Archives de catégorie : APT

Google renforce l’enquête anti-espionnage sur Android

Google déploie sur Android un journal d’intrusion pensé pour documenter les attaques, préserver les traces et aider les enquêtes cyber sur smartphones compromis.

Le nouveau dispositif de journalisation intégré à Android vise un enjeu longtemps critique : comprendre précisément comment un téléphone a été ciblé, compromis ou fouillé. Intégré au mode de protection avancée, il s’adresse d’abord aux profils exposés, notamment journalistes, militants, défenseurs des droits humains et autres utilisateurs à risque. Les journaux collectent des événements techniques pouvant signaler une intrusion, puis les protègent par chiffrement avant transfert vers le compte Google de l’utilisateur. L’objectif est clair : empêcher qu’un logiciel espion efface simplement les indices locaux et donner aux chercheurs une base exploitable pour reconstituer une attaque.

Android veut garder la mémoire des attaques

Sur un smartphone, l’attaque ne se résume pas toujours à un écran suspect ou à une application inconnue. Elle peut passer par une connexion distante, une extraction discrète, une manipulation de débogage ou l’ouverture d’un serveur malveillant. Jusqu’ici, sur Android, beaucoup de ces signaux disparaissaient vite. Les journaux système n’étaient pas pensés pour une investigation d’intrusion, ils étaient régulièrement écrasés, et ne conservaient pas toujours les éléments nécessaires à une analyse solide.

Google introduit donc une fonction dédiée à cette zone grise de l’enquête mobile. La journalisation des intrusions collecte un ensemble séparé d’événements capables d’indiquer une compromission, une tentative de piratage ou une opération de dissimulation. Elle est intégrée au mode de protection avancée, conçu pour les utilisateurs dont le métier, l’engagement ou l’exposition publique augmente le risque de surveillance ciblée.

Le mécanisme repose sur une logique simple : conserver des traces utiles avant qu’elles ne disparaissent. Une fois par jour, Android rassemble ces journaux, les chiffre, puis les envoie vers le compte Google associé au téléphone. Selon Google, l’entreprise ne peut pas lire leur contenu. Le déchiffrement reste entre les mains de l’utilisateur, qui peut ensuite choisir de les transmettre à des chercheurs chargés d’examiner une attaque possible.

Cette architecture répond à un problème central du renseignement numérique : lorsqu’un logiciel espion a déjà pris pied sur un appareil, les preuves locales deviennent fragiles. Un outil suffisamment avancé peut tenter d’effacer ses traces, de masquer ses communications ou de supprimer les éléments compromettants. En déplaçant régulièrement des journaux chiffrés hors du téléphone, Google cherche à réduire cette capacité d’effacement.

La fonction a été développée avec l’aide d’Amnesty International. L’organisation a souligné une difficulté récurrente dans les enquêtes sur Android : l’analyse d’un appareil était souvent plus complexe que celle d’un iPhone, précisément parce que les traces disponibles étaient moins adaptées aux investigations sur intrusion. Pour des chercheurs, cette différence peut déterminer la qualité d’un diagnostic. Sans chronologie fiable, il devient difficile d’identifier le vecteur d’attaque, la période de compromission et les actions réalisées sur le terminal.

Les nouveaux journaux enregistrent plusieurs catégories d’actions. Ils peuvent conserver les déverrouillages du téléphone, les installations et suppressions d’applications, les connexions à des sites web ou serveurs, l’usage d’Android Debug Bridge, ainsi que les tentatives de suppression des journaux eux-mêmes. Ce dernier point est particulièrement sensible : vouloir effacer ces données peut constituer un indice d’obstruction ou de camouflage après compromission.

Pour les enquêteurs, la valeur de ces informations tient à leur combinaison. Un événement isolé peut sembler banal. Une séquence, elle, peut raconter une attaque. Un déverrouillage inhabituel, suivi d’une connexion à un serveur suspect, d’une installation d’application et d’un accès via Android Debug Bridge, forme une piste beaucoup plus solide qu’un simple soupçon.

Un outil utile, mais encore encadré

Cette journalisation peut aussi aider à documenter des scénarios très concrets. Les données recueillies peuvent montrer si le smartphone a été relié à un outil d’extraction comme Cellebrite. Elles peuvent également révéler des tentatives de récupération de données, la présence d’un logiciel espion, l’installation d’un logiciel de harcèlement ou l’ouverture de domaines et serveurs utilisés dans une opération malveillante.

L’enjeu dépasse donc la réparation technique. Il touche à la preuve. Pour un journaliste, un défenseur des droits humains ou un militant, démontrer qu’un téléphone a été attaqué peut avoir des conséquences professionnelles, judiciaires et politiques. Dans ces dossiers, l’incertitude profite souvent à l’attaquant. Plus la chronologie est précise, plus l’analyse devient exploitable.

La fonctionnalité n’est toutefois pas automatique. L’utilisateur doit activer manuellement le mode de protection avancée, puis la journalisation des intrusions. Ce choix limite l’exposition involontaire, mais réduit aussi la couverture immédiate. Les personnes les plus ciblées devront connaître l’existence du dispositif, comprendre son intérêt et accepter de l’utiliser avant un incident.

Autre restriction importante : le déploiement concerne actuellement les appareils Pixel disposant de la mise à jour Android 16 de décembre ou ultérieure. Le téléphone doit aussi être associé à un compte Google. Dans l’état actuel, le dispositif ne couvre donc pas l’ensemble de l’écosystème Android, très fragmenté selon les fabricants, les modèles et les calendriers de mise à jour.

