Archives de catégorie : Téléphonie

Espionnage : nouvelle méthode pour écouter sur Android

Un groupe de chercheurs a développé une attaque d’écoute pour les appareils Android qui peut reconnaître le sexe et l’identité d’un appelant, et même faire la distinction entre des propos privés.

L’attaque par canal latéral, baptisée EarSpy, vise à explorer de nouvelles possibilités d’écoute clandestine en capturant les lectures des capteurs de mouvement causées par la réverbération des haut-parleurs dans les appareils mobiles. Des chercheurs en sécurité de cinq universités américaines ont démontré comment des applications malveillantes peuvent également écouter sans avoir accès au microphone.

Comment ? Les smartphones modernes utilisent de puissants haut-parleurs stéréo qui produisent une bien meilleure qualité sonore et des vibrations plus fortes. De même, les appareils modernes utilisent des capteurs de mouvement et des gyroscopes plus sensibles, capables d’enregistrer même les plus petites résonances des haut-parleurs.

Identification à l’oreille !

L’identification du sexe de l’appelant sur le OnePlus 7T variait de 77,7 % à 98,7 %, la classification de l’identification de l’appelant variait de 63,0 % à 91,2 % et la reconnaissance vocale variait de 51,8 % à 56,4 %. Une chose qui peut réduire l’efficacité d’une attaque EarSpy est le volume que les utilisateurs choisissent pour leurs haut-parleurs. Un volume plus faible peut empêcher l’écoute clandestine par cette attaque de canal latéral.

La reconnaissance vocale – c’est-à-dire l’évaluation de ce qui a été dit – est encore trop imprécise à 56,42 % pour enregistrer complètement les conversations. Cependant, les chercheurs en sécurité supposent que cette tâche pourrait également être maîtrisée avec l’utilisation de meilleurs algorithmes – jusqu’à présent, ce sujet n’a fait qu’effleurer la surface.

Une nouvelle version d’un logiciel espion visant les citoyens iraniens, Furball, caché dans une application de traduction

Une nouvelle version du malware Android FurBall utilisée dans une campagne « Domestic Kitten » impacte les citoyens iraniens. Et cela dure depuis 2016 !

Des chercheurs ont récemment identifié une nouvelle version du malware Android FurBall. Cette version est utilisée dans une campagne nommée Domestic Kitten. Le groupe de pirates APT-C-50 opère des actions de surveillance visant des smartphones de citoyens iraniens. Depuis juin 2021, le malware est diffusé sous couvert d’une application de traduction par l’intermédiaire d’une copie d’un site web iranien fournissant des articles, des revues et des livres traduits. La campagne Domestic Kitten remonte au moins à 2016 et est toujours active.

Cette version de FurBall possède les mêmes fonctionnalités de surveillance que les versions précédentes. Comme la fonctionnalité de cette variante n’a pas changé, l’objectif principal de cette mise à jour semble être d’échapper aux logiciels de sécurité. Ces modifications n’ont cependant eu aucun effet sur les solutions ESET, qui ont détecté cette menace sous le nom de Android/Spy.Agent.BWS. FurBall,. Ce malware Android utilisé depuis le début de ces campagnes, a été créé à partir du stalkerware commercial KidLogger.

L’échantillon analysé par l’éditeur d’antivirus ESET ne demande qu’une seule permission intrusive ; celle d’accéder aux contacts. La raison pourrait être son objectif d’éviter d’être détecté, mais d’un autre côté, nous pensons également qu’il pourrait s’agir de la phase préliminaire d’une attaque d’hameçonnage ciblé menée par SMS. Si l’auteur de la menace élargit les autorisations de l’application, il pourrait être également possible d’exfiltrer d’autres types de données à partir des téléphones concernés, comme les SMS, la géolocalisation de l’appareil, les appels téléphoniques et bien plus encore.

Cette application Android malveillante est diffusée via un faux site web imitant un site légitime qui propose des articles et des livres traduits de l’anglais au persan (download maghaleh). D’après les coordonnées du site web légitime, ce service est proposé depuis l’Iran, ce qui nous amène à penser avec quasi-certitude que le faux site web cible des citoyens iraniens. « Le but est de proposer une application Android à télécharger après avoir cliqué sur un bouton qui indique en persan « Télécharger l’application ». Le bouton porte le logo Google Play, mais cette application n’est pas disponible dans Google Play Store. Elle est téléchargée directement depuis le serveur de l’attaquant « déclare Luká tefanko, chercheur chez ESET.

