Archives de catégorie : APT

Macros bloquées par défaut

Microsoft bloque désormais les macros VBA par défaut dans les applications Office.

Les macros sont un vecteur d’infection populaire depuis des décennies. Elles ont été utilisées par les menaces décrites dans le rapport sur les menaces du deuxième trimestre 2022, notamment les chevaux de Troie d’accès à distance comme Nerbian RAT, un nouveau RAT écrit en Go apparu au deuxième trimestre 2022, et par le groupe APT Confucius pour déposer d’autres logiciels malveillants sur les ordinateurs des victimes.

Nous avons déjà remarqué que les acteurs de la menace commencent à préparer des vecteurs d’infection alternatifs, maintenant que les macros sont bloquées par défaut. Par exemple, IcedID et Emotet ont déjà commencé à utiliser des fichiers LNK, des images ISO ou IMG, et d’autres astuces supportées par la plateforme Windows comme alternative aux maldocs pour diffuser leurs campagnes.

Microsoft était revenue sur ce blocage à la suite d’une série de gens pas contents. Début août, retour du blocage, définitivement.

Echapper aux espions : comment éviter de devenir une victime ?

Nous pensons de manière générale qu’il est impossible de se protéger complètement des logiciels de surveillance professionnels. Les utilisateurs peuvent néanmoins prendre certaines mesures pour que les attaquants ne puissent pas les cibler aisément.

Pegasus, Chrysaor, Phantom et bien d’autres sont des logiciels dits de « surveillance légale », développés par des entreprises privées et largement déployés par le biais de divers exploits, dont plusieurs zero-days zero-click sur iOS. La version la plus ancienne de Pegasus a été identifiée par des chercheurs en 2016. Depuis lors, plus de 30 000 militants des droits de l’homme, journalistes et avocats à travers le monde pourraient avoir été ciblés à l’aide de Pegasus.

Conseils

Tout d’abord, il est important de redémarrer quotidiennement les appareils mobiles. Les redémarrages aident à « nettoyer » l’appareil, pour ainsi dire, ce qui signifie que les attaquants devront continuellement réinstaller Pegasus sur l’appareil, ce qui rend beaucoup plus probable la détection de l’infection par les solutions de sécurité.

Maintenez l’appareil mobile à jour et installez les derniers correctifs dès qu’ils sont disponibles. En fait, de nombreux kits d’exploitation ciblent des vulnérabilités déjà corrigées, mais ils restent dangereux pour les personnes qui utilisent des téléphones plus anciens et reportent les mises à jour.

Ne cliquez jamais sur les liens reçus par messages. Il s’agit d’un conseil simple mais efficace. Certains clients de Pegasus comptent davantage sur les exploits à 1 clic que sur ceux à zéro clic. Ceux-ci arrivent sous la forme d’un message, parfois par SMS, mais peuvent aussi se propager via d’autres messageries ou même par e-mail. Si vous recevez un SMS intéressant (ou par tout autre biais) avec un lien, ouvrez-le sur un ordinateur de bureau, de préférence en utilisant TOR Browser, ou mieux encore en utilisant un système d’exploitation non persistant sécurisé tel que Tails.

En outre, n’oubliez pas d’utiliser un autre navigateur web pour la recherche sur Internet. Certains exploits ne fonctionnent pas aussi bien sur les navigateurs alternatifs comme Firefox Focus par rapport aux navigateurs plus traditionnels comme Safari ou Google Chrome.

Utilisez systématiquement un VPN ; il est ainsi plus difficile pour les attaquants de cibler les utilisateurs en fonction de leur trafic internet. Lorsque vous souscrivez à un abonnement VPN, il y a quelques éléments à prendre en compte : recherchez des services établis qui existent depuis un certain temps, qui peuvent accepter le paiement avec des crypto-monnaies et qui ne vous demandent pas de fournir des informations d’enregistrement.

Installez une application de sécurité qui vérifie et prévient si l’appareil est soumis à un « jailbreak ». L’espionnage de votre téléphone peut débuter ainsi. Pour persister sur un appareil, les attaquants utilisant Pegasus auront souvent recours au jailbreak de l’appareil ciblé. Si un utilisateur a installé une solution de sécurité, il peut alors être alerté de l’attaque.

