Archives de catégorie : Securite informatique

GhostPairing, l’arnaque qui contourne votre vigilance

Sans casser le chiffrement, sans voler de mot de passe, sans SIM swapping, des cybercriminels peuvent désormais accéder à WhatsApp. Une attaque qui pousse l’utilisateur à autoriser lui-même l’intrusion.

Des chercheurs en cybersécurité de Gen alertent sur une nouvelle méthode, baptisée GhostPairing, permettant de prendre le contrôle d’un compte WhatsApp sans dérober de mot de passe, sans attaquer le chiffrement et sans détourner la carte SIM. Le scénario repose sur la confiance : un message d’un contact proche, du type « Salut, j’ai trouvé ta photo« , entraîne la victime vers une fausse page imitant Facebook. Sous couvert de vérification d’identité, l’utilisateur saisit un code d’appairage WhatsApp authentique, ce qui ajoute, à son insu, le navigateur de l’attaquant comme appareil connecté. Le téléphone reste normal, l’espionnage devient discret et durable.

Le piège : une fausse photo, un vrai appairage

L’attaque ne commence pas par une faille technique spectaculaire. Elle démarre par un réflexe humain, la curiosité, et par un ressort social, la confiance. Un message arrive d’un contact connu :  » Salut, j’ai trouvé ta photo » ; « Hello, c’est toi sur la vidéo ?« . Ce type de phrase fonctionne précisément parce qu’elle semble banale, presque intime. Elle abaisse la méfiance, surtout quand elle vient d’une personne proche, et elle donne envie de cliquer sans trop réfléchir. Une approche qui n’est pas nouvelle, mais prend une nouvelle tournure.

Le lien conduit ensuite vers une page frauduleuse qui copie l’apparence de Facebook. Là encore, l’attaquant joue sur un automatisme. Les internautes ont intégré l’idée qu’un site peut demander une « vérification » avant d’afficher un contenu. Cette étape est le cœur du piège. Ce qui ressemble à un contrôle d’identité n’est pas un écran de sécurité, c’est le processus de connexion d’un appareil WhatsApp.

La victime se retrouve à saisir un code d’appairage parfaitement légitime. Le détail est crucial : il ne s’agit pas d’un code inventé ou d’un contournement du chiffrement. C’est un mécanisme normal de la plateforme, prévu pour relier un nouvel appareil à un compte existant. En entrant ce code, l’utilisateur ajoute involontairement le navigateur du cybercriminel dans la liste des appareils connectés. L’accès s’installe sans bruit, sans alerte évidente, et surtout sans que le compte principal ne soit « déconnecté ».

 

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Pourquoi c’est inquiétant : l’accès est invisible, la confiance devient vecteur

Plusieurs raisons de s’inquiéter, et elles ont un point commun : GhostPairing s’appuie sur le fonctionnement prévu de WhatsApp. Aucun mot de passe n’est nécessaire, ce qui réduit les signaux classiques d’attaque. Il n’y a pas non plus de SIM swapping, donc pas de coupure de ligne ou de perte de réseau qui pourrait alerter la victime. Et le chiffrement n’est pas « cassé », la manœuvre se déroule avant tout au niveau de l’autorisation d’accès.

La conséquence opérationnelle est claire : le téléphone continue de fonctionner normalement. L’utilisateur envoie et reçoit ses messages comme d’habitude, pendant qu’un second appareil lit, copie et observe. Dans une logique de renseignement, c’est précisément le scénario recherché : accès continu, discret, et à fort contenu informationnel. Les messages, les photos, les contacts, mais aussi les échanges privés qui révèlent des habitudes, des relations, des trajets, des fragilités, deviennent accessibles.

Le risque de propagation est aussi central. L’arnaque se diffuse via des comptes déjà compromis, qui écrivent ensuite à des proches, à des groupes familiaux ou à des cercles professionnels. L’effet boule de neige est alors mécanique : la confiance circule plus vite que les mises en garde. Une fois à l’intérieur d’un réseau social de proximité, l’attaquant gagne un avantage psychologique sur chaque nouvelle cible.

Insistons sur l’escalade possible. Avec un accès aux conversations, l’attaquant peut préparer des fraudes plus lourdes : usurpation d’identité, escroqueries ciblées, chantage. Les contenus vocaux, les photos et les échanges privés servent de matière première. Ce n’est pas seulement une atteinte à la vie privée, c’est un levier d’action contre la victime et son entourage.

Ce qui change : l’attaque ne casse rien, elle fait accepter

GhostPairing illustre une évolution majeure : au lieu de forcer la porte, l’attaquant obtient les clés en demandant poliment. Il ne s’agit pas d’un exploit complexe, mais d’une mise en scène qui amène l’utilisateur à valider lui-même l’accès. Les mécanismes de connexion rapides, QR codes, appairage, confirmations “en un geste”, sont conçus pour faciliter la vie. Ils deviennent aussi des surfaces d’abus, car ils réduisent la visibilité de ce qui est réellement accordé.

Le signal dépasse WhatsApp. DataSecuritybreach.fr y voit un avertissement pour toutes les plateformes où les connexions entre appareils se font vite, avec peu de friction et peu d’explications. Dans un monde où l’authentification se fluidifie, l’attaquant investit la persuasion. Il ne cherche pas seulement une faille, il cherche un réflexe.

Face à ce type d’attaque, la première défense consiste à regarder ce qui est déjà autorisé. Data Security Breach recommande de contrôler la liste des appareils liés au compte WhatsApp via les paramètres puis la section des appareils connectés, et de retirer tout appareil inconnu. Ensuite, il faut traiter comme suspect tout site qui demande de scanner un QR code WhatsApp ou d’entrer un code d’appairage pour accéder à une photo ou à un contenu. Cette demande est un signal d’alarme, car elle mélange deux univers, un prétexte « photo » et une action « connexion ».

Enfin, l’activation de la vérification en deux étapes est présentée comme une mesure utile, mais l’élément décisif reste la sensibilisation de l’entourage. Comme l’arnaque exploite les relations, prévenir famille, collègues et groupes devient une mesure de protection collective. La sécurité se joue alors autant dans la technique que dans la culture du doute.