190 applications totalisant plus de 4,8 millions de téléchargements piégées

Des découvrent que plus de 190 applications totalisant plus de 4,8 millions de téléchargements ont distribué le cheval de Troie Harly, alors que ces dernières étaient disponibles dans les magasins d’applications officiels. Ces applications en apparence légitimes ont permis à des cybercriminels d’inscrire des utilisateurs peu méfiants à des services payants sans leur consentement.

Des chercheurs scrutent en permanence le paysage des menaces mobiles afin de tenir les utilisateurs informés des tendances les plus significatives. Ils ont récemment découvert une campagne malveillante œuvrant via le Google Play Store, comptabilisant au total plus de 4,8 millions de téléchargements d’applications infectées. Au cours des deux dernières années, les cyberpirates ont imité plus de 190 applications légitimes, aussi bien des lampes de poche que des mini-jeux, pour distribuer le cheval de Troie Harly et abonner les utilisateurs affectés à des services payants sans leur consentement.

Dès que l’utilisateur lance l’application malveillante, le cheval de Troie peut entamer sa collecte d’informations sur son appareil et son réseau mobile. Le téléphone de l’utilisateur bascule vers un autre réseau mobile, puis le cheval de Troie demande au serveur C&C de configurer la liste des abonnements auxquels il faut s’inscrire. Le trojan ouvre alors le lien de l’abonnement dans une fenêtre invisible, saisit le numéro de téléphone de l’utilisateur identifié plus tôt, appuie sur les boutons requis et saisit le code de confirmation provenant d’un SMS. Résultat : l’utilisateur souscrit à des abonnements payants sans s’en rendre compte.

Autre caractéristique notable de Harly, il peut confirmer des abonnements même lorsqu’ils requièrent une vérification par appel téléphonique. Dans ce cas de figure, le cheval de Troie peut émettre un appel via un numéro spécifique et confirmer l’abonnement.

Même si les magasins officiels sont surveillés de près, les modérateurs ne peuvent pas toujours intercepter les applications indésirables avant qu’elles ne soient publiées. Il est d’autant plus difficile de reconnaître que ces applications représentent une menace potentielle car elles font effectivement ce qui est proposé dans leur description. Les avis des utilisateurs peuvent aider, mais ils peuvent aussi être exagérés et pas toujours fiables. C’est pourquoi nous recommandons vivement aux utilisateurs d’installer une solution de sécurité vérifiée qui empêchera le téléchargement de programmes dangereux« , commente Tatyana Shishkova, experte en sécurité chez Kaspersky.

Starlink interdit en France ?

Des associations environnementales françaises font interdire dans l’hexagone le service Starlink d’Elon Musk.

L’affaire pourrait prêter à sourire, mais démontre que les lobbyings de tous poils sont aux aguets dés qu’il s’agit de faire interdire des avancés technologiques qui ne vont pas dans leur sens. Alors que de nombreux français, en zones blanches (sans possibilités de connexion) ne peuvent exploiter le numérique, des services tels que ceux proposés par l’entreprise d’Elon Musk permettent de ne plus être hors du XXIe siècle.

Le 5 avril, le Conseil d’Etat a retoqué une décision de l’ARCEP (le gendarme des fréquences radios en France) datant de janvier 2021 qui permettait à Starlink de proposer ses accès Internet par Satellite. Le Conseil d’État a reproché à l’Arcep de ne pas avoir mis en place « une consultation du public » afin de faire jouer la concurrence. Bilan, il est reproché, non pas des ondes qui pourraient détruire la nature. Il est expliqué que cet accord était « susceptible d’avoir une incidence importante sur le marché de la fourniture d’accès à internet à haut débit, et d’affecter les utilisateurs« .

Les associations Priartem et Agir pour l’environnement vont demander, sept mois plus tard, l’annulation de l’autorisation ARCEP/Starlink. Ils vont mettre en avant un défaut de mise en concurrence pour faire couper Starlink. Les associations s’y prendront à trois fois. Après un refus, en septembre 2021, remise sur le tapis en décembre 2021, puis en mars 2022. La troisième sera la bonne ! Ces associations sont spécialisées dans « la prévention des risques liés aux technologies électromagnétiques ». Elles vont gagner en mettant en avant « Une incidence importante sur le marché de la fourniture d’accès à internet à haut débit […] sans avoir préalablement procédé à une consultation du public. »

Couper, pas couper ?

