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La stratégie cyber de Trump muscle l’offensive américaine

La Maison-Blanche présente une doctrine cyber offensive, articulée autour de six axes, pour durcir la réponse américaine face aux États hostiles, aux groupes criminels et aux opérations d’influence.

Publié en mars 2026, « President Trump’s Cyber Strategy for America » expose la vision de l’administration Trump pour le cyberespace américain. Le document lie sécurité numérique, puissance économique, compétitivité technologique et liberté d’expression. Il insiste sur une réponse plus directe face aux cyberattaques, aux réseaux criminels, aux opérations d’espionnage et aux technologies étrangères jugées intrusives. La stratégie s’appuie sur six piliers : modeler le comportement adverse, alléger la régulation, moderniser les réseaux fédéraux, protéger les infrastructures critiques, préserver l’avantage technologique américain et renforcer les compétences. L’ensemble dessine une doctrine de puissance qui associe cyberdéfense, capacités offensives, industrie, diplomatie et souveraineté technologique.

Une doctrine de confrontation assumée

Le document publié par la Maison-Blanche présente le cyberespace comme un champ décisif de la puissance américaine, au même titre que la finance, l’innovation, l’industrie ou l’outil militaire. Dès les premières pages (il n’y a que sept, dont deux images !), l’administration affirme que les États-Unis doivent y rester sans rival, en s’appuyant à la fois sur la supériorité technologique du pays, ses capacités gouvernementales et l’appui du secteur privé. La logique est claire : il ne s’agit pas seulement de protéger les réseaux, mais de garantir une position dominante, une doctrine cyber dans un environnement numérique perçu comme central pour la sécurité nationale et la prospérité.

Le texte insiste sur l’aggravation des menaces. Les adversaires étatiques, les cybercriminels et les dispositifs d’influence sont décrits comme des acteurs capables de perturber des services essentiels, de renchérir le coût des biens courants et de viser directement les ménages, les petites entreprises, les agriculteurs, les soignants ou encore les personnes âgées. La santé, la banque, l’approvisionnement alimentaire et le traitement de l’eau sont explicitement cités parmi les secteurs exposés. Dans cette lecture, la menace cyber ne relève plus d’un problème technique isolé : elle touche le fonctionnement quotidien du pays.

L’administration Trump se démarque aussi par le ton employé. Le document rejette les « mesures partielles » et les stratégies jugées ambiguës des administrations précédentes. Il promet des réponses rapides, délibérées et proactives, sans limitation au seul domaine numérique. Cette formule est importante : elle signifie que la réponse américaine à une menace cyber peut mobiliser l’ensemble des instruments de puissance, au-delà du seul cadre technique. La stratégie revendique en outre l’usage conjoint de capacités défensives et offensives, avec une volonté affichée d’éroder les moyens des adversaires avant même qu’ils ne compromettent les réseaux américains.

Le texte cite plusieurs actions comme illustration de cette posture, notamment la destruction de réseaux d’escroquerie en ligne, la saisie de $15 billion liés à des fonds volés, le soutien à une opération contre les infrastructures nucléaires iraniennes et l’aveuglement d’adversaires lors d’une opération militaire visant Nicolas Maduro. Au-delà de ces exemples, la stratégie veut surtout transmettre un signal : toute attaque contre les intérêts américains est présentée comme risquée pour ses auteurs. Espionnage en ligne, propagande destructive, opérations d’influence et « subversion culturelle » figurent parmi les cibles annoncées de cette politique de contre-attaque.

Six piliers pour l’État, l’industrie et les technologies critiques

La mise en œuvre repose sur six piliers. Le premier vise à « modeler le comportement adverse ». Il prévoit le recours à l’ensemble des moyens cyber de l’État fédéral, mais aussi des incitations destinées au secteur privé pour identifier et perturber les réseaux ennemis. La lutte contre la cybercriminalité, le vol de propriété intellectuelle, les infrastructures criminelles et les refuges financiers y occupe une place centrale. La stratégie place également la question idéologique au cœur du combat numérique, en promettant de contrer les technologies autoritaires de surveillance et de répression.

