait-ce qu’un pourcent d’entre eux qui utilisent le même mot de passe pour différents comptes professionnels, cela signifie que plus de 1 280 000 millions de réseaux d’entreprises sont potentiellement menacés. « Les hackers n’auront pas de mal à identifier les organismes dans lesquels travaillent toutes ces personnes via des sites comme LinkedIn et détermineront leurs prochaines cibles en fonction de leur importance. Il devient donc urgent d’accélérer la mise en place de lois pour que les clients puissent être confiants et assurés que si leurs données tombent entre de mauvaises mains, des mesures seront prises très rapidement pour en limiter l’accès. » explique Jean-Pierre Carlin de chez LogRhythm.

Avec un tel volume de données traitées chaque jour par les entreprises, il est évident qu’il ne s’agit pas une tâche facile. Cela nécessite une surveillance permanente de la moindre activité sur le réseau ainsi que la capacité à comprendre et à considérer ce qu’est une activité « normale ». Un tel niveau d’information permet aux organismes de détecter les menaces en temps réel et d’y remédier en conséquence – non seulement en accélérant le temps nécessaire pour détecter une faille mais aussi celui qu’il faut pour avertir les clients. « Toutes les entreprises ont la responsabilité de protéger les données personnelles de leurs clients autant que possible et c’est seulement grâce à cette capacité à alerter rapidement les utilisateurs d’une éventuelle menace qu’ils pourront à nouveau accorder leur confiance. » termine Jean-Pierre Carlin.

Selon deux enquêtes commandées par IBM auprès de l’institut Ponemon, le coût moyen de la violation des données a augmenté de 15%, pour atteindre une moyenne de 3,5 millions de dollars. Les études indiquent également que les attaques ciblées sont considérées comme la plus grande menace par la majorité des entreprises. Leur coût est estimé à 9,4 millions de $ de perte en valeur intrinsèque pour la marque. Pour la France, le coût d’une violation de données est en moyenne de 4,19$ (2.88€). La France est le pays où la proportion des attaques ciblées est la plus forte. Des attaques qui sont les plus graves. Le taux d’érosion de clients suite à un incident de violation de données serait, toujours selon IBM, très fort en France.

Pour finir, DataSecurityBreach.rf rappelle l’article 34 de la loi Informatique et Libertés qui impose au responsable de traitement de prendre les mesures nécessaires pour sécuriser les données à caractère personnel. Le responsable de traitement doit se tenir informé et réagir lorsqu’une faille d’une telle ampleur est découverte. Ne pas corriger une faille de sécurité connue et pour laquelle des correctifs sont proposés est susceptible de constituer un manquement à l’obligation de sécurisation imposée aux responsables de traitement.

Sécurité informatique : Dis-moi qui tu es, je te dirai comment te protéger

« Cogito Ergo Sum » : je pense, donc je suis. Le concept d’existence et, par là-même, d’identité tel qu’il a été formulé par Descartes au 17e siècle n’a cessé d’évoluer depuis. Qu’est-ce qui fait notre identité de nos jours ? Notre numéro de sécurité sociale, de compte en banque ? Nos mots de passe récurrents ? Nos actes, les cercles des personnes avec lesquelles nous échangeons ? Avons-nous une seule ou plusieurs identités ? Avec chaque décennie vient un nouveau moyen de définir de notre identité…ou de la perdre selon le point de vue.

Pour nous, l’identité représente l’identifiant unique d’une personne ou d’une chose, qui permet de la différencier. On peut l’affiner par l’ajout d’attributs propres à chacun, la liste des tiers avec lesquels nous échangeons ou encore certains paramètres comportementaux. Notre identité était auparavant scindée en deux facettes, « personnelle » et « professionnelle », mais ça c’était avant ! Avant l’ère de la consumérisation de l’IT. Notre identité professionnelle est désormais définie le plus souvent par la fusion de ces deux facettes et prend également en compte l’utilisation d’appareils mobiles, les règles d’accès aux applications, d’identités sociales, etc. qui permettent de classer un individu en tant qu’employé, consultant, partenaire commercial, client etc.

Alors comment une organisation peut-elle établir le niveau de sécurité adéquat pour son système d’information quand les données personnelles et professionnelles sont si étroitement entrelacées ? C’est un défi de taille pour les services informatiques, qui doivent miser sur une identification claire et précise pour le relever. Plus que jamais, l’enjeu de la sécurité ne réside pas dans des aspects matériels ou technologiques mais plutôt dans la capacité de l’organisation à comprendre les tenants et aboutissants du concept d’identité et in fine à reconnaître l’individu qui se trouve derrière le terminal.

L’identité professionnelle, les paramètres personnels qui viennent se greffer dans l’environnement de travail et les éléments comportementaux sont autant de données qui s’amalgament et permettent de discerner ce qui se passe dans le périmètre professionnel, et au-delà. Et comme ce périmètre évolue, l’identité va inévitablement devenir l’unique préoccupation des équipes de sécurité car elle seule permet de faire le tri parmi les parasites événementiels et les données non pertinentes, sources de confusion qui empêchent de répondre aux menaces réelles ou de simplement détecter une attaque. L’incapacité à gérer l’identité, et les accès qui vont de pair, est le plus grand risque informatique de gestion pour une organisation. Une entité qui ignore « qui fait quoi » ne peut saisir les opportunités qui s’offrent à elle et s’expose à un risque organisationnel majeur.

La sécurité informatique au service de la performance de l’entreprise
Des changements doivent être opérés à la fois dans les rôles et les priorités des équipes informatiques et de sécurité. Elles se doivent de maîtriser ces enjeux et d’adapter leur stratégie pour non seulement fournir un environnement informatique de travail sécurisé mais aussi pour soutenir le développement du business et répondre aux attentes d’utilisateurs qualifiés. L’un des plus grands défis est incontestablement de suivre le rythme du changement, de s’adapter à la vitesse à laquelle évolue l’organisation. Les utilisateurs sont toujours plus exigeants quant à leurs besoins et souhaitent travailler comme ils l’entendent. Ils réclament des services encore plus personnalisés, une plus grande agilité pour répondre aux opportunités qui se présentent, une connectivité plus poussée et, bien entendu, moins de contrôles aux endroits où ils interagissent. Pour cela, les organisations doivent être capables d’adopter et d’assimiler des environnements informatiques hybrides et des outils mobiles qui peuvent s’ajuster aux besoins organisationnels et aux opportunités du moment. Répondre avec promptitude aux exigences croissantes des utilisateurs est devenu le quotidien des équipes informatiques.

C’est pour cela qu’il faut se concentrer sur l’exploitation du concept d’identité et relever le défi de la gestion des accès ; ce premier pas permettra de répondre avec diligence aux besoins futurs, tout en respectant les impératifs de sécurité et de conformité. Alors que l’Internet des Objets devient une réalité, de nouveaux défis et possibilités se présentent. Toute chose a ou aura une identité, et chacune de ces identités peut receler la réalité d’un utilisateur, d’un employé ou d’un client. La gestion de ces identités, et l’utilisation de sources d’identités fédérées toujours plus complexes, va dévoiler aux entreprises et administrations les multiples facettes d’un monde hyper-connecté. (Par Jean-Philippe Sanchez, Consultant Sécurité chez NetIQ France)