Archives de catégorie : backdoor

GhostRace : la menace fantôme pour Intel, AMD, ARM et IBM

Un groupe de chercheurs a développé une nouvelle attaque appelée GhostRace capable de provoquer des fuites de données sur les processeurs modernes de chez Intel, AMD, ARM et IBM.

Les experts d’IBM et de l’Université libre d’Amsterdam décrivent GhostRace (CVE-2024-2193) comme une condition de concurrence spéculative (SRC). Cette attaque vous permet d’extraire de la mémoire des informations potentiellement sensibles, telles que des mots de passe et des clés de chiffrement. Cependant, pour mener à bien l’attaque, un accès physique ou privilégié à la machine cible sera nécessaire, ce qui signifie qu’exploiter ce problème en pratique est une tâche très difficile.

Le rapport d’expert indique qu’une condition de concurrence critique se produit lorsque plusieurs threads tentent simultanément d’accéder à une ressource partagée, ce qui peut conduire à des vulnérabilités pouvant être exploitées de diverses manières, notamment l’exécution de code arbitraire, le contournement de sécurité et l’extraction de données.

Pour éviter que de telles situations ne se produisent, les systèmes d’exploitation modernes utilisent des primitives de synchronisation, mais l’analyse des chercheurs a montré que les conditions de concurrence peuvent être combinées avec une exécution particuliére.

« Notre principale conclusion est que toutes les primitives de synchronisation courantes implémentées à l’aide de branches conditionnelles peuvent être contournées microarchitecturalement sur des chemins spéculatifs à l’aide de l’ attaque Spectre v1 (CVE-2017-5753), provoquant une condition de concurrence spéculative dans toutes les zones critiques sans race (SRC). ce qui permettra aux attaquants d’extraire des informations du logiciel cible« , ont expliqué les chercheurs dans un article de blog .

GhostRace : la menace fantôme pour Intel, AMD, ARM et IBM

Afin de mener une attaque et de « gagner » la course, l’exécution du processus victime doit être interrompue au bon moment et maintenue afin que l’attaquant puisse effectuer ce que les chercheurs appellent un SCUAF (Speculative Concurrent Use-After-Free). ) attaque.

Pour cela, les scientifiques ont utilisé une nouvelle technique d’attaque appelée Inter-Process Interrupt (IPI) Storming, qui consiste à faire déborder le cœur du processeur du processus cible. En conséquence, ils ont démontré une attaque SCUAF sur le noyau Linux, qui a entraîné une fuite d’informations de la mémoire du noyau à une vitesse de 12 kilo-octets par seconde.

Bien que l’étude se soit concentrée sur les architectures x86 et Linux, les experts ont déclaré que les produits d’autres fabricants, ainsi que les logiciels autres que Linux, étaient sensibles à l’attaque.

« En général, tout logiciel est vulnérable au SRC, par exemple un système d’exploitation, un hyperviseur, etc., qui implémente des primitives de synchronisation via des branches conditionnelles sans aucune instruction de sérialisation et s’exécute sur n’importe quelle microarchitecture (par exemple, x86, ARM, RISC). -V, etc.), ce qui permet d’exécuter des branches conditionnelles de manière spéculative« , expliquent les chercheurs.

Les ingénieurs d’Intel, AMD, Arm et IBM ont été informés du problème GhostRace fin 2023 et ont, à leur tour, signalé la vulnérabilité aux fabricants de systèmes d’exploitation et d’hyperviseurs.

AMD a publié cette semaine un avis informant ses clients que les conseils précédents sur la protection contre les attaques Spectre devraient également aider à prévenir les attaques GhostRace.

Les développeurs de l’ hyperviseur Xen ont également émis un avertissement correspondant et développé un mécanisme de protection. Bien qu’ils aient confirmé que techniquement toutes les versions de Xen sont affectées par le problème GhostRace, le projet n’utilise pas de gadgets vulnérables à GhostRace, et l’équipe de sécurité de Xen ne pense pas qu’il y ait un besoin urgent de prendre des mesures, donc les mesures de protection sont désactivés par défaut.

