Archives de catégorie : Particuliers

Actualités liées à la sécurité informatique des particuliers et à la vie privée.

GhostPairing, l’arnaque qui contourne votre vigilance

Sans casser le chiffrement, sans voler de mot de passe, sans SIM swapping, des cybercriminels peuvent désormais accéder à WhatsApp. Une attaque qui pousse l’utilisateur à autoriser lui-même l’intrusion.

Des chercheurs en cybersécurité de Gen alertent sur une nouvelle méthode, baptisée GhostPairing, permettant de prendre le contrôle d’un compte WhatsApp sans dérober de mot de passe, sans attaquer le chiffrement et sans détourner la carte SIM. Le scénario repose sur la confiance : un message d’un contact proche, du type « Salut, j’ai trouvé ta photo« , entraîne la victime vers une fausse page imitant Facebook. Sous couvert de vérification d’identité, l’utilisateur saisit un code d’appairage WhatsApp authentique, ce qui ajoute, à son insu, le navigateur de l’attaquant comme appareil connecté. Le téléphone reste normal, l’espionnage devient discret et durable.

Le piège : une fausse photo, un vrai appairage

L’attaque ne commence pas par une faille technique spectaculaire. Elle démarre par un réflexe humain, la curiosité, et par un ressort social, la confiance. Un message arrive d’un contact connu :  » Salut, j’ai trouvé ta photo » ; « Hello, c’est toi sur la vidéo ?« . Ce type de phrase fonctionne précisément parce qu’elle semble banale, presque intime. Elle abaisse la méfiance, surtout quand elle vient d’une personne proche, et elle donne envie de cliquer sans trop réfléchir. Une approche qui n’est pas nouvelle, mais prend une nouvelle tournure.

Le lien conduit ensuite vers une page frauduleuse qui copie l’apparence de Facebook. Là encore, l’attaquant joue sur un automatisme. Les internautes ont intégré l’idée qu’un site peut demander une « vérification » avant d’afficher un contenu. Cette étape est le cœur du piège. Ce qui ressemble à un contrôle d’identité n’est pas un écran de sécurité, c’est le processus de connexion d’un appareil WhatsApp.

La victime se retrouve à saisir un code d’appairage parfaitement légitime. Le détail est crucial : il ne s’agit pas d’un code inventé ou d’un contournement du chiffrement. C’est un mécanisme normal de la plateforme, prévu pour relier un nouvel appareil à un compte existant. En entrant ce code, l’utilisateur ajoute involontairement le navigateur du cybercriminel dans la liste des appareils connectés. L’accès s’installe sans bruit, sans alerte évidente, et surtout sans que le compte principal ne soit « déconnecté ».

 

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Pourquoi c’est inquiétant : l’accès est invisible, la confiance devient vecteur

Plusieurs raisons de s’inquiéter, et elles ont un point commun : GhostPairing s’appuie sur le fonctionnement prévu de WhatsApp. Aucun mot de passe n’est nécessaire, ce qui réduit les signaux classiques d’attaque. Il n’y a pas non plus de SIM swapping, donc pas de coupure de ligne ou de perte de réseau qui pourrait alerter la victime. Et le chiffrement n’est pas « cassé », la manœuvre se déroule avant tout au niveau de l’autorisation d’accès.

La conséquence opérationnelle est claire : le téléphone continue de fonctionner normalement. L’utilisateur envoie et reçoit ses messages comme d’habitude, pendant qu’un second appareil lit, copie et observe. Dans une logique de renseignement, c’est précisément le scénario recherché : accès continu, discret, et à fort contenu informationnel. Les messages, les photos, les contacts, mais aussi les échanges privés qui révèlent des habitudes, des relations, des trajets, des fragilités, deviennent accessibles.

Le risque de propagation est aussi central. L’arnaque se diffuse via des comptes déjà compromis, qui écrivent ensuite à des proches, à des groupes familiaux ou à des cercles professionnels. L’effet boule de neige est alors mécanique : la confiance circule plus vite que les mises en garde. Une fois à l’intérieur d’un réseau social de proximité, l’attaquant gagne un avantage psychologique sur chaque nouvelle cible.

Insistons sur l’escalade possible. Avec un accès aux conversations, l’attaquant peut préparer des fraudes plus lourdes : usurpation d’identité, escroqueries ciblées, chantage. Les contenus vocaux, les photos et les échanges privés servent de matière première. Ce n’est pas seulement une atteinte à la vie privée, c’est un levier d’action contre la victime et son entourage.

Ce qui change : l’attaque ne casse rien, elle fait accepter

GhostPairing illustre une évolution majeure : au lieu de forcer la porte, l’attaquant obtient les clés en demandant poliment. Il ne s’agit pas d’un exploit complexe, mais d’une mise en scène qui amène l’utilisateur à valider lui-même l’accès. Les mécanismes de connexion rapides, QR codes, appairage, confirmations “en un geste”, sont conçus pour faciliter la vie. Ils deviennent aussi des surfaces d’abus, car ils réduisent la visibilité de ce qui est réellement accordé.

Le signal dépasse WhatsApp. DataSecuritybreach.fr y voit un avertissement pour toutes les plateformes où les connexions entre appareils se font vite, avec peu de friction et peu d’explications. Dans un monde où l’authentification se fluidifie, l’attaquant investit la persuasion. Il ne cherche pas seulement une faille, il cherche un réflexe.

Face à ce type d’attaque, la première défense consiste à regarder ce qui est déjà autorisé. Data Security Breach recommande de contrôler la liste des appareils liés au compte WhatsApp via les paramètres puis la section des appareils connectés, et de retirer tout appareil inconnu. Ensuite, il faut traiter comme suspect tout site qui demande de scanner un QR code WhatsApp ou d’entrer un code d’appairage pour accéder à une photo ou à un contenu. Cette demande est un signal d’alarme, car elle mélange deux univers, un prétexte « photo » et une action « connexion ».

Enfin, l’activation de la vérification en deux étapes est présentée comme une mesure utile, mais l’élément décisif reste la sensibilisation de l’entourage. Comme l’arnaque exploite les relations, prévenir famille, collègues et groupes devient une mesure de protection collective. La sécurité se joue alors autant dans la technique que dans la culture du doute.

Avec GhostPairing, voici une prise de contrôle qui ne ressemble pas à un piratage classique : elle s’installe par consentement trompé, sans bruit, et transforme un mécanisme d’appairage en porte d’entrée. Dans un écosystème où les connexions « sans friction » se multiplient, la question cyber et renseignement est directe : comment rendre visibles, compréhensibles et contestables ces autorisations, avant qu’elles ne deviennent l’arme favorite des escrocs ?

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Des extensions espionnent vos chats avec des IA

Des extensions censées protéger la vie privée ont siphonné des conversations avec des chatbots. Selon des chercheurs, plus de 8 millions d’utilisateurs ont été exposés, via une collecte activée par défaut.

D’après une enquête rapportée par The Register et une analyse de Koi Security, quatre extensions diffusées sur Chrome Web Store et Microsoft Edge Add-ons, Urban VPN Proxy, 1ClickVPN Proxy, Urban Browser Guard et Urban Ad Blocker, auraient capturé le texte de conversations menées sur des plateformes d’IA. Les services visés incluent notamment ChatGPT, Claude, Gemini, Microsoft Copilot, Perplexity, DeepSeek, Grok et Meta AI. La collecte serait activée par un paramètre codé en dur, sans option visible pour la désactiver, l’arrêt passant par la désinstallation. Les données interceptées seraient ensuite envoyées vers des domaines liés à Urban VPN.