Couper Starlink Internet Services Limited, en France. Cela va surtout le rendre un peu plus lent. Les informations vont être routées, prendre d’autres chemins, sans passer par les vertes prairies locales. Le hic va surtout être pour les utilisateurs d’aujourd’hui. Vont-ils encore avoir le droit d’utiliser leur matériel et, dorénavant, les fréquences interdites ? J’imagine déjà la tête de nos amis frontaliers en Suisse, Belgique, … passant par la bande fréquence « Made in France » (0,95-12,70 GHz de haut en bas et 14,00-14,5 GHz de bas en haut). Le document du Conseil D’Etat semble préciser que l’interdiction vise les liaisons entre un satellite et le sol, et pas un satellite vers les paraboles Starlink au sol. Bref, c’est capillotractée.

Je suis impatient de voir venir des propositions alternatives françaises pour sortir du noir les zones blanches, avec l’aide de ces associations ! En attendant, Arianespace a signé un contrat avec Amazon pour envoyer vers l’infini et haut delà les satellites Kuiper. Mission, diffuser de l’Internet à haut débit d’ici à 2030.

Google Map : suivi à la trace !

Vous êtes nombreux à demander si Google et Google map étaient capable de suivre, à la trace, vos moindres faits et gestes. En voici une réponse, en image !

Des manifestations ont eu lieu aux États-Unis plus tôt cette année – des « supporters » de Trump en colère ont envahi le Capitole. Des activistes de la droite dure américaine voyant d’un mauvais œil la démocratie électorale mettre à la porte Donald Trump. Beaucoup de ces « révolutionnaires » sont encore en procès.

Selon les journalistes de WIRED qui ont étudié ces affaires de près quelques mois plus tôt, les données de géolocalisation de Google ont permis d’arrêter 45 personnes qui étaient apparemment impliquées dans les manifestations.

Où je veux en venir ? Voici de quoi il s’agit. L’autre jour, ils ont publié des documents sur l’un des défendeurs. Sur la carte ci-dessous, vous pouvez voir 57 points qui enregistrent les mouvements d’une personne dans le bâtiment.

Si vous vous êtes déjà demandé comment des données précises vous concernant peuvent être collectées par toutes ces applications qui demandent l’accès à la géolocalisation, vous voici avec la réponse.

Le stalking, la malveillance amoureuse du 21e siècle ?

Une étude révèle que 61 % des adultes Français, âgés de 18 à 39 qui ont déjà été en couple, ont déjà stalké en ligne leur partenaire actuel ou leur ex.

Les résultats d’étude relative aux comportements d’harcèlement en ligne des consommateurs affiche des chiffres étonnant et inquiétant. Cette nouvelle étude met en lumière des différences générationnelles frappantes dans les tendances de cyberharcèlement des Français dans les relations amoureuses modernes. Plus de la moitié des Français de la génération Z et millienials (61 % des 18-39 ans) admettent avoir « stalké » en ligne leur ancien ou leur partenaire actuel, à leur insu, soit trois fois plus que les personnes de 40 ans et plus (18 %).

Traqueur né !

Près d’un tiers des Français (33 %) ayant déjà été en couple admet avoir « traquer » un ex ou un partenaire actuel en ligne en prenant de ses nouvelles à son insu et sans son consentement. Le plus alarmant ? 31 % des jeunes Français (18-39 ans) actuellement en couple estiment que leur partenaire est susceptible d’installer une application de stalking – autrement appelée « creepware » ou « stalkerware » – sur leur(s) appareil(s) pour surveiller ses activités numériques et passer en revue les textos, l’historique des appels téléphoniques, les messages directs, les e-mails et les photos. Ce chiffre est largement supérieur au pourcentage de Français âgés de 40 ans ou plus qui pensent la même chose (8 %). Parmi ceux qui ont admis avoir harcelé en ligne un partenaire actuel ou un ex , les principaux facteurs qui les auraient poussés à le faire, la curiosité (43 %) et le manque de confiance (30 %) se hissent en tête. 24% d’entre eux voulaient savoir avec qui ils étaient et 23% savoir ce qu’ils faisaient.

