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La sécurité des données des services financiers passera par le cloud

Le secteur des Services financiers se tourne progressivement vers le cloud afin de proposer de nouveaux produits, services et offres personnalisées sans avoir à concéder d’investissements initiaux de capitaux. Malgré cela, l’idée de céder le contrôle de son infrastructure et de ses données clients sensibles à des fournisseurs de services cloud suscite encore des inquiétudes, notamment vis-à-vis des risques de conformité et de sécurité. On constate néanmoins les prémices d’un changement.

Suite à la dernière décision de la Competition and Markets Authority (CMA) visant à stimuler la concurrence dans le secteur bancaire, les établissements sont désormais tenus de numériser complètement leurs systèmes d’ici 2018. Ce jugement intervient après que la Financial Conduct Authority (FCA) a ouvert la voie pour que l’ensemble du secteur puisse tirer parti du cloud tant que les « mesures de protection appropriées » seront en place. Le cloud computing est donc amené à occuper une place de choix dans l’avenir de l’industrie bancaire.

En revanche, son adoption non sécurisée présente des risques énormes pour les sociétés de services financiers, avec notamment des dégâts potentiels considérables aux niveaux opérationnel et de leur réputation. Près de 20 millions de documents financiers auraient ainsi fait l’objet de fuites en 2015. Pour tirer pleinement parti de solutions cloud, les organisations du secteur et leurs clients doivent avoir l’assurance que leurs données sensibles soient en sûreté. Les premiers avertissements sont d’ailleurs clairs : le dernier rapport Shadow Data de Blue Coat a révélé que 87 % des applications cloud utilisées par les entreprises ne chiffrent pas correctement leurs données. Cela pose un problème de taille pour le secteur des services financiers, dont 85 % des données sensibles sont stockées dans les nuages. Pour tirer pleinement parti de ces solutions, ces organisations et leurs clients doivent avoir l’assurance que leurs données sensibles soient en sûreté.

Des données personnelles prêtes pour le cloud
Les sociétés de services financiers se tournent aujourd’hui vers le cloud pour remplacer leurs systèmes traditionnels et optimiser leurs opérations. Beaucoup sont actuellement en train d’y migrer différentes fonctions de manière à bénéficier de fonctionnalités de pointe, et d’une évolutivité et d’une flexibilité de premier plan. Ces organisations espèrent en effet profiter de l’association de fonctionnalités internes et propriétaires avec des systèmes cloud grâce à des API dernier cri.

Compte tenu des enjeux, nombreuses sont celles qui font preuve de prudence à l’idée de céder les données clients sensibles actuellement sur leurs systèmes locaux traditionnels à des fournisseurs de services cloud. Elles s’interrogent notamment et à juste titre sur la capacité de ces derniers à gérer de façon adéquate l’emplacement destiné au stockage et au traitement de ces données.

Toute incapacité à garantir leur sécurité des données nuit en effet considérablement à la confidentialité, et augmente les risques de sécurité informatique et de conformité. Les fuites et les incidents de sécurités concernant des données réglementées peuvent aussi être à l’origine de coûts élevés, de sanctions et de risques pour la réputation des entreprises. Selon l’enquête 2016 Cost of Data Breach Study pubiée par Ponemon, le coût moyen d’une fuite par document dans le secteur financier s’élève à 221 $, soit plus que les 158 $ perdus en moyenne par les autres secteurs. En outre, de nouvelles réglementations, comme le Règlement général européen sur la protection des données (GDPR), obligent les sociétés du secteur à alerter les clients affectés par une fuite de données. Les dégâts causés à ces marques peuvent alors se traduire en pertes de bénéfices et de capitaux.

Sécuriser les données sensibles dans le cloud
Les organisations souhaitant sécuriser leurs informations clients sensibles de façon optimale doivent identifier celles pouvant résider sans problème dans le cloud. Les données sensibles ou réglementées doivent ainsi être classées en vertu de leurs niveaux de sensibilité. Des audits peuvent être effectués par la suite afin de confirmer que les stratégies de sécurité et de maîtrise des risques proposées ont été mises en place. Cependant, les organisations doivent pour cela s’assurer d’avoir une visibilité, et le contrôle des données dans le cloud. Mais la plupart d’entre elles n’ont malheureusement pas les ressources techniques nécessaires. Impossible de réaliser des audits ou d’effectuer des classifications de données lorsque l’on n’est même pas en mesure de déterminer quelles données sont envoyées vers le cloud.

Il est nécessaire de définir les règles et de gérer l’accès aux données sensibles issues des systèmes, processus et individus. Pour sélectionner les systèmes de contrôle appropriés et assurer ainsi la protection des données confidentielles accédées via le cloud, les équipes informatiques et de conformité doivent établir le parcours des informations tandis qu’une variété d’applications et d’individus y accèdent et les traitent à différentes fins.

Enfin, toutes les organisations devraient avoir des stratégies de confidentialité et de sécurité concises, afin notamment de distinguer les données à protéger des autres. Il est par ailleurs crucial que ces pratiques internes, conçues pour garantir le contrôle des données, ne soient pas contournées ou compromises, en particulier lors du partage via un fournisseur de services cloud.

Plus qu’un effort symbolique
Les données doivent impérativement être sécurisées lors de leur transit vers et en depuis le cloud, ainsi que lors de leur traitement dans le cloud, comme c’est généralement le cas. Elles doivent également l’être pendant qu’elles sont « au repos » (stockées) et « en mouvement » (en transit entre l’utilisateur et l’application cloud). La principale problématique pour les entreprises réside souvent au niveau du service lui-même. Mais les organisations doivent malgré tout s’assurer que les données envoyées vers le cloud soient protégées « en mouvement », avec des technologies de chiffrement et de tokénisation tout au long du traitement dans les nuages.

Le chiffrement encode les données de sorte que seules les parties autorisées puissent les lire. Il s’agit de la technologie standard de protection des données. Bien qu’il ne permette pas d’éviter leur interception, le chiffrement renforcé empêche aux individus non autorisés de les visualiser. Afin de respecter les meilleures pratiques en la matière, les organisations doivent adopter une forme de chiffrement reconnue et établie. Enfin, bien que les données chiffrées soient protégées, les organisations doivent tenir compte du fait que la nature réversible de ce processus permet de dévoiler les valeurs des données originales en cas de compromission de la clé de chiffrement.

Avec la tokénisation, les champs des données se voient attribuer une valeur de substitution appelée token (jeton). Lorsque les données doivent être lues, ce jeton est de nouveau remplacé par la valeur à laquelle elles sont associées. Le principal avantage de la tokénisation est qu’elle supprime entièrement les données originales du document ou de la forme une fois qu’elles quittent le réseau. Tout lien mathématique entre la valeur du jeton de remplacement et les données sensibles originales est ainsi supprimé. Contrairement aux données chiffrées, il est impossible d’intercepter des données dans le cloud et de pirater un jeton afin d’en révéler le contenu, car les données ne sont en réalité pas présentes. Cette approche offre également d’énormes bénéfices en matière de respect des règles de conformité sur la localisation des données.

