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Palo Alto corrige en urgence un zero-day PAN-OS

Une faille critique non corrigée expose des pare-feu Palo Alto à une prise de contrôle distante, avec accès root et exploitation déjà observée.

Palo Alto Networks alerte ses clients sur CVE-2026-0300, une vulnérabilité critique de PAN-OS exploitée contre des pare-feu exposés à Internet. Cette faille de type buffer overflow touche le portail d’authentification User-ID, aussi appelé Captive Portal, sur les gammes PA-Series et VM-Series. Un attaquant non authentifié peut envoyer des paquets spécialement conçus, sans identifiants ni interaction utilisateur, afin d’exécuter du code arbitraire avec les privilèges root. Aucun correctif n’est encore disponible. Les premiers hotfixes sont annoncés autour du 13 mai 2026, puis une seconde vague vers le 28 mai. Les contournements deviennent donc prioritaires.

Une porte d’entrée critique sur le périmètre réseau

Dans une infrastructure d’entreprise, le pare-feu marque souvent la frontière entre le réseau interne, les partenaires et Internet. C’est précisément ce rôle stratégique qui rend CVE-2026-0300 aussi sensible. La vulnérabilité se situe dans le service User-ID Authentication Portal de PAN-OS. Ce composant intervient lorsque le pare-feu ne parvient pas à associer automatiquement une adresse IP à une identité utilisateur. Il présente alors un portail d’authentification, destiné à collecter des identifiants.

Le problème repose sur une écriture hors limites en mémoire, classée CWE-787. En pratique, la logique de traitement des paquets accepte une séquence réseau spécialement forgée, capable de déclencher un débordement de tampon. Comme le chemin d’exécution vulnérable intervient avant toute authentification, l’attaquant n’a pas besoin de compte, de mot de passe, d’accès préalable ou d’action de la victime.

Le scénario d’attaque est donc direct. Un système exposé reçoit le paquet malveillant. La mémoire est corrompue. Le flux d’exécution peut être détourné. Le code choisi par l’attaquant s’exécute ensuite sur la plateforme PAN-OS. L’élément le plus préoccupant tient au niveau de privilèges : le service fonctionne avec les droits root. Une exploitation réussie donne donc un contrôle total sur le pare-feu.

Palo Alto Networks indique que l’exploitation est automatisable. L’entreprise confirme aussi des attaques limitées contre des portails d’authentification accessibles depuis des adresses IP non fiables ou directement depuis Internet. Le score CVSS atteint 9,3 lorsque le portail est exposé à un réseau non maîtrisé. Il descend à 8,7 lorsque l’accès est limité à des adresses internes de confiance, conformément aux bonnes pratiques de l’éditeur.

La surface d’exposition reste importante. Shadowserver suit plus de 5 800 pare-feu PAN-OS VM-Series visibles en ligne. La majorité se trouve en Asie, avec 2 466 systèmes recensés, puis en Amérique du Nord, avec 1 998 équipements. Ces chiffres ne prouvent pas que tous les systèmes soient exploitables, car la vulnérabilité dépend de l’activation du portail concerné. Ils donnent toutefois une mesure du risque sur des équipements de bordure.

Les produits touchés sont les pare-feu PA-Series et VM-Series. Prisma Access, Cloud NGFW et Panorama ne sont pas affectés, selon les informations fournies. Les versions vulnérables couvrent plusieurs branches de PAN-OS : 12.1, 11.2, 11.1 et 10.2, dès lors que le portail User-ID Authentication Portal est activé. La configuration se vérifie dans Device, User Identification, Authentication Portal Settings, Enable Authentication Portal.

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Un zero-day sans patch, avec contournements immédiats

Le caractère zero-day de CVE-2026-0300 place les équipes de sécurité dans une fenêtre de risque contrainte. Aucun correctif n’est disponible au moment de l’alerte. Palo Alto Networks prévoit une première série de hotfixes autour du 13 mai 2026, puis une seconde vers le 28 mai. Jusqu’à leur publication, la réduction de surface d’attaque constitue la mesure centrale.

La première action consiste à restreindre immédiatement l’accès au portail d’authentification. Les règles de filtrage doivent limiter le service User-ID Authentication Portal aux seules adresses IP et zones internes jugées fiables. Un portail exposé à Internet, ou à un réseau non approuvé, crée une cible directe pour une attaque distante sans authentification.

La deuxième mesure consiste à désactiver le portail lorsqu’il n’est pas nécessaire. Les organisations qui n’utilisent pas activement cette fonction peuvent la couper depuis Device, User Identification, Authentication Portal Settings, Disable Authentication Portal. Cette décision réduit le risque à la source, car le composant vulnérable n’est alors plus accessible.