Les moins de 40, adepte du stalking ?

D’après Catherine Lejalle, chercheuse et sociologue sur les comportements des consommateurs en ligne « L’étude pointe des différences selon les âges et les genres. La pratique du stalking est plus forte chez les moins de quarante ans et chez les hommes. Or, elle s’inscrit dans un contexte sociétal où les valeurs phares sont la transparence et l’absence d’engagement. L’étude montre que les pratiques sont en dissonance avec les discours. Prôner la transparence et mettre en scène sa vie sur les réseaux sociaux permettent-ils de garder une part cachée en coulisses qui donne à l’autre le sentiment qu’on lui échappe ? Chanter la liberté et l’ouverture dans le couple est-il compatible avec le besoin ontologique de réassurance qui sommeille en chacun de nous ? L’étude suggère des réponses tranchées à ces deux interrogations. »

Ces nouvelles conclusions sont publiées dans le 2021 Norton Cyber Safety Insights Report (NCSIR). Réalisé en partenariat avec The Harris Poll, ce rapport a interrogé plus de 10 000 personnes dans 10 pays , dont 1 000 adultes Français, afin d’évaluer les habitudes en ligne des consommateurs et les domaines dans lesquels elles peuvent dévier vers le cyberharcèlement.

« Nous émettons des avertissements à l’intention de nos clients pour les prévenir de la présence d’applications de stalkerware potentielles sur leurs appareils. Notre dernière étude des menaces montre que l’utilisation de cette technologie invasive ne cesse de croître. Entre septembre 2020 et mai 2021, notre équipe de recherche a constaté́ une hausse de 63 % du nombre d’appareils infectés par des stalkerwares, soit l’équivalent de plus de 250 000 appareils compromis« , explique Kevin Roundy, directeur technique et spécialiste des stalkerwares au sein de la division de recherche de NortonLifeLock, Norton Labs.

Le stalkerware est une technologie disponible dans le commerce, qui peut être installée sur un appareil afin de surveiller l’activité à l’insu de l’utilisateur. Il faut généralement qu’une personne ait un accès physique à un appareil pour l’installer. Le stalkerware consomme la plupart du temps beaucoup d’énergie et de données et peut donc se faire remarquer en ralentissant les performances de l’appareil, en épuisant la batterie ou en augmentant la consommation de données. Si vous suspectez un stalkerware, il est indispensable de vérifier les paramètres et les autorisations de l’appareil pour vérifier si des applications inconnues ont accès à des éléments personnels tels que la localisation et le microphone, ou si des applications inconnues sont présentes sur l’appareil.

Inoffensif de stalker son partenaire ?

Les résultats du rapport démontrent qu’environ un tiers des Français âgés de 18 à 39 ans (31 %) estiment qu’il est inoffensif de stalker son partenaire actuel ou un ancien partenaire, soit deux fois plus que les Français de plus de 40 ans et plus qui sont de cet avis (15 %). Plus de la moitié des jeunes Français (52 %) cautionnent le stalking en ligne si l’un des partenaires ou les deux ont été infidèles ou sont soupçonnés de l’être et admettent qu’ils seraient plus susceptibles de stalker à leur tour un amant ou un ex s’ils savaient qu’ils ne se feraient pas prendre.(36 %). Il convient de noter que près de deux Français sur dix âgés de 18 à 39 ans et ayant déjà eu une relation amoureuse (17 %) admettent avoir utilisé les appareils ou les applications de santé de leur partenaire pour surveiller secrètement leur activité physique. On estime que 2,6 millions de personnes en France (5 % des adultes) ont utilisé un logiciel de harcèlement ou un logiciel de repérage, ce qui illustre l’ampleur du problème.

La familiarité avec le « stalkerware » ou « creepware » est faible. En France, 8 % en sont familiers, 23% en ont seulement entendu le nom et 68 % n’en ont jamais entendu parler, mais les jeunes adultes sont beaucoup plus susceptibles que leurs homologues plus âgés d’en être familiers (19 % chez les moins de 40 ans contre 3 % chez les 40 ans et plus). Consulter le téléphone de son partenaire (17%) et leur navigateur de recherche (15%) sont les formes les plus courantes de stalking en ligne chez les Français qui ont été en couple.