Faire face aux problématiques actuelles
Beaucoup de sociétés de services financiers semblent hésiter à tirer parti des nouvelles fonctionnalités d’applications cloud de premier plan par crainte à l’idée de laisser le contrôle de leurs données sensibles et précieuses à un tiers. Il est aisé de comprendre pourquoi compte tenu des répercussions potentielles. Les solutions de sécurisation des applications cloud (CASB) et les plateformes de protection des données cloud telles que Blue Coat Elastica (qui appartient désormais à Symantec) aident à apaiser certaines de ces inquiétudes.

Ces plateformes constituent une solution de sécurité flexible grâce à laquelle les entreprises peuvent protéger leurs informations sensibles avant qu’elles ne quittent leur réseau. Elles leur permettent également d’identifier et de contrôler les données partagées dans l’ensemble de leur organisation par leurs salariés au sein d’applications cloud. Les solutions de protection des données cloud en assurent la sécurité en chiffrant et en tokénisant les informations sensibles. En les associant à d’imposants protocoles de sécurité dédiés, les organisations seront en mesure de maintenir leurs services cloud et de faire preuve de l’évolutivité réclamée par leurs utilisateurs. Il est difficile de prédire l’avenir, mais une chose est sûre : celui des banques passera par le cloud. (Par Robert Arandjelovic, directeur de la stratégie de sécurité de Blue Coat)

Les attaques DDoS migrent vers le cloud des grands providers

Comme la plupart des “services” les attaques informatique migrent vers le cloud.

Selon Radware, la dernière tendance sur la scène du piratage international consiste utiliser les plateformes Cloud de grand fournisseurs tels que Amazon Web Services, Google ou Microsoft afin de déployer des attaques de déni de service (DDoS) à très grande échelle. Les pirates utilisent par ailleurs ces services pour mettre en œuvre des attaques de type “phishing” ainsi que d’autres activités malveillantes visant à leurrer ou contaminer les API (interfaces de programmation applicative) publiques  de manière en modifier le comportement, à les utiliser pour cacher des scripts, du codes, des fichiers malveillants etc.

En seulement quelques heures, les pirates sont alors susceptibles de “charger” des scripts d’attaque et de lancer des assauts. Les organisations qui utilisent ces plateformes cloud pour la conduite de leurs activités sont alors confrontés à un risque majeur concernant leur sécurité puisqu’ils ne peuvent pas bloquer la communication avec ces plateformes de nuage public.

Les pirates utilisent des plateformes cloud pour deux raisons: le volume et la dissimulation. Il existe des contextes d’utilisation spécifiques où une connection permanente est établie entre le réseau interne d’une entreprise et ses applications cloud.” indique Ben Zilberman, de chez Radware. “Dans ce type de scénario, si une attaque est lancée depuis le fournisseur de services cloud cela représente un véritable défi en terme de défense et de protection. La solutions de sécurité doit être suffisamment intelligente distinguer le trafic légitime du malveillant. Si les hackers parviennent à tirer parti de la puissance de grands fournisseurs de cloud publics pour effectuer des attaques par déni de service, leur seule limite est le budget dont ils disposent !

Les citoyens européens : à qui confient-ils leurs données ?

Hébergement d’informations professionnelles dans le cloud – Une enquête révèle la méfiance des salariés de l’Union européenne vis-à-vis du stockage ou de l’hébergement d’informations professionnelles dans le cloud. La France est le pays où les applications cloud sont les plus populaires au travail : 64%.

Hébergement d’informations professionnelles dans le cloud – Blue Coat Systems, Inc. fournisseur de solutions avancées de sécurité du Web pour les entreprises et administrations publiques du monde entier, présente les résultats d’une enquête en ligne, sur l’ hébergement d’informations professionnelles dans le cloud menée auprès de 3 130 professionnels d’une variété de secteurs au Royaume-Uni, en France et en Allemagne. À l’aube du référendum de cette semaine sur le Brexit, l’enquête s’est intéressée au niveau de confiance des professionnels vis-à-vis d’États faisant ou non partie de l’Union européenne pour le stockage ou l’hébergement d’informations professionnelles sur des services cloud tels que Gmail, Dropbox et Box. Les résultats indiquent qu’ils préfèrent confier leurs données à leurs voisins européens plutôt qu’à des pays en dehors de l’UE.

Des citoyens du Royaume-Uni, de France et d’Allemagne ont été interrogés quant aux pays auxquels ils font confiance pour stocker ou héberger des informations professionnelles dans le cloud en toute sécurité. Avec le vote sur le « Brexit » prévu cette semaine et avec l’entrée en vigueur le 25 mai 2018 de la réglementation GDPR (General Data Protection Regulations), la question de l’emplacement de stockage/d’hébergement des données est un sujet brûlant pour les organisations au service du demi-milliard de citoyens résidant actuellement dans l’UE.

L’enquête révèle que 46 % des personnes interrogées seraient disposés à confier leurs données professionnelles à un pays de l’UE. Seuls 18 % accorderaient cette confiance à un pays en dehors de l’UE. En outre, plus d’un tiers des répondants (36 %) ne confieraient le stockage ou l’hébergement de leurs données dans le cloud à aucun pays en particulier. Les principaux enseignements de l’enquête :

La France championne de l’usage des applications cloud
Les résultats montrent que 53 % des salariés britanniques, allemands et français utilisent des applications cloud au travail. Et c’est en France que celles-ci sont le plus populaires avec 64 % des répondants, soit plus qu’au Royaume-Uni (49 %) ou en Allemagne (47 %).

L’utilisation du cloud stimulée par la génération Y
L’utilisation du cloud au travail se fait principalement sous l’impulsion de la génération Y : 63 % des 18-24 ans s’en servent au travail, contre 59 % des 25-34 ans, 55 % des 35-44 ans, 48 % des 45-54 ans et 47 % des 55 ans et plus.

Moins de méfiance de la part des jeunes salariés pour l’ hébergement d’informations professionnelles dans le cloud
L’enquête révèle que les salariés les plus jeunes font davantage confiance aux pays de l’Union européenne pour le stockage d’informations dans le cloud, ce qui confirme les résultats d’autres sondages suggérant que les jeunes sont plus enclins à voter pour rester dans l’UE. Les 18-24 ans sont en effet ceux qui font le plus confiance aux États de l’UE (55 %, contre 36 % des individus âgés d’au moins 55 ans). Les employés d’au moins 55 ans se montrent par ailleurs plus méfiants en général : 47 % d’entre eux ne confieraient le stockage de leurs données cloud à aucun pays, contre 24 % des 18-24 ans.

Les Britanniques font davantage confiance aux pays de l’UE
Hébergement d’informations professionnelles dans le cloud – Alors que seuls 22 % des salariés de pays en dehors de l’Union européenne seraient prêts à héberger leurs données dans des pays de l’UE, ce pourcentage est presque deux fois plus important pour les salariés du Royaume-Uni (40 %).

