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Hidden Lynx : des pirates professionnels qui vendent leurs services

Hidden Lynx : des pirates professionnels qui vendent leurs services. Par Security Response pour datasecuritybreach.fr. Ces dernières années, des rapports ont été régulièrement publiés sur les activités d’acteurs du Web responsables de diverses attaques ciblées et d’APT (Advanced Persistent Threats), ou menaces avancées persistantes. Symantec a enquêté sur un groupe de pirates qui compte parmi les plus performants. Il a été surnommé « Hidden Lynx », suite à une chaîne de script trouvée dans les communications des serveurs de commande et de contrôle. Ce groupe est plus motivé et dynamique que les autres groupes bien connus tels que APT1/Comment Crew. Il se caractérise par les éléments suivants : prouesse technique ; agilité ; organisation ; ingéniosité et patience.   Les compétences du groupe se sont illustrées lors de campagnes incessantes menées simultanément contre plusieurs cibles sur une longue période de temps. Ces pirates ont été les premiers à utiliser la technique du « trou d’eau » – « watering hole » en anglais – pour piéger leurs cibles. Ils accèdent rapidement aux failles « zero-day », et disposent de la ténacité et de la patience du chasseur intelligent qui compromet  la chaîne logistique afin d’atteindre sa véritable cible. Ces attaques contre la chaîne logistique consistent à infecter les ordinateurs d’un fournisseur de l’entreprise visée, dans l’attente que les ordinateurs infectés soient installés chez la cible et communiquent avec des ordinateurs distants. Ce sont clairement des actions froidement préméditées plutôt que des incursions impulsives d’amateurs.

Ce groupe ne se limite pas seulement à quelques cibles, mais vise des centaines d’entreprises différentes dans de nombreuses régions, même simultanément. Étant donné la diversité et le nombre des cibles et des régions concernées, Symantec en déduit que ce groupe est très probablement une organisation professionnelle de pirates qui louent ses services à des clients souhaitant obtenir des informations. Ils volent à la demande ce qui intéresse leurs clients, quelle qu’en soit la nature, d’où le large éventail de cibles.

Symantec pense également que pour mener des attaques de cette envergure, le groupe doit disposer d’un nombre considérable d’experts en piratage. Symantec estime que 50 à 100 opérateurs sont employés et répartis en au moins deux équipes distinctes, chargées de mener différentes activités à l’aide d’outils et de techniques divers. Ces types d’attaque nécessitent du temps et du travail. Certaines campagnes impliquent de rechercher et de collecter des renseignements avant de pouvoir mettre au point une attaque fructueuse.

Une équipe en première ligne utilise les outils disponibles ainsi que des techniques de base, mais suffisamment efficaces pour attaquer plusieurs cibles différentes. Elle peut également collecter des informations. Nous l’appelons l’équipe Moudoor, d’après le nom du cheval de Troie qu’elle utilise. Moudoor est un cheval de Troie de porte dérobée que l’équipe emploie largement sans se soucier de sa découverte par les spécialistes de la sécurité. L’autre équipe agit comme une unité d’opérations spéciales, composée de membres d’élite qui infiltrent les cibles les plus précieuses ou les plus robustes. Cette équipe utilise un cheval de Troie nommé Naid et, en conséquence, nous la définissons comme l’équipe Naid. Contrairement à Moudoor, le cheval de Troie Naid est utilisé avec parcimonie et prudence pour éviter qu’il ne soit détecté et bloqué, comme une arme secrète utilisée uniquement lorsque l’échec n’est pas envisageable.

Depuis 2011, Symantec a observé au moins six campagnes importantes menées par ce groupe. La plus remarquable d’entre elles est l’attaque VOHO de juin 2012. L’aspect intéressant de cette action était l’utilisation d’attaques de type « watering hole » (« trou d’eau ») destinée à compromettre la fiabilité des fichiers Bit9 pour la signature d’infrastructure. La campagne VOHO visait les fournisseurs de l’armée américaine dont les systèmes étaient protégés par une solution de protection de Bit9, mais lorsque l’attaque des pirates Hidden Lynx a été bloquée par cet obstacle, ils ont reconsidéré leur approche et estimé que la meilleure façon de contourner ce logiciel était de compromettre le cœur du système de protection proprement dit pour l’exploiter à leurs fins. C’est exactement ce qu’ils ont fait en se concentrant sur Bit9 et en pénétrant ses systèmes. Les pirates se sont alors rapidement introduits dans l’infrastructure de signature de fichier sur laquelle repose le modèle de protection de Bit9, et ont utilisé ce système pour signer un certain nombre de fichiers malveillants. Ils ont ensuite utilisé ces fichiers pour compromettre leurs cibles.

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