La question de la confidentialité demeure centrale. Ces journaux peuvent contenir l’historique de connexions et des éléments liés à l’activité de navigation. Même chiffrés, ils restent sensibles dès lors qu’un utilisateur envisage de les partager avec des chercheurs. Le choix final lui appartient : transmettre ces données peut aider à établir une attaque, mais cela implique aussi d’exposer une partie de son activité numérique à une analyse externe.

Google tente ici un équilibre délicat. Trop peu de traces, et l’enquête échoue. Trop de collecte, et l’outil devient lui-même une source d’inquiétude. Le chiffrement et le contrôle donné à l’utilisateur répondent à cette tension, sans l’effacer totalement. Dans les affaires d’espionnage mobile, la confiance ne repose pas seulement sur la technologie, mais aussi sur la clarté du consentement.

Pour Android, cette évolution marque un changement d’approche. La sécurité ne consiste plus seulement à bloquer l’attaque au moment où elle survient. Elle doit aussi permettre d’en comprendre les mécanismes après coup. Cette capacité d’analyse post-incident est essentielle face aux logiciels espions, aux outils forensiques intrusifs et aux opérations ciblées.

En matière de cyber-renseignement, la bataille se joue désormais autant dans la conservation des traces que dans la détection de l’attaque.

L’IA au service d’un piratage éclair de FortiGate

Entre automatisation et négligence, une campagne récente montre comment des interfaces d’administration exposées et des mots de passe faibles suffisent à ouvrir des réseaux entiers, à grande échelle.

Une analyse d’Amazon décrit une campagne menée entre le 11 janvier et le 18 février 2026, où un cybercriminel motivé par le profit a compromis plus de 600 équipements FortiGate dans 55 pays. L’attaque ne reposait pas sur des failles logicielles, mais sur des consoles de gestion laissées accessibles depuis Internet et protégées par une authentification simple avec des mots de passe faciles à deviner. En s’appuyant sur plusieurs services commerciaux d’IA générative, l’attaquant a industrialisé la méthode, récupérant configurations, identifiants, plans réseau et paramètres VPN. Objectif final, pénétrer l’interne, viser Active Directory et sonder les sauvegardes, un signal souvent associé aux préparatifs d’un rançongiciel.

Une intrusion sans vulnérabilité, portée par l’automatisation

Le scénario a quelque chose d’inconfortable, parce qu’il n’exige ni exploit sophistiqué ni compétence rare. D’après Amazon, du 11 janvier au 18 février 2026, soit 38 jours si l’on compte du premier au dernier jour, un acteur cybercriminel a pris pied sur plus de 600 équipements FortiGate répartis dans 55 pays. Le volume et la dispersion géographique donnent l’impression d’une opération structurée, pourtant l’analyse conclut à un profil non étatique, plutôt un loup solitaire ou un petit noyau opportuniste.

Le point d’entrée n’est pas une vulnérabilité du produit. L’attaquant a cherché des interfaces de gestion directement exposées sur Internet, puis a tenté de deviner ou de forcer des mots de passe trop faibles, avec une authentification à facteur unique. Le cœur du problème est donc une erreur de configuration élémentaire, que l’on retrouve encore dans des entreprises de toutes tailles, parfois par héritage de choix anciens, parfois par manque de contrôle, souvent parce que l’accès distant “temporaire” finit par devenir permanent.

Ce qui change, selon Amazon, c’est la cadence. Plusieurs services commerciaux d’IA générative auraient servi à mettre en place une chaîne d’actions quasi automatique. L’IA ne « pirate » pas à elle seule, mais elle peut accélérer la préparation, l’enchaînement des étapes, la normalisation des commandes, l’adaptation des scripts et la production de variations lorsque l’environnement diffère légèrement. À l’échelle d’Internet, ce gain de temps transforme une routine d’attaquant en moisson industrielle. Quand la barrière technique baisse, le véritable facteur limitant devient la discipline d’hygiène numérique du côté des défenseurs.

De la configuration au cœur du réseau, la trajectoire classique

Une fois l’équipement compromis, l’attaquant a téléchargé les configurations complètes. C’est un trésor opérationnel, parce qu’il peut y trouver des identifiants, des informations de topologie, des indices sur la segmentation, ainsi que des paramètres de réseau privé virtuel. À partir de là, le basculement est logique, l’objectif n’est pas l’équipement lui-même, mais la porte qu’il ouvre sur l’infrastructure interne des organisations.

L’analyse décrit ensuite une progression vers les domaines Active Directory. Cette étape est un pivot, car Active Directory concentre l’identité, les droits et souvent les clés d’accès aux ressources critiques. L’attaquant a extrait des bases de données de comptes et, dans certains cas, a obtenu des ensembles complets de hachages de mots de passe. Même sans casser immédiatement ces hachages, leur possession facilite la réutilisation d’identifiants, les tentatives hors ligne et la cartographie des privilèges.

Un autre détail pèse lourd, l’intérêt marqué pour les serveurs de sauvegarde. Dans la pratique des intrusions à but lucratif, les sauvegardes sont la bouée de secours des victimes, donc une cible prioritaire pour qui veut monétiser l’accès. L’analyse souligne que cette curiosité pour les systèmes de backup intervient fréquemment avant le déploiement d’un rançongiciel. Autrement dit, la compromission du périmètre n’est qu’un début, le vrai risque se situe dans la capacité à rendre la restauration impossible ou douloureuse.