Avec GhostPairing, voici une prise de contrôle qui ne ressemble pas à un piratage classique : elle s’installe par consentement trompé, sans bruit, et transforme un mécanisme d’appairage en porte d’entrée. Dans un écosystème où les connexions « sans friction » se multiplient, la question cyber et renseignement est directe : comment rendre visibles, compréhensibles et contestables ces autorisations, avant qu’elles ne deviennent l’arme favorite des escrocs ?

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Des extensions espionnent vos chats avec des IA

Des extensions censées protéger la vie privée ont siphonné des conversations avec des chatbots. Selon des chercheurs, plus de 8 millions d’utilisateurs ont été exposés, via une collecte activée par défaut.

D’après une enquête rapportée par The Register et une analyse de Koi Security, quatre extensions diffusées sur Chrome Web Store et Microsoft Edge Add-ons, Urban VPN Proxy, 1ClickVPN Proxy, Urban Browser Guard et Urban Ad Blocker, auraient capturé le texte de conversations menées sur des plateformes d’IA. Les services visés incluent notamment ChatGPT, Claude, Gemini, Microsoft Copilot, Perplexity, DeepSeek, Grok et Meta AI. La collecte serait activée par un paramètre codé en dur, sans option visible pour la désactiver, l’arrêt passant par la désinstallation. Les données interceptées seraient ensuite envoyées vers des domaines liés à Urban VPN.

Quatre extensions populaires, une collecte invisible

L’histoire commence par un paradoxe : des outils présentés comme des remparts, bloqueurs de publicité, « browser guard » et VPN, se comportent comme des micros. Koi Security affirme que quatre extensions ont été conçues pour capter et transmettre le texte des interactions avec des chatbots, et que plus de 8 millions de personnes les auraient installées. Les extensions citées sont Urban VPN Proxy, 1ClickVPN Proxy, Urban Browser Guard et Urban Ad Blocker. Elles sont distribuées via les boutiques d’extensions de Chrome et d’Edge, donc dans un espace censé filtrer les comportements abusifs.

Selon Idan Dardikman, cofondateur et directeur technique de Koi, Urban VPN Proxy cible des conversations sur dix plateformes d’IA. La liste mentionnée couvre un éventail large : ChatGPT, Claude, Gemini, Microsoft Copilot, Perplexity, DeepSeek, Grok et Meta AI figurent parmi les services nommés. L’enjeu dépasse la simple confidentialité d’un historique : une conversation avec un chatbot peut contenir des données personnelles, des questions de santé, des éléments professionnels, des secrets d’entreprise, ou des fragments d’identité. Ici, la collecte est décrite comme activée par défaut, via un paramètre de configuration intégré au code. Dardikman affirme qu’aucun réglage côté utilisateur ne permet de l’arrêter, la seule façon de stopper la collecte étant de désinstaller l’extension.

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Comment l’extension intercepte vos requêtes et réponses

Le mécanisme décrit est agressif et s’appuie sur la position privilégiée d’une extension dans le navigateur. Dardikman explique qu’Urban VPN Proxy surveille les onglets et, lorsqu’un utilisateur visite une plateforme ciblée, par exemple un site de chatbot, l’extension injecte un script dédié, qualifié d’“executor”. Ce script ne se contente pas d’observer : il s’interpose sur les fonctions réseau du navigateur. Concrètement, il remplace ou enveloppe fetch() et XMLHttpRequest, les deux APIs fondamentales par lesquelles transitent les requêtes et réponses web. Résultat, chaque échange réseau sur la page passe d’abord par le code de l’extension.

Le script analyse ensuite les réponses d’API interceptées, isole le contenu conversationnel, puis prépare l’exfiltration. Le transfert interne s’effectue via window.postMessage avec un identifiant, PANELOS_MESSAGE, vers le “content script” de l’extension. Ce composant relaie ensuite les données à un service worker en arrière-plan, chargé de les envoyer sur le réseau. Les domaines cités pour la sortie sont analytics.urban-vpn.com et stats.urban-vpn.com. Dans ce schéma, l’utilisateur ne voit rien : aucune fenêtre, aucune notification, aucun indice visuel. L’extension exploite une logique simple, capter au niveau où tout transite, avant même que la page ou le service d’IA ne puisse “protéger” la conversation.

The Register précise avoir contacté Urban VPN, une société affiliée nommée BiScience, ainsi que 1ClickVPN via leurs adresses mail dédiées à la confidentialité. Les demandes auraient échoué, les messages étant revenus en erreur. Ce dossier est relié à des travaux antérieurs attribués au chercheur Wladimir Palant et à John Tuckner de Secure Annex, évoquant une collecte de données de navigation par BiScience. Selon Dardikman, l’enjeu serait désormais l’extension de cette collecte aux conversations avec des IA.

Consentement, « protection » affichée et zone grise des boutiques

Le débat se déplace alors sur le terrain de la conformité et de la gouvernance. Dardikman affirme qu’Urban VPN mentionne la collecte de données d’IA lors d’un écran de configuration et dans sa politique de confidentialité. Mais il souligne un décalage : la fiche de l’extension sur le Chrome Web Store indiquerait que les données ne sont pas vendues à des tiers en dehors de cas d’usage approuvés, et les conversations avec des IA ne seraient pas nommées explicitement. Il ajoute que le texte de consentement présenterait la surveillance comme une mesure de protection, tandis que la politique de confidentialité indiquerait une vente des données à des fins marketing.

Un point de chronologie compte, car il conditionne le consentement. Dardikman dit que les utilisateurs ayant installé Urban VPN avant juillet 2025 n’auraient jamais vu l’écran de consentement, ajouté plus tard via une mise à jour silencieuse en version 5.5.0. Il estime aussi que l’extension ne signalerait pas que la collecte se poursuit même quand le VPN n’est pas actif, ce qui change la perception de risque : l’utilisateur pense activer un service ponctuel, alors qu’une surveillance persistante serait en place.

Autre élément sensible : Urban VPN aurait obtenu un badge “Featured” sur le Chrome Web Store, ce qui implique, selon Dardikman, une revue humaine. Il en déduit un dilemme : soit la revue n’a pas vu le code collectant des conversations, y compris sur un produit d’IA de Google comme Gemini, soit elle l’a vu sans y voir de problème. Palant pointe, dans l’analyse citée, une possible faille d’interprétation de la règle « Limited Use », qui autorise des transferts de données vers des tiers dans des scénarios limités ne couvrant pas, selon cette lecture, les courtiers en données. Il avance que des acteurs malveillants peuvent invoquer des exceptions, « nécessaire au fonctionnement », ou « sécurité », en ajoutant des fonctions comme le blocage de publicités ou la navigation sécurisée. Google, selon The Register, n’a pas répondu immédiatement à une demande de commentaire.