Quatre extensions populaires, une collecte invisible

L’histoire commence par un paradoxe : des outils présentés comme des remparts, bloqueurs de publicité, « browser guard » et VPN, se comportent comme des micros. Koi Security affirme que quatre extensions ont été conçues pour capter et transmettre le texte des interactions avec des chatbots, et que plus de 8 millions de personnes les auraient installées. Les extensions citées sont Urban VPN Proxy, 1ClickVPN Proxy, Urban Browser Guard et Urban Ad Blocker. Elles sont distribuées via les boutiques d’extensions de Chrome et d’Edge, donc dans un espace censé filtrer les comportements abusifs.

Selon Idan Dardikman, cofondateur et directeur technique de Koi, Urban VPN Proxy cible des conversations sur dix plateformes d’IA. La liste mentionnée couvre un éventail large : ChatGPT, Claude, Gemini, Microsoft Copilot, Perplexity, DeepSeek, Grok et Meta AI figurent parmi les services nommés. L’enjeu dépasse la simple confidentialité d’un historique : une conversation avec un chatbot peut contenir des données personnelles, des questions de santé, des éléments professionnels, des secrets d’entreprise, ou des fragments d’identité. Ici, la collecte est décrite comme activée par défaut, via un paramètre de configuration intégré au code. Dardikman affirme qu’aucun réglage côté utilisateur ne permet de l’arrêter, la seule façon de stopper la collecte étant de désinstaller l’extension.

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Comment l’extension intercepte vos requêtes et réponses

Le mécanisme décrit est agressif et s’appuie sur la position privilégiée d’une extension dans le navigateur. Dardikman explique qu’Urban VPN Proxy surveille les onglets et, lorsqu’un utilisateur visite une plateforme ciblée, par exemple un site de chatbot, l’extension injecte un script dédié, qualifié d’“executor”. Ce script ne se contente pas d’observer : il s’interpose sur les fonctions réseau du navigateur. Concrètement, il remplace ou enveloppe fetch() et XMLHttpRequest, les deux APIs fondamentales par lesquelles transitent les requêtes et réponses web. Résultat, chaque échange réseau sur la page passe d’abord par le code de l’extension.

Le script analyse ensuite les réponses d’API interceptées, isole le contenu conversationnel, puis prépare l’exfiltration. Le transfert interne s’effectue via window.postMessage avec un identifiant, PANELOS_MESSAGE, vers le “content script” de l’extension. Ce composant relaie ensuite les données à un service worker en arrière-plan, chargé de les envoyer sur le réseau. Les domaines cités pour la sortie sont analytics.urban-vpn.com et stats.urban-vpn.com. Dans ce schéma, l’utilisateur ne voit rien : aucune fenêtre, aucune notification, aucun indice visuel. L’extension exploite une logique simple, capter au niveau où tout transite, avant même que la page ou le service d’IA ne puisse “protéger” la conversation.

The Register précise avoir contacté Urban VPN, une société affiliée nommée BiScience, ainsi que 1ClickVPN via leurs adresses mail dédiées à la confidentialité. Les demandes auraient échoué, les messages étant revenus en erreur. Ce dossier est relié à des travaux antérieurs attribués au chercheur Wladimir Palant et à John Tuckner de Secure Annex, évoquant une collecte de données de navigation par BiScience. Selon Dardikman, l’enjeu serait désormais l’extension de cette collecte aux conversations avec des IA.

Consentement, « protection » affichée et zone grise des boutiques

Le débat se déplace alors sur le terrain de la conformité et de la gouvernance. Dardikman affirme qu’Urban VPN mentionne la collecte de données d’IA lors d’un écran de configuration et dans sa politique de confidentialité. Mais il souligne un décalage : la fiche de l’extension sur le Chrome Web Store indiquerait que les données ne sont pas vendues à des tiers en dehors de cas d’usage approuvés, et les conversations avec des IA ne seraient pas nommées explicitement. Il ajoute que le texte de consentement présenterait la surveillance comme une mesure de protection, tandis que la politique de confidentialité indiquerait une vente des données à des fins marketing.

Un point de chronologie compte, car il conditionne le consentement. Dardikman dit que les utilisateurs ayant installé Urban VPN avant juillet 2025 n’auraient jamais vu l’écran de consentement, ajouté plus tard via une mise à jour silencieuse en version 5.5.0. Il estime aussi que l’extension ne signalerait pas que la collecte se poursuit même quand le VPN n’est pas actif, ce qui change la perception de risque : l’utilisateur pense activer un service ponctuel, alors qu’une surveillance persistante serait en place.

Autre élément sensible : Urban VPN aurait obtenu un badge “Featured” sur le Chrome Web Store, ce qui implique, selon Dardikman, une revue humaine. Il en déduit un dilemme : soit la revue n’a pas vu le code collectant des conversations, y compris sur un produit d’IA de Google comme Gemini, soit elle l’a vu sans y voir de problème. Palant pointe, dans l’analyse citée, une possible faille d’interprétation de la règle « Limited Use », qui autorise des transferts de données vers des tiers dans des scénarios limités ne couvrant pas, selon cette lecture, les courtiers en données. Il avance que des acteurs malveillants peuvent invoquer des exceptions, « nécessaire au fonctionnement », ou « sécurité », en ajoutant des fonctions comme le blocage de publicités ou la navigation sécurisée. Google, selon The Register, n’a pas répondu immédiatement à une demande de commentaire.

Ce dossier rappelle que la menace ne vient pas seulement d’un site web ou d’un malware classique, mais d’un composant de confiance installé dans le navigateur, capable de regarder avant tout le monde et d’envoyer ailleurs ce qu’il voit. Côté recommandation, DataSecurityBreach.fr conseille fortement : désinstaller ces extensions et considérer que les conversations avec des IA depuis juillet 2025 ont pu être collectées.

 

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Les adresses IP ukrainiennes volées, angle mort européen

À Kherson, des identifiants auraient été extorqués sous contrainte pour détourner des adresses IP ukrainiennes. En toile de fond, la “neutralité” revendiquée par RIPE NCC nourrit une zone grise aux effets directs sur l’attribution des cyberattaques.

Dans les territoires ukrainiens occupés, des opérateurs télécoms auraient été forcés de céder leurs identifiants, permettant la captation d’adresses IP ukrainiennes aujourd’hui exploitées par Moscou. Un mécanisme : re-enregistrement auprès d’entités russes via RIPE NCC, registre basé à Amsterdam, malgré les alertes ukrainiennes et des sanctions européennes visant des structures liées aux RPD et RPL. En masquant des attaques et des opérations de désinformation derrière des IP “ukrainiennes” ou “européennes”, ces détournements compliquent l’attribution et accroissent le risque pour la cybersécurité du continent. La question devient juridique, politique et opérationnelle.

Des “passeports” numériques au rendement stratégique

Le cœur du problème tient à la nature même d’une adresse IP : un identifiant unique qui sert à acheminer le trafic et, dans de nombreux cas, à inférer une localisation. Dans un environnement où les IPv4 sont décrites comme quasi épuisées, la ressource prend une dimension à la fois marchande et stratégique. Une fourchette de prix, 35 à 50 € par IPv4 sur des marchés non officiels. Pour mesurer l’ordre de grandeur, la perte de 1 000 adresses représente entre 35 000 et 50 000 € ; 10 000 adresses, entre 350 000 et 500 000 € ; 100 000 adresses, entre 3,5 et 5 millions d’euros. Oleksandr Fedienko, député ukrainien et ex-président de l’Association ukrainienne de l’Internet, relie ces volumes aux portefeuilles des grands opérateurs, qui compteraient des centaines de milliers d’adresses, et évoque des pertes de plusieurs millions dès lors que quelques milliers d’unités disparaissent.

Mais l’argent n’est qu’un volet. Fedienko insiste sur l’usage de ces adresses par des communications gouvernementales, des transactions bancaires et des signaux d’infrastructures critiques. Dans cette lecture, contrôler des blocs d’IP revient à contrôler une partie de l’identité réseau d’un pays, et donc une capacité de se dissimuler, de filtrer, d’interrompre ou de tromper. L’affirmation, “leur contrôle est une question de sécurité nationale”, situe l’enjeu au niveau du renseignement : une IP n’est pas seulement un numéro, c’est un point d’ancrage pour le camouflage, l’usurpation et l’influence.