En France, les hommes sont presque deux fois plus susceptibles que les femmes d’utiliser des applications invasives pour espionner leur partenaire. 8 % des hommes qui ont été en couple ont utilisé un creepware ou un stalkerware pour surveiller le téléphone de leur ex ou de leur partenaire actuel, contre seulement 4 % des femmes. • À travers le monde2, le stalking en ligne est une pratique courante. 34 % des consommateurs ayant déjà vécus une relation amoureuse admettent avoir stalké leur ex ou leur partenaire actuel, et plus d’un tiers des Français (33 %) ont admis avoir adopté ce comportement.

Pour quelques dollars des sociétés donnent accés aux données d’internautes aux services secrets US

La société Babel Street est spécialisée dans le marketing digital. Ses outils permettent de suivre les internautes afin de leur proposer des promotions ciblées. L’entreprise a vendu des  informations collectées aux services secrets américains.

Pendant que l’Oncle Sam hurle à qui veut l’entendre que la Chine, la Russie, … sont des adeptes de la surveillance numérique globalisée (ce qui n’est pas faux), la Maison Blanche n’est pas si clean qu’elle tente de le faire croire. Le journal Vice vient d’expliquer comment les services secrets des États-Unis (USSS) ont signé un accord avec la société Babel Street afin d’exploiter les données de géolocalisation proposée par son outil « Locate X« .

Babel Street est un spécialiste du marketing digital. Locate X permet de suivre les déplacements d’un téléphone, et cela de manière anonyme. Un contrat de 2 millions de dollars.

Locate X utilise les informations générées par des applications installées dans les mobiles. Le hic! est que les services secrets américains n’avaient aucune autorisation d’exploiter les données en question. Un contrat d’un an, entre septembre 2017 et septembre 2018.

D’autres agences américaines ont acquis le même type de « technologie » comme celle de la société Venntel explique le Wall Street journal.

De quoi regarder la moindre application proposant une géolocalisation d’un autre œil.

Olvid, une messagerie sécurisée made in Europe

Olvid, un nouvel outil de sécurisation de vos conversations. Mission : chiffrer vos messages mobiles sans risque de fuite de données !

Depuis quelques jours nous testons Olvid, un outil dédié aux smartphones (Android, iOS). Mission d’Olvid, permettre de communiquer avec ses collègues, proches, familles en mode chiffré.

Une application lancée en décembre 2018 sous l’impulsion de deux docteurs en cryptographie : Thomas Baignères et Matthieu Finiasz.

Olvid est sous la « protection » d’Agoranov, un incubateur fondé par l’ENS, Paristech, Dauphine Université Paris, Sorbonne Université, Inria et sponsorisé par le Ministère de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation, l’Île de France, la Mairie de Paris et le Fonds social européen de l’Union européenne. A noter que Matthieu Finiasz est enseignant pour ENSTA-ParisTech.

Olvid

Il existe déjà de nombreux outils tels que Whatsapp (à bannir), Telegram (méfiance, on ne connait pas le code source et il semble exister une master key), Signal, … Olvid annonce être différent. Aucune trace sur les serveurs. Pas de fuite de données, pas d’espionnage, pas de données personnelles, anonymat complet. La versoin 0.7.3 pour Android ne dépasse pas les 6Mo.

Sécurisé, oui mais …

Bon, pour être très honnête, l’espionnage reste possible dans la mesure ou un logiciel espion a été installé dans votre appareil, à l’image de Cerberus. Mais le problème viendrait de la non maîtrise de votre téléphone, pas d’Olvid.

En ce qui concerne les communications, plus de risque. Le chiffrement rend illisible les conversations. « Contrairement à l’intégralité des autres messageries, la sécurité de vos communications ne dépend plus d’un serveur. explique les fondateurs de cet outil. Notre serveur se fait hacker ? Peu importe… la sécurité des communications est préservée. »

A tester sans attendre

L’outil réclame quatre informations nom, prénom, société et votre poste au sein de cette société. Vous pouvez, bien évidement mettre ce que bon vous semble. Une fois les données enregistrée, l’application produit un QRCode. Une information à transmettre à vos contacts par mail. Votre correspondant, qui doit installer sur son smartphone Olvid, photographie le QRCode reçu, si ce dernier reçoit l’invitation via un courriel lu sur un ordinateur. Un lien permet d’accéder directement au répertoire Olvid.