Si vous êtes un utilisateur iOS, déclenchez souvent des sysdiagnose et enregistrez-les dans des sauvegardes externes. Des analyses approfondies de l’objet malveillant peuvent vous aider à déterminer ultérieurement si vous avez été ciblé. Les experts de Kaspersky recommandent également aux utilisateurs iOS à risque de désactiver FaceTime et iMessage. Comme ils sont activés par défaut, il s’agit d’un mécanisme d’infection de premier plan pour les chaînes de zéro-clics et ce, depuis de nombreuses années.

En général, les attaques Pegasus sont très ciblées – ce qui signifie qu’elles n’infectent pas les gens en masse mais plutôt des catégories spécifiques. De nombreux journalistes, avocats et militants des droits de l’homme ont été identifiés comme des cibles de ces cyberattaques sophistiquées, mais ils ne sont pas toujours les plus équipés pour se défendre. C’est pourquoi, nous faisons de notre mieux pour fournir les meilleures techniques de protection contre les logiciels malveillants, les hackeurs et les menaces sophistiquées telles que celles-ci, afin de continuer à construire un monde plus sûr.

Troubler les assaillants

Changez d’appareil – si vous étiez sur iOS, essayez de passer à Android pendant un certain temps. Si vous étiez sur Android, passez à iOS. Cela pourrait dérouter les attaquants pendant un certain temps ; par exemple, certains acteurs malveillants sont connus pour avoir acheté des systèmes d’exploitation qui ne fonctionnent que sur certaines marques de téléphone et d’OS.

Procurez-vous un appareil secondaire, fonctionnant de préférence sous GrapheneOS, pour les communications sécurisées. Utilisez une carte SIM prépayée dans celui-ci, ou, ne vous connectez que par Wi-Fi et TOR en mode avion.

Évitez les messageries où vous devez fournir votre numéro de téléphone à vos contacts. Une fois qu’un attaquant a votre numéro de téléphone, il peut facilement vous cibler à travers plusieurs messageries différentes par ce biais – iMessage, WhatsApp, Signal, Telegram, ils sont tous liés à votre numéro de téléphone. Une nouvelle alternative pourrait être Session, qui achemine automatiquement vos messages à travers un réseau de type Onion et ne repose pas sur les numéros de téléphone.

« La sécurité n’est jamais une solution instantanée unique devenant une preuve fiable à 100 % ; considérez-la comme un cours d’eau qui coule et où vous devez ajuster votre navigation en fonction de la vitesse, des courants et des obstacles. » confirme Costin Raiu, responsable de l’équipe de recherche et d’analyse mondiale (GReAT) de Kaspersky.

Tibet, OMS et diplomates dans le viseur du groupe de cybercriminels chinois APT TA413

Initialement connu pour ses campagnes contre la diaspora tibétaine, le groupe APT (Advanced Persistent Threat) associé aux intérêts de l’État Chinois, a montré une évolution de ses priorités ces derniers mois. Leur objectif ? Cibler des entités spécifiques pour des motifs économiques, des États pour des motifs politiques ou des organisations mondiales à but non lucratif. Contrairement à leur intention habituelle de cibler la communauté tibétaine, ces campagnes ont cherché à recueillir des renseignements sur les économies occidentales.

Depuis plusieurs mois déjà, la propagation mondiale du virus COVID-19 a entrainé un changement majeur dans le paysage de la menace. Les cybercriminels en profitent pour utiliser des leurres d’ingénierie sociale sur le thème de la pandémie et des recherches publiques ont révélé que plusieurs groupes APT ont adopté des leurres liés au COVID-19 au cours des derniers mois pour mener des campagnes d’espionnage.

En mars 2020, Proofpoint a observé une campagne de phishing imitant les directives de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) sur la préparation au COVID-19 pour propager une nouvelle famille de malware surnommée « Sepulcher ». Cette campagne visait principalement des entités diplomatiques et législatives européennes, des organismes à but non lucratif et des organisations mondiales économiques.

Selon les chercheurs, on observe depuis juillet 2020 le retour d’un groupe APT avec des campagnes précédemment attribuées à l’acteur Chinois APT TA413. Une campagne de phishing datant de juillet 2020 ciblant les dissidents tibétains a notamment été identifiée, livrant la même souche de malware Sepulcher. En outre, les comptes de messagerie des opérateurs identifiés dans cette campagne ont été publiquement liés à des campagnes historiquement menées par le groupe Chinois APT TA413 ciblant la communauté tibétaine et diffusant le malware ExileRAT.