Enfin, la campagne semble guidée par un pragmatisme froid. Lorsque l’environnement imposait des opérations plus complexes, l’attaquant ne s’acharnait pas et passait à une autre cible. Cette discipline révèle une logique de rendement, maximiser les gains en minimisant le temps passé par victime. C’est précisément là que l’IA générative, utilisée comme accélérateur, renforce le modèle, elle aide à standardiser l’approche et à éliminer les frictions, sans nécessairement augmenter la profondeur technique de l’attaque.

Au bout du compte, cette affaire rappelle une vérité de cyber-renseignement, l’avantage revient à celui qui transforme de petites failles d’hygiène en informations actionnables, vite, à grande échelle.

Pare-feux, la porte d’entrée de 90 % des ransomwares

Barracuda affirme que la majorité des ransomwares de 2025 a contourné la défense par l’endroit le plus attendu, le pare-feu, et parfois en seulement trois heures.

Selon le Barracuda Managed XDR Global Threat Report, 90 % des incidents de ransomware observés en 2025 ont exploité des pare-feux, via des logiciels non corrigés ou des comptes fragiles. Le rapport s’appuie sur l’ensemble de données Barracuda Managed XDR, plus de deux mille milliards d’événements informatiques collectés en 2025, près de 600 000 alertes, et plus de 300 000 actifs protégés, dont points de terminaison, pare-feu, serveurs et ressources cloud. L’étude décrit les chemins privilégiés par les attaquants, l’usage d’outils légitimes comme l’accès à distance, et les angles morts récurrents, chiffrement obsolète, protections désactivées, configurations dégradées. Un cas attribué à Akira illustre l’accélération, trois heures entre intrusion et chiffrement.

Quand le pare-feu devient le meilleur relais de l’attaquant

Le chiffre, 90 %, raconte une réalité opérationnelle plus qu’une surprise stratégique. Le pare-feu concentre les accès, les règles, et souvent la confiance implicite, ce qui en fait un pivot idéal dès qu’une CVE ou un compte vulnérable ouvre une brèche. Barracuda décrit un scénario classique, l’attaquant obtient un point d’appui, prend le contrôle du réseau, contourne les contrôles attendus, puis masque du trafic ou des actions malveillantes derrière des flux qui ressemblent au quotidien. Dans cette logique, l’attaque ne “force” pas la porte, elle se glisse dans le passage déjà prévu.

Le rapport insiste sur l’exploitation d’outils informatiques légitimes, notamment des solutions d’accès à distance. Le détail compte, car ces utilitaires, omniprésents, peuvent devenir un accélérateur, ils fournissent une interaction stable, une persistance discrète, et un moyen de se déplacer sans déclencher immédiatement des soupçons. Barracuda signale aussi des failles plus prosaïques, mais déterminantes, comme un appareil non autorisé apparu sans contrôle, un compte laissé actif après un départ, une application “endormie” non mise à jour, ou une fonction de sécurité mal paramétrée. La mécanique est toujours la même, une seule faiblesse suffit, et la défense découvre trop tard qu’elle gardait une façade, pas l’ensemble de la surface d’attaque.

L’exemple le plus brutal, cité dans l’étude, concerne Akira. Entre l’intrusion et le chiffrement, il n’aurait fallu que trois heures. Cette compression du temps bouleverse les habitudes, les équipes disposent de moins de marge pour qualifier une alerte, recouper des journaux, isoler une machine, ou même lancer une investigation complète. Ce qui relevait hier d’un sprint devient une course de vitesse. Pour les attaquants, chaque minute gagnée réduit la probabilité d’un arrêt net avant le point de non-retour.

Des failles anciennes, des exploits prêts, et le signal du mouvement latéral

Autre enseignement, 11 % des vulnérabilités détectées disposaient d’un exploit connu. Le message est direct, une part significative des failles repérées n’est pas seulement théorique, elle est déjà “outillée”. Barracuda y voit un encouragement involontaire pour les opérateurs, qui privilégient les chemins éprouvés et industrialisés, y compris via la chaîne d’approvisionnement. La hausse rapportée est nette, 66 % des incidents impliquaient un tiers ou un volet supply chain, contre 45 % en 2024. Dit autrement, l’attaque cherche la faille la moins défendue, parfois chez un prestataire, parfois dans une dépendance logicielle, puis remonte vers la cible principale.

Le rapport met aussi en avant un paradoxe inquiétant, la CVE la plus fréquemment détectée remonte à 2013. CVE-2013-2566 concerne un algorithme de chiffrement devenu obsolète, encore présent dans des environnements anciens, vieux serveurs, équipements embarqués, applications héritées. Le risque ne vient pas seulement de la vulnérabilité elle-même, mais de ce qu’elle révèle, l’existence de morceaux d’infrastructure difficiles à inventorier, compliqués à mettre à jour, parfois invisibles aux processus standards. Dans une lecture cyber et renseignement, ces reliques technologiques deviennent des points d’ancrage, stables, prévisibles, et donc exploitables.

Le signal d’alerte le plus clair, selon Barracuda, reste le mouvement latéral. Dans 96 % des incidents où cette étape était observée, l’histoire se terminait par un déploiement de ransomware. Le moment est décisif, l’attaquant, souvent dissimulé sur un point de terminaison insuffisamment protégé, cesse d’explorer et commence à agir. Le rapport cite des indicateurs qui doivent alerter, comportements de connexion atypiques, accès privilégiés inhabituels, désactivation d’une protection endpoint, ou encore usage anormal d’outils d’administration. L’enjeu n’est pas seulement de détecter, mais d’interrompre avant que la propagation ne se transforme en chiffrement généralisé.