Aucun numéro de téléphone, adresse mail ne sont réclamés. Bref, seuls vos contacts autorisés connaissent votre présence dans l’outil.

Olvid est gratuite pour le moment. La bonne occasion de le tester (Android / iOS).

Vulnérabilité dans les applications Xiaomi

Les smartphones sont généralement fournis avec des applications préinstallées, dont certaines sont utiles et d’autres ne sont jamais utilisées. Un utilisateur ne s’attend toutefois pas à ce qu’une application préinstallée soit réellement dommageable pour sa vie privée et sa sécurité.

Check Point Research a récemment découvert une vulnérabilité dans l’une des applications préinstallées de Xiaomi, l’un des plus importants fabricants de téléphones mobiles au monde, qui avec près de 8 % de parts de marché en 2018, se classe troisième sur le marché de la téléphonie mobile. Ironiquement, l’application de sécurité préinstallée « Guard Provider », qui est censée protéger les téléphones contre les logiciels malveillants, expose les utilisateurs à des attaques.

En raison de la nature non sécurisée du trafic réseau entre Guard Provider et les différents SDK utilisés par l’application, un pirate pourrait se connecter au même réseau wifi que la victime et déclencher une attaque de type Man-in-the-Middle. Des failles dans les communications entre les différents SDK permettraient au pirate d’injecter n’importe quel logiciel malveillant de son choix, par exemple pour dérober des mots de passe ou surveiller les activités de l’utilisateur, un logiciel rançonneur ou tout autre type de logiciel malveillant. Pour plus de détails techniques, veuillez consulter Check Point Research.

Comme toutes les applications préinstallées telles que Guard Provider, ce type d’application est présent sur tous les appareils mobiles et ne peut être supprimé. Conformément à sa politique de communication responsable, Check Point a notifié Xiaomi, qui a publié un correctif peu de temps après.

Les avantages et les inconvénients des SDK

 Un kit de développement logiciel (SDK) est un ensemble d’outils de programmation permettant aux développeurs de créer des applications pour une plate-forme spécifique. Dans le cas des appareils mobiles, les SDK mobiles permettent aux développeurs de gagner du temps en leur évitant d’avoir « à réinventer la roue » et d’améliorer la stabilité du back-end pour les fonctionnalités qui ne sont pas liées au cœur de leur application.

À mesure que le développement de SDK s’accroit, de nouvelles opportunités d’apporter de meilleures fonctionnalités à leurs utilisateurs se présentent aux développeurs d’applications.

Mais lorsque de plus en plus de codes tiers s’ajoutent à une application, les efforts pour maintenir la stabilité de son environnement de production, protéger les données des utilisateurs et contrôler les performances, deviennent beaucoup plus complexes.

SDK fatigue

On emploie le terme « d’usure par SDK » (de l’anglais « SDK fatigue ») pour décrire cette utilisation accrue de plusieurs SDK au sein de la même application, qui rend l’application plus vulnérable à des problèmes de plantage, de virus, de logiciels malveillants, de failles de confidentialité, de consommation d’énergie, de ralentissement et bien d’autres problèmes.

Les inconvénients cachés de l’utilisation de plusieurs SDK au sein d’une même application résident dans le fait qu’ils partagent tous le contexte et les autorisations de l’application. Ces principaux inconvénients sont :

  1. Un problème dans un SDK compromettant la protection de tous les autres.
  2. Les données de stockage privées d’un SDK ne peuvent pas être isolées et sont donc accessibles à un autre SDK.

Selon un rapport récent, l’utilisation de plusieurs SDK dans une seule application est beaucoup plus courante qu’on ne le pense. Plus de 18 SDK sont implémentés en moyenne dans la même application. Ce faisant, les développeurs exposent les entreprises et les utilisateurs à des dangers potentiels qui peuvent être exploités par les pirates pour perturber le fonctionnement normal des appareils.

2 + 2 n’est pas toujours = à 4

Le personnel de sécurité informatique d’une entreprise n’est pas censé connaître les tenants et les aboutissants des kits de développement logiciel (SDK) utilisés pour créer les applications que les employés installent éventuellement sur leurs appareils. Il est cependant important de savoir que la façon dont les applications sont développées peut comporter des risques pour la sécurité. On pourrait supposer que les éléments utilisés dans une application de sécurité sont sécurisés, mais comme le montre la vulnérabilité dans les applications préinstallées de Xiaomi, c’est loin d’être le cas.