Le pourcentage de Britanniques prêts à faire confiance à un État de l’UE est ainsi plus élevé que celui des citoyens enclins à faire confiance au Royaume-Uni (38 %) pour stocker leurs données dans le cloud.

L’Allemagne représente le pays d’UE préféré de l’ensemble des personnes interrogées avec 26 % de répondants satisfaits du fait que leurs données y résident. S’ensuivent la France avec 21 % des répondants et le Royaume-Uni à 20 %.

De l’autre côté, le pays d’Union européenne suscitant le plus de méfiance est l’Espagne. Seuls 6 % des personnes interrogées sont disposées à y stocker leurs données.

Outre leur propre pays, il apparaît que les répondants britanniques font davantage confiance à l’Allemagne (18 %) et à la Suède (18 %) qu’à n’importe quel autre pays d’Union européenne.

Les Allemands sont les plus méfiants envers les autres pays
Les salariés allemands font davantage confiance à leur pays qu’aux autres (43 %). La Suède apparaît pour eux comme le deuxième le plus sûr (14 % des répondants). En contrepartie, seuls 7 % et 3 % d’entre eux respectivement font confiance au Royaume-Uni et à l’Espagne. Les salariés français préfèrent eux aussi garder leurs données dans leur pays (45 %). Leurs autres choix préférentiels sont l’Allemagne (16 %) et la Suède (14 %).

Une méfiance vis-à-vis des États-Unis
Les résultats de l’enquête révèlent que la majorité des salariés d’Union européenne interrogés ne font pas confiance aux États-Unis pour stocker ou héberger leurs données. Cet élément tend à démontrer que les décisions de la Cour de justice de l’Union européenne invalidant l’accord Safe Harbour bénéficient du soutien des citoyens européens. Seuls 9 % des répondants pourraient stocker ou héberger leurs données aux USA.

Les Britanniques sont plus confiants envers les États-Unis (13 %) que les Français et les Allemands ; ces derniers ne sont que 3 % à ne pas se montrer méfiants envers les clouds américains. En dehors de l’Union européenne, le pays suscitant le plus de méfiance est la Chine (1 % des répondants). L’Afrique du Sud (2 %), la Russie (2 %) et le Brésil (2 %) sont également retenus par une minorité de répondants.

Cloud : 10 recommandations pour maîtriser les risques

Face à l’adoption massive des offres Cloud, le Club des Experts de la Sécurité de l’Information et du Numérique se mobilise et entend diffuser quelques bonnes pratiques avant de « confier les clés ».

Le Cesin a mobilisé 130 de ses membres, soit la moitié de ses adhérents autour de la thématique du Cloud et des bonnes pratiques en matière de sécurité. Face à l’explosion du phénomène d’externalisation des données, il est fondamental pour le Cesin d’adopter une gestion des risques et de sécurité adaptée pour continuer d’assurer une protection efficace et cohérente des données de l’entreprise.

Selon les résultats du baromètre Cesin-OpinionWay 2016, 85% des entreprises stockent des données dans un Cloud. Si la pratique tend à se banaliser, face aux enjeux induits par l’émergence des offres disponibles sur le marché, le Cesin met en garde les dirigeants d’entreprises contre certaines dérives. L’association a confronté ses membres et un panel de spécialistes, dont l’Anssi, la CNIL et des juristes spécialisés, afin d’élaborer 10 recommandations issues de la réflexion et du partage d’expériences.

Longtemps cantonné aux recours ponctuels à des services SaaS, parfois directement par les métiers sans passer par la DSI, les grandes décisions désormais d’actualité en matière d’externalisation massives de données dans le Cloud entrainent une profonde évolution du SI de l’entreprise et des métiers qui le gèrent. Une des grandes tendances constatées ces derniers mois par le Cesin, concerne les projets de migration vers Office 365. En cas de recours à l’option Cloud, cette migration pose des interrogations cruciales puisqu’elle modifie à la fois les usages, une partie de la stratégie de la DSI, les politiques de sécurité des systèmes d’information (PSSI) et leurs modes de contrôle.

Alain Bouillé, Président du Cesin, indique que : « L’arbitrage des opportunités versus risques doit être pris au niveau le plus haut de l’entreprise car les données concernées sont bel et bien des données cœur de métier. »

Les débats ont amené plusieurs pistes de réflexion portant sur la localisation des données, qui se heurte aux réglementations européennes, leur protection liée à une exposition nouvelle dans des clouds publics, le niveau de sécurité proposé par l’éditeur pas toujours à la hauteur des enjeux des plus exigeants, la perte de maitrise en matière de traçabilité des actions, la négociation des contrats avec les géants de cette industrie, qui nécessite une véritable expertise, les difficultés voire l’impossibilité d’auditer les solutions, ou encore les risques d’enfermement et donc l’irréversibilité de certaines solutions. Même si l’effet Snowden s’efface des mémoires avec le temps, il est utile de rappeler les risques pour certaines entreprises liées aux obligations des entreprises américaines vis-à-vis du Patriot Act.

Charles Schulz, membre du bureau de la politique industrielle à l’Anssi évoque les travaux en cours sur le référentiel «secure cloud» qui aboutira à la certification des offreurs libres d’en faire la demande. Quant aux accords commerciaux, il précise : « Si vous êtes dans une société multinationale évitez les contrats locaux et négociez un contrat global groupe, cela donne plus de poids à la négociation ; en outre exigez un contrat rédigé en français et signé dans un pays européen. Les phrases du type « seule la version anglaise fera foi » n’ont pas de valeur légale et doivent être supprimées. »

La version publique du référentiel de l’ANSSI et les recommandations pour maîtriser le Cloud est prévue pour le second trimestre 2016.

Garance Mathias, Avocat à la Cour, ajoute que : « l’externalisation reste un choix stratégique pour les entreprises et les administrations, et qu’il convient d’être accompagné dans la mise en œuvre de ce choix. » En effet, indépendamment de la négociation des contrats, les réglementations sectorielles doivent être intégrées, et les bonnes pratiques juridiques opérationnelles prises en compte dès le début du projet (localisation des données, politique de sous-traitance, quelle protection de la propriété intellectuelle, du patrimoine informationnel ? Quelles sont les mesures de protection des données personnelles ?…). Garance Mathias, précise en outre qu’ « Il est important d’évoquer la sortie du contrat, terme ou résiliation, avec les impacts opérationnels ainsi que le traitement des données personnelles. A la suite de la conclusion du contrat, ce dernier peut, compte tenu de l’évolution des textes ou du secteur d’activité, faire l’objet d’avenant, comme à la suite de l’invalidation du safe harbor. »

In fine, un contrat ne doit pas rester figé, il doit refléter l’accord des parties tout au long de son éxécution, d’autant que sa durée peut être longue, notamment dans le cadre des renouvellements par tacite reconduction.