Au fond, Barracuda décrit une bataille d’hygiène numérique et de visibilité, où l’ennemi gagne quand l’organisation ignore ses propres zones grises, et où le renseignement de sécurité naît d’une surveillance capable de relier signaux faibles et actions concrètes.

DCHSpy : un spyware Android ciblant dissidents et journalistes en Iran

Découverte d’un nouveau logiciel espion Android, DCHSpy, utilisé pour cibler des utilisateurs recherchant l’anonymat en Iran, dans un contexte de tensions accrues entre l’Iran et Israël.

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DCHSpy, un outil de surveillance numérique sophistiqué diffusé via de faux VPN

Les analyses menées par les chercheurs de Lookout ont permis de mettre au jour la campagne de diffusion de DCHSpy, un programme malveillant sophistiqué récemment découvert pour la première fois en juillet 2024. Selon les constatations, DCHSpy est associé au ministère du Renseignement et de la Sécurité de la République islamique d’Iran, connu sous le nom de MOIS. Ce logiciel espion aurait également des liens opérationnels avec la cellule MuddyWater, identifiée par les spécialistes comme un groupe agissant dans l’intérêt du gouvernement iranien. MuddyWater est aussi référencé sous plusieurs autres appellations telles que Boggy Serpens, Cobalt Ulster, TA450, Seedworm et Static Kitten dans les rapports internationaux.

DCHSpy se démarque par sa capacité à être intégré dans des applications prétendument légitimes, principalement des services VPN destinés à contourner la censure de l’Internet en Iran. Les experts ont recensé au moins quatre variantes du logiciel malveillant diffusées à peine une semaine après le début des hostilités récentes entre l’Iran et Israël. Les noms des applications trompeuses incluent notamment Earth VPN, Comodo VPN et Hide VPN. Les fichiers d’installation, ou APK, adoptent parfois des appellations comme « starlink_vpn(1.3.0)-3012 (1).apk », misant ainsi sur la popularité du service Starlink, le fournisseur de connectivité satellitaire développé par SpaceX. Cette utilisation du nom Starlink constitue un appât particulier depuis que ce service a été brièvement opérationnel en Iran, suite aux restrictions d’accès à Internet imposées par les autorités et à l’adoption ultérieure d’une loi interdisant son usage.

« DCHSpy collecte des données sensibles telles que les conversations WhatsApp, les contacts, les SMS, les fichiers, la géolocalisation, les journaux d’appels, les enregistrements audio et des photos prises à l’insu de l’utilisateur. »

Dès les premières phases de sa diffusion, DCHSpy s’est propagé principalement via des chaînes Telegram, en anglais et en persan, ciblant des personnes souhaitant échapper à la surveillance d’État. Les sujets abordés dans ces groupes allaient à l’encontre des positions officielles du régime, renforçant l’attrait pour ces VPN présentés comme moyens fiables d’obtenir un accès non filtré à Internet. Cette approche s’adresse en priorité à une population déjà vulnérable face à la surveillance gouvernementale, tels que les dissidents politiques, les journalistes et les défenseurs des droits humains.

Les chercheurs n’ont pas encore pu établir avec précision le nombre total de victimes. Cependant, les premières analyses indiquent une volonté claire de la part des opérateurs de DCHSpy de cibler des individus dont l’activité en ligne présente un intérêt pour le gouvernement iranien. La diffusion par liens malveillants, transmis directement via les messageries instantanées comme Telegram, offre aux attaquants la possibilité de viser spécifiquement certains groupes, tout en évitant l’exposition massive susceptible d’alerter les solutions de sécurité classiques.

 

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Une menace persistante et adaptative dans le paysage de la cybersurveillance régionale

DCHSpy est conçu selon une architecture modulaire qui lui permet d’étendre ses fonctionnalités à distance et d’adapter ses modules selon les besoins des opérateurs. Le logiciel peut accéder à une large gamme d’informations personnelles, allant des échanges sur les applications de messagerie aux données de localisation. Il dispose également de capacités de prise de contrôle du micro et de la caméra du terminal infecté, permettant ainsi d’enregistrer sons et images à l’insu de la cible.

L’utilisation de la marque Starlink comme vecteur d’infection intervient dans un contexte particulier. Après l’introduction temporaire de la connectivité satellitaire Starlink en Iran, suite à l’intensification de la censure étatique, le parlement iranien a voté une législation interdisant l’usage de ce service sur le territoire. Cette interdiction, relayée dans les médias officiels, n’a pas empêché la multiplication d’applications se présentant comme des solutions pour accéder à Starlink, facilitant la diffusion de DCHSpy auprès d’une population avide de moyens de communication sécurisés.

Les investigations menées montrent que DCHSpy partage son infrastructure de commandement et de contrôle avec d’autres logiciels malveillants précédemment associés à MuddyWater. Cette infrastructure, souvent hébergée à l’étranger, est exploitée pour la gestion des données exfiltrées et la transmission des mises à jour du malware. Les fonctionnalités avancées de DCHSpy en font un outil de surveillance de choix pour les services de renseignement, qui peuvent ainsi surveiller de près les activités en ligne de leurs cibles tout en contournant les mesures de sécurité habituelles.

« DCHSpy se propage essentiellement via des liens malveillants transmis dans les messageries instantanées, une technique qui permet d’éviter la détection par les plateformes officielles de téléchargement d’applications. »

La distribution initiale de DCHSpy s’est faite de manière ciblée, privilégiant les groupes de discussion et forums fréquentés par des utilisateurs critiques envers les autorités. Ce mode opératoire, déjà observé dans d’autres campagnes de MuddyWater, permet de limiter la visibilité du malware et de maximiser ses chances d’infiltration auprès de cibles spécifiques. L’efficacité de cette stratégie repose sur la confiance accordée aux recommandations circulant dans ces réseaux fermés, ainsi que sur la difficulté pour les éditeurs d’applications officielles de repérer et bloquer la diffusion de ces fichiers APK non répertoriés.