Le deuxième pilier porte sur la régulation. La Maison-Blanche défend une approche dite de « bon sens », conçue pour réduire les charges de conformité, clarifier la responsabilité et mieux aligner régulateurs et industriels. Dans le même mouvement, le texte affirme vouloir préserver le droit à la vie privée des Américains et de leurs données. Cette articulation entre dérégulation, agilité industrielle et protection des données constitue l’un des équilibres politiques revendiqués par le document.

Les troisième et quatrième piliers concernent le cœur régalien. Pour les réseaux fédéraux, l’administration veut accélérer la modernisation et la résilience via les meilleures pratiques de cybersécurité, le chiffrement post-quantique, l’architecture zero trust, la transition vers le cloud et l’usage de solutions cyber dopées à l’IA. Pour les infrastructures critiques, la priorité porte sur le durcissement des chaînes d’approvisionnement, la réduction de la dépendance envers des fournisseurs adverses et la capacité de rétablissement rapide après incident. L’énergie, la finance, les télécommunications, les centres de données, l’eau et les hôpitaux figurent parmi les secteurs explicitement visés.

Les deux derniers piliers prolongent cette logique par la technologie et les compétences. La stratégie entend protéger l’avantage intellectuel américain, soutenir la sécurité des cryptomonnaies et des technologies blockchain, promouvoir le post-quantique et le calcul quantique sécurisé, mais aussi défendre l’ensemble de la pile technologique de l’IA, y compris les centres de données, les modèles et les infrastructures. Le texte évoque aussi l’adoption rapide d’outils cyber fondés sur l’IA, y compris l’agentic AI, pour détecter, détourner et tromper les acteurs malveillants. Enfin, la Maison-Blanche présente la main-d’œuvre cyber comme un actif stratégique et veut fluidifier les passerelles entre universités, écoles techniques, entreprises, capital-risque, administration et armée afin de bâtir un vivier plus large et mieux aligné sur les besoins nationaux.

Cette stratégie place ainsi le cyber au croisement de la dissuasion, de l’influence, de la sécurité économique et de la gouvernance technologique, avec en toile de fond une compétition mondiale pour le contrôle des standards numériques.

Cyberfraude : Washington prépare un fonds pour les victimes

La Maison Blanche veut répondre à l’explosion mondiale des escroqueries numériques. Un décret présidentiel prévoit indemnisation des victimes et offensive coordonnée contre les réseaux criminels transnationaux.

La cyberfraude représente désormais une menace économique majeure pour les États-Unis. Chaque année, des escroqueries en ligne dérobent des milliards de dollars aux particuliers américains. Face à cette situation, l’administration Trump a publié un décret présidentiel ordonnant une réponse coordonnée de l’ensemble du gouvernement. Objectif affiché : démanteler les organisations criminelles transnationales à l’origine de ces arnaques et créer un mécanisme d’indemnisation pour les victimes. Le texte prévoit la mobilisation de plusieurs ministères, l’exploitation des capacités du secteur privé de cybersécurité et une pression diplomatique accrue contre les États accusés d’héberger ou de tolérer ces réseaux.

Un plan fédéral contre l’économie mondiale de la cyberfraude

Le décret présidentiel publié vendredi fixe un calendrier précis à plusieurs agences fédérales. Elles disposent de 120 jours pour produire un plan d’action détaillant les mesures destinées à prévenir, perturber, enquêter et démanteler les organisations criminelles transnationales impliquées dans la cybercriminalité.

Ce plan doit notamment viser les réseaux opérant des centres d’escroquerie, souvent situés hors du territoire américain. Ces structures sont spécialisées dans les arnaques financières numériques, allant de faux investissements à des escroqueries sentimentales. Selon le FBI, ces dispositifs criminels soutirent environ 12,5 milliards $ par an aux citoyens américains, soit environ 11,5 milliards d’euros.

