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Les Assises placent le renseignement au cœur du Before

Le Before des Assises 2026 réunira 150 décideurs cyber à Monaco pour confronter stratégie, dépendances technologiques, géopolitique, résilience et nouvelles formes de renseignement.

Les Assises de la cybersécurité dévoilent le programme de leur Before, organisé le 6 octobre à Monaco, à la veille de l’ouverture de l’événement. Cent cinquante décideurs spécialement invités participeront à des commissions consacrées aux principaux arbitrages cyber des organisations. Stratégie nationale cyber 2030, intelligence artificielle, dépendances technologiques, attaques massives, souveraineté, géopolitique et signaux faibles structureront les échanges. L’édition 2026 insiste particulièrement sur la transformation de l’information en intelligence exploitable. Les participants travailleront également sur les risques juridiques, réglementaires et économiques capables d’affecter des services critiques sans nécessiter d’intrusion informatique. Une restitution publique des travaux est prévue le 8 octobre.

De la stratégie cyber aux dépendances technologiques

À Monaco, la journée du 6 octobre doit commencer avant même l’ouverture officielle des Assises de la cybersécurité. Le Before réunira 150 responsables du secteur autour de discussions conduites par des co-présidents. L’objectif annoncé consiste à favoriser les échanges entre pairs, confronter les expériences et dégager des pistes applicables aux organisations.

Une première commission abordera la stratégie nationale cyber 2030. Le sujet dépasse la définition d’une ambition nationale. Il porte sur sa traduction opérationnelle dans les entreprises et institutions confrontées à l’accélération des menaces, aux évolutions réglementaires et aux ruptures technologiques.

Gouvernance, compétences, implication des métiers, gestion des risques et capacité d’exécution figurent parmi les difficultés identifiées. Les participants devront rechercher des actions permettant de convertir une orientation stratégique en décisions durables. Thierry Auger, Group CISO de Lagardère, et Olivier Ligneul, Group CISO d’EDF, animeront cette table ronde.

La dépendance créée par l’intelligence artificielle constituera un autre axe majeur. Les organisateurs placent la question de la maîtrise des choix au centre du débat. L’essor des plateformes d’IA et les évolutions entre grands groupes technologiques peuvent modifier les dépendances économiques, techniques et opérationnelles des organisations.

La problématique devient alors directement liée au renseignement stratégique. Évaluer un fournisseur ou une architecture ne consiste plus seulement à examiner ses performances. Les décideurs doivent également comprendre les dépendances susceptibles d’affecter leurs données, leurs infrastructures et leurs orientations à long terme. Sébastien Bombal, directeur Techniques des Douanes-DNRED, et Patrick Menez, Deputy Group Chief Security Officer d’AXA, piloteront les échanges.

Une troisième commission examinera les arbitrages entre innovation, performance, résilience et autonomie numérique. L’adoption d’une technologie peut accélérer une transformation tout en réduisant certaines marges de décision. Les travaux doivent aboutir à des recommandations destinées notamment aux comités exécutifs.

Géopolitique et signaux faibles changent la menace

Le programme déplace ensuite le regard vers des risques qui dépassent l’attaque informatique classique. Une commission consacrée aux menaces massives traitera des DDoS, rançongiciels, fuites de données, compromissions de tiers et exploitations de vulnérabilités à grande échelle. Elle cherchera à déterminer comment anticiper, absorber puis traiter des attaques capables d’affecter simultanément infrastructures, données et confiance numérique.

L’un des angles les plus directement liés au renseignement concerne toutefois la géopolitique. Les Assises soulignent que sanctions, législations extraterritoriales et restrictions réglementaires entrent désormais dans le périmètre des responsables cyber.

Le risque ne provient donc pas uniquement d’une intrusion. Un service critique peut également devenir indisponible en raison d’une décision juridique, contractuelle ou réglementaire. Le communiqué cite les affaires concernant la CPI, l’Amsterdam Trade Bank, Mythos et Fable 5 pour illustrer cette évolution. Dans cette lecture, le droit, le capital et les contrats deviennent eux aussi des instruments de rapport de force.

La commission animée par Jean-Christophe Mathieu, Global CISO du groupe SNCF, et Emmanuel Garnier, directeur Cybersécurité d’Orano, devra produire trois outils. Les participants travailleront sur une grille d’exposition juridictionnelle des actifs critiques, un tableau de signaux faibles avec seuils d’alerte et un argumentaire destiné aux COMEX.

Cette logique d’anticipation se prolonge avec une commission consacrée à l’intelligence stratégique. Cyberespionnage, menace interne, désinformation, usages détournés de l’intelligence artificielle et organisation internationale des entreprises sont présentés comme des risques susceptibles d’échapper aux mécanismes traditionnels de surveillance.

L’enjeu consiste à distinguer, dans une masse d’informations, les signaux réellement pertinents. Les contraintes métiers, les différences réglementaires ou culturelles et l’exposition géographique doivent également entrer dans l’analyse. Éric Freyssinet, conseiller senior Cybercriminalité et Cybersécurité au COMCYBER-MI, ainsi que Frank Van Caenegem, RSSI de Schneider Electric et administrateur du CESIN, conduiront cette réflexion.

La journée se terminera par une conférence consacrée à la menace intérieure, sous le thème « CSAM : la menace intérieure que vous ne considérez jamais ». L’intervention doit examiner des vulnérabilités décrites comme parfois invisibles, avec des conséquences possibles pour la sécurité, la confiance et la résilience.

Nouveauté annoncée pour 2026, les travaux du Before seront ensuite restitués publiquement le jeudi 8 octobre, entre 14 h 00 et 16 h 45 au Grimaldi Forum. Trois séquences reprendront les enseignements consacrés aux arbitrages stratégiques, aux menaces futures et aux nouvelles lignes de front mêlant géopolitique, réglementation et influence.

Le fil directeur du Before est ainsi celui d’une cybersécurité où défendre les systèmes ne suffit plus : il faut aussi détecter les dépendances, lire les rapports de force et transformer les signaux faibles en intelligence décisionnelle.