Ce dossier rappelle que la menace ne vient pas seulement d’un site web ou d’un malware classique, mais d’un composant de confiance installé dans le navigateur, capable de regarder avant tout le monde et d’envoyer ailleurs ce qu’il voit. Côté recommandation, DataSecurityBreach.fr conseille fortement : désinstaller ces extensions et considérer que les conversations avec des IA depuis juillet 2025 ont pu être collectées.

 

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La CNIL sanctionne Nexpubica pour le logiciel PCRM

Une fuite fonctionnelle a exposé des dossiers d’usagers à des tiers dans des portails d’action sociale. Trois ans plus tard, la CNIL inflige 1,7 million d’euros pour défauts de sécurité jugés élémentaires.

Le 22 décembre 2025, la CNIL a condamné NEXPUBLICA FRANCE à 1 700 000 euros d’amende pour insuffisance de mesures de sécurité autour de PCRM, un progiciel de gestion de la relation usagers utilisé dans l’action sociale, notamment par des MDPH. Fin novembre 2022, des clients ont signalé à la CNIL que des utilisateurs accédaient à des documents appartenant à des tiers. Les contrôles ont mis en évidence des faiblesses techniques et organisationnelles, des vulnérabilités connues via des audits, et des corrections tardives, après la violation. La sensibilité des données, dont certaines révèlent un handicap, a pesé lourd.

Le déclencheur : des usagers voient les documents d’autrui

Le dossier démarre par une alerte venue du terrain. Fin novembre 2022, des clients de NEXPUBLICA FRANCE notifient à la CNIL une violation de données personnelles après des signalements d’usagers : sur le portail, certains auraient consulté des documents concernant des tiers. Ce type d’incident est redouté en environnement social, car l’accès indu, même « par erreur », produit un dommage immédiat pour les personnes, et expose l’organisation à une perte de confiance durable.

La CNIL intervient alors par des contrôles auprès de l’éditeur. Le contexte est celui d’un logiciel métier, PCRM, destiné à gérer la relation avec les usagers de l’action sociale et utilisé, selon les éléments fournis, par des maisons départementales des personnes handicapées dans certains départements. Autrement dit, la chaîne de traitement ne se limite pas à un site web : elle relie des collectivités, des agents, des workflows administratifs, et des espaces de dépôt ou de consultation de pièces justificatives.

Dans une lecture cyber, l’incident ressemble à une brèche de cloisonnement. Quand un usager obtient des pièces qui ne lui appartiennent pas, l’hypothèse la plus simple n’est pas un « piratage spectaculaire » mais un défaut de contrôle d’accès, de gestion de session ou de logique applicative. C’est précisément ce que la CNIL sanctionne ici : une sécurité qui n’a pas été pensée au niveau du risque réel, alors que le produit traite des données particulièrement sensibles.

Pourquoi l’article 32 du RGPD pèse si lourd dans ce cas

La CNIL fonde la sanction sur l’obligation de sécurité prévue par l’article 32 du RGPD. Le principe est connu, mais il mérite d’être traduit en termes concrets : le responsable de traitement et le sous-traitant doivent mettre en place des mesures adaptées au risque, en tenant compte de l’état de l’art, du coût de mise en œuvre, et de la nature et des finalités du traitement. Ici, la nature du traitement est déterminante : le dossier concerne l’action sociale et inclut des informations pouvant révéler un handicap. La sensibilité intrinsèque augmente mécaniquement le niveau d’exigence attendu.

La formation restreinte, organe de la CNIL chargé des sanctions, retient une faiblesse « généralisée » du système d’information et une forme de négligence, avec des problèmes structurels laissés en place dans la durée. L’autorité relève aussi que la plupart des vulnérabilités constatées relevaient d’un manque de maîtrise de l’état de l’art et de principes de base en sécurité. C’est un point clé : ce reproche ne vise pas une sophistication technique manquante, mais l’absence de fondamentaux.

Le raisonnement suivi par la CNIL, tel qu’il est décrit, tient en trois étapes. Premièrement, des failles existent dans PCRM et exposent des données. Deuxièmement, ces failles étaient identifiées, notamment au travers de plusieurs audits. Troisièmement, malgré cette connaissance, les corrections n’ont été apportées qu’après les violations. Cette chronologie aggrave l’appréciation, car elle transforme une vulnérabilité en manquement persistant, donc en risque accepté par défaut.

Une sanction calibrée sur la sensibilité, l’ampleur et la posture d’éditeur

Le montant, 1 700 000 euros, est justifié par plusieurs critères mentionnés : capacités financières de la société, non-respect de principes élémentaires, nombre de personnes concernées, et sensibilité des données. L’addition de ces facteurs compose une logique de proportionnalité : plus les données sont intimes et le public vulnérable, plus l’exposition est grave ; plus les failles sont « basiques » et connues, plus l’inaction est difficile à défendre.

Le dossier comprend un élément de contexte qui pèse lourd politiquement : NEXPUBLICA FRANCE est spécialisée dans la conception de systèmes et logiciels informatiques. Pour la CNIL, cette spécialisation rend l’argument de l’ignorance moins crédible. Dans une approche de renseignement économique, cela renvoie aussi à l’enjeu de chaîne d’approvisionnement logicielle : quand un éditeur fournit des briques à des acteurs publics, la faiblesse d’un produit peut se répercuter sur des services essentiels et sur des populations sensibles, sans qu’il y ait besoin d’une attaque sophistiquée.

La formation restreinte n’a pas assorti la sanction d’une injonction de mise en conformité, car l’entreprise a déployé les correctifs nécessaires après les violations. Ce détail compte : il montre que l’autorité a choisi de sanctionner l’insuffisance initiale et la gestion tardive des risques, tout en constatant une remédiation effective. En clair, la conformité obtenue après coup n’efface pas le défaut de sécurité au moment où les données étaient exposées.