En se basant sur l’utilisation d’adresses d’expéditeurs connues du public, associées au ciblage des dissidents tibétains et à la livraison de la charge utile du malware Sepulcher, les chercheurs de Proofpoint ont attribué les deux campagnes à l’acteur APT TA413.

Il est clairement devenu indispensable de s’armer face à ces ennemis numériques. Les logiciels de sécurité, la formation, … ne peuvent être oubliés. Un antivirus pas cher ? L’important est d’en posséder un… à jour ! Qu’il se nomme Eset, Kaspersky, Gdata ou Bitdefender.

L’exploitation des rootkits Scranos se mondialise

Les menaces sophistiquées demeurent l’une des principales préoccupations des entreprises. Au fur et à mesure que les environnements se complexifient, les attaquants trouvent des moyens innovants d’infiltrer le réseau, s’y dissimulant pour faire des ravages tout en gardant une discrétion totale.

Les experts Threat intelligence viennent d’analyser les subtilités d’une nouvelle opération de spyware multiplateforme. Pour Harish Agastya VP of Enterprise Solutions de Bitdefender : « Cette campagne, nommée Scranos basée sur les rootkits s’étendra – au moins – aussi largement que l’opération de fraude Zacinlo, un logiciel espion extrêmement sophistiqué qui fonctionne secrètement depuis le début de 2012, générant des revenus pour ses opérateurs et compromettant la vie privée de ses victimes ».

Scranos infecte déjà les utilisateurs du monde entier en raison de sa capacité à survivre sur toutes les plates-formes, en obtenant une gamme plus étendue de endpoints d’entreprise, en particulier des appareils Android.

Comment fonctionne Scranos ?

Déguisé en logiciel craqué ou en applications légitimes telles que des lecteurs d’ebooks, des lecteurs vidéo, des pilotes ou même des produits antimalware, Scranos fait maintenant partie d’un projet plus vaste. Les serveurs de commande et de contrôle poussent d’autres programmes malveillants.

Cela indique clairement que le réseau pris en main par des personnes tierces, dans un schéma de paiement à l’installation.

Les acteurs derrière Scranos apportent en permanence des modifications au logiciel malveillant, en ajoutant de nouveaux composants aux utilisateurs déjà infectés et en améliorant les fonctionnalités les plus évoluées.

Les employés constituent l’un des premiers points d’entrée dans une entreprise. Selon des études récentes, ils restent le maillon faible de la sécurité informatique des entreprises et les acteurs de la menace les contournent facilement pour s’infiltrer dans les entreprises. Les cybercriminels exploitent également la myriade d’outils qu’utilisent les entreprises auprès de fournisseurs tiers. Leurs derniers vecteurs d’attaque comprennent le ciblage des fournisseurs de petites entreprises et qui sont moins protégés.

Scranos tire parti de l’infrastructure de l’entreprise pour lancer de nouvelles attaques

Prenant en charge les rootkits, Scranos est conçu pour ne pas être détecté par un système et peut facilement désactiver les pares-feux et les logiciels antimalwares traditionnels, si toutefois le système le demande. Il est persistant et exploite les capacités de camouflage pour revenir même après sa détection et son élimination.

L’objectif principal étant l’exfiltration de données, les enjeux sont importants : des problèmes de gestion, des risques au vol de propriété intellectuelle et atteintes à la réputation de la marque. La conformité est également une préoccupation majeure. En effet, « accélérer la réglementation en matière de protection de la vie privée » a dépassé la « pénurie de talents » dans les principaux risques émergents pour les entreprises, au premier trimestre 2019, selon une étude récente de Gartner.

Scranos tire parti de l’infrastructure de l’entreprise pour lancer de nouvelles attaques. Ce qui pose de graves problèmes juridiques, affecte la réputation de la marque et, en fin de compte, les bénéfices financiers.

SneakyPastes : une opération basique mais efficace du cybergang Gaza frappe des cibles liées au Moyen-Orient dans 39 pays

En 2018, le cybergang Gaza, dont nous savons désormais qu’il comprend plusieurs groupes plus ou moins sophistiqués, a lancé une opération de cyberespionnage ciblant des personnes et des institutions ayant un intérêt politique en lien avec le Moyen-Orient. La campagne, nommée SneakyPastes, utilisent des adresses e-mail jetables pour propager l’infection par phishing, avant de télécharger le malware par étapes successives depuis divers sites gratuits. Cette méthode peu coûteuse mais efficace a permis au groupe de frapper environ 240 victimes d’envergure dans 39 pays à travers le monde, notamment des responsables politiques, des diplomates, des activistes ou des médias.