Kherson, la contrainte physique et la capture des ressources

Une bascule après les occupations russes de 2014 et de 2022 : des fournisseurs d’accès ukrainiens auraient perdu leurs locaux et leurs adresses IP, ensuite réenregistrées au bénéfice de sociétés russes via RIPE NCC. La spécificité de Kherson, rapportée par Fedienko, est la méthode. Il dit connaître un cas où des ressources ont été « confisquées de force sous la torture« , et précise l’élément opérationnel clé : sans identifiant et mot de passe, la prise de contrôle est difficile. Autrement dit, l’occupation territoriale devient un moyen d’acquérir l’accès administrateur aux actifs numériques, pas seulement de saisir des équipements.

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Nous voici face à des entités présentées comme pivots de l’extension informationnelle russe dans les zones occupées, via des entreprises de communication unitaires d’État créées sous les administrations installées comme Ugletelecom, Comtel, l’opérateur Phoenix et Republican Digital Communications. Leur intérêt, dans cette architecture, est double : utiliser « les plus grands volumes » d’IP volées et offrir une façade administrative pour l’exploitation courante, notamment dans la diffusion de contenus et l’organisation technique de services.

Sanctions, « neutralité » et risque d’attribution pour l’Europe

L’angle juridique est porté par Andriy Pylypenko, avocat participant à un groupe de travail sur le gel des adresses IP volées. Il attribue à ces entités un rôle de soutien informationnel aux administrations d’occupation, avec des actions décrites comme structurantes : organisation de référendums et d’élections truqués, propagation, cyberattaques, et détournement des paiements d’accès à Internet vers les budgets des RPD et RPL. Dans ce cadre, l’IP devient une ressource logistique au service d’un système politique illégal, et un outil pour frapper l’Ukraine tout en compliquant les preuves.

En 2018 l’Association ukrainienne d’Internet a alerté RIPE sur toute coopération avec les RPD et RPL, sans réaction, RIPE arguant que les adresses IP n’étaient pas des ressources économiques, donc pas concernées par les sanctions de l’UE. Puis, en 2021, le ministère néerlandais des Affaires étrangères a précisé que les ressources IP entraient bien dans la catégorie des ressources économiques au sens du régime européen, ce qui a contraint RIPE à geler l’enregistrement d’IP détenues par des entités sanctionnées. Le conseil d’administration de RIPE a néanmoins contesté publiquement cette interprétation et demandé une exemption, refusée par La Haye faute de base juridique pour des dérogations générales.

L’effet cyber est direct : si des acteurs russes opèrent avec des IP ukrainiennes, ils peuvent faire passer des actions hostiles pour des activités « ukrainiennes » ou « européennes ». Cela brouille l’attribution, ralentit la réponse, et peut déclencher des erreurs d’escalade, au moment même où la reconnaissance par l’OTAN, dès le sommet de Varsovie de 2016, du cyberespace comme domaine opérationnel, et l’idée qu’une cyberattaque majeure pourrait activer la défense collective via l’article 5. Le risque, vu de l’Europe, n’est donc pas abstrait : c’est la possibilité de décisions politiques et techniques prises sur une attribution fragilisée.

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Fraude WhatsApp : comment un écran partagé peut vous dérober vos données

Un appel WhatsApp trompeur, une image partagée et voilà vos mots de passe et OTP livrés aux escrocs : une intrigue cyber‑criminelle qui soulève la question de la confiance numérique.

 

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Une nouvelle escroquerie baptisée « WhatsApp Screen Mirroring Fraud », que DataSecurityBreach.fr traduit par « Arnaque par duplication d’écran WhatsApp« , se propage, où des fraudeurs se font passer pour des agents bancaires et usent de l’écran partagé via WhatsApp pour accéder en temps réel aux OTP, mots de passe, données bancaires et documents personnels.

Comment se déploie cette fraude cyber‑criminelle ?

L’histoire commence souvent avec un message d’un prétendu conseiller bancaire ou d’un service client. Sous couvert d’assistance, l’escroc invite la victime à partager son écran via WhatsApp. Manipulé par la confiance et la pression, l’utilisateur active la fonction de partage d’écran pendant un appel vidéo : l’écran devient alors une fenêtre ouverte aux escrocs, qui lisent en temps réel les OTP reçus, mots de passe et autres informations sensibles. Plus rare, un cheval de Troie tel qu’un keylogger est glissé dans l’appareil, capturant tout ce que frappe l’utilisateur. C’est une scène digne d’un film noir, où technologie rime avec espionnage.

Cet incident révèle une faille terriblement exploitée : l’entrée insidieuse de l’escroc dans l’espace personnel numérique, grâce à une technologie pourtant légitime. Ce champ d’action devient un terrain d’espionnage instantané : les fraudeurs peuvent effectuer des transactions frauduleuses dès que l’OTP s’affiche, récupérer des mots de passe, intercepter des communications privées et même usurper l’identité de la victime. En coulisse, le cyber‑renseignement nous rappelle à quel point les interfaces vulnérables peuvent devenir des portes d’entrée.

Se prémunir : une stratégie de sécurité technique et psychologique

Face à cette menace qui n’est pourtant pas nouvelle, adoptez des mesures de défense à la fois techniques et comportementales. Vérifiez systématiquement l’identité de vos interlocuteurs via des canaux officiels ; refusez toute demande de partage d’écran non sollicitée. Activez l’authentification à deux facteurs, maintenez vos systèmes et applications à jour et refusez les installations d’applications provenant de sources inconnues. Ne jamais utiliser vos applications bancaires pendant un partage d’écran. Apprenez à vos proches, surtout les plus vulnérables, à repérer cette menace redoutable.

 

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Protection numérique : Google renforce la sécurité des jeunes

Google amorce une révolution dans la protection des mineurs en ligne : l’intelligence artificielle détecte l’âge pour bloquer contenus sensibles et pubs ciblées, sans intervention des éditeurs.

Google déploie une nouvelle technologie d’estimation d’âge par intelligence artificielle pour protéger les mineurs aux États-Unis. Grâce à un système d’apprentissage automatique, l’âge des utilisateurs connectés est évalué afin d’appliquer automatiquement des restrictions. Les publicités personnalisées sont désactivées, les catégories sensibles interdites, et plusieurs fonctionnalités limitées. Ce changement concerne les plateformes publicitaires Google (AdSense, AdMob, Ad Manager) sans aucune action requise des éditeurs. Ce dispositif répond à des exigences réglementaires croissantes tout en respectant la vie privée. L’initiative pourrait être étendue à d’autres pays, alors que les législateurs mondiaux s’attaquent à la question de la protection des jeunes en ligne. Un tournant stratégique majeur dans le paysage numérique.

Une IA pour protéger les jeunes : l’approche inédite de Google

Depuis juillet 2025, Google expérimente un modèle d’intelligence artificielle inédit pour estimer l’âge des utilisateurs connectés aux États-Unis. L’objectif ? Identifier automatiquement les personnes de moins de 18 ans afin d’activer des protections renforcées, sans collecte intrusive ni vérification manuelle préalable. Ce système s’applique en priorité à ses services publicitaires (AdSense, AdMob, Ad Manager), ainsi qu’à des plateformes comme YouTube, Google Maps et Google Play. Une technique qui n’est pas nouvelle, des sites comme TikTok vous propose aussi de vérifier votre âge à grand coup de biométrie !

Le modèle s’appuie sur les données comportementales associées au compte Google : types de recherches, historique de navigation, vidéos visionnées ou interactions avec des contenus spécifiques. En détectant qu’un utilisateur a probablement moins de 18 ans, Google désactive plusieurs fonctions : Suppression des annonces personnalisées ; Blocage des catégories publicitaires sensibles : alcool, tabac, jeux d’argent, perte de poids, etc. ; Désactivation de Timeline dans Google Maps ; Limitation des recommandations sur YouTube ; Activation automatique des rappels de pause et de coucher.