Le décret prévoit également la création d’une cellule opérationnelle au sein du National Coordination Center. Cette unité doit centraliser les efforts fédéraux contre ces organisations criminelles. Elle rassemblera plusieurs administrations : Département d’État, Trésor, Défense, Sécurité intérieure et Justice.

La Maison Blanche souligne que l’objectif consiste à améliorer la circulation du renseignement, la coordination opérationnelle et la rapidité de réaction entre institutions. Le dispositif doit également rester aligné sur les cadres juridiques déjà utilisés par les autorités américaines pour lutter contre les cybermenaces provenant de juridictions étrangères.

Le secteur privé pourrait être mobilisé dans ce dispositif. Les entreprises spécialisées en cybersécurité disposent de capacités techniques et de renseignement sur les menaces qui peuvent aider à attribuer les attaques, suivre les infrastructures criminelles et perturber les opérations des acteurs malveillants.

L’administration américaine considère ces activités comme un phénomène structuré et transnational. Rançongiciels, logiciels malveillants, hameçonnage, chantage sexuel, usurpation d’identité ou fraude financière constituent les principales techniques utilisées par ces groupes.

Washington estime que certains régimes étrangers offrent un soutien implicite ou direct à ces réseaux criminels. Selon la Maison Blanche, ces activités alimentent une économie clandestine mêlant fraude numérique, coercition, travail forcé et parfois traite d’êtres humains.

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Vers un mécanisme d’indemnisation des victimes

Le décret introduit également un élément inédit dans la stratégie américaine contre la cybercriminalité : un programme d’indemnisation des victimes.

Dans un délai de 90 jours, l’administration devra définir un mécanisme permettant de restituer aux victimes une partie des fonds récupérés lors des opérations judiciaires. Les montants proviendront d’actifs saisis, confisqués ou récupérés auprès des organisations criminelles responsables de ces escroqueries numériques.

Cette approche repose sur un constat simple. Les autorités américaines récupèrent régulièrement des sommes importantes lors d’enquêtes internationales, mais les modalités de redistribution restent souvent floues pour les victimes.

La semaine précédant l’annonce, les autorités ont saisi plus de 2 millions $ (1,84 million d’euros) auprès d’escrocs égyptiens. L’année précédente, le ministère de la Justice avait également annoncé la saisie d’environ 15 milliards $ en bitcoins, soit près de 13,8 milliards d’euros, sur des comptes liés selon l’accusation au dirigeant d’un conglomérat cambodgien suspecté d’avoir dirigé un vaste empire d’escroquerie.

Nicole Tisdale, ancienne responsable du Conseil de sécurité nationale à la Maison Blanche, estime que le décret marque un changement stratégique. Elle souligne que la cybercriminalité ignore les frontières juridiques alors que les réponses institutionnelles restent souvent fragmentées.

Selon elle, le texte impose explicitement une coordination de l’ensemble de l’appareil fédéral autour d’un objectif commun : protéger les victimes et renforcer la réponse opérationnelle.

Le décret prévoit également des mesures de pression diplomatique contre les pays accusés d’abriter ces réseaux criminels. Les outils envisagés incluent la réduction de l’aide étrangère, l’application de sanctions ciblées, des restrictions de visas ou encore des sanctions commerciales. Le texte mentionne aussi l’expulsion immédiate de responsables ou diplomates étrangers considérés comme complices.

Le directeur national de la cybersécurité, Sean Cairncross, a expliqué que la publication du décret coïncidait volontairement avec la nouvelle stratégie nationale de cybersécurité. L’objectif consiste à mobiliser l’ensemble des instruments de puissance américains, y compris la diplomatie.

Le Département d’État devra ainsi développer une stratégie diplomatique pour pousser les gouvernements étrangers à agir contre les centres d’escroquerie présents sur leur territoire.

Dans cette logique, le ministère de la Justice prévoit d’augmenter les arrestations et les procédures d’extradition visant les responsables de ces réseaux criminels.

L’enjeu dépasse la simple cyberdéfense. Pour Washington, il s’agit désormais de s’attaquer à une industrie criminelle mondialisée dont l’infrastructure numérique constitue l’un des piliers.