Les développeurs et les entreprises doivent également comprendre qu’un élément sécurisé associé à un autre élément sécurisé dans une application sur un téléphone ne signifie pas nécessairement que l’ensemble restera sécurisé lorsque ces deux éléments seront mis en œuvre conjointement.

La seule défense contre ces menaces cachées et obscures consiste à garantir que le parc d’appareils mobiles de votre entreprise est protégé contre les attaques de type Man-in-the-Middle.

Anubis : cheval de Troie bancaire décortiqué

Anubis 2 est apparu dans le « paysage des menaces » en 2017 en tant que cheval de Troie bancaire en location (disponible pour les fraudeurs dans des forums undergrounds), l’auteur et créateur du malware se surnomme « maza-in ». Si ce dernier a disparu des radars, son outil malveillant est toujours en action.

En tant que malware bancaire, Anubis incite ses victimes à fournir des informations personnelles et sensibles, telles que les logins bancaires, des codes de sécurité bancaire et même des informations de carte de crédit. Mais ce logiciel malveillant va au-delà des attaques « overlay » bien connues, utilisées par les chevaux de Troie bancaires, car il combine des fonctionnalités avancées telles que le streaming d’écran du téléphoné infecté, l’accès à tous les fichiers à distance, l’enregistrement sonore, le key-logging et même un proxy réseau, ce qui en fait un malware bancaire efficace, mais également un potentiel outil pour espionnage.

D’un point de vue opérationnel, Anubis peut être considéré comme l’un des chevaux de Troie bancaires Android les plus utilisés depuis fin 2017. En ce qui concerne les banques Françaises, les suivantes sont ciblées : Axa, Banque Populaire, BNP Paribas, Boursorama, Caisse d’Épargne, Crédit Agricole, Crédit Mutuel, LCL, Palatine ou encore la Société Générale.

L’auteur a disparu, par son code malveillant

Au cours du premier trimestre 2019, l’auteur et créateur du cheval de Troie a disparu, laissant les clients existants sans assistance ni mises à jour; mais le risque demeure et pourrait même augmenter. Les campagnes d’infection d’Anubis comptent parmi les plus importantes jamais enregistrées pour les malwares bancaires : De nombreuses victimes ne sont pas conscientes du fait que le malware ne se déguise pas comme l’app de la banque, il se déguise principalement en tant qu’application tierce et reste inaperçu par les usagers. Anubis se fait par exemple passer pour : de faux jeux mobiles, de fausses mises à jour de logiciels, de fausses applications postales, de fausses applications Flash Player, de fausses applications utilitaires, de faux navigateurs et même de fausses applications de réseau social et de communication.

Les caractéristiques du cheval de Troie en font une menace importante : Habituellement, les chevaux de Troie bancaires effectuent principalement des attaques de type « overlay » afin de collecter les informations personnelles puis volent les SMS pour acquérir les codes bancaires, mais Anubis va plus loin que ça avec la streaming de l’écran du téléphone infecté, l’accès de fichiers à distance (accès au stockage du téléphone), l’enregistrement sonore, le key-loggign et même un proxy réseau (permettant au criminel de se connecter à la banque via le téléphone infecté).

300 banques dans le monde ciblées

Les campagnes d’infection d’Anubis ciblent en moyenne, plus de 300 banques dans le monde: La liste observée dans les campagnes Anubis contient environ 360 cibles, contenant la plupart des banques les plus grandes et les plus connues dans le monde, mais également des applications de communication et de réseautage social largement utilisées, ce qui signifie que personne n’est vraiment protégée, car même si une victime ne fait pas de banque en ligne le malware abusera d’autres applications (Liste complète de cibles en Annexe du blog).

Les malware qui deviennent orphelins ne sont pas toujours un bon signe : Beaucoup de gens pourraient penser que lorsque le propriétaire / auteur du malware disparaît, les opérations s’arrêtent… Malheureusement, ce n’est pas toujours le cas, surtout pas avec Anubis. Bien que l’acteur ait disparu, le cheval de Troie est toujours actif et le pire est que son code a été divulgué/fuit, ce qui pourrait amener de nombreux autres criminels à utiliser le programme malveillant. Toute l’analyse complète à découvrir sur Threat fabric.