Les 10 recommandations pour maîtriser ses projets Cloud
Estimez la valeur des données que vous comptez externaliser ainsi que leur attractivité en termes de cybercriminalité.
S’il s’agit de données sensibles voire stratégiques pour l’entreprise, faites valider par la DG le principe de leur externalisation.
Evaluez le niveau de protection de ces données en place avant externalisation.
Adaptez vos exigences de sécurité dans le cahier des charges de votre appel d’offre en fonction du résultat du point 1.
Effectuez une analyse de risque du projet en considérant les risques inhérents au cloud comme la localisation des données, les sujets de conformité et de maintien de la conformité, la ségrégation ou l’isolement des environnements et des données par rapport aux autres clients, la perte des données liée aux incidents fournisseur, l’usurpation d’identité démultipliée du fait d’une accessibilité des informations via le web, la malveillance ou erreur dans l’utilisation, etc. Sans oublier les risques plus directement liés à la production informatique : la réversibilité de la solution et la dépendance technologique au fournisseur, la perte de maîtrise du système d’information et enfin l’accessibilité et la disponibilité du service directement lié au lien Internet avec l’entreprise.
Outre ces sujets, exigez un droit d’audit ou de test d’intrusion de la solution proposée.
A la réception des offres analysez les écarts entre les réponses et vos exigences.
Négociez, négociez.
Faites valider votre contrat par un juriste. Si vous êtes une entreprise française, ce contrat doit être rédigé en français et en droit français.
Faites un audit ou un test d’intrusion avant démarrage du service (si cela est possible) et assurez-vous du maintien du niveau de sécurité de l’offre dans le temps.

Votre système d’information est-il protégé des dangers du cloud ?

Plan de la sécurité – Blue Coat Systems, Inc. fournisseur de solutions avancées de sécurité du Web pour les entreprises et administrations publiques, a présenté les premiers résultats d’une enquête en ligne menée auprès de 3 130 salariés d’entreprises d’une variété de secteurs en Europe. Cette enquête réalisée par YouGov offre une vision détaillée de la façon dont ceux-ci utilisent actuellement des applications cloud telles que Dropbox, Box, Office 365, Slack, LinkedIn, Facebook et Gmail sur le plan de la sécurité.

plan de la sécurité – Les professionnels européens d’aujourd’hui exposent leur entreprise à des risques de fuite et d’utilisation abusive de données sensibles. Ces risques atteignent désormais des proportions alarmantes pour les organisations. Ainsi, les résultats de l’enquête indiquent que 53 % des personnes interrogées utilisent des applications cloud au travail. Et c’est en France que celles-ci sont le plus populaires avec 64 % des répondants, soit plus qu’au Royaume-Uni (49 %) ou en Allemagne (47 %).

Les entreprises s’appuient de plus en plus sur ces technologies ; pourtant, il est fréquent que les applications cloud utilisées n’aient pas été validées par les services informatiques. C’est ainsi que des données professionnelles sensibles se retrouvent exposées à un risque d’utilisation inappropriée par des employés les partageant ou les stockant (volontairement ou non) ailleurs que sur des applications protégées d’entreprise. L’enquête met en évidence les principaux risques que le cloud représente pour les organisations, notamment celui de se retrouver avec des données échappant à leur contrôle (« shadow data »). En voici les principaux enseignements :

L’utilisation d’applications cloud au travail motivée par une quête de productivité
Le partage de données se fait principalement à des fins collaboratives : 23 % des personnes interrogées utilisent des applications cloud pour transmettre des informations à leurs collègues. En outre, 17 % des répondants se servant d’applications cloud pour travailler à distance et 10 % de ceux en utilisant en déplacement à l’étranger affirment agir dans un souci de productivité. La génération Y fait par ailleurs figure de pionnier en matière de partage de données sur de telles applications : 30 % des 18-24 ans et 25 % des 25-34 ans partagent des informations avec leurs collègues, contre 18 % des 45-54 ans et 21 % des 55 ans et plus.

Les fonctions les plus critiques présentent les risques les plus sérieux pour la sécurité des informations
Les spécialistes de la gestion des systèmes d’information (76 %), des RH (69 %) et des finances (59 %) sont ceux qui utilisent le plus ces applications cloud au travail. Ils exposent ainsi les données d’entreprise les plus sensibles et précieuses aux risques d’une sécurité moins élevée.

Les données clients et de marketing sont les plus vulnérables
Les applications cloud servent régulièrement à échanger des bases de données et du contenu. Les registres de ventes et les bases de données clients, deux éléments ciblés par la future réglementation GDPR (General Data Protection Regulation), sont donc particulièrement exposés. En effet, parmi les individus partageant des informations professionnelles confidentielles à l’aide de telles applications, 29 % partagent des données de marketing ; viennent ensuite les données clients (23 %), informatiques (20 %) et financières (17 %).

Les employés vont même jusqu’à enfreindre la loi
De nombreuses utilisateurs d’applications cloud admettent le faire à des fins non autorisées, comme pour récupérer des données de leur ancienne société, pour dénoncer leur entreprise, voire pour assurer leur protection personnelle. Bien qu’il soit illégal de dérober des données appartenant à une entreprise avant d’en rejoindre une nouvelle, 7 % des répondants admettent se servir d’applications cloud pour se livrer à cette pratique. La dénonciation d’actes répréhensibles commis par une entreprise n’est, elle, pas illégale, et est la motivation derrière 8 % de l’utilisation du cloud pour conserver des données.

C’est dans le domaine des RH que cette pratique est la plus fréquente avec 17 % des professionnels du domaine. Enfin, le souci d’assurer sa propre protection (en récupérant des données d’entreprise afin de protéger des informations personnelles) motive 14 % de l’utilisation d’applications cloud au bureau. Les spécialistes de la gestion des RH (21 %), des systèmes d’information (18 %) et financière (17 %) sont ceux qui en utilisent le plus dans ce contexte. Compte tenu de la sensibilité des données gérées par ces types de professionnels, cette pratique présente donc un risque sérieux pour les entreprises.

L’âge, un facteur majeur dans l’utilisation du cloud
Plus les employés sont jeunes, plus ils utilisent d’applications cloud : 63 % des 18-24 ans s’en servent au travail, contre 59 % des 25-34 ans, 55 % des 35-44 ans, 48 % des 45-54 ans et 47 % des 55 ans et plus. Généralement plus à l’aise avec les nouvelles technologies, les jeunes peuvent en revanche se montrer moins respectueux des mesures de sécurité.

« Cette enquête met en lumière les comportements des employés utilisant des applications cloud au bureau, ainsi que les risques auxquels ils exposent leurs employeurs en adoptant de tels comportements », déclare à DataSecurityBreach.fr le Dr Hugh Thompson, directeur technique et vice-président sénior de Blue Coat Systems, Inc. « Il est important de noter que les équipes gérant les données les plus critiques (soit les professionnels de la gestion financière, des systèmes d’information et des RH) sont les plus adeptes de ces applications. Les données sensibles placées sous leur responsabilité sont souvent les cibles privilégiées des pirates. La chasse aux shadow data, ou données « fantômes » car échappant au contrôle des équipes informatiques, restent clairement un défi de taille pour les organisations. Celles-ci doivent adopter une approche proactive afin d’éviter le partage de données sur des applications non approuvées, et pour s’assurer que les employés accèdent aux informations conformément aux paramètres d’utilisation établis pour éviter tout danger. »

N.B. Tous les chiffres, sauf mention contraire, sont fournis par YouGov Plc. Taille totale de l’échantillon : 6 044 adultes, dont 3 130 individus actifs. Le travail sur le terrain a été réalisé du 6 au 12 mai 2016. L’enquête a été réalisée en ligne. Les chiffres ont été pondérés et sont représentatifs de tous les adultes britanniques, français et allemands (âgés de 18 ans et plus).