La bataille contre la cyberfraude devient ainsi un dossier mêlant renseignement, diplomatie et guerre économique numérique.

Porn Account : 270000 amateurs de pornos piratés

Un internaute a tenté de revendre les données de 270 000 amateurs de sites pornographiques dans le blackmarket. Le business du Porn Account pour les nuls !

Vous avez peut-être entendu à la radio et lu dans la presse généraliste ce piratage de données ayant visé 270 000 amateurs de sites pornographiques. Un piratage qui a débuté via l’attaque par injection SQL de plusieurs sites pour adultes appartenant au groupe Paper Street Media.

Le pirate a expliqué avoir contacté l’entreprise pour « discuter ». Soyons clair, il a tenté de leur soutirer de l’argent en proposant la faille qui lui a permis d’extraire les informations des clients (IP, mail, mots de passe…).

Paper Street Media n’a pas répondu dans le sens de l’internaute. Bilan, l’adolescent a mis en vente, dans le blackmarket, la base de données volée pour 360 euros. Pourquoi revendre les données dans le BM ? Tout simplement pour que les professionnels du porn account puissent sauter sur l’occasion.

Dans cette même boutique qui aurait servi au pirate à revendre cette base de données [je n’ai pas retrouvé le vendeur], d’autres « commerçants » proposent des accès « piratés » aux sites interdit au – de 18 ans de Paper Street Media pour 9 $. Je vous laisse faire l’addition. Nous sommes très très loin des 360 euros réclamés ! « Je peux me faire entre 300 et 500 dollars par semaine » m’indique un de ces vendeurs de Porn Account croisé dans une boutique spécialisée.

Un pirate russe revend des milliers de comptes du site Naughty America.

A noter que j’ai pu consulter [ci-dessus] un document diffusé par un autre pirate informatique. Ce dernier, il est russe, a mis la main sur 150 000 comptes clients du site pornographique Naughty America. Un injection SQL, une backdoor (shell) dans le serveur et les comptes clients ont fini dans les mains du pirate.

Pendant ce temps…

… le groupe hôtelier Trump est de nouveau piraté. Des logiciels d’espionnage ont été retrouvés dans les ordinateurs des hôtels Trump situés à New York, Toronto et Honolulu. Même type d’attaque vécue en juillet 2015. Cela donne une idée de la gestion de la sécurité informatique de ce groupe. Les pirates visaient les identités et les données bancaires.

En ce qui concerne les numéros de CB, pas besoin d’être intelligent pour comprendre l’intérêt. Achats de produits dématérialisés qui seront revendus moitié prix [blanchir l’argent détourné]… En ce qui concerne les informations dédiées aux identités : fraude bancaire [ouverture de compte], usurpation d’identité, …

Une application contre Donald Trump

Le présidentiable extrémiste Donald Trump doit faire face à une application sous Chrome qui le banni du navigateur de Google.

Vous n’aimez pas Donald Trump ? Vous n’aimez pas les propos haineux, racistes de ce candidat à la présidentielle américaine ? Un informaticien vient de sortir une application, baptisée TrumpFilter qui bannit la moindre information liée à Donald Trump. Soyons honnête, ça ne fera pas baisser les sondages de ce bateleur populiste.

Le filtre « Trump », développé par Rob Spectre, bloque les sites Web couvrant les actualités dédiées à Trump. Il faut dire aussi que Trump, dans les média, c’est un peu le FN en France, ça fait vendre du papier et des pages vues sur la toile.

Selon Spectre, bloquer la couverture médiatique de Donald Trump, qui paient des millions de dollars pour s’afficher partout, c’est permettre « aux citoyens concernés de réellement se concentrer sur d’autres candidats. » Bref, en apprendre davantage sur les questions politiques, économiques, sociétales des Etats-Unis d’Amérique. Un filtre Hillary Clinton serait en cours de réflexion, la politique étant en seconde position des informations liées aux présidentielles américaines.