Antivirus en 2026 : toujours indispensable ?

En 2026, les protections intégrées progressent, mais les attaques aussi. La vraie question n’est plus « antivirus ou pas », c’est quel niveau de contrôle vous voulez sur vos postes et vos données.

Faut-il encore installer un antivirus en 2026, alors que Windows, macOS, iOS et Android intègrent déjà des défenses solides ? La réponse dépend moins d’un réflexe d’achat que d’un modèle de risque : usages, exposition, valeur des données et capacité à réagir vite. Un antivirus moderne n’est plus seulement un « scan » de fichiers, il sert à bloquer des comportements, filtrer le web, durcir le navigateur, surveiller des processus et produire des traces utiles après incident. Pour un particulier, il peut réduire l’impact des arnaques et des téléchargements piégés. Pour une entreprise, il devient une brique d’hygiène et de preuve, surtout face au phishing, aux rançongiciels et aux vols d’identifiants.

Ce qui a changé : l’antivirus n’est plus un simple “scanner”

Pendant longtemps, l’antivirus a été résumé à une image : un programme qui repère une « signature » dans un fichier, puis le met en quarantaine. En 2026, cette vision est trop étroite, parce que la menace ne se limite plus à un exécutable grossier déposé sur le disque. Les attaques s’insinuent via le navigateur, des documents piégés, des scripts, des extensions, des publicités, ou des identifiants volés. Elles misent souvent sur la vitesse, l’automatisation et la confusion, plutôt que sur un code facilement reconnaissable.

L’antivirus moderne, quand il est bien conçu, travaille donc sur plusieurs couches. Il peut analyser des comportements, détecter des enchaînements suspects, bloquer des connexions vers des destinations risquées, empêcher un processus de modifier massivement des fichiers, ou alerter sur des tentatives d’accès aux mots de passe du navigateur. Ce glissement est important pour comprendre le débat. Si vous pensez « antivirus = signatures », vous conclurez trop vite que les protections intégrées suffisent. Si vous pensez « antivirus = surveillance, blocage, et preuves », vous verrez qu’il reste une valeur, à condition de choisir une solution adaptée et de ne pas la laisser fonctionner en roue libre.

Il faut aussi regarder l’adversaire tel qu’il opère réellement. Le cybercrime industrialisé ne cherche pas forcément à « infecter » au sens classique, comme une grippe ,hivernale. Il cherche à monétiser, en volant des comptes, en extorquant, en détournant une session, ou en poussant à payer une fausse assistance comme on peut le lire dans cet article. Dans ce théâtre, la prévention ne se limite pas à éviter un fichier. Elle consiste à réduire les occasions de cliquer, à limiter les permissions, à contrôler les scripts, à contenir l’exécution, et à récupérer des indices quand quelque chose a dérapé. L’antivirus, dans sa version 2026, est souvent l’un des rares outils grand public capables d’apporter ces protections sans exiger une équipe sécurité.

Enfin, il y a un aspect rarement assumé : la charge mentale. Beaucoup d’incidents naissent d’un moment d’inattention, d’un faux message « urgent », d’une fenêtre qui se superpose, d’une page qui imite un service. Dans ces scénarios, un bon produit ne remplace pas le discernement, mais il peut casser la chaîne, au bon moment, en bloquant un site, un script, un téléchargement ou une action à risque. C’est moins spectaculaire qu’un « nettoyage » après coup, mais c’est là que se joue l’essentiel.

Protections natives : suffisantes pour qui, et dans quels usages ?

Les systèmes actuels intègrent des mécanismes de défense sérieux. Pour beaucoup d’utilisateurs, c’est déjà une base efficace, à condition d’activer les options de sécurité, de maintenir le système à jour, et de ne pas transformer l’ordinateur en terrain d’essai. Dans ce cadre, la question “faut-il encore un antivirus ?” devient une question de couverture. Qu’est-ce qui est déjà pris en charge, et qu’est-ce qui reste fragile dans votre usage quotidien ?

Le premier facteur, c’est l’exposition. Un poste utilisé pour consulter des sites connus, avec peu d’extensions, des mises à jour automatiques et des comptes protégés, court moins de risques qu’un poste où l’on télécharge souvent, où l’on installe des utilitaires, où l’on partage des fichiers, ou où l’on jongle entre plusieurs comptes. Le second facteur, c’est la valeur des actifs. Si votre machine contient des documents sensibles, des accès professionnels, des identifiants bancaires, ou si elle sert de « coffre-fort » à vos vies numériques, alors votre seuil d’acceptation du risque est plus bas. Le troisième facteur, c’est votre capacité à réagir. Un incident n’est pas seulement un “virus”. C’est du temps perdu, des mots de passe à changer, des comptes à récupérer, parfois des démarches, et une incertitude sur ce qui a été vu ou copié.

Dans cet arbitre, l’antivirus tiers peut ajouter des couches de protection ou de visibilité. Il peut offrir une interface plus lisible, des contrôles web plus agressifs, des règles plus strictes sur les scripts, un suivi d’événements, et des outils de remédiation. Il peut aussi fournir une forme de redondance utile. Une défense n’est pas parfaite, donc deux lignes de défense, si elles ne se gênent pas, peuvent réduire la probabilité qu’un même angle mort soit exploité.

C’est là que le choix devient concret. Chercher le meilleur antivirus n’a de sens que si vous définissez vos critères, simplicité, impact sur les performances, protection web, gestion des alertes, et qualité des journaux en cas d’incident. Sinon, vous achetez un logo et vous espérez. En cybersécurité, l’espoir n’est pas une stratégie, la clarté des règles l’est.

Le vrai risque en 2026 : l’arnaque qui ressemble au normal

Si l’on devait résumer le danger dominant côté grand public, ce ne serait pas « le virus » au sens des années 2000. Ce serait l’arnaque parfaitement plausible, livrée au bon moment, avec les bons codes visuels, et parfois une assistance téléphonique qui imite un support officiel. Les ransomwares et les vols d’identifiants continuent de peser, mais ils arrivent souvent par un point d’entrée très banal : un lien, une pièce jointe, une connexion sur un faux site, un mot de passe réutilisé.