Cinq impératifs de sécurité à l’intention des nouveaux utilisateurs du Cloud

Apple, Amazon et Microsoft sont trois géants de la technologie et de véritables références en matière de fourniture de services cloud. Mais ils ont aussi comme point commun d’avoir été la cible de hackers plutôt virulents…

Le piratage Apple (le “celebgate”) a abouti à la divulgation de photos très personnelles de certaines célébrités qui utilisaient iCloud, une mésaventure qui a fait la une de nombreux médias l’année dernière. Au Royaume-Uni, le fournisseur technologique Code Spaces a tout simplement baissé le rideau en 2014, après avoir été la cible de maîtres chanteurs qui ont, au final, supprimé des données essentielles sur l’environnement de stockage cloud de l’entreprise basé sur Amazon Web Services. En 2013, un certificat SSL expiré au sein du cloud Azure de Microsoft permettait à des hackers de mettre à l’arrêt plusieurs services cloud, dont Xbox Live.

Les risques en matière de sécurité du Cloud sont à la hausse, tandis que les attaques ont progressé à un rythme effréné : +45% en glissement annuel selon le spécialiste de la sécurité Alert Logic. Au cours des 5 prochaines années, les entreprises devraient investir 2 milliards de dollars pour renforcer leurs défenses Cloud, selon Forrester Research.

Ce sont les primo-utilisateurs du cloud qui connaissent le plus grand risque, car peu familiers à ce nouvel environnement et confrontés à des méthodes différentes pour gérer les utilisateurs, les données et la sécurité. À leur intention, voici cinq règles d’or qui encadrent (et sécurisent) toute migration vers le Cloud.

1. Apprenez à mieux connaître les environnements Cloud
Tout projet cloud est tripartite, avec pour parties prenantes le fournisseur de la plateforme cloud, le fournisseur du service réseau et l’entreprise cliente. Le Cloud doit être pensé en tant qu’extension du centre de données de l’entreprise, d’où certaines questions : peut-on déployer des règles et services de sécurité communs aux trois domaines ? Quels sont les risques en matière de sécurité ?

Avant de sélectionner votre fournisseur cloud, interrogez-le sur les services de sécurité proposés et les éditeurs/constructeurs avec lequel il collabore. Le cloud est un environnement dynamique qui implique des mises à jour régulières de l’architecture de sécurité pour pouvoir neutraliser les menaces les plus récentes. Quels sont les outils, fonctions et méthodes de sécurité en vigueur pour s’immuniser contre les nouveaux types de menaces et les vulnérabilités zero-day ?

Pensez également à vous familiariser avec les modèles de sécurité partagée. Identifiez précisément les responsabilités de votre fournisseur cloud, ainsi que les vôtres. Pour certains types de cloud, les IaaS notamment, l’entreprise cliente est responsable de la sécurité de ses applications et données dans le cloud. Il est également essentiel d’identifier les appliances de sécurité et technologies proposées par le fournisseur de services cloud ou autorisées à être déployées pour assurer une sécurité optimale.

2. Nouvelles applications, nouvel arsenal de sécurité
Prêt à migrer une application dans le cloud ? Mais avant, interrogez-vous sur l’intérêt de déployer des couches de sécurité dédiées aux processus d’authentification et de connexion à vos applications cloud.

Pour sécuriser l’accès à votre application cloud, vous devez déployer un schéma d’accès granulaire aux données, qui, par exemple, associe des privilèges d’accès à des rôles, des postes ou des projets. Vous disposez ainsi d’une couche supplémentaire de protection lorsque les assaillants détournent les identifiants de connexion de vos collaborateurs.

Le détournement d’un compte est une exaction plutôt simple mais il constitue encore à ce jour, selon la Cloud Security Alliance, une menace virulente qui pèse sur les utilisateurs du cloud. Pour renforcer votre processus d’authentification, pourquoi ne pas adopter l’authentification à deux facteurs ou l’utilisation des mots de passe OTP (à usage unique) ? Autre bonne idée : obliger les utilisateurs à modifier leurs identifiants de connexion dès leurs premières authentifications à une application.

3. Optez pour le chiffrement
Le chiffrement des données est l’un de vos meilleurs alliés dans le cloud et doit d’ailleurs être obligatoire pour les transferts de fichiers et les emails. Bien sûr, le chiffrement ne préviendra pas les tentatives de piratage, mais il immunisera votre entreprise face au lourd impact financier lié aux amendes réglementaires infligées en cas de piratage avéré et de divulgation de données.

Interrogez ainsi votre fournisseur cloud sur les options de chiffrement disponibles. Identifiez comment les données sont chiffrées lorsqu’elles sont stockées, utilisées et transférées. Pour identifier le périmètre des données à chiffrer, il est essentiel de les localiser, qu’elles soient hébergées sur les serveurs de votre fournisseur cloud ou d’un tiers, les ordinateurs portables des collaborateurs, les PC fixes ou encore des dispositifs amovibles de stockage.

4. Maîtrisez le virtuel
En migrant vers le Cloud, les entreprises capitalisent sur les avantages de la virtualisation, mais un environnement virtualisé présente des défis spécifiques en matière de protection des données. La principale problématique ? La gestion de la sécurité et des échanges de données au sein de ces espaces virtualisés et mutualisés.

Les appliances physiques de sécurité ne sont pas conçues pour gérer les données dans le cloud. D’où l’intérêt de se pencher sur les appliances virtuelles pour sécuriser le trafic entre machines virtuelles. Ces appliances sont conçues pour simplifier la gestion de multiples instances d’applications et d’environnements mutualisés.

Elles permettent ainsi aux entreprises de contrôler plus précisément la sécurité de leurs données dans le Cloud. Demandez à votre fournisseur cloud comment il s’y prend pour sécuriser ses environnements virtualisés et découvrez quelles sont les appliances de sécurité virtuelles déployées. Si vous mettez en place votre propre cloud privé ou hybride, il est préférable de choisir des produits de sécurité virtualisés qui permettent un contrôle le plus fin de la sécurité.

5. Ne restez pas dans l’ombre du Shadow IT
Les anecdotes et exemples sont nombreux pour illustrer les cas d’utilisation non autorisés d’applications et de services cloud, ce qu’on appelle le Shadow IT, plus présent en entreprise qu’on ne le croirait. Cette activité regroupe les projets, outils ou services de communication existants au sein d’une organisation, mais sans approbation de la DSI. Le Shadow IT est donc, par définition, non contrôlé, ce qui constitue une certaine menace dont les impacts sont lourds en matière de gouvernance.