Ces mesures s’inscrivent dans une logique proactive, sans nécessité pour l’utilisateur ou l’éditeur de modifier ses paramètres. Lorsqu’un compte est classé comme « mineur probable« , le système applique instantanément des restrictions conformes aux standards en vigueur en matière de sécurité numérique des mineurs.

Aucun changement requis chez les éditeurs : Google centralise la régulation

Pour les éditeurs de contenus utilisant les services publicitaires Google, cette évolution ne requiert aucune configuration manuelle. Le déploiement de cette fonctionnalité se fait entièrement côté serveur, sur la base des données associées au compte utilisateur connecté. Le système détecte localement si un compte doit être traité comme appartenant à un mineur, et modifie en conséquence les flux publicitaires.

Les éditeurs doivent cependant être conscients des impacts potentiels : une baisse possible des revenus peut survenir dans les segments où les annonces personnalisées généraient historiquement de meilleures performances. Les créations publicitaires contenant certains mots-clés ou images peuvent aussi être bloquées si elles correspondent à des catégories jugées sensibles. En clair, les mineurs ne verront plus certains types de campagnes, et la monétisation de ces impressions pourrait être affectée.

Google précise que cette technologie s’applique exclusivement lorsque l’utilisateur est connecté à son compte Google. Si l’utilisateur navigue anonymement ou en mode invité, ces protections ne s’activent pas automatiquement.

Pour les internautes mal catégorisés — par exemple, un adulte considéré comme mineur — une procédure permet de vérifier son âge : pièce d’identité, carte bancaire (pour 0,50 $ soit environ 0,46 €), ou selfie biométrique traité localement. Aucune donnée n’est conservée après vérification.

Ce mouvement stratégique répond à une pression réglementaire croissante dans plusieurs pays. En Europe, le Digital Services Act impose des garde-fous stricts sur la collecte de données des mineurs et le ciblage algorithmique. Le Code britannique pour la conception adaptée à l’âge, en vigueur depuis 2021, oblige les entreprises numériques à minimiser les risques pour les moins de 18 ans. L’Irlande et la France suivent des lignes similaires.

Aux États-Unis, des États comme la Louisiane, l’Arkansas ou l’Utah imposent déjà des vérifications d’âge obligatoires pour accéder à certains réseaux sociaux. Le Kids Online Safety Act (KOSA), en discussion au Sénat, pourrait imposer ces standards à l’échelle fédérale. En réponse, les grandes plateformes cherchent à automatiser la détection d’âge sans collecter de documents sensibles en amont.

Google opte pour un compromis innovant : un modèle probabiliste, non intrusif, capable d’identifier des signaux d’âge sans traitement biométrique systématique. Cette méthode « privacy-friendly » s’inscrit dans une stratégie plus large visant à réconcilier régulation, rentabilité et protection de la vie privée. Le système est testé auprès d’un petit échantillon d’utilisateurs avant extension progressive aux États-Unis, puis, sans doute, au reste du monde.

À moyen terme, cette politique pourrait être déclinée dans tous les produits Google, y compris Gmail, Discover et Chrome, et redessiner les contours de la publicité en ligne à l’ère des régulations générationnelles.

Crocodilus, le cheval de Troie Android qui infiltre les contacts pour piéger les victimes

Un nouveau malware bancaire Android nommé Crocodilus manipule les carnets de contacts pour se faire passer pour des services officiels et voler les données bancaires des utilisateurs.

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Apparu en mars 2025, le malware bancaire Crocodilus connaît une progression fulgurante. En quelques mois, il a étendu ses opérations en Europe, en Amérique du Sud et en Asie, en perfectionnant ses méthodes d’attaque. Dernière nouveauté, les chercheurs de ThreatFabric ont révélé que ce cheval de Troie est désormais capable d’ajouter de faux contacts dans les répertoires des victimes. Ces entrées frauduleuses usurpent l’identité de lignes de support bancaires pour piéger les utilisateurs via des appels malveillants. Ce procédé, qui pourrait tromper les systèmes de prévention de fraude reposant sur la reconnaissance des numéros, témoigne d’un degré de sophistication croissant. Derrière ce développement rapide, les experts soupçonnent un groupe bien structuré et doté de moyens importants, bien qu’aucune attribution officielle n’ait été formulée à ce stade.

Une menace polymorphe aux méthodes évolutives

Crocodilus s’inscrit dans la lignée des chevaux de Troie bancaires Android, des logiciels malveillants capables de s’introduire dans les smartphones pour intercepter des informations sensibles telles que les identifiants bancaires, les SMS d’authentification ou les mots de passe à usage unique. Là où il se démarque, c’est par sa capacité à évoluer rapidement et à adopter de nouvelles fonctionnalités destinées à contourner les protections mises en place par les systèmes d’exploitation mobiles et les applications financières.

Le malware peut désormais ajouter des contacts fictifs dans le carnet d’adresses du téléphone infecté. L’objectif est de faire passer des appels malveillants pour des communications officielles. Cette technique vise à duper l’utilisateur en affichant des noms familiers ou attendus, comme « Assistance bancaire », ce qui pourrait le pousser à répondre sans méfiance. Ces appels frauduleux, associés à des scénarios d’ingénierie sociale, servent à récolter des informations complémentaires ou à inciter à installer d’autres logiciels malveillants.

L’analyse précise que Crocodilus est principalement diffusé via des publicités malveillantes sur Facebook. Ces annonces restent en ligne entre une et deux heures, le temps d’être vues plus de 1 000 fois en moyenne. Le profil type des victimes : des utilisateurs de plus de 35 ans, ce qui laisse penser à une cible financièrement stable. Une fois le lien cliqué, l’utilisateur est redirigé vers un site web frauduleux qui télécharge un dropper, c’est-à-dire un logiciel servant à installer discrètement le malware sur le téléphone.

Le dropper de Crocodilus a la capacité de contourner les restrictions de sécurité introduites par Android 13, ce qui le rend particulièrement dangereux pour les terminaux récents. En s’infiltrant à ce niveau du système, il peut ensuite demander des autorisations sensibles et s’installer de manière persistante, échappant aux contrôles classiques.

Une campagne mondiale aux multiples visages

Initialement repéré dans le cadre de campagnes de test restreintes, Crocodilus a rapidement étendu son champ d’action. En Pologne, le cheval de Troie a été diffusé via des publicités Facebook se faisant passer pour des applications bancaires et de commerce en ligne populaires. En Turquie, il a pris l’apparence d’un casino en ligne, en superposant de fausses interfaces de connexion sur de véritables applications financières. En Espagne, les campagnes ont pris la forme de fausses mises à jour de navigateur ciblant presque toutes les grandes banques du pays.

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Les chercheurs ont également observé des campagnes actives en Argentine, au Brésil, en Inde, en Indonésie et aux États-Unis. Dans chacun de ces pays, le malware adapte ses méthodes d’usurpation en fonction des habitudes numériques locales et des institutions financières les plus utilisées. L’ampleur géographique de ces attaques et leur niveau de personnalisation indiquent, selon les experts, une organisation bien structurée, capable de coordonner des campagnes complexes sur plusieurs continents.

Pour l’heure, aucune piste officielle ne permet d’attribuer Crocodilus à un groupe criminel identifié. Toutefois, son développement rapide, sa capacité d’adaptation et ses fonctionnalités avancées suggèrent l’implication d’un acteur disposant de ressources importantes et d’une expertise technique confirmée.

Les chevaux de Troie bancaires, une menace persistante sur Android

Les chevaux de Troie bancaires sont l’un des types de logiciels malveillants les plus répandus sur Android. Ils sont conçus pour détourner les données bancaires des utilisateurs et permettent aux attaquants de réaliser des transactions non autorisées ou de prendre le contrôle complet d’un compte. Une fois les identifiants collectés, les cybercriminels peuvent contourner les mécanismes d’authentification à deux facteurs et vider les comptes en quelques minutes.