Les développeurs Linux ont implémenté une fonctionnalité de limitation de débit IPI qui devrait protéger contre le problème associé IPI Storming (Inter-Process Interrupt Storming) (CVE-2024-26602), mais n’ont pas encore pris de mesures supplémentaires en raison de problèmes de performances potentiels.

En plus de leur article de blog et de leur livre blanc, les chercheurs ont déjà publié un exploit PoC pour GhostRace, des scripts conçus pour analyser le noyau Linux à la recherche de gadgets SCUAF et une liste de gadgets problématiques déjà identifiés. (pdf)

Midnight blizzard : cyberattaque d’envergure contre Microsoft

Dans le paysage numérique actuel, les cyberattaques représentent une menace constante pour les entreprises et les organisations à travers le monde. Récemment, Microsoft a révélé avoir été la cible de Midnight Blizzard, un groupe de cyber espionnage lié au Kremlin.

Également connu sous les noms de APT29 et Cozy Bear, Midnight Blizzard a fait son apparition dans le paysage cybernétique en janvier 2024, lorsque Microsoft a signalé une attaque APT (Advanced Persistent Threat) ciblant les adresses électroniques de ses dirigeants et employés. La situation s’est aggravée lorsque Microsoft a découvert que des informations volées au sein de ses systèmes étaient utilisées pour accéder de manière non autorisée à ses réseaux.

Le groupe de pirates aurait réussi à infiltrer des référentiels contenant du code source ainsi que certains systèmes internes de l’entreprise. Heureusement, selon les informations actuelles, les systèmes d’interaction avec les clients semblent avoir été épargnés.

La réaction de microsoft face à l’attaque

Face à cette menace, Microsoft a rapidement entrepris une enquête approfondie pour évaluer l’ampleur du cyber incident et ses potentielles répercussions. L’entreprise surveille également de près l’utilisation des informations compromises dans le but de prévenir toute attaque ultérieure. Microsoft a souligné que les attaques menées par Midnight Blizzard se distinguent par l’ampleur des ressources déployées, la coordination et la détermination des cybercriminels, utilisant les données volées pour identifier de nouvelles cibles potentielles. Voilà qui expliquerait, peut-être, le nombre de 0day mis en vente, ces dernières semaines et révélées par ZATAZ.

Dans son billet de blog, Microsoft a mis en lumière les mesures de sécurité prises pour contrer les menaces posées par des acteurs de cyber espionnage de niveau gouvernemental comme Midnight Blizzard. Ces mesures reflètent l’engagement de l’entreprise à protéger ses infrastructures critiques et la sécurité de ses clients. En mettant l’accent sur la prévention, la détection et la réponse rapide aux incidents, Microsoft cherche à minimiser l’impact de telles attaques sur ses opérations et à garantir la continuité de ses services.

Une attaque de phishing innovante met en péril la sécurité des comptes des propriétaires de voiture Tesla ?

Une attaque de phishing innovante met en péril la sécurité des comptes des propriétaires de voiture Tesla ?

Récemment, Talal Haj Bakry et Tommy Mysk, experts en cybersécurité, ont mis en lumière une méthode de phishing particulièrement préoccupante qui cible les propriétaires de véhicules Tesla. Grâce à l’utilisation d’un dispositif Flipper Zero, les chercheurs ont démontré qu’il est possible de compromettre un compte Tesla, permettant ainsi de déverrouiller et potentiellement voler un véhicule. Cette vulnérabilité persiste même après la mise à jour vers la dernière version de l’application Tesla (4.30.6) et du firmware (version 11.1 2024.2.7).

https://twitter.com/mysk_co/status/1765783975056851004

Le processus d’attaque détaillé

L’exploit décrit par Bakry et Mysk repose sur la création d’un faux réseau Wi-Fi nommé « Tesla Guest », simulant ceux fréquemment trouvés dans les centres de service Tesla. En se connectant à ce réseau, les victimes sont redirigées vers une page de connexion imitant celle de Tesla, où leurs identifiants sont capturés par l’attaquant. L’étape suivante du processus consiste à obtenir un mot de passe à usage unique (OTP) nécessaire pour contourner l’authentification à deux facteurs, permettant à l’attaquant de se connecter à l’application Tesla et d’accéder à la localisation du véhicule en temps réel.