L’évolution de DCHSpy témoigne de la capacité des acteurs soutenus par des États à adapter rapidement leurs méthodes aux événements géopolitiques régionaux. Le contexte de tension entre l’Iran et Israël a sans doute servi de catalyseur à la propagation accélérée du malware, les opérateurs cherchant à profiter de la confusion et du besoin accru de solutions de contournement de la censure.

À ce jour, aucun acteur de la cybersécurité n’a pu identifier avec certitude le nombre de terminaux compromis ni mesurer précisément l’ampleur des dégâts potentiels. Toutefois, les outils de collecte de données déployés par DCHSpy permettent d’envisager un risque élevé pour la vie privée et la sécurité des individus ciblés. Les données récupérées incluent des informations particulièrement sensibles, susceptibles d’être utilisées à des fins de répression ou de chantage, notamment contre les militants et les journalistes.

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Les pirates nord-coréens utilisent une nouvelle variante de FASTCash pour cibler les distributeurs de billets

Une nouvelle menace émerge dans le monde de la cybersécurité alors que des pirates informatiques nord-coréens exploitent une variante Linux du malware FASTCash pour infiltrer les systèmes de commutation de paiement des institutions financières et effectuer des retraits d’espèces non autorisés aux distributeurs automatiques (DAB). Ce développement marque une extension des capacités de ce malware, initialement conçu pour les systèmes Windows et IBM AIX (Unix), désormais adapté aux distributions Linux, notamment Ubuntu 22.04 LTS.

Le malware FASTCash a été utilisé pour la première fois en 2016 pour voler des fonds à des institutions financières en Asie et en Afrique. Il permettait aux pirates de manipuler les systèmes bancaires et d’autoriser des retraits massifs et simultanés aux DAB. En 2017, FASTCash a permis le retrait simultané d’espèces dans 30 pays, suivi d’un incident similaire en 2018 dans 23 autres pays.

L’attaque repose sur l’exploitation des commutateurs de paiement, des systèmes centraux qui gèrent la communication entre les guichets automatiques, les terminaux de paiement (PoS) et les banques. En interférant avec les messages de transaction ISO8583, un protocole utilisé pour traiter les paiements par carte de crédit et de débit, les pirates peuvent modifier les réponses aux transactions et approuver des retraits d’argent, même lorsque le compte de la carte n’a pas suffisamment de fonds.

Variante Linux de FASTCash

Repérée pour la première fois en juin 2023 par le chercheur en sécurité HaxRob sur VirusTotal, cette variante Linux présente des similarités avec les versions Windows et AIX. Le malware se dissimule sous la forme d’une bibliothèque partagée, injectée dans un processus actif sur les serveurs de la banque à l’aide de l’appel système ptrace. Il se connecte ensuite aux fonctions réseau du système, permettant aux pirates de manipuler les messages de transaction.

Plus précisément, FASTCash intercepte les transactions refusées pour insuffisance de fonds, remplaçant les réponses de « rejet » par des réponses « approuvées ». Ces réponses modifiées permettent aux mules d’argent, travaillant en collaboration avec les pirates, de retirer des sommes importantes aux DAB, allant de 350 à 875 dollars.

Une menace furtive et en constante évolution

L’un des aspects les plus inquiétants de cette nouvelle variante Linux est sa capacité à contourner les mécanismes de sécurité des systèmes de détection de malware. Lorsqu’elle est apparue sur VirusTotal, elle n’a été détectée par aucune solution de sécurité, ce qui a permis aux pirates d’opérer sans être perturbés.

En plus de cette version Linux, une nouvelle version de FASTCash pour Windows a été repérée sur VirusTotal en septembre 2024, démontrant que les attaquants continuent d’améliorer et de diversifier leur arsenal pour cibler plusieurs systèmes d’exploitation.

Le malware FASTCash a longtemps été attribué au groupe de hackers nord-coréen Hidden Cobra, également connu sous le nom de Lazarus ou APT38. Ce groupe est soupçonné d’être responsable de vols massifs d’argent et de cyberattaques sophistiquées visant les institutions financières du monde entier, notamment un vol de plus de 1,3 milliard de dollars.

En 2020, le US Cyber Command a relancé les avertissements concernant la menace de FASTCash 2.0, signalant une intensification des activités de Lazarus. Par ailleurs, en 2021, des accusations ont été portées contre trois ressortissants nord-coréens impliqués dans ces stratagèmes, soulignant le lien entre ce groupe de cybercriminels et le gouvernement nord-coréen.

Le gouvernement américain a montré du doigt, en 2021, plusieurs pirates informatiques Nord-Coréens qui semblent être cachés derrière ces nouvelles cyberattaques. Le ministère américain de la Justice affichait alors deux citoyens nord-coréens associés au groupe de hackers Lazarus (alias Hidden Cobra, Dark Seoul et APT28). L’acte d’accusation s’étendait également aux accusations déposées en 2018 contre Park Jin Hyok (alias Jin Hyok Park et Pak Jin Hek), le pirate informatique nord-coréen qui serait responsable des attaques massives du ransomware WannaCry en 2017 contre la Banque centrale du Bangladesh en 2016 ou encore la société Sony (vengeance pour le fait que le studio ait sorti le film « The Interview »). Park se retrouvait alors fiché avec Jon Chang Hyok et Kim Il. Les malveillants auraient aussi créé une fausse société de cryptomonnaie et le token Marine Chain.