Crocodilus n’est pas un cas isolé. En septembre 2024, des chercheurs ont découvert Ajina Banker, un autre malware Android visant les clients bancaires d’Asie centrale. Ce cheval de Troie était dissimulé dans des fichiers malveillants imitant des applications financières officielles ou des services administratifs, exploitant la confiance des utilisateurs dans les outils institutionnels.

En parallèle, Chavecloak cible principalement les utilisateurs brésiliens. Ce malware se diffuse via des fichiers PDF piégés et récupère les informations de connexion bancaire. Dans la majorité des cas, les victimes ne se rendent compte de l’infection qu’après la perte effective de fonds. Ces exemples soulignent une tendance inquiétante : les malwares se complexifient et s’infiltrent de plus en plus dans les outils du quotidien, rendant leur détection difficile pour les utilisateurs non avertis.

Les systèmes de protection intégrés à Android, comme Google Play Protect, sont souvent inefficaces contre ces malwares lorsque ceux-ci sont diffusés en dehors du Play Store officiel. L’éducation des utilisateurs, le renforcement des campagnes de sensibilisation et la collaboration entre les plateformes sociales et les éditeurs de sécurité sont autant de leviers nécessaires pour limiter la propagation de ces menaces.

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Des patients abandonnés dans le flou après une cyberattaque

Presque un an après la fuite massive de données médicales au Royaume-Uni, des centaines de milliers de patients restent sans réponse sur la nature des informations exposées par les cybercriminels.

Le 3 juin 2024, une cyberattaque d’une ampleur inédite frappait Synnovis, prestataire majeur de services de pathologie pour le National Health Service (NHS) à Londres. Derrière cette opération, le groupe de ransomware Qilin, connu pour ses tactiques de chantage numérique, avait réussi à infiltrer les systèmes du laboratoire et à s’emparer de données médicales critiques. Près d’un an plus tard, le silence qui entoure encore l’incident révolte les experts et inquiète les patients. Car malgré l’ampleur de la fuite, potentiellement plus de 900 000 personnes concernées, une majorité d’entre elles n’a toujours reçu aucune notification. Et certaines informations, comme des diagnostics de cancer ou d’infections sexuellement transmissibles, ont déjà été publiées sur le dark web.

Un silence inquiétant

Le scénario est digne d’un thriller numérique, mais il est bien réel. L’attaque, qui a paralysé une partie des activités de diagnostic sanguin dans les hôpitaux londoniens, a mis en lumière une vulnérabilité structurelle dans la gestion informatique du système de santé britannique. Si, dès les premières heures de la crise, l’urgence était d’ordre logistique, assurer les transfusions malgré la perte des systèmes de compatibilité sanguine, la question de la protection des données personnelles a rapidement émergé comme une problématique tout aussi cruciale.

Synnovis, à l’époque, avait indiqué avoir immédiatement lancé une procédure d’eDiscovery, un processus numérique d’analyse de contenu destiné à identifier les fichiers compromis et les personnes concernées. En septembre, soit trois mois après l’attaque, l’entreprise annonçait que le processus était « avancé« . Pourtant, au mois de mai suivant, aucun patient n’a été officiellement averti que ses données avaient été exposées.

Selon les résultats d’une analyse indépendante menée par la société CaseMatrix, spécialiste des violations de données, les documents volés contiennent des informations personnelles particulièrement sensibles. Il ne s’agit pas seulement de noms, de dates de naissance ou de numéros NHS. Des rapports médicaux, des formulaires de pathologie et d’histologie, qui détaillent les symptômes, les antécédents et les suspicions de maladies graves, font partie de la fuite.

« Les formulaires incluent des descriptions explicites de diagnostics liés à des cancers, des IST ou d’autres affections graves. Ces informations ont été publiées sur des forums accessibles aux cybercriminels« , alerte un analyste de CaseMatrix.

Le caractère profondément intime de ces données fait peser un risque évident sur les libertés individuelles, notamment en cas d’usurpation d’identité ou de stigmatisation. Pourtant, le droit britannique en matière de protection des données, notamment encadré par le Règlement général sur la protection des données (RGPD) et ses déclinaisons nationales, est sans équivoque : les personnes dont les données sensibles ont été compromises doivent être informées « dans les plus brefs délais« , dès lors que la fuite présente un risque élevé pour leurs droits.

Des responsabilités diluées

Face à la pression médiatique et politique, Synnovis a maintenu une ligne défensive prudente. Dans ses rares déclarations, la société insiste sur la complexité de l’analyse des données volées et sur la nécessité de « confirmer avec certitude » les personnes concernées avant d’émettre toute notification. Mais cette prudence se heurte à l’impatience croissante des organisations partenaires et à l’incompréhension des patients.

Les NHS Trusts qui collaborent avec Synnovis, notamment Guy’s and St Thomas’ et King’s College Hospital, affirment qu’ils n’ont reçu aucune information concrète sur les fichiers les concernant. « Nous sommes toujours en attente des résultats du processus de découverte électronique« , explique l’un de leurs porte-parole, renvoyant systématiquement la responsabilité vers le prestataire de laboratoire.

Cette posture en cascade, où chacun renvoie la balle à l’autre, a pour effet direct une opacité préjudiciable pour les personnes concernées. Pour le régulateur britannique, l’Information Commissioner’s Office (ICO), il ne s’agit pas d’un simple retard administratif. Le non-respect de l’obligation d’information pourrait justifier des sanctions, notamment si la lenteur du processus d’analyse n’est pas jugée proportionnelle à la gravité de l’incident.

« Lorsqu’une violation entraîne la fuite de données médicales, les individus doivent être avertis sans attendre s’ils courent un risque important. Il en va de leur droit à la vie privée et à la sécurité », rappelle une directive de l’ICO.

Une crise sanitaire doublée d’une crise de confiance

La cyberattaque n’a pas seulement mis à mal la sécurité des données. Elle a également perturbé gravement les activités médicales quotidiennes du NHS. En juin et juillet 2024, plusieurs hôpitaux londoniens ont dû reporter des interventions chirurgicales en raison du manque de résultats de laboratoire disponibles. Le service de transfusion sanguine a dû, dans certains cas, recourir à des donneurs universels faute de pouvoir vérifier les groupes sanguins spécifiques. Cette gestion dans l’urgence a démontré à quel point l’écosystème médical dépend de ses infrastructures numériques.

Mais si la réponse opérationnelle semble avoir été progressivement restaurée, Synnovis affirme que ses systèmes critiques ont été reconstruits dès septembre, la question de la confiance dans les institutions médicales demeure. Le manque de communication proactive, le délai dans l’identification des victimes et l’absence d’accompagnement psychologique ou juridique renvoient à une crise éthique.

De nombreux patients, ayant appris l’existence de la fuite via les médias ou des forums spécialisés, vivent aujourd’hui dans l’angoisse. Certains craignent que des informations gênantes sur leur santé puissent être utilisées à des fins malveillantes. D’autres dénoncent un double standard : « Si c’étaient des données bancaires, tout le monde aurait été alerté en 48 heures« , déplore une patiente interrogée anonymement.

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Le coût humain de la cybersécurité négligée

Il est encore difficile d’estimer le coût total de la cyberattaque. Les pertes financières pour Synnovis n’ont pas été rendues publiques, mais les coûts liés à la restauration des systèmes, aux audits de sécurité et aux potentielles poursuites judiciaires pourraient atteindre plusieurs millions de livres. À cela s’ajoutent les dommages d’image, ainsi qu’un éventuel encadrement réglementaire plus strict de la part des autorités sanitaires britanniques.