Les implications de l’attaque

Le succès de cette attaque repose sur la possibilité d’ajouter une nouvelle clé de téléphone au compte Tesla compromis, une opération qui ne requiert pas la présence physique de l’attaquant à l’intérieur du véhicule, mais seulement à proximité immédiate. Cette méthode expose les propriétaires de Tesla à un risque accru, d’autant plus que l’ajout d’une nouvelle clé n’engendre aucune notification ni alerte via l’application ou sur le tableau de bord du véhicule.

Recommandations de sécurité

Face à cette menace, qu’il faut tout de même modérer [il faut de nombreuses interactions] les chercheurs suggèrent que l’ajout d’une nouvelle clé de téléphone devrait exiger une authentification supplémentaire, telle que la présentation d’une clé de carte Tesla physique. Cette mesure renforcerait considérablement la sécurité, ajoutant une couche d’authentification pour le nouvel appareil.

Malgré la remise en question de cette procédure par Tesla, qui considère le comportement observé comme normal, il est clair que des mesures supplémentaires doivent être envisagées pour protéger les propriétaires de Tesla contre ces attaques de phishing de plus en plus sophistiquées.

Méfiez-vous des fausses notifications et plugins malveillants

La sécurité des sites Web WordPress est une préoccupation majeure pour de nombreux administrateurs. Récemment, une nouvelle menace a émergé sous la forme de fausses notifications de sécurité prétendant qu’une vulnérabilité dangereuse.

Répertoriée sous l‘ID CVE-2023-45124, affecte votre site. Mais méfiez vous, car cette menace n’est rien d’autre qu’une tentative sournoise d’infecter votre site avec un plugin malveillant.

Comment fonctionne cette attaque ? Les utilisateurs de WordPress reçoivent des e-mails qui semblent provenir de WordPress lui-même, alertant sur une vulnérabilité critique d’exécution de code à distance (RCE) détectée sur leur site. La peur de la sécurité incite les administrateurs à agir rapidement, et la solution semble simple : installer un plugin qui prétend résoudre le problème de sécurité.

Cependant, c’est là que réside le piège. En cliquant sur le bouton « Télécharger le plugin », les utilisateurs sont redirigés vers une page qui ressemble étonnamment au site officiel de WordPress, « wordpress.com ». La page affiche fièrement un nombre impressionnant de 500 000 téléchargements du plugin, ainsi que des avis d’utilisateurs élogieux. Toutefois, il s’agissait d’une fausse page reprenant la page officielle : « en-gb-wordpress[.]org » [la page officielle en-gb.wordpress.org], un subterfuge bien élaboré.

Après avoir installé le plugin, il crée un administrateur caché, baptisé « wpsecuritypatch« , et commence à envoyer des informations sensibles à un Serveur de Commande et Contrôle (C2). Le code malveillant est ensuite téléchargé et stocké sur le site, mettant potentiellement en danger l’intégrité de votre site Web.

Ce plugin malveillant est équipé de fonctionnalités redoutables, telles que la gestion de fichiers, un client SQL, une console PHP et un terminal de ligne de commande. De plus, il fournit aux attaquants des informations détaillées sur le serveur compromis, ce qui leur donne un contrôle considérable sur votre site.

Ce qui rend cette menace particulièrement sournoise, c’est que le plugin ne s’affiche pas dans la liste des plugins installés, le cachant ainsi aux yeux des administrateurs. Cette dissimulation rend sa détection et sa suppression difficiles.

Alors, quel est l’objectif final de ce plugin malveillant ? Pour l’instant, il demeure un mystère, mais les experts en sécurité émettent des hypothèses inquiétantes. Il pourrait être utilisé pour injecter de la publicité sur des sites compromis, rediriger les visiteurs vers des destinations malveillantes, voler des informations confidentielles ou même faire chanter les propriétaires de sites en menaçant de divulguer le contenu de leur base de données.