Le cybergang Gaza est un collectif arabophone à motivations politiques, rassemblant des groupes malveillants étroitement liés qui ciblent activement le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord, en particulier les Territoires palestiniens. Kaspersky Lab a identifié au moins trois de ces groupes ayant des objectifs et des cibles similaires – pour du cyberespionnage lié à des intérêts politiques dans la région – mais présentant des outils, techniques et niveaux de sophistication très différents. Il existe cependant des éléments communs à chacun d’entre eux.

Le cybergang Gaza

Parmi ces groupes, les plus avancés sont Operation Parliament et Desert Falcons, identifiés respectivement depuis 2018 et 2015, aux côtés d’un groupe sous-jacent moins complexe, également connu sous le nom de MoleRats, actif depuis au moins 2012. Au printemps 2018, ce groupe de base a lancé l’opération SneakyPastes.

SneakyPastes a commencé par des attaques de phishing autour de thèmes politiques, propagées à l’aide d’adresses e-mail et de domaines « jetables » (à usage unique). Les liens ou fichiers joints malveillants sur lesquels les destinataires cliquaient ou où qu’ils téléchargeaient installaient ensuite l’infection sur leur machine.

SneakyPastes

Afin d’échapper aux systèmes de détection et de masquer la localisation du serveur de commande et de contrôle (C&C), un malware supplémentaire était téléchargé sur les machines des victimes par étapes successives depuis divers sites gratuits, notamment Pastebin et Github. Les différents implants malveillants utilisaient PowerShell, VBS, JS et dotnet pour assurer leur résilience et leur persistance à l’intérieur des systèmes infectés. La dernière étape de l’intrusion était un cheval de Troie à accès distant (RAT), qui contactait le serveur C&C puis collectait, compressait, cryptait et transférait vers celui-ci un large éventail de documents volés (tableaux de chiffres, par exemple). L’opération SneakyPastes tire son nom de l’utilisation massive, par les auteurs de l’attaque, de sites de collage (paste) pour infiltrer progressivement le RAT dans les systèmes des victimes.

Les chercheurs ont collaboré avec les autorités afin de mettre au jour le cycle complet d’attaque et d’intrusion de l’opération SneakyPastes. Ces efforts ont permis d’aboutir, non seulement à une connaissance détaillée des outils, techniques, cibles, etc., mais aussi au démantèlement effectif d’une grande partie de l’infrastructure.

Territoires palestiniens, en Jordanie, en Israël et au Liban

L’opération SneakyPastes a connu son pic d’activité entre avril et mi-novembre 2018, se concentrant sur une liste restreinte de cibles constituées d’entités diplomatiques et gouvernementales, d’ONG et de médias. D’après les données télémétriques, il semble exister environ 240 victimes d’envergure – individus ou institutions – dans 39 pays à travers le monde, dont la majorité se trouve dans les Territoires palestiniens, en Jordanie, en Israël et au Liban. Il s’agit notamment d’ambassades, d’administrations, de médias et de journalistes, d’activistes, de partis politique ou de particuliers, ainsi que d’établissements dans les secteurs de l’éducation, de la banque et de la santé ou encore des organisations contractantes.

« La découverte de Desert Falcons en 2015 a marqué un tournant dans le paysage des menaces car il s’agissait alors de la première APT connue qui soit entièrement arabophone. Nous savons à présent que ses auteurs, le cybergang Gaza, ciblent activement des intérêts moyen-orientaux depuis 2012. Celui-ci s’appuyait au départ sur les activités d’une équipe assez peu sophistiquée mais acharnée, à l’origine de l’opération SneakyPastes en 2018. SneakyPastes montre que le manque d’infrastructures et d’outils avancés n’est pas un obstacle au succès. Nous nous attendons à voir les dommages causés par les trois groupes du cybergang Gaza s’intensifier et leurs attaques s’étendre à d’autres régions du monde qui sont également liées à la question palestinienne », commente Amin Hasbini, responsable du centre de recherche pour le Moyen-Orient au sein de l’équipe GReAT (Global Research & Analysis Team).