Le ministère américain de la Justice estime que ce système permettait aux utilisateurs d’acheter des options dans des navires maritimes, et que la Corée du Nord pouvait à terme avoir accès aux fonds des investisseurs et contourner les sanctions américaines.

Le ransomware Cuba déploie un nouveau logiciel malveillant

Découvertes concernant le groupe de ransomware connu sous le nom de Cuba : le groupe a récemment déployé des logiciels malveillants qui ont échappé à la détection avancée, et ciblé des organisations partout dans le monde, compromettant ainsi des entreprises œuvrant dans divers secteurs d’activité.

En décembre 2022, des spécialistes  de la cybersécurité détectaient un incident suspect sur le serveur d’un de ses clients, avec la découverte de trois fichiers douteux. Ces fichiers ont déclenché une séquence de tâches qui ont conduit au chargement de la bibliothèque komar65, aussi appelée BUGHATCH.

BUGHATCH est une porte dérobée sophistiquée qui se déploie dans la mémoire du processus. Le programme exécute un bloc de shellcode intégré dans l’espace mémoire qui lui est alloué à l’aide de l’API Windows, qui comprend diverses fonctions. Il se connecte ensuite à un serveur de commande et de contrôle (C2) en attente d’autres instructions. Il peut recevoir des commandes pour télécharger des logiciels tels que Cobalt Strike Beacon et Metasploit. L’utilisation de Veeamp dans l’attaque suggère fortement l’implication de Cuba dans le déploiement de cette attaque.

Un moustique dans le serveur

Le fichier PDB fait notamment référence au dossier « komar », un mot russe signifiant « moustique », ce qui indique la présence potentielle de membres russophones au sein du groupe. En menant une analyse plus poussée, des experts ont découvert d’autres modules distribués par Cuba, qui améliorent les fonctionnalités du logiciel malveillant. L’un de ces modules est chargé de collecter des informations sur le système, qui sont ensuite envoyées à un serveur via des requêtes HTTP POST.

Poursuivant son enquête, les chercheurs ont identifié de nouveaux échantillons de logiciels malveillants attribués au groupe Cuba sur VirusTotal. Certains de ces échantillons étaient passés entre les mailles de la détection avancée fournie par d’autres fournisseurs de sécurité. Ces échantillons représentent de nouvelles itérations du logiciel malveillant BURNTCIGAR, exploitant des données cryptées pour échapper à la détection antivirus.

« Les gangs de ransomware comme Cuba évoluent rapidement, tout en affinant leurs tactiques, il est donc essentiel de rester à l’avant-garde pour contrer efficacement les attaques potentielles. Face à l’évolution constante du paysage des cybermenaces, la connaissance est l’ultime défense contre les groupes cybercriminels émergents« , a déclaré Kaspersky.

Cuba est une souche de ransomware à fichier unique, difficile à détecter, car elle fonctionne sans bibliothèques additionnelles. Ce groupe russophone est connu pour sa victimologie étendue, et cible des secteurs tels que la vente au détail, la finance, la logistique, les agences gouvernementales et la fabrication en Amérique du Nord, en Europe, en Océanie et en Asie. Les agents malveillants œuvrant au sein de Cuba utilisent un mélange d’outils publics et propriétaires, mettent régulièrement à jour leur boîte à outils et utilisent des tactiques telles que BYOVD (Bring Your Own Vulnerable Driver).

L’une des caractéristiques de leur opération consiste à modifier les dates et les heures des fichiers compilés afin d’induire les enquêteurs en erreur. Par exemple, certains échantillons trouvés en 2020 avaient une date de compilation du 4 juin 2020, alors que les horodatages de versions plus récentes étaient affichés comme étant datées du 19 juin 1992. Leur approche unique consiste non seulement à crypter les données, mais aussi à adapter les attaques pour extraire des informations sensibles, telles que des documents financiers, des relevés bancaires, des comptes d’entreprise et du code source. Les entreprises de développement de logiciels sont particulièrement exposées. Bien que Cuba soit sous les feux des projecteurs depuis un certain temps maintenant, ce groupe reste dynamique et affine constamment ses techniques.

Un groupe d’espionnage aligné avec les intérêts chinois usurpant Signal et Telegram

Des chercheurs identifient deux campagnes actives ciblant les utilisateurs d’Android. L’acteur opérant ces outils d’espionnage pour Telegram et Signal sont attribués au groupe APT GREF, aligné sur les intérêts de la Chine. 

Très probablement actives depuis juillet 2020 et depuis juillet 2022, respectivement pour chaque application malveillante, les campagnes ont distribué le code d’espionnage Android BadBazaar via le Google Play Store, le Samsung Galaxy Store et des sites Web dédiés se faisant passer pour des applications de chat légitimes – les applications malveillantes sont FlyGram et Signal Plus Messenger.

Les fausses applications Signal et Telegram sont obtenues en ajoutant aux applications open source Signal et Telegram pour Android du code malveillant. Signal Plus Messenger est le premier cas documenté d’espionnage des communications Signal; Des milliers d’utilisateurs ont téléchargé les applications d’espionnage.

ESET a signalé des détections sur des appareils Android dans plusieurs pays de l’UE, aux États-Unis, en Ukraine et dans d’autres endroits du monde. Les deux applications ont ensuite été supprimées de Google Play.