Heureusement, des experts en sécurité WordPress tels que Wordfence et PatchStack ont pris des mesures pour alerter la communauté. Ils ont publié des avertissements sur leurs sites Web pour sensibiliser les administrateurs et les utilisateurs à cette menace grandissante.

Alors, que pouvez-vous faire pour protéger votre site WordPress ? Tout d’abord, soyez extrêmement prudent lors de l’installation de plugins inconnus. Assurez-vous de les télécharger à partir de sources fiables uniquement. De plus, soyez vigilant face à tout e-mail suspect prétendant provenir de WordPress.

LE PARLEMENT EUROPÉEN CRITIQUE L’INACTION SUR LES LOGICIELS ESPIONS

Dans une résolution adoptée majoritairement (424 voix pour, 108 contre, et 23 abstentions), les législateurs ont ouvertement critiqué la Commission européenne pour son manque d’action contre les abus liés aux logiciels espions. Cette démarche intervient dans un contexte de plus en plus inquiet concernant la surveillance numérique au sein de l’Union Européenne (UE).

Le vote est le fruit d’un examen minutieux mené par la Commission d’enquête sur l’utilisation de Pegasus et d’autres logiciels espions de surveillance (PEGA). Cette enquête parlementaire a révélé des pratiques alarmantes d’abus de surveillance par des acteurs étatiques.

Une réponse timide de la commission

La Commission a initialement argumenté qu’elle ne pouvait empiéter sur les responsabilités de sécurité des États membres. Sophie In’t Veld, rapporteure de PEGA, a critiqué cette position, soulignant que les autorités nationales étaient elles-mêmes impliquées dans ces abus. Face à l’ampleur du problème, une association d’organisations de défense des libertés civiles et des droits de l’homme plaide pour une interdiction totale des logiciels espions dans l’UE. Les députés envisagent de lancer une deuxième enquête en 2023 pour approfondir cette question.

Des mesures pour protéger les journalistes

En septembre dernier, la Commission a proposé une législation visant à protéger les journalistes contre le ciblage par des logiciels espions. Toutefois, cette initiative fait face à de vives contestations du Conseil européen, qui cherche à réduire le niveau de protection des journalistes. Le Conseil européen a émis une position de négociation qui pourrait limiter la capacité de la Cour de justice de l’UE d’intervenir contre les États membres accusés d’espionner des journalistes.

Cette loi, en cours de négociation, est critiquée par des groupes de la société civile, qui la considèrent comme trop « édulcorée » pour être efficace.

APPLE AVERTIT LES ARMÉNIENS DE TENTATIVES DE PIRATAGE SOUTENUES PAR L’ÉTAT

Récemment, Apple a envoyé des alertes à ses clients en Arménie, les informant que leurs téléphones sont ciblés par des pirates informatiques soutenus par un État.

Le logiciel d’espionnage Pegasus est-il caché derrière l’alerte lancée par Apple, au début du mois de novembre, à l’encontre de plusieurs personnalités Arméniennes ? CyberHUB, une organisation arménienne de droits numériques qui enquête sur ces incidents, a observé une augmentation constante des infections par logiciels espions dans le pays au cours des deux dernières années. De nombreuses infections seraient liées au gouvernement azerbaïdjanais, connu pour son histoire conflictuelle avec l’Arménie, en particulier concernant la région contestée du Haut-Karabakh.

« Dans le cas de l’Arménie, ces avertissements signifient que le téléphone a été infecté par le logiciel espion Pegasus« , a déclaré Samvel Martirosyan, co-fondateur de CyberHUB, faisant référence à l’outil de surveillance développé par la firme israélienne NSO Group et vendu à des gouvernements du monde entier. NSO Group qui a demandé, il y a quelques jours, une demande de réunion avec la Maison Blanche pour expliquer l’importance de son outil lors du conflit entre Israël et le Hamas. Une entrevue, demandée par l’avocat de l’entreprise, qui indique d’ailleurs un élément important : le gouvernement israélien semble cautionner et utiliser Pegasus.