Mais au-delà des aspects économiques, c’est le coût humain de cette négligence numérique qui soulève des inquiétudes. La santé, domaine parmi les plus sensibles en matière de données personnelles, reste une cible privilégiée des cybercriminels. Dans un monde où les dossiers médicaux sont de plus en plus numérisés, l’attaque contre Synnovis agit comme un signal d’alarme.

Les experts en cybersécurité soulignent la nécessité de revoir en profondeur les protocoles de protection et de réaction des établissements de santé. Former le personnel, renforcer les pare-feu, crypter les données à plusieurs niveaux : les solutions existent, mais nécessitent des investissements souvent repoussés.

Une alerte mondiale

L’incident Synnovis dépasse les frontières britanniques. Il s’inscrit dans une tendance mondiale préoccupante : l’explosion des cyberattaques contre les hôpitaux, cliniques et laboratoires. En 2023, des établissements en France, en Allemagne et aux États-Unis ont été pris pour cible, souvent avec des méthodes similaires de rançongiciel. Et les motivations des pirates vont bien au-delà du simple gain financier : les données de santé, revendues sur le dark web, valent plus cher que les numéros de cartes bancaires.

Alors que Synnovis affirme aujourd’hui que son processus d’analyse est « presque terminé » et qu’il prépare les notifications aux patients et aux organisations concernées, beaucoup s’interrogent : pourquoi tant de lenteur ? Et surtout, comment éviter que de tels scandales ne se reproduisent ?

« Dans un secteur aussi sensible, l’opacité n’est pas une option. Il faut restaurer la confiance, non seulement par des mots, mais par des actes« , souligne un avocat spécialisé en droit du numérique.

Quelle responsabilité collective face aux cybermenaces ?

La cyberattaque contre Synnovis met en lumière un paradoxe majeur : à mesure que la médecine progresse grâce au numérique, elle devient aussi plus vulnérable. Comment garantir la confidentialité et la sécurité des données médicales dans un système de santé soumis à des tensions budgétaires et à des transformations rapides ? Et quelle part de responsabilité incombe aux prestataires privés, aux autorités sanitaires et aux patients eux-mêmes dans cette nouvelle donne numérique ?

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Microsoft enterre le mot de passe

Microsoft franchit une nouvelle étape dans la sécurité numérique : désormais, tous les nouveaux comptes seront créés sans mot de passe par défaut.

La firme de Redmond poursuit sa révolution en matière de cybersécurité. À l’heure où les cyberattaques deviennent de plus en plus sophistiquées, Microsoft entend bien se positionner à l’avant-garde d’une nouvelle ère sans mot de passe. Depuis mars, l’entreprise a commencé à déployer une interface de connexion repensée, pensée pour une authentification plus fluide, plus rapide, et surtout plus sûre. Désormais, tous les nouveaux comptes Microsoft seront créés sans mot de passe par défaut, une décision stratégique destinée à limiter drastiquement les attaques par hameçonnage, la force brute ou le bourrage d’identifiants. Une transformation majeure qui pourrait bien signer la fin du règne du mot de passe.

Dans les coulisses de cette évolution, un constat simple : les mots de passe ne sont plus adaptés à la menace. Ils sont oubliés, réutilisés, faibles ou partagés. Et, surtout, ils sont devenus une cible de choix pour les cybercriminels. En s’appuyant sur les clés d’accès – ces identifiants chiffrés et biométriques intégrés aux appareils modernes – Microsoft propose une alternative plus sécurisée, mais aussi plus intuitive. Grâce à cette technologie, l’utilisateur pourra se connecter avec son empreinte digitale, la reconnaissance faciale ou un code PIN local, sans jamais avoir à saisir un mot de passe classique. Ce changement, qui commence avec les nouveaux comptes, s’étendra aussi aux utilisateurs existants, qui pourront choisir de supprimer définitivement leur mot de passe depuis les paramètres de leur compte.

Dans une déclaration conjointe, Joy Chik, présidente de l’identité et de l’accès réseau chez Microsoft, et Vasu Jakkal, vice-président de la sécurité, expliquent que cette simplification de l’expérience utilisateur s’inscrit dans une vision à long terme. Microsoft veut encourager une adoption massive des passkeys, en les rendant non seulement plus sécurisées, mais également plus simples à utiliser au quotidien. Dès la première connexion, les utilisateurs seront incités à créer leur propre clé d’accès, qui leur permettra ensuite de se reconnecter rapidement et en toute sécurité, sans manipulation fastidieuse.

Les nouveaux utilisateurs disposeront de plusieurs options pour se connecter à leur compte sans mot de passe, et n’auront plus besoin d’en saisir un.

Ce changement de paradigme ne se limite pas à un simple ajustement ergonomique. Il répond à une problématique de fond : celle de la protection des données personnelles dans un environnement numérique où les menaces se multiplient. Le bourrage d’identifiants, technique consistant à tester en masse des combinaisons d’identifiants dérobés, représente à lui seul un des vecteurs d’attaque les plus fréquents. Supprimer les mots de passe, c’est donc aussi priver les hackers de leur outil principal.

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Dans ce contexte, les passkeys apparaissent comme un standard d’avenir. Basées sur le protocole FIDO2, soutenu par des acteurs majeurs comme Apple, Google ou Microsoft, ces clés numériques lient l’identifiant à l’appareil de l’utilisateur et ne quittent jamais ce dernier. Ainsi, même en cas de compromission d’un serveur, aucune information exploitable ne peut être réutilisée ailleurs. Un bond en avant en termes de sécurité, mais aussi de praticité, puisque ces systèmes permettent une connexion quasi instantanée, sans effort cognitif.

Selon les données internes partagées par Microsoft, les premières phases de test ont déjà démontré une adoption prometteuse. En réduisant l’usage du mot de passe de plus de 20 %, la firme indique que les utilisateurs sont non seulement plus enclins à opter pour une clé d’accès, mais qu’ils apprécient également une expérience de connexion plus fluide. Un indicateur clé alors que l’entreprise prépare la disparition progressive du mot de passe traditionnel à moyen terme.

« À mesure que davantage de personnes utilisent Passkey, le nombre d’authentifications par mot de passe continuera de diminuer jusqu’à ce que nous puissions progressivement supprimer complètement la prise en charge des mots de passe.« 

Mais ce tournant pose aussi des questions essentielles. Quels sont les risques si l’appareil biométrique est volé ou compromis ? Que se passe-t-il en cas de perte d’accès physique à son téléphone ou à son ordinateur ? Microsoft, tout comme les autres membres de l’Alliance FIDO, assure avoir intégré des mécanismes de récupération robustes, via des sauvegardes chiffrées dans le cloud, des options secondaires d’authentification ou des dispositifs de secours. Toutefois, l’adhésion massive à ce modèle dépendra de la capacité des entreprises à convaincre le grand public que la sécurité est non seulement renforcée, mais aussi durable et résiliente face à de nouveaux types de menaces.

L’initiative de Microsoft intervient dans un contexte où la guerre contre les mots de passe s’intensifie. Apple, de son côté, a intégré les passkeys à ses systèmes iOS et macOS, permettant une synchronisation entre les appareils via le trousseau iCloud. Google a également activé par défaut la connexion par clé d’accès sur ses services phares, tels que Gmail et YouTube. Ensemble, ces géants du numérique tentent d’imposer une norme mondiale qui mettrait fin aux pratiques actuelles jugées obsolètes.

La dimension économique n’est pas à négliger. La cybersécurité représente un marché colossal, estimé à plus de 170 milliards d’euros en 2024. En s’engageant dans cette voie, Microsoft entend se positionner comme leader d’une nouvelle génération de solutions de sécurité intégrées. La suppression du mot de passe s’inscrit ainsi dans une stratégie plus large, qui mise sur l’intelligence artificielle, la protection proactive des identités numériques et une architecture « zero trust », où chaque connexion est vérifiée indépendamment du contexte.