Dans ces attaques, l’antivirus joue un rôle moins visible mais décisif, casser des redirections, empêcher un téléchargement, détecter un script inhabituel, bloquer un domaine récemment utilisé pour des campagnes, alerter sur un comportement de chiffrement massif, ou isoler une action suspecte. Ce sont des micro-interruptions qui peuvent éviter un incident majeur. La défense la plus efficace est celle qui vous épargne l’étape où vous devez « récupérer » votre vie numérique. Un logiciel de cybersécurité qui produit des traces compréhensibles n’est pas seulement une barrière, c’est un instrument d’enquête à l’échelle du poste.

En 2026, la question n’est pas de savoir si l’antivirus « sert encore », mais si votre environnement exige une couche supplémentaire de blocage, de contrôle web et de traçabilité. Pour un usage simple et discipliné, les protections natives peuvent suffire. Dès que l’exposition augmente, téléchargements, usages professionnel, données sensibles, famille peu technophile, une solution dédiée redevient rationnelle, indispensable. Le point décisif est la capacité à prévenir, mais aussi à comprendre, quand une tentative a eu lieu : sans traces, on subit, avec des preuves, on corrige. (Image : Pixabay)

La sécurité documentaire au cœur de la transformation numérique

La numérisation des processus ne suffit plus : la sécurité devient la condition de survie des organisations face aux risques de fuite et de falsification de données.

La gestion électronique des documents (GED) est désormais un pilier de la transformation numérique. En centralisant, indexant et sécurisant les fichiers sensibles, elle réduit les risques d’erreur humaine et renforce la conformité réglementaire. Mais cette modernisation crée aussi de nouvelles vulnérabilités comme vous l’explique trés souvent Data Security Breach. Cyberattaques, hameçonnage ciblé, détournement d’accès : les menaces évoluent aussi vite que les technologies. Les entreprises doivent donc combiner solutions de GED performantes et stratégie de cybersécurité rigoureuse. Toshiba Tec propose une approche intégrée alliant numérisation, sécurité et respect du RGPD pour garantir l’intégrité des données.

Dématérialisation et cybersécurité, un duo indissociable

La dématérialisation accélère les flux d’information mais multiplie aussi les points d’entrée potentiels pour les cybercriminels. Chaque document numérique, chaque plateforme collaborative, devient une cible. En France, selon l’ANSSI, 44 % des incidents signalés en 2024 concernaient des compromissions d’accès aux données internes. Dans ce contexte, la gestion électronique des documents ne se limite plus à l’archivage. Elle s’impose comme un dispositif stratégique pour assurer la traçabilité, la confidentialité et la disponibilité des informations.

Une GED bien configurée offre une visibilité complète sur le cycle de vie documentaire : création, modification, partage, destruction. Chaque action est enregistrée, chaque utilisateur authentifié. C’est cette granularité du contrôle qui permet de limiter les risques de fuite.

Le renseignement économique face aux menaces internes

Les fuites d’informations sensibles proviennent souvent de l’intérieur. Un employé ou un prestataire négligeant, un poste de travail compromis : autant de vecteurs d’exfiltration de données. Dans le secteur industriel ou public, ces incidents relèvent parfois du renseignement économique.

Les systèmes de GED modernes intègrent désormais des outils d’analyse comportementale. Grâce à l’intelligence artificielle, ils détectent les anomalies d’usage : téléchargement massif, accès inhabituel à un répertoire, modification suspecte de métadonnées. Ces alertes précoces permettent d’intervenir avant la compromission complète du réseau documentaire.

L’intégration de la sécurité à la source, chiffrement, contrôle d’accès, journalisation, renforce la résilience organisationnelle. Toshiba Tec a fait de cette approche une priorité, en développant des solutions capables de sécuriser les échanges documentaires tout en respectant les exigences réglementaires du RGPD.

Vers une gouvernance documentaire souveraine

L’avenir de la dématérialisation passe par une souveraineté numérique accrue. Héberger et traiter les documents dans des infrastructures conformes aux standards européens devient un enjeu stratégique. Les plateformes de GED certifiées, hébergées en France ou dans l’Union européenne, garantissent une meilleure maîtrise des données sensibles.

Les acteurs publics et les entreprises privées convergent vers cette exigence : contrôle total des flux, audit complet et interopérabilité entre services. Le défi n’est plus technique mais organisationnel : créer une culture documentaire où la sécurité est une responsabilité partagée.

Toshiba Tec, à travers son expertise en solutions documentaires et en technologies d’impression sécurisées, accompagne cette transition vers une gouvernance numérique intégrée, alliant performance, conformité et souveraineté.

– Sources
ANSSI, Panorama de la cybermenace 2024 : https://www.ssi.gouv.fr/publication/panorama-de-la-cybermenace-2024/
CNIL, Sécuriser les données et les documents, 2024 : https://www.cnil.fr/fr/securiser-les-donnees

Les prestations informatiques B2B, moteur stratégique de la compétitivité numérique

Face à la complexité croissante des systèmes d’information, les entreprises B2B externalisent de plus en plus leurs besoins technologiques à des prestataires spécialisés pour gagner en agilité et en sécurité.

Les prestations informatiques B2B regroupent l’ensemble des services destinés à accompagner les entreprises dans la gestion, la transformation et la sécurisation de leurs systèmes numériques. De la conception d’applications métier à la cybersécurité, ces prestations répondent à des enjeux de performance et de résilience. Dans un contexte d’évolution rapide des technologies, Data Security Breach le voit, les sociétés recherchent aujourd’hui des partenaires capables de conjuguer expertise technique, accompagnement stratégique et innovation durable. Collaborer avec un prestataire ESN, par exemple, d’allier proximité géographique pour les entreprises et compétences pointues dans le développement web et mobile. L’objectif : renforcer l’efficacité opérationnelle et la sécurité des infrastructures.

L’externalisation comme levier d’agilité et de sécurité

Externaliser ses fonctions informatiques à un prestataire B2B permet de concentrer les ressources internes sur le cœur de métier tout en bénéficiant d’une expertise technique constamment mise à jour.

L’infogérance, par exemple, offre un suivi continu de l’infrastructure et une réactivité face aux incidents. Un prestataire ESN à Nantes peut accompagner les entreprises locales et nationales dans le déploiement de solutions web et mobiles sécurisées sur toute la côte Ouest hexagonale. Cette proximité géographique favorise la collaboration et le pilotage agile des projets.