Bien qu’Apple n’ait pas précisé le logiciel espion utilisé ni identifié les responsables du piratage, il existe certaines preuves que la dernière vague d’infections a utilisé Pegasus, selon Natalia Krapiva, conseillère juridique et technologique chez Access Now, une organisation à but non lucratif pour les droits numériques. Cependant, elle souligne qu’il est difficile de le savoir avec certitude tant que l’enquête est en cours. Martirosyan a indiqué que le logiciel espion a probablement été installé sur ordre du gouvernement azerbaïdjanais. Pendant la guerre entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan en 2020, le logiciel espion Pegasus a été utilisé pour cibler des journalistes, des militants, des fonctionnaires gouvernementaux et des civils arméniens. Bien que l’identité des pirates derrière ces attaques reste floue, des chercheurs suggèrent que l’Azerbaïdjan est l’un des suspects potentiels.

Le Citizen Lab de l’Université de Toronto a identifié au moins deux opérateurs présumés de Pegasus en Azerbaïdjan qui ont ciblé des individus à l’intérieur comme à l’extérieur du pays. Krapiva est également d’avis que « le suspect probable est l’Azerbaïdjan », en raison de son histoire avec Pegasus et de ses liens étroits avec Israël. Les tensions entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan sont élevées et ont atteint un point critique en septembre lorsque l’Azerbaïdjan a lancé une offensive militaire à grande échelle au Haut-Karabakh, violant ainsi un accord de cessez-le-feu de 2020.

CyberHUB, qui enquête sur les infections par Pegasus depuis deux ans, a signalé que le nombre de piratages augmente en Arménie. Cependant, l’étendue réelle de ces piratages est difficile à déterminer, car de nombreuses victimes préfèrent ne pas rendre leurs cas publics, selon Krapiva. Elle ajoute que les utilisateurs d’Android ne reçoivent pas du tout de telles notifications. La plupart des infections surviennent lors d’escalades entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan. Les cibles en Arménie ont inclus des politiciens de haut rang, des représentants de la société civile, des militants, des journalistes et des rédacteurs.

En septembre, l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe a qualifié l’utilisation du logiciel espion Pegasus par plusieurs pays de la région de potentiellement illégale.

Précision : Une version précédente de cet article indiquait que Pegasus avait été utilisé pour cibler des militants en Russie — il a en fait été spécifiquement utilisé contre une journaliste russe lors de son voyage en Allemagne, et elle a reçu la notification en Lettonie.

Temu, Epik, Etc. ces applications qui aspirent vos données personnelles

Vous avez toujours rêvé de vous voir figurer dans un annuaire à l’américaine des années 90, avec votre portrait aux côtés de Backstreet Boys et Spice Girls ? Vous adorez acheter des produits chinois ? Les applications Epik et TEMU cachent des collecteurs de données que vous ne pourrez plus maitriser !

Epik, une application d’intelligence, une « IA » qui vous offre la possibilité de donner à votre photo une touche rétro des années 90. Derrière cette « pseudo » expérience nostalgique, des questions juridiques et éthiques se posent. À l’instar d’applications telles que Faceapp, qui permet de visualiser son visage vieilli, ou des filtres Snapchat de transformation masculine/féminine, l’application EPIK – AI Photo Editor, une filiale de la société sud-coréenne Snow Corporation, propose de créer une soixantaine d’images inspirées des années 1990 à partir de 8 à 12 de vos photos personnelles, incluant des tenues et coiffures rétro.

Les résultats de cette application semblent séduire un grand nombre d’utilisateurs, ce qui lui a valu une place parmi les applications les plus populaires sur l’App Store d’Apple, dans la catégorie Photos et vidéos. Sur le Play Store de Google, elle a déjà été téléchargée plus de 50 millions de fois. Un certain nombre de Youtubeur et « vedettes » ont diffusé des posts et autres vidéos vantant l’outil. A se demander, d’ailleurs, si nous n’avons pas là de la promotion cachée, ou du simple « p*te à clic » mettant en danger les données des viewers ainsi attirés.