Mais l’entreprise devra relever plusieurs défis : assurer la compatibilité avec l’ensemble de l’écosystème numérique, convaincre les utilisateurs réticents au changement, et garantir une continuité de service même en cas de perte ou de dysfonctionnement des dispositifs d’authentification biométrique. Autant de conditions indispensables pour que cette transition vers un monde sans mot de passe ne devienne pas une source de frustration, mais bien une avancée tangible vers un internet plus sûr.

Microsoft ouvre donc un nouveau chapitre de l’histoire numérique, dans lequel le mot de passe, pilier de la cybersécurité depuis plus d’un demi-siècle, pourrait devenir un vestige du passé. Une révolution discrète mais déterminante, qui pourrait redéfinir nos usages quotidiens et notre rapport à l’identité numérique.

Alors que les autres grands acteurs du numérique suivent la même trajectoire, une question demeure : les utilisateurs sont-ils prêts à abandonner définitivement le mot de passe au profit d’un futur biométrique ? Perdre un mot de passe est certes gênant, mais se remplace ! Se faire voler sa personne numérique, est une toute autre histoire.

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Réseaux sociaux : quand l’exposition numérique devient un risque réel

Les réseaux sociaux façonnent notre quotidien, mais leur usage insouciant peut avoir des conséquences inattendues. Une bonne hygiène numérique devient indispensable pour se protéger des dangers invisibles mais bien réels de l’exposition en ligne.

Aujourd’hui, il est difficile d’imaginer la vie sans réseaux sociaux. Facebook, Instagram, TikTok, X (ex-Twitter), et consorts font partie intégrante de notre routine. Ils nous relient à nos proches, nous informent, nous instruisent, et nous permettent même de révéler nos passions ou de développer une activité professionnelle. Mais cette vitrine numérique, aussi attrayante soit-elle, est à double tranchant. En partageant notre vie en ligne, souvent de manière inconsciente, nous exposons aussi une partie de notre intimité à des inconnus. Ces données, anodines en apparence, peuvent devenir de véritables outils pour des personnes mal intentionnées. Alors, comment profiter des réseaux sociaux tout en protégeant sa vie privée ? Le défi est plus actuel que jamais.

Les réseaux sociaux ont redéfini la manière dont nous interagissons avec le monde. Ils offrent une multitude de fonctionnalités, allant du simple partage de photos jusqu’à la monétisation de contenus artistiques ou pédagogiques. À mesure que les plateformes se perfectionnent, elles deviennent de plus en plus intuitives et incitent l’utilisateur à publier toujours plus de contenus. Mais cette facilité d’expression masque un danger grandissant : celui de livrer, sans le savoir, des informations sensibles à des inconnus, voire à des cybercriminels.

L’insouciance avec laquelle certaines personnes publient des détails sur leur vie privée alimente un vivier d’informations pour ceux qui cherchent à en tirer profit. Une adresse, un lieu de vacances, une date d’anniversaire ou encore le nom d’un animal de compagnie : autant de données qui peuvent servir à usurper une identité ou à forcer un mot de passe. Car il faut bien le comprendre : tout ce qui est publié sur Internet peut, tôt ou tard, tomber entre de mauvaises mains.

« Les cybercriminels privilégient les cibles faciles : une bonne sécurité de base suffit souvent à les décourager. »

C’est pourquoi il est crucial d’instaurer des règles de base en matière de sécurité numérique. La première étape, souvent négligée, est celle de la confidentialité. Les paramètres de confidentialité permettent de contrôler qui peut voir quoi. Or, bon nombre d’utilisateurs laissent leur profil en accès libre, pensant à tort qu’ils n’ont rien à cacher. Pourtant, cette ouverture facilite le travail des programmes automatisés utilisés par les pirates informatiques, capables de scanner des centaines de profils en quelques secondes à la recherche de failles ou d’informations exploitables.

Limiter l’accès à son profil, c’est déjà réduire les risques de manière significative. Les plateformes comme Facebook, Instagram ou TikTok offrent des options assez poussées pour définir précisément les personnes autorisées à voir les publications. Il est donc recommandé de configurer son compte de façon à ce que seules les personnes de confiance aient accès aux contenus personnels. Cela permet également d’éviter que des inconnus utilisent vos photos ou vos publications pour créer de faux profils ou alimenter des arnaques. Mais soyons honnêtes ! Les dérives du « follows » ; des « J’aime » ; du fantasme de devenir un/une « influenceur/influenceuse » font que la sécurité n’est pas la priorité des utilisateurs.

Vient ensuite la question du contenu publié. Il ne s’agit pas de censurer sa présence en ligne, mais plutôt d’adopter une approche réfléchie. Avant de poster, il est bon de se demander à qui s’adresse le message et quelles informations il contient réellement. Publier une photo de son nouveau logement peut sembler anodin, mais elle peut dévoiler des éléments d’ameublement, un code postal ou même un plan du quartier. De même, annoncer un départ en vacances à l’avance peut signaler une absence prolongée et donc un domicile vide.

La prudence est également de mise lorsqu’on parle d’autres personnes. Une simple publication évoquant un collègue, un enfant ou un ami peut, dans certains cas, engager la responsabilité de l’auteur. En France comme ailleurs, le droit à l’image et le respect de la vie privée sont protégés par la loi. Il est donc nécessaire d’obtenir l’accord explicite des personnes concernées avant toute publication les impliquant.

Mais la prudence ne s’arrête pas aux publications visibles. L’un des aspects les plus critiques de la sécurité numérique repose sur la gestion des mots de passe. Trop souvent, les utilisateurs choisissent des mots de passe évidents, comme une date de naissance, un prénom ou une combinaison simple. Ces informations sont souvent disponibles publiquement ou peuvent être devinées à partir des contenus partagés. Pour minimiser les risques, il est essentiel d’adopter des mots de passe complexes, uniques pour chaque plateforme, et de les changer régulièrement, idéalement tous les deux à trois mois.

« Un mot de passe trop simple, même s’il semble pratique, peut transformer un compte sécurisé en une porte grande ouverte. »

Data Security Breach rappelle qu’à cela s’ajoute un outil de plus en plus indispensable : la double authentification. Présente sur la plupart des grandes plateformes, cette fonctionnalité ajoute une couche de sécurité en exigeant une confirmation supplémentaire, généralement via un SMS ou une application d’authentification. C’est une barrière simple mais redoutablement efficace contre les tentatives d’intrusion.

Les cybercriminels, pour leur part, ne perdent pas leur temps avec les comptes bien protégés. Lorsqu’un pirate ne parvient pas à pénétrer un profil après plusieurs tentatives, il passe souvent à une autre cible. En ce sens, adopter de bonnes pratiques de cybersécurité agit comme un filtre : vous devenez une cible moins attrayante, et donc moins vulnérable.

Il ne faut pas non plus oublier que l’ingénierie sociale reste une méthode très répandue. Cela consiste à manipuler psychologiquement une personne pour obtenir des informations confidentielles. Et dans ce domaine, les réseaux sociaux sont une mine d’or. Un pirate peut par exemple se faire passer pour un ami, un collègue ou un membre de la famille afin d’obtenir des données sensibles ou de vous amener à cliquer sur un lien malveillant. Un VPN permettra de protéger votre géolocalisation. La vigilance reste donc de mise, même dans les interactions les plus banales.

Enfin, la question de l’éducation numérique prend toute son importance. Les jeunes générations, nées avec un smartphone dans les mains, sont souvent plus à l’aise avec les outils numériques mais pas forcément mieux informées sur les dangers qu’ils comportent. Il est essentiel de sensibiliser dès le plus jeune âge à la notion de vie privée en ligne, et d’instaurer une culture du doute et de la vérification. Votre serviteur propose des ateliers et rendez-vous dans les écoles sur ce sujet.