Dans un environnement soumis à des menaces numériques en constante évolution, disposer d’un partenaire capable de garantir la sécurité des données devient un avantage concurrentiel majeur. Les prestataires B2B intègrent désormais la cybersécurité à chaque étape du développement : audit, chiffrement, tests de pénétration et conformité au RGPD. La sécurité n’est plus une option, elle structure désormais la conception même des architectures numériques.

Des services informatiques au service de la transformation numérique

La transformation numérique ne se limite plus à la simple dématérialisation des processus. Elle implique une refonte complète de la manière dont les entreprises collectent, traitent et exploitent leurs données.

Les prestations informatiques B2B couvrent aujourd’hui un champ vaste : développement applicatif, intégration de logiciels de gestion, maintenance de serveurs, infogérance, cybersécurité, espace nuagique (cloud) ou encore l’intelligence artificielle. Selon une étude de Syntec Numérique (2024), le secteur des services informatiques représente plus de 65 milliards d’euros en France, porté par la demande croissante des PME et des ETI.

Les prestataires technologiques deviennent alors de véritables partenaires d’innovation. Leur rôle dépasse la simple exécution technique : ils contribuent directement à la stratégie de croissance de leurs clients.

L’importance d’une approche stratégique et durable

Les prestations informatiques ne se résument plus à une série de projets ponctuels. Elles s’inscrivent dans une logique de partenariat durable. Les entreprises recherchent des acteurs capables de comprendre leurs enjeux métiers, d’anticiper les évolutions technologiques et de proposer des solutions adaptées à long terme.

L’émergence du cloud souverain, la montée de l’IA générative et les exigences réglementaires européennes (comme NIS2) redéfinissent les priorités. Les prestataires doivent concilier performance, conformité et sobriété numérique. À ce titre, des acteurs comme A5sys se distinguent par leur approche éthique et collaborative, plaçant l’humain et la valeur ajoutée au centre de la technologie.

Pour approfondir la dimension cybersécurité de ces services, un article connexe disponible sur ZATAZ analyse les menaces émergentes visant les infrastructures B2B et les solutions de protection à adopter.

Syntec Numérique, Baromètre des services IT en France, 2024 : https://syntec-numerique.fr/publications/barometre-services-it-2024
ANSSI, Guide de la cybersécurité des entreprises, 2024 : https://www.ssi.gouv.fr/entreprise/bonnes-pratiques-cybersecurite/
ZATAZ, Cybersécurité et services informatiques B2B, 2024 : https://www.zataz.com

Microsoft corrige 63 failles, dont une exploitée activement

Le Patch Tuesday de novembre a comblé 63 vulnérabilités, dont une faille zéro-day déjà exploitée. Quatre d’entre elles sont jugées critiques.

Microsoft a publié ses correctifs mensuels de sécurité, colmatant 63 vulnérabilités réparties entre élévation de privilèges, exécution de code à distance, divulgation d’informations et déni de service. Parmi elles, une faille de type zero-day dans le noyau Windows, identifiée sous le numéro CVE-2025-62215, est activement exploitée. Elle découle d’une condition de course permettant à un attaquant d’obtenir les privilèges SYSTEM et donc le contrôle complet d’un poste. Découverte par les équipes MSTIC et MSRC, cette brèche représente le risque le plus critique du mois.

Quatre vulnérabilités sont classées « critiques » : deux autorisent l’exécution de code à distance (dans Microsoft Office et Visual Studio), une entraîne une élévation de privilèges (DirectX Graphics Kernel), et une dernière cause une fuite d’informations (Nuance PowerScribe 360). Les autres sont qualifiées d’« importantes ». Microsoft souligne que les correctifs appliqués à Edge et à Mariner ne figurent pas dans ce bilan, ce qui explique d’éventuelles différences de chiffres par rapport aux rapports cumulés de novembre.

Répartition par type :
29 élévations de privilèges ; 2 contournements de mécanismes de sécurité ; 16 exécutions de code à distance ; 11 divulgations d’informations ; 3 dénis de service ; 2 attaques par usurpation (spoofing).

En parallèle, l’entreprise a lancé le premier Extended Security Update (ESU) pour Windows 10. Les utilisateurs encore sous cette version sont invités à migrer vers Windows 11 ou à souscrire au programme ESU afin de continuer à recevoir les correctifs. Un correctif d’urgence a également été diffusé pour résoudre un bug affectant l’enregistrement au programme ESU.

Ce Patch Tuesday illustre la persistance des attaques ciblant les composants centraux du système, notamment les services de gestion des privilèges et les modules graphiques. La faille CVE-2025-62215, exploitée avant publication, démontre une fois de plus l’importance des mises à jour rapides dans la défense en profondeur des environnements Windows.

Microsoft n’a pas divulgué les vecteurs d’attaque exacts, mais la nature du bogue (condition de course dans le noyau) laisse penser à une exploitation locale après compromission initiale. Pour les administrateurs, la priorité consiste à appliquer sans délai le lot de correctifs, en particulier sur les postes sensibles et les serveurs exposés.

L’ensemble des correctifs peut être consulté via le Microsoft Security Update Guide.

Ce Patch Tuesday rappelle que, même avec un cycle mensuel régulier, les menaces évoluent plus vite que les correctifs. La faille zero-day CVE-2025-62215 relance la question : combien de vulnérabilités du noyau Windows restent encore inconnues ?

Sources

Les applications Android exploitent le NFC pour voler des données bancaires

Des centaines d’applications malveillantes utilisent la technologie NFC et l’émulation de carte hôte pour intercepter des paiements et dérober des identifiants financiers sur Android.

Les experts de Zimperium Labs alertent sur une hausse massive de la fraude par relais NFC depuis avril 2024. Plus de 760 applications Android exploitent la communication en champ proche (NFC) et l’émulation de carte hôte (HCE) pour intercepter des données EMV, usurper des institutions financières et relayer des transactions bancaires frauduleuses. Ces campagnes illustrent la sophistication croissante des attaques contre les paiements sans contact.