Soyons clairs, les préoccupations liées à la sécurité et à la confidentialité des données via Epik doivent se poser. Pour générer ces images, l’application utilise la technologie de reconnaissance faciale, collectant ainsi des données biométriques et d’autres informations sensibles. La politique de confidentialité de l’application fournit très peu d’informations et de garanties concernant la protection des données personnelles. Autant dire que le RGPD, alors qu’ils doivent le suivre dans la mesure ou l’application est utilisée par des Européens, n’est pas vraiment cité dans le mode d’emploi. L’application a été développée en Corée du Sud, les lois encadrant les données biométriques y sont moins contraignantes. Il suffit d’ailleurs de lire ce mode d’emploi pour découvrir que l’application collecte pratiquement toutes les données disponibles, y compris des informations sur les autres photos stockées sur votre téléphone.

Bref, à votre de fournir votre visage au diable, le diable n’aura plus besoin de vous pour vous damner !

Application TEMU : logiciel espion possible

En avril 2023, l’application de commerce électronique d’origine chinoise [siège social aux USA], TEMU [concurrent de Wish, AliExpress et d’Amazon], a fait son entrée au Canada, puis en France et a rapidement gagné en popularité. Une société qui a déversé des millions de dollars en publicités sur le sol Américain [lors du Super bowl, entre autre].

Cependant, selon une enquête menée par la société américaine Grizzly Research, qui analyse les plus grandes sociétés cotées du monde, il pourrait y avoir des raisons de s’inquiéter quant à son utilisation. En seulement quelques semaines, TEMU est devenue l’une des applications les plus téléchargées en France, avec une tendance similaire observée aux États-Unis suite à une publicité diffusée lors du Super Bowl. Contrairement à ses concurrents, chinois ou américains, TEMU a réussi à attirer un public inattendu, en particulier parmi les personnes de plus de 40 ans, dont la part du chiffre d’affaires est 65 % supérieure à la moyenne des autres vendeurs Cependant, Grizzly Research a soulevé des préoccupations sérieuses concernant l’application. Selon leurs analyses, TEMU semble comporter des fonctions cachées qui permettent une exfiltration massive de données personnelles des utilisateurs, sans leur consentement explicite.

L’application a un accès pratiquement illimité à toutes les données stockées sur les smartphones des utilisateurs. Comme j’ai pu l’expliquer sur l’antenne de BFM TV ou dans le journal Le Point, les données peuvent, ensuite, être exploitées à de multiples fins [espionnage, marketing agressif, Etc.]. La réputation de TEMU et son succès commercial ne doivent pas occulter les inquiétudes quant à la sécurité et à la confidentialité des données. Il est crucial que les utilisateurs restent vigilants et conscients des risques potentiels associés à l’utilisation de cette application, en particulier en ce qui concerne la protection de leurs informations personnelles.

Bref, deux cas d’applications qui doivent inquiéter. Les avantages commerciaux, le côté « FUN » et la facilité d’utilisation ne doivent pas primer sur la sécurité en ligne.

Loi chinoise sur la cybersécurité : le ver est dans le Pitaya ?

Depuis 2021, la Chine a mis en place une nouvelle loi obligeant toutes les entreprises technologiques opérant sur son territoire à signaler les vulnérabilités de leurs systèmes aux autorités gouvernementales. Cette initiative, censée renforcer la sécurité nationale, soulève des inquiétudes quant à la manière dont les données sont gérées et utilisées.

Dans un récent rapport publié par l’Atlantic Council, il est révélé que cette loi, en apparence bien intentionnée, présente des implications importantes pour la sécurité en ligne et les relations internationales. La Chine avait précédemment utilisé la CNVD (National Vulnerability Database), une base de données nationale destinée à signaler les vulnérabilités des logiciels, pour protéger le pays contre les cyberattaques. Cependant, la nouvelle loi va plus loin en imposant un délai strict de 48 heures pour signaler toute vulnérabilité découverte.

Conformément à cette loi, les entreprises technologiques doivent signaler les failles à travers une plate-forme en ligne du ministère chinois de l’industrie et de la technologie de l’information. De là, les vulnérabilités sont ajoutées à la Cybersecurity Threat Intelligence Sharing Platform, une base de données qui, selon le rapport de l’Atlantic Council, pourrait être utilisée à des fins potentiellement malveillantes.