Anubis : cheval de Troie bancaire décortiqué

Anubis 2 est apparu dans le « paysage des menaces » en 2017 en tant que cheval de Troie bancaire en location (disponible pour les fraudeurs dans des forums undergrounds), l’auteur et créateur du malware se surnomme « maza-in ». Si ce dernier a disparu des radars, son outil malveillant est toujours en action.

En tant que malware bancaire, Anubis incite ses victimes à fournir des informations personnelles et sensibles, telles que les logins bancaires, des codes de sécurité bancaire et même des informations de carte de crédit. Mais ce logiciel malveillant va au-delà des attaques « overlay » bien connues, utilisées par les chevaux de Troie bancaires, car il combine des fonctionnalités avancées telles que le streaming d’écran du téléphoné infecté, l’accès à tous les fichiers à distance, l’enregistrement sonore, le key-logging et même un proxy réseau, ce qui en fait un malware bancaire efficace, mais également un potentiel outil pour espionnage.

D’un point de vue opérationnel, Anubis peut être considéré comme l’un des chevaux de Troie bancaires Android les plus utilisés depuis fin 2017. En ce qui concerne les banques Françaises, les suivantes sont ciblées : Axa, Banque Populaire, BNP Paribas, Boursorama, Caisse d’Épargne, Crédit Agricole, Crédit Mutuel, LCL, Palatine ou encore la Société Générale.

L’auteur a disparu, par son code malveillant

Au cours du premier trimestre 2019, l’auteur et créateur du cheval de Troie a disparu, laissant les clients existants sans assistance ni mises à jour; mais le risque demeure et pourrait même augmenter. Les campagnes d’infection d’Anubis comptent parmi les plus importantes jamais enregistrées pour les malwares bancaires : De nombreuses victimes ne sont pas conscientes du fait que le malware ne se déguise pas comme l’app de la banque, il se déguise principalement en tant qu’application tierce et reste inaperçu par les usagers. Anubis se fait par exemple passer pour : de faux jeux mobiles, de fausses mises à jour de logiciels, de fausses applications postales, de fausses applications Flash Player, de fausses applications utilitaires, de faux navigateurs et même de fausses applications de réseau social et de communication.

Les caractéristiques du cheval de Troie en font une menace importante : Habituellement, les chevaux de Troie bancaires effectuent principalement des attaques de type « overlay » afin de collecter les informations personnelles puis volent les SMS pour acquérir les codes bancaires, mais Anubis va plus loin que ça avec la streaming de l’écran du téléphone infecté, l’accès de fichiers à distance (accès au stockage du téléphone), l’enregistrement sonore, le key-loggign et même un proxy réseau (permettant au criminel de se connecter à la banque via le téléphone infecté).

300 banques dans le monde ciblées

Les campagnes d’infection d’Anubis ciblent en moyenne, plus de 300 banques dans le monde: La liste observée dans les campagnes Anubis contient environ 360 cibles, contenant la plupart des banques les plus grandes et les plus connues dans le monde, mais également des applications de communication et de réseautage social largement utilisées, ce qui signifie que personne n’est vraiment protégée, car même si une victime ne fait pas de banque en ligne le malware abusera d’autres applications (Liste complète de cibles en Annexe du blog).

Les malware qui deviennent orphelins ne sont pas toujours un bon signe : Beaucoup de gens pourraient penser que lorsque le propriétaire / auteur du malware disparaît, les opérations s’arrêtent… Malheureusement, ce n’est pas toujours le cas, surtout pas avec Anubis. Bien que l’acteur ait disparu, le cheval de Troie est toujours actif et le pire est que son code a été divulgué/fuit, ce qui pourrait amener de nombreux autres criminels à utiliser le programme malveillant. Toute l’analyse complète à découvrir sur Threat fabric.

Un nouveau malware BabyShark cible les « Think Tanks » américains en charge de la sécurité intérieure

En février 2019, les chercheurs de l’Unité 42 au sein de Palo Alto Networks ont identifié des mails d’hameçonnage ciblé (spear phishing) envoyés en novembre 2018 qui contenaient un nouveau malware partageant la même infrastructure avec des playbooks(c’est-à-dire des feuilles de route listant les actions et les objectifs utilisés par un malware ou une famille de malware) associés aux campagnes nord-coréennes.