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Des campagnes coordonnées de vol de données

Les chercheurs ont observé que ces applications ciblent des banques, services de paiement et portails gouvernementaux dans le monde entier, avec un accent particulier sur les institutions russes, européennes (PKO, ČSOB, NBS), brésiliennes et sur Google Pay. Elles se font passer pour des applications officielles, incitant les victimes à les définir comme gestionnaires de paiement NFC par défaut. Une fois installées, elles interceptent les échanges APDU entre le terminal et l’appareil, exfiltrant les données EMV, les numéros de carte et les dates d’expiration vers des chaînes Telegram contrôlées par les opérateurs.

Certaines variantes fonctionnent comme des couples d’outils : un « scanner/piéger » chargé d’intercepter les transactions et un collecteur autonome pour exfiltrer les informations. Ces applications communiquent avec un serveur de commande et de contrôle (C2) capable d’enregistrer les appareils, relayer les requêtes de terminal, vérifier l’état du bot, envoyer des mises à jour ou des alertes Telegram, et exécuter des transactions à distance. L’automatisation et la modularité rendent la détection complexe.

Une infrastructure mondiale de commande et de contrôle

Zimperium a identifié plus de 70 serveurs C2 et plusieurs dizaines de bots Telegram actifs dans cette campagne. Ces infrastructures pilotent à distance les applications infectées, enregistrant en continu les appareils compromis et adaptant les commandes selon la réponse du terminal. Les opérateurs peuvent ainsi simuler des paiements sans contact réels, sans nécessiter l’intervention directe de l’utilisateur.

Les échanges APDU, cœur du protocole de communication entre carte et lecteur, sont intégralement interceptés, analysés puis répliqués. Les fraudeurs peuvent rejouer des transactions à partir des données volées, utilisant les identifiants des appareils pour personnaliser les sessions et contourner les vérifications comportementales des banques.

Cette architecture distribuée repose sur des serveurs hébergés dans plusieurs juridictions, compliquant le démantèlement. Les flux de commandes dynamiques et l’enregistrement continu des terminaux rendent l’analyse forensique difficile et retardent les réponses de sécurité.

Une menace liée à l’essor du sans contact

Le rapport de Zimperium souligne que la croissance des paiements NFC a ouvert de nouvelles opportunités aux cybercriminels. « Avec la croissance rapide des transactions sans contact, la technologie NFC est devenue une cible de plus en plus prisée », indiquent les chercheurs. Android autorise les applications à gérer les paiements NFC via l’émulation de carte hôte, fonction que les pirates détournent pour capturer les données avant qu’elles ne soient chiffrées ou transmises au processeur de paiement.

L’exploitation de ces autorisations légitimes rend les attaques particulièrement efficaces. En usurpant l’identité d’applications de confiance et en exploitant des interfaces natives, les malwares évitent les alertes de sécurité traditionnelles. Les auteurs diffusent leurs applications via des magasins non officiels ou des liens directs dans des messages Telegram et des forums de piratage.

Les chercheurs estiment que ces attaques reposent sur une combinaison d’ingénierie sociale et d’abus de fonctions système. Elles ciblent principalement les utilisateurs de terminaux Android ne disposant pas de correctifs récents ou utilisant des versions fragmentées du système d’exploitation.

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Une réponse encore limitée

Zimperium recommande aux institutions financières et aux utilisateurs de considérer comme à haut risque toute application demandant l’autorisation de paiement NFC sans justification claire. Les experts préconisent également une surveillance renforcée des flux APDU et des connexions sortantes vers Telegram et d’autres messageries chiffrées.

L’écosystème Android reste vulnérable à ce type d’abus structurel, car la gestion des autorisations NFC repose sur la confiance de l’utilisateur final. Tant que les systèmes de vérification d’identité des applications ne seront pas centralisés, les campagnes de fraude par relais devraient continuer à croître.

Cette multiplication d’applications malveillantes utilisant le NFC et le HCE illustre un basculement des menaces : les cybercriminels délaissent le phishing traditionnel pour des attaques logicielles sophistiquées ciblant l’infrastructure même des paiements mobiles.

L’exploitation frauduleuse du NFC par des centaines d’applications Android démontre la vulnérabilité des paiements mobiles face à la manipulation logicielle. La question centrale reste ouverte : les éditeurs et autorités financières parviendront-ils à sécuriser le protocole NFC avant qu’il ne devienne le principal vecteur de vol de données bancaires ?

Les rançons échouent : 41 % des paiements de ransomware inutiles

Payer ne suffit plus : selon Hiscox, 41 % des entreprises victimes de ransomware restent paralysées malgré le versement d’une rançon et la réception d’une clé de déchiffrement.

Le rapport « Cyber Readiness Report 2025 » de l’assureur Hiscox révèle une réalité préoccupante : payer une rançon ne garantit pas la récupération des données. Sur 5 750 organisations interrogées dans sept pays, 27 % ont subi une attaque par ransomware, et 41 % des payeurs n’ont pas pu restaurer leurs systèmes malgré une clé reçue. Pire, 31 % des victimes ayant payé ont subi une nouvelle extorsion et 27 % d’entre elles ont été attaquées à nouveau. Les objets connectés (IoT) sont identifiés comme premier vecteur d’intrusion. En dépit de ce constat, 83 % des entreprises déclarent une meilleure cyber-résilience sur l’année écoulée.

Rançons inefficaces et attaques répétées

Le rapport montre que céder aux exigences des cybercriminels ne garantit pas le retour à la normale. Parmi les entreprises touchées, 60 % disent avoir récupéré une partie ou la totalité de leurs données, mais 41 % ont dû reconstruire leurs systèmes. Hiscox observe également une aggravation du phénomène : près d’un tiers des victimes ayant payé ont subi une nouvelle demande d’argent, souvent par les mêmes acteurs, et plus d’un quart ont connu une autre attaque dans les mois suivants. Le rapport conclut que « le paiement d’une rançon ne résout pas toujours le problème », rappelant la fragilité des stratégies de négociation directe avec les groupes de ransomware.

IoT, chaîne d’approvisionnement et cloud en première ligne

Les vulnérabilités des objets connectés constituent le principal point d’entrée des cyberattaques (33 %), devant celles liées à la chaîne d’approvisionnement (28 %) et aux serveurs hébergés dans le cloud (27 %). Les outils d’intelligence artificielle, utilisés sans protection suffisante, deviennent également un vecteur d’attaque initial pour 15 % des entreprises. Cette cartographie des risques confirme que l’interconnexion des systèmes multiplie les surfaces d’exposition. Les cybercriminels exploitent les failles de configuration ou de mise à jour pour obtenir un premier accès, avant de déployer des charges malveillantes chiffrant les données critiques.