Pour les environnements sous PAN-OS 11.1 et versions supérieures, Palo Alto Networks a publié une signature Threat Prevention d’urgence. Elle vise à bloquer les schémas d’exploitation connus, sous réserve d’un abonnement actif. Cette protection ne remplace pas un correctif, car les signatures peuvent être contournées ou rester incomplètes face à des variantes. Elle ajoute cependant une couche utile pendant la période d’attente.

La surveillance doit aussi être renforcée. Les journaux du pare-feu doivent être examinés pour repérer des accès inhabituels au portail d’authentification, des exécutions de processus inattendues ou des communications vers des infrastructures externes inconnues. Un pare-feu compromis avec droits root représente bien plus qu’un équipement isolé. Il peut offrir une visibilité sur les flux, faciliter la reconnaissance interne et ouvrir des chemins de mouvement latéral.

Cette vulnérabilité correspond au profil recherché par des groupes persistants avancés et des opérateurs de rançongiciels : un équipement de bordure, une exécution de code avant authentification et un accès complet aux flux réseau. Tenable attribue à CVE-2026-0300 un score de base de 10,0, soit le maximum possible. Le catalogue CISA Known Exploited Vulnerabilities répertorie déjà 13 vulnérabilités touchant des produits Palo Alto, même si CVE-2026-0300 n’y figure pas encore dans les informations fournies.

L’équation défensive est claire : réduire l’exposition avant la publication des hotfixes, appliquer les signatures disponibles, puis installer les correctifs dès leur diffusion.

Breach Salesloft Drift : Cloudflare, Zscaler et Palo Alto touchés

Un piratage via l’intégration Salesloft Drift-Salesforce a compromis plusieurs géants de la cybersécurité. Des tokens OAuth volés ont ouvert l’accès à des données sensibles.

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Un acteur malveillant a exploité une faille dans l’intégration Salesloft Drift-Salesforce pour siphonner des tokens OAuth et refresh. L’attaque, détectée en août 2025, a touché des entreprises majeures, dont Cloudflare, Zscaler et Palo Alto Networks. Les données volées incluent identités, contacts, contenus de support et même des identifiants de services critiques. L’incident interroge sur la sécurité des intégrations SaaS et l’exposition croissante des chaînes logicielles.

Un piratage sophistiqué ciblant les intégrations Salesforce

Entre le 8 et le 18 août 2025, un groupe baptisé UNC6395 a exploité l’intégration entre Salesloft Drift et Salesforce pour dérober massivement des tokens OAuth. Ces jetons permettaient d’accéder directement à des environnements Salesforce, ouvrant un accès sans authentification supplémentaire à de multiples données.

Les tokens, une fois volés, ont servi à exfiltrer des informations sensibles de plusieurs clients Salesforce. Parmi les organisations ciblées figurent des acteurs critiques du secteur cyber, dont Zscaler, Cloudflare et Palo Alto Networks. D’autres éditeurs comme Tanium et SpyCloud figurent aussi sur la liste des victimes confirmées.

Les attaquants ont ciblé les champs de support et les données clients stockées dans Salesforce. Selon les premières analyses, l’accès concernait à la fois des informations personnelles (noms, emails, numéros de téléphone) et des données techniques ou organisationnelles (clés AWS, tokens Snowflake, identifiants internes). Google Threat Intelligence Group (GTIG) attribue cette campagne à UNC6395, tout en soulignant l’absence de preuves solides reliant l’opération au collectif ShinyHunters, pourtant prompt à revendiquer la responsabilité.

 

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Des données sensibles exposées chez les leaders de la cybersécurité

Chez Cloudflare, les assaillants ont pu consulter des tickets de support, comprenant noms, coordonnées de clients et contenus des échanges. Certaines informations techniques soumises par des utilisateurs, comme des logins, ont également été exposées.

Zscaler a confirmé le vol de données relatives aux licences produits, aux postes occupés par ses clients et aux numéros de téléphone professionnels. Les échanges de support, parfois détaillés, faisaient partie du lot.

Chez Palo Alto Networks, les intrusions ont permis d’accéder aux données de comptes de vente internes, ainsi qu’à certains cas de support contenant des informations sensibles.

L’ampleur exacte du volume exfiltré n’a pas été chiffrée publiquement, mais plusieurs entreprises reconnaissent la possibilité que des credentials techniques aient été compromis. Salesforce a de son côté averti que les attaquants pouvaient avoir récupéré des clés AWS et des identifiants de services cloud critiques.

Si ces informations étaient exploitées pour une intrusion secondaire, les conséquences pourraient être majeures. La compromission d’intégrations SaaS utilisées par des milliers d’entreprises illustre la difficulté croissante à protéger les chaînes de confiance logicielles.