« Le code malveillant de la famille BadBazaar était caché dans les applications Signal et Telegram troyenisées. Les victimes installent une d’application fonctionnelle, mais avec des moyens d’espionnage en arrière-plan, explique Lukáš Štefanko, chercheur à ESET, qui a fait la découverte. « L’objectif principal de BadBazaar est d’exfiltrer les informations de l’appareil, la liste de contacts, les journaux d’appels et la liste des applications installées. En plus, l’application espionne les messages Signal en reliant secrètement l’application Signal Plus Messenger de la victime à l’appareil de l’attaquant« .

ESET signale les détections de l’Australie, du Brésil, du Danemark, de la République démocratique du Congo, de l’Allemagne, de Hong Kong, de la Hongrie, de la Lituanie, des Pays-Bas, de la Pologne, du Portugal, de Singapour, de l’Espagne, de l’Ukraine, des États-Unis et du Yémen.

En outre, un lien vers FlyGram dans le Google Play Store a également été partagé dans un groupe Telegram ouïghour. Les applications de la famille de logiciels malveillants BadBazaar ont déjà été utilisées contre les Ouïghours et d’autres minorités ethniques turques en dehors de la Chine.

Les deux applications ont été créées par le même développeur et partagent les mêmes fonctionnalités malveillantes, et les descriptions d’applications sur les deux magasins font référence au même site Web de développeur.

Signal Plus Messenger peut espionner les messages Signal en utilisant à mauvais escient la fonction « périphérique connecté ». Pour ce faire, il associe automatiquement l’appareil compromis au dispositif Signal de l’attaquant. Cette méthode d’espionnage est unique : les chercheurs n’ont jamais vu cette fonctionnalité utilisée à mauvais escient par d’autres logiciels malveillants, et c’est la seule méthode par laquelle l’attaquant peut obtenir le contenu des messages Signal.

En ce qui concerne la fausse application Telegram, FlyGram, la victime doit se connecter via sa fonctionnalité Telegram légitime, comme l’exige l’application officielle Telegram. Avant la fin de la connexion, FlyGram communique avec le serveur C & C et BadBazaar et obtient la possibilité d’exfiltrer des informations sensibles de l’appareil.

FlyGram peut accéder aux sauvegardes Telegram si l’utilisateur a activé cette fonctionnalité spécifique; La fonctionnalité a été activée par au moins 13 953 comptes d’utilisateurs. Le serveur proxy de l’attaquant peut être en mesure d’enregistrer certaines métadonnées, mais il ne peut pas déchiffrer les données et les messages réels échangés dans Telegram lui-même.

Contrairement au Signal Plus Messenger, FlyGram n’a pas la capacité de lier un compte Telegram à l’attaquant ou d’intercepter les communications chifrées de ses victimes.

Le FBI a annoncé avoir neutralisé un virus du FSB

Le Bureau fédéral d’enquête des États-Unis annonce la neutralisation d’un code malveillant du nom de Snake. Le malware serait une arme numérique du FSB, le service de sécurité russe.

Dernièrement, une l’alerte lancée dans un blackmarket russe de la tentative du service de renseignement russe FSB d’intercepter des informations du pirate auteur de stealer (logiciel voleur de données), Titan Stealer, affichait les nombreux fronts cyber de ce service de renseignement russe.

Le Département de la Justice explique comment le FBI venait de mettre fin à la vie de Snake, un présumé code malveillant exploité par le FSB. Selon le Bureau Fédéral d’Investigation, Snake aurait exploité un réseau P2P pour les basses besognes de ses exploitants. Selon le communiqué officiel de l’agence, la gestion de ce réseau était assurée par le « Centre 16 » du Service fédéral de sécurité russe (FSB). Snake est connu sous un autre nom, Turla.

Le FBI estime que cette division a utilisé différentes versions du malware Snake pendant près de 20 ans pour voler des documents confidentiels provenant de centaines de systèmes informatiques dans au moins 50 pays membres de l’OTAN.

Lors de l’opération baptisée Medusa [le même nom qu’un groupe de pirates utilisateurs de ransomwares], le malware a été désactivé sur les appareils compromis faisant partie du réseau unifié à l’aide de l’outil Perseus développé par le FBI. Le processus impliquait un contact physique avec les ordinateurs infectés. Des appareils provenant d’autres pays ont également été découverts dans le réseau, et les autorités américaines ont envoyé toutes les recommandations nécessaires à leur égard.

« Le ministère de la Justice, en collaboration avec nos partenaires internationaux, a démantelé un réseau mondial d’ordinateurs infectés par des malwares utilisés par le gouvernement russe pendant près de deux décennies pour mener des cyber espionnages, y compris contre nos alliés de l’OTAN« , a déclaré le procureur général des États-Unis, Merrick Garland. Nous continuerons à renforcer notre défense collective contre les efforts de déstabilisation de la Russie, visant à compromettre la sécurité des États-Unis et de nos alliés ».

Le DOJ affirme que le gouvernement américain « contrôlait des agents du FSB » affectés à l’utilisation de Turla. Ces agents auraient mené des opérations quotidiennes en utilisant Snake à partir d’une institution du FSB à Ryazan. Le virus lui-même est qualifié de « logiciel malveillant à long terme le plus complexe du FSB pour le cyber espionnage ».

Snake permet à ses opérateurs de déployer à distance des outils malveillants supplémentaires pour étendre les fonctionnalités du logiciel afin de détecter et de voler des informations confidentielles et des documents stockés sur un appareil spécifique. Un voleur 2.0 comme Titan Stealer.