L’Atlantic Council met en lumière le fait que les données de cette plate-forme sont également partagées avec d’autres instances gouvernementales en Chine, certaines étant associées à des campagnes d’espionnage et de cyberattaques passées. Cette situation suscite des préoccupations quant à l’utilisation des vulnérabilités signalées, suggérant que certaines d’entre elles pourraient être exploitées pour des activités de piratage.

En plus de signaler les vulnérabilités, la loi exige également que les entreprises enregistrent des informations détaillées sur les produits contenant des vulnérabilités, telles que le nom, le modèle et la version. Les chercheurs de l’Atlantic Council ont constaté que le portail en ligne utilisé pour signaler les vulnérabilités comporte des champs de remplissage obligatoires, obligeant ainsi les entreprises à fournir des détails sur les erreurs du code source, voire à ajouter des vidéos démontrant la nature du bug et son emplacement.

Selon Dakota Cary, chercheuse au Global China Hub de l’Atlantic Council, cette nouvelle loi a suscité des préoccupations dès son annonce. Elle souligne qu’il existe un chevauchement notable entre les individus responsables de ces rapports et ceux qui mènent des opérations de piratage offensives.

Cependant, l’Atlantic Council admet que toutes les entreprises technologiques ne suivront pas nécessairement la loi chinoise de la même manière. Certaines entreprises pourraient ne pas être pleinement conscientes de ce que leurs responsables locaux transmettent aux autorités gouvernementales. L’impact de ce rapport sur les relations internationales entre la Chine et l’Occident reste à déterminer, mais il pourrait potentiellement influencer les décisions politiques futures concernant la technologie chinoise et les cyberattaques.

Cette nouvelle loi chinoise sur la cybersécurité soulève des questions cruciales sur la protection des données, la sécurité en ligne et les relations internationales, et elle continuera à susciter un débat animé dans les années à venir. Dans la foulée, la justice américaine vient de se pencher sur une nouvelle puce produite par la société Huawei. Un processeur de 7 nanomètres.

Une puce intégrée dans le nouveau fleuron de la marque chinoise, le Huawei Mate 60 Pro et Pro +. « Coquine » la société Huawei a lancé son nouveau téléphone au moment de la visite de la secrétaire américaine au commerce, Gina Raimondo, en Chine. (AC)

Emotet revient, Lokibot persiste, DarkGate exploite

Un rapport dévoile les méthodes d’infection des familles de logiciels malveillants DarkGate, Emotet et LokiBot. En plus des méthodes de chiffrement unique en leur genre de DarkGate et le retour en force d’Emotet, les exploits de LokiBot se poursuivent, illustrant l’évolution constante du paysage des menaces cyber.

En juin 2023, des chercheurs ont découvert un nouveau loader baptisé DarkGate, doté d’un éventail de fonctionnalités dépassant les capacités habituelles des loaders. Parmi elles, on retrouve un VNC caché, un proxy inverse et des capacités de blocage de Windows Defender, de piratage de l’historique du navigateur infecté, de gestion des fichiers et de vol de jetons Discord.

Le fonctionnement de DarkGate implique une chaîne d’infection en quatre étapes, conçues de manière sophistiquée pour aboutir au chargement de DarkGate. Ce chargeur se distingue par sa façon unique de chiffrer les chaînes de caractères avec des clés personnalisées et une version originale de l’encodage Base64, utilisant un jeu de caractères spécial.

Dans son rapport, la société Kaspersky s’est penchée sur l’activité d’Emotet, un botnet notoire qui a récemment refait surface après avoir été démantelé en 2021. Dans cette nouvelle campagne, les victimes sont amenées à ouvrir, involontairement, un fichier OneNote malveillant qui déclenche l’exécution d’un VBScript caché et déguisé. Le script tente ensuite de télécharger la charge utile malveillante à partir de différents sites web jusqu’à ce qu’il réussisse à s’infiltrer dans le système. Une fois à l’intérieur, Emotet place une bibliothèque de liens dynamiques (DLL) dans le répertoire temporaire, puis l’exécute.