Votre application qui a récemment migré vers le Cloud connaît ainsi des risques. Considérez ce scénario dans lequel un collaborateur ouvre un fichier sur son smartphone. Il est probable qu’une copie du fichier soit réalisée et envoyée pour stockage vers un espace en ligne non approuvé et qui accueille les sauvegardes automatiques du téléphone. Et voilà des données de l’entreprise, jusqu’à présent sécurisées, qui se retrouvent dans un cadre non sécurisé.

Interdire le Shadow IT et les accès aux données et applications induits ne freinera sans doute pas cette pratique au sein d’une organisation. Il est plus intelligent de sensibiliser les utilisateurs et de miser sur la technologie pour régler cette problématique. Justement, le chiffrement des données, le monitoring réseau et les outils de gestion de la sécurité protègent vos applications cloud des risques liés au Shadow IT. (Christophe Auberger, Directeur Technique France chez Fortinet)

Sécurité des données : une tour en équilibre précaire

Pendant les fêtes, j’ai eu l’occasion de voir « The Big Short : Le Casse du siècle », film inspiré du livre de Michael Lewis sur la bulle immobilière. Ou plus exactement sur la manière dont un groupe de parias de Wall Street voit clairement les signes d’effondrement prochain du marché hypothécaire. Il est intéressant de constater qu’aucun de ces indices financiers ne constituait un secret.

Cela m’a poussé à me demander s’il existe aussi des signes incroyablement évidents montrant que la sécurité des données d’entreprise ne se trouve qu’à un ou deux piratages d’une explosion complète.

En guise de pièce à conviction A, veuillez consulter l’article de Krebs sur les nouvelles méthodes d’authentification mises en œuvre par Google et Yahoo. Google essaie une ouverture de session Gmail sans mot de passe par l’envoi d’un e-mail d’approbation au smartphone associé à votre adresse électronique. Après avoir accepté la requête, vous pouvez utiliser Gmail. Aucun mot de passe n’est nécessaire !

En octobre dernier, Yahoo a commencé à offrir un service similaire appelé « mots de passe à la demande ». Dans ce système, Yahoo envoie un code aléatoire de quatre caractères à un périphérique séparé lorsqu’un abonné tente de se connecter. Yahoo exige ensuite que l’utilisateur saisisse ce code sur son site Web pour obtenir l’accès.

Phishing récréatif et lucratif
Que dit Krebs à propos de ces changements ? Améliorer l’authentification est une bonne idée, mais Krebs pense que ces approches mèneront à des attaques de phishing plus sophistiquées. Aïe !

En règle générale, ce type de modèle reste exposé aux attaques de l’intercepteur.  Toutefois, Krebs semble suggérer que les pirates profitant de ces services enverront des e-mails contrefaits pour demander plus d’informations aux abonnés. Les utilisateurs de Yahoo et de Google ayant probablement l’habitude d’accepter et de répondre à des e-mails de vérification réels, ils pourraient accidentellement révéler un mot de passe ou d’autres informations en réponse à une communication falsifiée.

Alors que d’autres grands services en ligne commencent à essayer leurs propres méthodes et que certaines entreprises font appel à des techniques à facteurs multiples, d’insidieuses failles de sécurité restent possibles.

Le Web caché
Ma pièce à conviction B est constituée de toutes les données piratées au cours de ces deux dernières années. Étant donné que les IPI et autres données sensibles sont à la portée des pirates au moyen du Web caché, les cybercriminels possèdent beaucoup plus d’informations pour exécuter leurs futures opérations de phishing et autres attaques d’ingénierie sociale.

À l’heure où j’écris ces lignes, les médias technologiques signalent la divulgation massive de plus de 190 millions d’enregistrements électoraux comprenant des dates de naissance, des adresses électroniques et des affinités politiques. Bien sûr, cela s’ajoute à la violation géante de l’OPM, la violation de l’IRS  et les gigantesques violations des compagnies d’assurance.

Récemment, j’ai écrit un article au sujet des énormes quantités de données de santé protégées (PHI) qui se trouvent dans les systèmes informatiques des grandes entreprises. Ces dernières ne sont pas toutes des entreprises de services de santé. Souvent mal sécurisées, les PHI ont été écrémées par les pirates au cours des quelques dernières années. Elles constituent une autre remarquable source d’informations pour de futures attaques.

Le Jenga de la sécurité des données
Revenons au film « The Big Short ». Je ne pense pas que nous en dirons trop en révélant cette scène du film, car elle a déjà été largement distribuée. Je fais ici référence à Ryan Gosling montrant à ses collègues de Wall Street les pieds d’argile du colossal marché hypothécaire.

Comme au Jenga, il a lentement retiré les blocs de base de sa tour infernale. Comme on peut s’y attendre, la structure entière, y compris les blocs représentant les hypothèques les plus sûres, finit par s’effondrer.

J’attends qu’un DSI retire ce genre de bloc de Jenga ! C’est-à-dire qu’un collaborateur (peut-être un individu imprégné de philosophie « red team ») explique aux cadres dirigeants en quoi la sécurité informatique est semblable à une tour de Jenga.

Au sommet se trouvent une défense de périmètre et un chiffrement des données forts. Mais il existe des données mal sécurisées sous cette première couche. Et plus profondément encore, on rencontre des techniques d’authentification peu efficaces, des mauvaises stratégies de mots de passe, une gestion tardive des correctifs et une supervision des données insuffisante.

Le pirate mène ses essais et ses attaques à travers la main de l’employé. Guidé par les données volées existantes et d’autres informations de vulnérabilité acquises sur le marché noir (logiciels malveillants, IPI, informations d’identification volées), il sait quels blocs retirer de la base pour faciliter son accès à la prochaine couche de données mal sécurisées.

L’ensemble de la structure informatique s’effondre ensuite en laissant les blocs de Jenga éparpillés sur le bureau du DSI.

Je ne pense pas qu’en 2016 nous verrons l’équivalent informatique d’un effondrement financier dans lequel le commerce électronique et la pornographie seraient soudainement bloqués. Mais il existe depuis quelques années des signaux d’alarme en direction de sérieux problèmes au niveau des fondations mêmes de la sécurité des données informatiques. (Par Norman Girard, Vice Président et directeur général Europe de Varonis)

Les prédictions 2016 de Blue Coat en matière de sécurité informatique

Cloud, Ransomware, DDoS. L’année 2015 a été très chargée. L’année 2016 s’annonce tout aussi chaude.

Bijoux dans le cloud ; Voleurs dans le cloud
Les clés du royaume sont maintenant dans le cloud. Puisque de plus en plus d’entreprises stockent leurs données les plus précieuses (données clients & employés, propriétés intellectuelles, etc.) dans le cloud, tôt ou tard les méchants trouveront bien un moyen d’accéder à ces données. En 2016, nous prévoyons de voir une augmentation des failles dans les services cloud, en effet les pirates utiliseront les identifiants liés aux services cloud comme principal vecteur d’attaque. Les tactiques de social engineering vont imiter les écrans d’authentification à ces services cloud pour récupérer les identifiants.