La confiance numérique ne se décrète pas : elle se construit au fil du temps, par des choix réfléchis et une gestion rigoureuse de son image en ligne. Dans un monde où les données personnelles valent de l’or, chaque utilisateur a la responsabilité de préserver sa propre sécurité, mais aussi celle de son entourage.

Votre smartphone, cible numéro un : comment le transformer en forteresse numérique

La banalisation des smartphones les a rendus indispensables, mais aussi terriblement vulnérables. En 2025, ils concentrent nos vies numériques… et attirent les cybercriminels.

Avec l’arrivée des assistants basés sur l’intelligence artificielle, la gestion financière, les communications, l’identification biométrique, la double authentification, les pièces d’identité numérisée et l’accès aux services critiques passent désormais par nos smartphones. Véritables clones numériques, ces objets du quotidien sont devenus les points d’entrée favoris des pirates informatiques. La menace ne se limite plus à quelques codes malveillants : aujourd’hui, les attaques s’appuient sur des deepfakes réalistes, des intelligences artificielles offensives et des logiciels espions indétectables. Pourtant, il suffit de quelques gestes simples mais efficaces pour transformer votre appareil en véritable citadelle. Data Security Breach vous propose un tour d’horizon des pratiques essentielles à adopter — que vous soyez utilisateur lambda ou professionnel aguerri.

Le mot de passe, première ligne de défense

Vous utilisez encore un code PIN à quatre chiffres ou un schéma de verrouillage rudimentaire ? Vous ouvrez une brèche béante dans vos défenses. En 2025, les experts en cybersécurité recommandent des mots de passe longs, complexes, composés de lettres majuscules et minuscules, de chiffres et de caractères spéciaux. Un mot de passe de huit caractères constitue le minimum vital. En complément, les technologies biométriques telles que l’empreinte digitale ou la reconnaissance faciale ajoutent une couche de sécurité précieuse, difficilement contournable.

Mais le mot de passe seul ne suffit plus. La double authentification (2FA) est devenue incontournable. En cas de fuite de votre mot de passe, un code supplémentaire généré par une application dédiée (comme Google Authenticator) ou une clé physique de type Fido empêchera l’accès non autorisé à vos comptes. Cette mesure est aujourd’hui déployée par tous les grands acteurs du numérique, de Google à Apple.

80 % des piratages sont dus à des systèmes ou applications non mis à jour

Autre point crucial : la gestion des notifications. Beaucoup d’utilisateurs laissent apparaître sur leur écran verrouillé des messages contenant des codes de validation ou des alertes bancaires. Ce détail en apparence anodin peut offrir sur un plateau des informations sensibles à un observateur malveillant. Un paramétrage minutieux des notifications est donc essentiel pour ne rien laisser filtrer. Cela évitera l’utilisation de techniques de Social Engineering pour mettre la main sur ces informations sensibles.

Applications intrusives et permissions excessives

Chaque application que vous installez peut être une porte d’entrée pour des cyberattaques. Trop souvent, des applications anodines — un simple réveil ou une lampe torche — réclament des accès injustifiés à vos contacts, votre géolocalisation ou votre micro. La vigilance doit être permanente. Vérifiez régulièrement les autorisations accordées à vos applications, en particulier l’accès à la caméra, au micro et à la localisation. Sur Android, cela se fait via le menu « Paramètres → Applications → Autorisations » ; sur iOS, par « Réglages → Confidentialité ».

La prudence s’impose également lors des téléchargements. Privilégiez les stores officiels (Google Play et App Store), qui procèdent à des contrôles réguliers pour écarter les applications malveillantes. Les fichiers APK provenant de sources inconnues sont, quant à eux, des nids à logiciels espions. Même si le risque zéro n’existera jamais, ces boutiques sont plus sécurisées que des boutiques « externes« .

Le « jailbreaking« , retirer la sécurité imposée par les opérateurs ou les marques est fortement déconseillé. Retirer les couches de sécurité ouvrent des portes malveillantes insoupçonnées.

Le chiffrement, bouclier invisible

L’un des atouts majeurs contre le vol de données est le chiffrement intégral de l’appareil. Sur iOS, ce chiffrement est activé par défaut dès que vous définissez un mot de passe. Sur Android, il doit être activé manuellement dans les paramètres de sécurité. Il empêche toute extraction lisible des données, même si l’appareil est physiquement compromis. Un élèment qui a d’ailleurs remué de nombreux pays dont certains députés souhaitaient « affaiblir » les chiffrements. Le Royaume-Uni, par exemple, a affaibli iCloud à la demande d’une loi votée concernant la sécurité intérieure.

Autre bouclier numérique : le VPN. En vous connectant à un réseau Wi-Fi public, vous exposez votre trafic à des interceptions. Les cybercriminels rôdent dans les aéroports, les cafés et les hôtels, à l’affût d’un appareil vulnérable. L’utilisation d’un VPN fiable permet de chiffrer vos échanges et de préserver la confidentialité de vos activités en ligne. Prudence aux VPN qui font BEAUCOUP de publicités dans les médias et sur Youtube. Enfin, pensez à désactiver la connexion automatique aux réseaux Wi-Fi. Un smartphone qui se connecte sans votre accord à une borne inconnue peut être dirigé vers un faux hotspot conçu pour intercepter vos données. Bref, le VPN est INDISPENSABLE.

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Mettez vos mots de passe à l’abri

Naviguer sur le web avec des mots de passe enregistrés dans le navigateur revient à stocker ses clés sous le paillasson. Pour éviter cela, optez pour un gestionnaire de mots de passe. Ces outils chiffrent vos identifiants, génèrent des mots de passe complexes et vous permettent de les retrouver facilement en toute sécurité. Les mises à jour sont également une étape souvent négligée. Pourtant, 80 % des cyberattaques exploitent des failles déjà corrigées par les éditeurs. Si vous n’avez pas mis à jour votre système ou vos applications depuis plusieurs mois, vous devenez une cible facile. Activez les mises à jour automatiques pour vous assurer de bénéficier des derniers correctifs de sécurité.

En 2025, le smartphone est la porte d’entrée de votre identité numérique

Les entreprises, souvent premières visées par les cyberattaques, doivent aller plus loin. Les solutions MDM (Mobile Device Management) permettent un contrôle centralisé des appareils professionnels : effacement à distance des données, restriction des applications installées, renforcement des politiques de mots de passe… Autant de leviers pour renforcer la sécurité des flottes mobiles. Certaines de ces options sont présentes dans les appareils pour le grand public.

Quand l’attaque a déjà eu lieu

Malgré toutes les précautions, aucune protection n’est infaillible. Si vous suspectez un piratage, agissez immédiatement. Retirez la carte SIM. Coupez l’accès à internet en activant le mode avion. Modifiez en priorité les mots de passe de vos comptes critiques, notamment la messagerie et les services bancaires. Une modification a effectuer sur un ordinateur sécurisé. Procédez ensuite à une réinitialisation complète du smartphone afin de supprimer les éventuelles menaces. Enfin, restaurez avec précaution. L’ennemi se cache peut-être dans la sauvegarde.

Et pour éviter de nouvelles attaques, remettez à plat vos habitudes. Faites régulièrement une auto-évaluation : utilisez-vous le même mot de passe pour plusieurs comptes ? Vos mises à jour sont-elles à jour ? Vos mots de passe sont-ils stockés dans votre navigateur ? Avez-vous téléchargé un VPN gratuit ? Quatre réponses positives sont déjà le signe d’un risque accru.

Bref, la sécurité mobile ne s’improvise pas, elle se construit jour après jour. Il ne suffit pas d’adopter une fois quelques bonnes pratiques : elles doivent devenir des réflexes. Vérifiez régulièrement les autorisations de vos applications, ne négligez jamais une mise à jour, utilisez des outils de chiffrement et de connexion sécurisée, et surtout, restez informé. Et vous, à l’heure où nos téléphones deviennent le cœur de nos vies numériques, êtes-vous prêt à en faire une forteresse imprenable ?