Cette DLL contient des instructions cachées (shellcode), ainsi que des fonctions d’importation chiffrées. En déchiffrant habilement un fichier spécifique à partir de sa section de ressources, Emotet prend le dessus sur le système et parvient à exécuter sa charge utile malveillante.

Une campagne d’hameçonnage ciblant des compagnies de cargos a tenté d’infiltrer les entreprises avec le malware LokiBot. LokiBot est un infostealer identifié pour la première fois en 2016 et conçu pour dérober des identifiants à partir de diverses applications, notamment via des navigateurs et des clients FTP. Les mails de hameçonnage utilisés dans la campagne contenaient un document Excel en pièce jointe invitant les utilisateurs à autoriser les macros.

Les attaquants ont exploité une vulnérabilité connue (CVE-2017-0199) de Microsoft Office, conduisant au téléchargement d’un document RTF. Ce document RTF exploite ensuite une autre vulnérabilité (CVE-2017-11882) pour distribuer et exécuter le logiciel malveillant LokiBot.

Threads : fausse application aux couleurs du Twitter de META

Le 5 juillet 2023, l’application Threads, concurrente directe de Twitter développée par Meta, a été lancée aux Etats-Unis et a atteint en quatre jours plus de 100 millions d’utilisateurs, dépassant de loin les précédents records établis par ChatGPT et TikTok. Son indisponibilité actuelle en Europe a encouragé des développeurs malveillants à créer une application jumelle portant quasiment le même nom « Threads for Insta » sur l’Apple Store.

Créée par l’entreprise SocialKit LTD, qui avait déjà créé une fausse application ChatGPT, l’application Threads for Insta reprend les codes graphiques d’Instagram, réseau social auquel la vraie application Threads est liée. Son logo ressemble fortement à celui d’Instagram et incite l’utilisateur à penser qu’il s’agit de l’application légitime. Cette application jumelle est déjà classée à la 5ème place en nombre de téléchargements sur l’Apple Store, et numéro 1 dans la rubrique des réseaux sociaux !

Autre information clé, l’application Threads for Insta indique utiliser de l’intelligence artificielle pour émettre des « threads » alors que l’application officielle ne propose pas cette fonctionnalité.

Quel danger pour les utilisateurs ?

Contrairement à la véritable application Threads, cette supercherie n’est pas gratuite : seule la période d’essai l’est et son utilisation, une fois celle-ci expirée, est payante. Si l’utilisateur n’annule pas son inscription, il sera facturé 2,99 euros par semaine, ou 29,99 euros par mois, ou bien 89,99 euros par an. Pour l’instant, aucune cyberattaque n’a été reportée suite à l’utilisation de cette application. Cependant, les utilisateurs doivent rester vigilants pour ne pas tomber dans le piège d’un hackeur.

Comment être sûr de télécharger la véritable application Threads ?

L’application n’est pour l’instant pas disponible en Europe et aucune date de sortie n’a été annoncée. Toute application dont le lancement a eu un fort impact médiatique est sujette à des tentatives d’usurpation à des fins commerciales (comme c’est le cas ici de Threads for Insta), de collection de données personnelles (revendues par la suite sur le darknet), ou dans le pire des cas, de vol de coordonnées bancaires ou d’informations permettant de lancer une campagne de phishing (ou hameçonnage, technique utilisée par des fraudeurs pour obtenir des renseignements personnels dans le but de perpétrer une usurpation d’identité).

« Afin de ne pas se faire piéger, l’utilisateur devra tout d’abord rechercher le site officiel de l’entreprise qui, lui, comportera un lien vers l’Apple Store pour effectuer le téléchargement de l’application. confirme à DataSecurityBreach.fr Cassie Leroux, Directrice Produit chez Mailinblack. Il pourra également vérifier assidûment le logo de l’application, les captures d’écran disponibles sur l’Apple Store, ainsi que les conditions générales de vente et d’utilisation.«