Multiplication des incidents selon la taille de l’entreprise

Parmi les 5 750 organisations interrogées, 59 % ont subi au moins une cyberattaque au cours des douze derniers mois. Les grandes entreprises et celles générant plus d’un million de dollars (921 000 euros) de chiffre d’affaires sont les plus ciblées, avec une moyenne de six attaques par an, contre quatre pour les plus petites structures. Les sociétés de 50 à 249 employés enregistrent en moyenne sept incidents, contre cinq pour les structures comptant de 11 à 49 salariés. Le secteur non lucratif reste le plus exposé, avec huit attaques en moyenne par organisation, tandis que les entreprises des secteurs chimique, immobilier et médiatique signalent trois incidents par an.

Vers plus de transparence dans les paiements

Le rapport cite la nouvelle loi australienne imposant la divulgation des montants versés aux cybercriminels. Cette obligation recueille un soutien majoritaire : 71 % des répondants y sont favorables. Toutefois, 53 % estiment que les entreprises privées devraient pouvoir conserver la confidentialité de ces paiements. Ce débat illustre la tension entre transparence publique et gestion de crise opérationnelle. En dépit de la recrudescence des attaques, 83 % des organisations déclarent avoir renforcé leur posture de cybersécurité, notamment via la formation du personnel, la segmentation des réseaux et la mise en place de sauvegardes hors ligne.

L’Inde accélère sa stratégie cyber autour du CERT-In

Porté par le CERT-In, le secteur indien de la cybersécurité devient un pilier économique majeur, combinant innovation, coopération internationale et défense numérique proactive.

L’Inde affirme sa position mondiale en cybersécurité grâce au CERT-In, l’agence nationale de réponse aux incidents informatiques. Selon son directeur, le Dr Sanjay Bahl, l’écosystème indien pèse désormais 20 milliards de dollars (18,5 milliards d’euros), soutenu par 400 start-ups et 650 000 professionnels. Face à la hausse des ransomwares et des menaces alimentées par l’intelligence artificielle, l’agence mise sur l’automatisation, la formation et la coopération internationale. Le ministère de l’Électronique et des Technologies de l’information (MeitY) voit dans cette approche une clé pour bâtir une Inde numérique sûre et résiliente.

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Start-ups et compétences : le moteur de la croissance

L’écosystème cyber indien s’impose comme un acteur mondial, stimulé par un réseau dense de jeunes entreprises. Plus de 400 start-ups développent aujourd’hui des solutions d’analyse forensique, de détection des menaces et de surveillance assistée par IA. Leur croissance reflète l’essor d’un marché estimé à 20 milliards de dollars (18,5 milliards d’euros).

Près de 650 000 professionnels travaillent dans la sécurité numérique, couvrant des domaines allant de l’audit à la réponse aux incidents. Selon le Dr Bahl, cette main-d’œuvre qualifiée contribue à la résilience nationale face aux cyberattaques. L’Inde, longtemps concentrée sur l’externalisation informatique, se repositionne désormais comme un fournisseur de technologies de défense numérique à haute valeur ajoutée.

Ce développement repose sur la convergence entre innovation locale et expertise publique. Les start-ups bénéficient d’un environnement réglementaire favorable et de partenariats stratégiques avec les ministères techniques. Cette synergie accélère la modernisation des infrastructures critiques et renforce la sécurité des réseaux publics et privés.

Le CERT-In, pivot de la cyberdéfense nationale

Créé sous l’autorité du ministère de l’Électronique et des Technologies de l’information, le CERT-In joue un rôle central dans la détection et la gestion des incidents. Il coordonne les réponses entre secteurs publics et privés, évalue les vulnérabilités et assure la diffusion rapide d’alertes. Le Dr Bahl décrit l’intelligence artificielle comme une « arme à double tranchant », capable d’améliorer la défense tout en offrant de nouveaux outils aux cybercriminels. Pour contrer cet effet miroir, le CERT-In intègre des algorithmes d’apprentissage automatique dans ses systèmes de surveillance afin de détecter les anomalies et d’automatiser les contre-mesures.

En 2024, l’agence a recensé 147 attaques par ransomware. Nombre d’entre elles ont été contenues grâce à la coordination et au partage d’informations en temps réel. Le CERT-In organise également des exercices de simulation de crise et soutient les enquêtes forensiques menées par les forces de l’ordre.

Cette stratégie s’appuie sur un modèle de résilience active : anticipation, réponse rapide et apprentissage post-incident. Elle positionne le CERT-In comme un point de convergence entre cybersécurité opérationnelle et diplomatie technologique.

Un modèle collaboratif au service de la résilience nationale

L’approche du CERT-In illustre une politique cyber fondée sur la coopération. Le modèle réunit agences publiques, entreprises privées, universités et partenaires étrangers. Ce maillage institutionnel, piloté par le MeitY, renforce la souveraineté numérique indienne tout en facilitant les échanges d’expertise avec les pays alliés.

La cybersécurité n’est plus perçue comme un simple enjeu technique mais comme une composante essentielle de la politique de sécurité nationale. La sensibilisation des utilisateurs, la formation des ingénieurs et l’innovation locale sont intégrées dans la stratégie globale de développement.

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Toutefois, les menaces évoluent plus vite que les défenses. Les attaquants exploitent l’IA, les deepfakes et les outils automatisés pour cibler entreprises et administrations. Le CERT-In constate une augmentation des identifiants falsifiés et des campagnes d’hameçonnage sophistiquées. Le Dr Bahl insiste sur le facteur humain : la technologie seule ne suffit pas. Les capacités humaines, la veille et la coopération internationale restent indispensables pour maintenir la résilience du pays. Le MeitY continue de miser sur la régulation agile et la montée en compétence pour contrer des adversaires toujours plus inventifs.

L’Inde consolide son statut d’acteur majeur de la cybersécurité mondiale, alliant puissance technologique et coordination stratégique. Reste à savoir si cette dynamique permettra au pays d’anticiper les menaces émergentes dans un cyberespace de plus en plus instable.