Ransomware Road trip !
Les menaces mobiles et particulièrement les ransomwares font gagner beaucoup d’argent aux cybercriminels, nous verrons donc augmenter les deux dans l’année à venir. Les appareils mobiles représentent une nouvelle cible, téléphones et tablettes connaissent déjà un regain d’attaques au ransomware. Les criminels ont déjà attaqué beaucoup de ces cibles faciles, et désormais ils ne visent plus seulement des individus mais aussi des entreprises qui n’ont pas correctement sauvegardé leurs données sensibles (telles que les images, les codes source et les documents). La découverte récente du « Linux.Encoder ransomware » (qui a déjà corrompu 2 000 sites web) est juste un exemple de plus qui montre que les ransomwares continuent à évoluer.

Trafic chiffré/le SSL comme moyen de dissimulation
Des services tels que Office 365, Google Drive, Dropbox et Box continuent à gagner en popularité ; les pirates aussi continueront de s’appuyer sur ces derniers. Ces services sont parfaits pour eux : ils sont gratuits, simple à installer, utilisent le chiffrement SSL, et ne sont généralement pas bloqués. Le trafic chiffré continuera à créer des angles morts pour les solutions de sécurité étant donné que les activistes de la vie privée tentent de chiffrer le web entier. Avec des adversaires se dissimulant, opérant et communiquant dans un trafic et des canaux chiffrés, il y aura un grand intérêt pour les réseaux chiffrés.

Une attaque ici, une attaque là
Il semble que chaque année soit jugée comme étant « l’Année de l’Attaque », et chaque année, de plus en plus de grandes entreprises sont victimes d’attaques. Aujourd’hui, les attaques sont monnaie courante et les utilisateurs y sont de moins en moins sensibles. Il en résulte que beaucoup se sentent impuissants contre ces menaces, ce qui pousserait les entreprises à privilégier leur capacité d’analyse et de réponse à ces piratages, de même que leur assurance en cas d’attaque.

IoT- Il est 10 heures, savez-vous où est votre thermostat ?
L’internet des Objet (IoT) est un nouveau champ vierge pour le piratage et l’apprentissage. Les piratages PoS de ces dernières années ne sont qu’un début. La prédominance des appareils connectés à Internet, qui sont souvent laissés sans surveillance ni sécurité, font d’eux un refuge idéal pour le contrôle et la manipulation. Le fait est que beaucoup d’appareils connectés manquent d’espace mémoire ou de fonctionnalités d’un système d’exploitation. Par conséquent, la stratégie consistant à les considérer comme des postes clients classiques échouera, et cela permettra à la communauté des pirates d’exploiter les vulnérabilités de l’IoT que ce soit pour faire les gros titres des journaux ou à des fins plus néfastes (simplement en allumant ou en éteignant l’appareil).

Aujourd’hui, les ransomwares ne sont pas encore répandus parmi les objets connectés (tels que les réfrigérateurs ou les FitBits), étant donné que ces appareils ne stockent pas les données importantes que les pirates recherchent. Mais, à mesure que l’IoT se développe, nous allons commencer à voir des attaques plus avancées nous affecter en 2016 et à l’avenir.

Le paysage des menaces internationales
Nous commençons à voir un développement important des attaques nationales sophistiquées. Quelques pays, comme le Nigéria, sont en train de rentrer dans la mêlée avec des attaques plus sophistiquées. D’un autre côté, la Chine et la Corée du Nord ont peu contribué à l’évolution de leurs attaques ces cinq dernières années. Quant à la Russie, elle a évolué de façon significative ces derniers temps, que ce soit en terme d’activité ou de sophistication, étant donné que le pays se préoccupe moins de faire profil bas. Les pirates russes sont maintenant plus vigoureux qu’avant dans leurs tentatives d’intrusion. Nous prévoyons que les conflits à travers le monde amèneront avec eux des attaques via du matériel connectés.

A la suite de la dénonciation du Safe Harbor, la signature du règlement général de protection de données européennes – et les peines encourues pour non-respect – forcera les entreprises à faire un état des lieux de la façon dont ils traitent les informations personnelles de leurs clients européens, ainsi que de leurs employés ; en attendant que cela ait un impact direct et considérable sur leur sécurité d’architecture et investissements.

Le recrutement
La défaillance des entreprises et des pays à développer un cyber talent deviendra un problème important dans les cinq prochaines années. La demande pour les compétences en sécurité informatique professionnelle devrait croitre de 53% d’ici 2018. De ce fait, les postes dans le domaine sécurité seront complétés par des MSSP (fournisseurs de services d’infogérance en sécurité), dont les prix ne baisseront pas. De plus, les produits devront être plus performants et plus intelligents pour pouvoir guider le changement et les organisations privées auront besoin de changer leurs habitudes et d’investir pour intéresser les candidats. (Par Dominique Loiselet, Directeur Général de Blue Coat France)

Quels changements se profilent dans le paysage de la sécurité pour 2016 ?

Le changement le plus important concerne la manière dont les équipes chargées de la sécurité traiteront « l’inflation » de données, d’équipements, de fonctionnalités et de menaces. La croissance rapide de l’Internet des Objets va ajouter énormément d’équipements et de capteurs sur les réseaux informatiques.

Nombre d’équipes chargées de la sécurité informatique se sentent dépassées par le traitement des données, la sécurité de leurs réseaux informatiques actuels ainsi que par les responsabilités associées. Se contenter d’ajouter des solutions de sécurité informatique n’aidera pas les entreprises à contrôler l’afflux de données qui se profile. Il serait plutôt intéressant de voir comment les équipes IT seraient capables de gérer dix fois plus d’équipements et de données en partant de zéro. Cela leur permettrait de réfléchir à une stratégie sur le long terme et à la manière adéquate de suivre ce rythme effréné.

Toujours plus d’entreprises ont conscience de l’importance de l’informatique dans les environnements Cloud pour leurs activités. Les services à faible valeur tels que l’infrastructure de messagerie évoluent de plus en plus vers le Cloud et sont de moins en moins gérés en interne. En effet, la plupart des entreprises ne sont pas contraintes de se soumettre à des obligations de conformité ou de sécurité à ce niveau. Après tout, la plupart des courriers électroniques sont envoyés via Internet sans être chiffrés. Alors à quoi bon héberger ces messages en interne ? Les ressources monopolisées pour ce faire pourraient être utilisées à meilleur escient, par exemple pour réfléchir à la manière dont l’équipe IT pourrait accompagner plus efficacement l’activité de l’entreprise.

Puisqu’un nombre toujours plus important d’applications et de services migrent vers le Cloud, le suivi des actifs peut également passer dans le Cloud. Les terminaux des utilisateurs sont plus mobiles qu’avant et l’environnement dans lequel les collaborateurs souhaitent ou doivent travailler peut changer à tout moment. Une liste précise d’actifs informatiques indiquant l’état de tous les équipements et logiciels autorisés, ainsi que ceux non autorisés à rejoindre le réseau, offre un meilleur point de départ à l’équipe informatique chargée de la sécurité. En parallèle, rechercher en permanence les failles possibles sur l’ensemble des points d’extrémité est désormais indispensable.