De plus, le réseau mondial d’ordinateurs compromis par Snake fonctionne comme un réseau P2P caché, utilisant des protocoles de communication spéciaux conçus pour rendre l’identification, la surveillance et la collecte de données difficiles pour les services de renseignement occidentaux et d’autres services de renseignement radio. Après le vol de données, une routage en cascade est utilisé pour les livrer aux opérateurs à Ryazan.

L’activité Emotet a repris après une interruption de trois mois

Des experts ont remarqué que le code malveillant Emotet a repris son activité de spammeurs après une « accalmie » de trois mois.

Emotet, le retour. Après une pause de trois mois, l’outil malveillant refait surface via des vagues de spams dont il a le secret. Jusqu’à présent, les spécialistes de la sécurité de l’information n’ont trouvé aucune charge utile supplémentaire. Il semble que le logiciel malveillant collecte simplement des données pour de futures campagnes de spam.

La reprise de l’activité malveillante a été signalée par les analystes de la sociétés Cofense et du groupe Cryptolaemus. Cette team a été fondée en 2018 pour combattre Emotet.

Les chercheurs ont rappelé que la dernière campagne de spam Emotet avait été observée en novembre 2022. Un spamming de deux semaines.

Cette fois, au lieu d’utiliser des courriels de réponse à d’autres messages, comme lors de la campagne précédente, les pirates utilisent des e-mails qui imitent diverses factures. Des archives ZIP contenant intentionnellement des documents Word « gonflés » de plus de 500 Mo sont jointes à ces courriers électroniques. Les documents sont délibérément remplis de données inutilisées pour rendre les fichiers plus volumineux et plus difficiles à analyser pour les antivirus.

En fait, ces documents contiennent de nombreuses macros qui téléchargent le chargeur Emotet en tant que DLL à partir de sites compromis (principalement des blogs WordPress piratés). Après le téléchargement, le logiciel malveillant est enregistré dans un dossier avec un nom aléatoire. Un DLL gonflé pour perturber, une fois encore, les logiciels d’analyse.

Selon VirusTotal, jusqu’à présent, seul un fournisseur de solutions de sécurité sur 64 a détecté le piège !

SandStrike cible les utilisateurs d’Android avec une application VPN piégée

Au cours du troisième trimestre 2022, des chercheurs ont fait la découverte d’une campagne d’espionnage sur Android jusqu’alors inconnue, baptisée SandStrike. Cette dernière cible une minorité religieuse persanophone, les Baháʼí, en distribuant une application VPN qui contient un logiciel espion très sophistiqué.

Pour inciter leurs victimes potentielles à télécharger les extensions dissimulant les logiciels espions, les acteurs de la menace ont créé des comptes Facebook et Instagram comptabilisant plus de 1000 abonnés, et ont conçu des infographies attrayantes sur le thème de cette religion, constituant ainsi un piège efficace pour ses adeptes. De plus, la plupart de ces profils malveillants contiennent un lien vers un canal Telegram également créé par les cyberpirates.

Sur ce canal, l’acteur à l’origine de SandStrike a distribué une application VPN en apparence inoffensive permettant d’accéder à des sites interdits dans certaines régions comme, par exemple, des ressources relatives à la religion. Pour rendre cette application pleinement fonctionnelle, les criminels ont mis en place leur propre infrastructure VPN.

Mais contrairement aux apparences, le VPN contient un logiciel espion actif, avec des fonctionnalités permettant aux agents malveillants de collecter et de voler des données sensibles: le spyware leur permet de traquer l’activité en ligne des personnes ciblées, de consulter leurs historiques d’appels et leurs listes de contact.

Tout au long du troisième trimestre de 2022, les acteurs APT ont continuellement modifié leurs tactiques, affiné leurs outils et développé de nouvelles techniques. Les découvertes les plus significatives sont les suivantes :

  • Une nouvelle plateforme de logiciels malveillants sophistiqués ciblant les entreprises de télécommunication, les fournisseurs d’accès à Internet et les universités.

En collaboration avec SentinelOne, les chercheurs de Kaspersky ont analysé une plateforme de logiciels malveillants sophistiqués jusqu’alors inconnue, baptisée Metatron.

Metatron cible principalement les entreprises de télécommunications, les fournisseurs de services Internet et les universités des pays d’Afrique et du Moyen-Orient. Metatron est conçue pour contourner les solutions de sécurité natives tout en déployant des plateformes de logiciels malveillants directement dans la mémoire des appareils infectés.

  • La mise à niveau d’outils avancés et sophistiqués

Les experts ont repéré Lazarus utiliser le cluster DeathNote pour faire de nouvelles victimes en Corée du Sud. L’acteur a probablement utilisé une compromission web stratégique, employant une chaîne d’infection similaire à celle que les chercheurs de Kaspersky avaient précédemment signalée, compromettant un dispositif de sécurité des terminaux. Autre élément, les chercheurs de Kaspersky ont observé que le malware et les schémas d’infection ont également été mis à jour. L’acteur a utilisé un logiciel malveillant qui n’avait jamais été observé auparavant, avec une fonctionnalité minimale pour exécuter les commandes du serveur C2. Grâce à l’implémentation de cette porte dérobée, l’opérateur a pu se cacher dans l’environnement numérique de la victime pendant un mois et recueillir des informations sur le système.

  • Le cyber-espionnage reste la finalité principale des campagnes APT

Au troisième trimestre 2022, les chercheurs de Kaspersky ont détecté de nombreuses campagnes APT, prenant essentiellement pour cible les institutions gouvernementales. Les récentes investigations montrent que cette année, à partir de février, HotCousin a tenté de compromettre des ministères des affaires étrangères en Europe, en Asie, en Afrique et en Amérique du Sud.