Réponses d’urgence et interrogations persistantes

Face à l’attaque, Salesforce et Salesloft ont immédiatement désactivé l’application Drift, révoqué les tokens associés et retiré Drift de l’AppExchange. Les entreprises touchées ont lancé des investigations internes, notifié leurs clients et enclenché des rotations massives de clés et tokens.

Cloudflare, Zscaler et Palo Alto Networks affirment que les systèmes centraux de leurs infrastructures n’ont pas été atteints. Les exfiltrations se limiteraient aux données Salesforce accessibles via Drift. Cependant, la confiance des clients reste mise à l’épreuve, d’autant que l’exploitation de tokens OAuth confère aux assaillants une persistance difficile à détecter.

Google GTIG rappelle que les campagnes d’UNC6395 se caractérisent par une exploitation rapide des intégrations SaaS et par un usage intensif de tokens volés. Leur mode opératoire témoigne d’une compréhension fine des environnements cloud modernes.

L’affaire soulève une question centrale : comment contrôler la prolifération d’applications tierces connectées aux environnements critiques, quand chacune d’elles peut devenir une porte d’entrée invisible ? Le piratage Salesloft Drift rappelle la fragilité des chaînes SaaS : une seule application compromise peut entraîner la fuite de données sensibles chez des acteurs mondiaux de la cybersécurité. L’enjeu stratégique devient clair : comment redéfinir la gestion des intégrations cloud pour éviter que le maillon faible ne compromette tout un écosystème ?

Selon 6Sens, environ 110 entreprises en France utilisent Salesloft (contre 390 au Royaume-Uni, 286 au Canada) .

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Palo Alto Networks et Proofpoint s’allient

Palo Alto Networks et Proofpoint s’allient pour diversifier leurs capacités de protection contre les menaces Sécurité des terminaux, technologie cloud et réseaux de pointe associés à une protection inégalée des comptes de messagerie et de réseaux sociaux.

Palo Alto Networks et Proofpoint ont annoncé la mise en place d’un partenariat visant à proposer aux clients une protection renforcée et des solutions de collecte d’informations relatives aux diverses attaques sophistiquées (menées via courrier électronique ou sur les réseaux sociaux), susceptibles d’affecter les utilisateurs et leurs données.

L’alliance des solutions Proofpoint Targeted Attack Protection (TAP) et SocialPatrol, avec la plateforme de sécurité Palo Alto Networks nouvelle génération, permet aux utilisateurs de détecter les menaces connues ou inédites avant qu’elles n’affectent leurs systèmes.

« Les produits Palo Alto Networks et Proofpoint sont d’autant plus performants lorsqu’ils sont utilisés ensemble. Plus de 50 % des entreprises figurant dans le classement Fortune 100 utilisent les solutions Proofpoint pour endiguer les menaces relatives aux appareils mobiles, réseaux sociaux et courriers électroniques. L’intégration de telles solutions à la plateforme de sécurité Palo Alto Networks nouvelle génération permet à nos clients de profiter d’une protection automatisée sur l’ensemble de leur infrastructure, quelle que soit la méthode employée par les attaquants. » – Ryan Kalember, vice-président sénior en charge de la cybersécurité chez Proofpoint

« Des attaques continues et sophistiquées prennent pour cible les réseaux, les données se trouvant sur le cloud et les terminaux. Grâce à l’intégration avec les solutions TAP et SocialPatrol de Proofpoint, nous sommes en mesure de bénéficier des mêmes informations en temps réel sur lesdites menaces. Ainsi, nos clients en commun profitent d’une meilleure visibilité, ainsi que d’une protection automatique synchronisée au niveau de tous leurs points de contrôle. » – Chad Kinzelberg, vice-président sénior en charge du développement de l’entreprise et des activités chez Palo Alto Networks

La solution WildFire, qui joue un rôle central au sein de la plateforme de sécurité de Palo Alto Networks, a été associée à la solution TAP de Proofpoint afin que toute pièce jointe potentiellement malveillante soit soumise aux deux systèmes d’analyse basés sur le cloud. Ainsi, la protection automatique est synchronisée entre la passerelle de messagerie Proofpoint et la plateforme de sécurité Palo Alto Networks nouvelle génération. En outre, la fonctionnalité d’analyse de WildFire peut être combinée aux capacités de détection et de suppression de SocialPatrol, de sorte à empêcher tout lien malveillant d’affecter les comptes de réseaux sociaux de l’entreprise (notamment sur Facebook, Twitter, LinkedIn et Instagram).

Dans tous les cas, la solution WildFire permet d’adapter automatiquement le niveau de sécurité aux nouvelles menaces, et de protéger l’ensemble des clients. Les informations sur les menaces rassemblées par les deux solutions sont ensuite organisées et centralisées via Proofpoint Threat Response et le tableau de bord TAP.