Comment évoluent les cibles ?
Contrairement à ce que peuvent prêcher la plupart des fournisseurs de solutions de sécurité informatique, le mobile sera sans doute la principale cible en termes de sécurité en 2016. Bien qu’ils aient aussi leurs problèmes, iOS et Android restent malgré tout mieux protégés contre les malware commerciaux que les traditionnels terminaux informatiques. Les équipements mobiles pourraient être la cible privilégiée d’une surveillance et d’attaques commanditées par un Etat. En effet, ces équipements nous localisent et nous transportons en permanence avec nous un micro et un appareil-photo activables à distance. Quant aux PC et ordinateurs portables, ils sont dans le viseur des éditeurs de malware commerciaux qui y voient un retour sur investissement.

L’informatique traditionnelle, en particulier les systèmes de contrôle industriels et les applications SCADA pour la production, est de plus en plus connectée à Internet. Cela représente un risque important dans la mesure où ces systèmes ont été conçus à une époque où les utilisateurs étaient des collaborateurs fiables et compétents. Connecter ces systèmes de contrôle industriels ou ces applications SCADA à l’Internet public peut les exposer facilement à des attaques externes lancées par des individus malveillants, non autorisés et hors du contrôle de l’entreprise. Des attaques continueront d’être lancées tant que ces vieux systèmes seront simplement « connectés » à Internet.

Comment évoluent les stratégies de prévention ?
Les stratégies évoluent de plus en plus car les traditionnelles approches en matière de sécurité informatique sont moins efficaces et plus problématiques qu’avant. Ces dernières ne sont plus à la hauteur et constituent un échec. Il faut plutôt s’intéresser à l’avenir de l’informatique et à la façon d’intégrer la sécurité partout et par défaut.

Par exemple, les utilisateurs consomment davantage d’applications dans le Cloud qu’auparavant. Les entreprises utilisent des solutions telles que SalesForce pour leurs systèmes CRM et Office 365 pour leur communication. Cette approche réduit le nombre d’applications tributaires du réseau interne et plus les applications et les services seront consommés auprès de fournisseurs opérant dans le Cloud public, plus la surface d’attaque des réseaux internes sera réduite.

Les équipes informatiques vont devoir réfléchir à la manière de concevoir la sécurité dans un monde où les utilisateurs s’appuient uniquement sur leur équipement plutôt que sur le réseau de l’entreprise. Chaque point d’extrémité doit pouvoir être fiable et sécurisé, peu importe où se trouvent les utilisateurs ou la façon dont ils souhaitent travailler.

Les Data Centers face aux risques : des menaces contrôlées

Le Cloud a réussi à convaincre de nombreux adeptes grâce à ses différents atouts : simplicité, adaptabilité, ou encore coûts contrôlés. Pour protéger au mieux les données qui leur sont confiées, les fournisseurs éthiques suivent une règle d’or : prévoir l’imprévisible pour pouvoir assurer la sécurité des données.  

En effet, les data centers – comme toute autre installation – sont confrontés à différents risques et cela peut effrayer les entreprises et les particuliers.  Cependant, les serveurs des centres de données sont souvent bien plus sécurisés que les propres structures informatiques des entreprises. Plusieurs menaces existent, et les fournisseurs de Cloud disposent de spécialistes afin d’analyser et d’anticiper chacun de ses risques.

Le risque physique et le vandalisme
Il s’agit du risque lié à une intrusion physique sur le lieu : vol de matériel contenant des données, incendies criminels, ou encore casse des serveurs. Pour répondre à ce risque, des systèmes de vidéosurveillance mais aussi de détection volumétrique de mouvements au sein du périmètre de sécurité sont mis en place.  De plus, l’entrée du bâtiment est sécurisée par un contrôle d’accès strict avec différents niveaux de droits selon les pièces.  En cas de problèmes, les droits d’accès peuvent être rapidement révoqués et les badges désactivés automatiquement. Le bâtiment est également équipé de portes blindées, de systèmes de détection des chocs sur les portes et les fenêtres. Toute cette installation vise à pouvoir réagir très rapidement en cas de tentative d’effraction, avec une prise en charge rapide par le personnel sur site présent 24h/24 7J/7 et par les forces de l’ordre.

Pour pallier la menace d’incendie, des détecteurs sont mis en place. Les Data Centers sont par ailleurs équipés de système d’extinction automatique par gaz, si un départ de feu est confirmé par 2 détections simultanées, des bouteilles seront percutées instantanément afin de remplir la salle informatique d’un gaz empêchant la réaction chimique de l’incendie et bloquer tout incendie en cours.

Le risque météorologique
Cette catégorie regroupe tous les dangers liés à des conditions climatiques extrêmes: inondation, foudre ou encore canicule. Afin de prévenir d’éventuels sinistres, ce risque est étudié avant même l’implantation du Data Center afin d’éviter la construction en zone inondable. Le bâtiment est également entouré par des paratonnerres, et les armoires électriques équipées de parafoudres pour protéger le lieu en cas de tempête. Les climatisations sont spécifiquement choisies afin de fonctionner même lorsqu’elles sont soumises à de très hautes températures.

Les risques intrinsèques et électriques
Pour la partie électrique, les onduleurs sont présents pour palier une éventuelle micro-coupure ; en cas de problème plus conséquents – comme une panne totale de l’arrivée électrique principale Haute Tension– les Data Centers sont équipés d’un groupe électrogène pouvant assurer leurs autonomies. Des audits annuels sont par ailleurs réalisés pour assurer une sécurité optimale du lieu. Une caméra thermique permet de vérifier qu’il n’y a pas de points chauds pouvant potentiellement créer un départ d’incendie et les câblages sont également vérifiés une fois par an. Enfin, en cas de fuite d’eau, un système automatisé permet de couper l’arrivée d’eau dans la salle informatique.

Le risque numérique
Les menaces numériques regroupent tous les risques liés au piratage informatique.  Pour cela, les serveurs peuvent—être équipés d’un antivirus, d’un firewall, mais aussi d’une solution visant à bloquer les attaques DDoS.  Ainsi, un large spectre de vecteurs d’attaques est contrôlé. Il s’agit là des précautions prises pour un unique Data Center par chaque fournisseur. La mise en place d’un deuxième Data Center, notamment s’il est utilisé pour effectuer des plans de reprises d’activité, exige également quelques bonnes pratiques. Les deux bâtiments ne doivent pas être éloignés de plus de 50 kms l’un de l’autre, dans l’idéal, afin d’avoir un délai de latence faible pour la synchronisation des données. Mais ils ne doivent pas non plus appartenir aux mêmes réseaux électriques, car si une longue coupure intervient, les deux seraient alors potentiellement impactés. (par Aurélien Poret, responsable Infrastructure – Ikoula)