Ces mails étaient écrits comme s’ils émanaient d’un expert en sécurité nucléaire travaillant actuellement comme consultant pour des think tanks liés à la sécurité intérieure aux États-Unis. Ils ont été envoyés depuis une adresse publique avec le nom de l’expert et un sujet faisant référence au nucléaire nord-coréen. Ces messages avaient en pièce jointe un document Excel avec une macro infectée, qui ,quand elle était exécutée, menait à une nouvelle famille de malwares basée sur Microsoft Visual Basic (VB) que nous avons surnommé « BabyShark »

BabyShark est un malware récent. La version la plus ancienne que nous avons pu trouver dans des dépôts open source et nos propres jeux de données internes remontent à novembre 2018. Le malware se lance en exécutant à distance une requête HTML, qui peut être alors livrée au travers de différents types de fichiers comme des fichiers contenant des exécutables ou des documents malveillants. Babyshark extrait alors les informations du système vers un serveur C&C (Command and Control), se maintient au cœur du système et attend de nouvelles instructions de la part de l’opérateur.

BabyShark est utilisé pour une campagne limitée de spear phishing toujours en cours depuis novembre 2018. L’acteur derrière cette menace cherche clairement à glaner des informations liées à la sécurité nationale (américaine) en Asie du Nord-Est. Le soin apporté à la conception des mails d’hameçonnage et du camouflage laisse à penser que cet acteur connaît bien les cibles, et surveille de près les événements de cette communauté pour y récupérer les dernières informations. Sans pouvoir en être certains, nous pensons que l’acteur derrière BabyShark doit être en relation avec l’acteur (ou être le même groupe) qui a utilisé la famille de malwares KimJongRAT, et qui du moins partage des ressources avec l’acteur responsable de la campagne STOLEN PENCIL. Nous avons également remarqué des tests qui semblent indiquer que les attaquants travaillent sur de nouvelles versions d’exécutables pour envoyer BabyShark. Dans les prochaines campagnes, l’attaquant pourrait utiliser différentes méthodes pour déployer BabyShark.

Sofacy, un groupe de pirates omniprésent sur la toile

L’Unité42, unité de recherches de Palo Alto Networks, dévoile aujourd’hui une nouvelle étude sur le groupe Sofacy et le nouveau malware utilisé par le groupe pour mener des attaques de cyber-espionnage contre différentes agences gouvernementales partout dans le monde.

Sofacy continue ses attaques mondiales et sort un nouveau cheval de Troie « Cannon ». Découverte d’un nouveau malware « Canon », un cheval de Troie pour donner un accès distant (RAT pour Remote Access Trojan) : ce nouveau malware a été utilisé par Sofacy pour mener des attaques de cyber-espionnage. Ce groupe continue aussi à utiliser Zebrocy (un RAT déjà connu) dans leurs attaques. Utilisation de diverses techniques pour éviter d’être détecté et analysé : 1) au lieu d’inclure le code malicieux en pièce jointe, Sofacy le télécharge à distance à l’ouverture du document, 2) le groupe utilise des courriels pour envoyer et recevoir des instructions et 3) le groupe utilise également des macros spécifiques pour détourner les tentatives d’analyse du code malicieux. Ingénierie sociale : Sofacy a utilisé le récent crash aérien affectant Lion Air comme leurre dans l’une de leurs attaques — ce qui est un exemple de leur volonté permanente d’utiliser l’ingénierie sociale pour déployer leur malware.

Sofacy, l’ogre à données piratées

Depuis la fin du mois d’octobre 2018, Unit 42 a intercepté une série de documents vérolés en utilisant une technique qui fait appel à des modèles de mise en page distants contenant des macros dangereuses. Ce genre de document infecté n’est pas rare.

Les systèmes d’analyses automatisés ont plus de mal à les identifier comme dangereux en raison de leur nature modulaire. La particularité de cette technique est la suivante : si le serveur C2 (ou C&C pour Command and Control, le serveur utilisé par les cybercriminels pour finaliser l’infection et contrôler les machines infectées) n’est pas disponible au moment de l’exécution, le code malicieux ne peut être récupéré, et les documents délivrés sont alors sans danger.

Documents infectés

Ensuite, ces documents infectés ciblaient différentes agences gouvernementales à travers le monde, y compris en Amérique du Nord, en Europe, ou dans un des États de l’ancienne URSS. Heureusement, les serveurs C2 de plusieurs de ces documents étaient encore opérationnels, ce qui a permis de retrouver les macros dangereuses et les téléchargements qui y sont liés. L’analyse a révélé que le premier téléchargement lié était le cheval de Troie bien connu Zbrocy. D’autres données collectées ont dévoilé un deuxième téléchargement que l’Unit42 a surnommé « Canon ». Enfin, canon n’avait jusqu’ici pas encore agi via le groupe Sofacy, il contient une nouvelle voie de communication avec les serveurs C2 en passant par la messagerie électronique.

crash list(Lion Air Boeing 737).docx

Pour conclure, l’activité concerne plus précisément deux documents infectés bien spécifiques qui partage des données communes comme une adresse IP commun pour le serveur C2, un nom d’auteur commun, et des tactiques communes. Des données complémentaires ont révélé une campagne d’attaque importante associée avec le cheval de Troie Canon sur lequel l’Unit42 reviendra dans un prochain billet de blog. Un des aspects les plus intéressants des documents les plus récents utilisés par l’adversaire pour son infiltration était le nom du fichier : crash list(Lion Air Boeing 737).docx. Ce n’est pas la première fois qu’un groupe ennemi utilise les événements récents comme un leurre. Il est intéressant de voir que ce groupe essaie de miser sur des événements catastrophiques pour lancer leurs attaques. (U42)

Un Javascript permet de piéger des boutiques en ligne

Une bibliothèque Javascript hébergée par Feedify et utilisée par des sites de commerce électronique piégée à plusieurs reprises. Mission, intercepter les données bancaires des visiteurs.

Le code de la bibliothèque est généralement intégré aux pages Web de vente au détail par les administrateurs de sites et les développeurs afin d’ajouter un moyen de paiement pour les clients. Ce code – feedbackembad-min-1.0.js – se diffuse à partir des serveurs Web de Feedify. Altéré à plusieurs reprises par des pirates informatiques pour inclure le logiciel malveillant MageCart. Cet outil pirate recherche les informations de carte de crédit saisies sur les pages Web compromises. Copiées en temps réel sur un serveur externe (info-stat*ws) des pirates.

Ainsi, si quelqu’un visite un site Web piégé, leur navigateur va lancer le malware MageCart. Ce dernier va siphonner les informations confiées par le visiteur. Les internautes utilisateurs de l’un des sites de commerce basés sur le code de Feedify risquaient de tomber dans le piège. Selon Feedify, plus de 4 000 sites Web utilisent son code.

Une recherche rapide démontre quelques centaines d’utilisateurs de cette bibliothèque. MageCart est apparu sur les sites Web de British Airways et de Ticketmaster.

Gorgon Group : Des pirates pakistanais tentent d’infiltrer des institutions étatiques

Des pirates informatiques baptisés Gorgon Group, présumés venir du Pakistan, attaquent des institutions étatiques en Russie, en Espagne et aux États-Unis via des courriels piégés.

Gorgon Group – Le phishing et autres courriels piégés sont légions. Un groupe de pirates informatique présumés pakistanais tente d’attaquer des organisations gouvernementales via ce procédé. Une attaque qui a exploité les mêmes serveurs qui diffusent spams et logiciels malveillants.

Un faux mail sur le terrorisme

Comme rapporté par des chercheurs de l’unité 42 de Palo Alto Networks, le Gorgon Group est actif depuis Février 2018. Via des phishings ciblés, ils ont visé des bureaux gouvernementaux en Espagne, au Royaume-Uni, aux Etats-Unis et en Russie.

Script-kiddies au Pakistan ?

D’abord, les attaquants envoient des mails phishing à leurs victimes sur des questions de terrorisme, ainsi que sur des problèmes militaires et politiques au Pakistan. Les courriels contiennent des documents Microsoft Word. Fichier piégé par l’exploit CVE-2017-0199. Lorsque la victime ouvre le document, un script Visual Basic s’exécute avec des commandes PowerShell. Le pirate n’a plus qu’à installer son logiciel espion dans la machine piégée. Dans le cas du groupe Gorgone, les chevaux de Troie sont : NanoCoreRAT, QuasarRAT ou encore NJRAT.

Pour conclure, le nombre exact d’infections réussies est inconnu. Néanmoins, les chercheurs ont trouvé des preuves que même une campagne avec une infrastructure aussi primitive (script-kiddies ?) peut constituer une menace pour la sécurité des organisations gouvernementales.