Archives de catégorie : backdoor

Infiltration du réseau PacNet

Un pirate informatique a visité le réseau PacNet de la société TelStra. Plusieurs organismes gouvernementaux, dont la police fédérale australienne infiltrés.

Courriels, réseaux, serveurs, sites Internet. Pas de doute, l’infiltration que vient de révéler la société Telstra fait bondir les kangourous Australiens. Le réseau d’entreprises Pacnet a été piraté et infiltré. La filiale asiatique de Telstra a été visitée, mettant en danger ses clients, dont la police fédérale australienne, le ministère des Affaires étrangères, le ministère du Commerce et de nombreux autres organismes gouvernementaux. Une attaque qui a visé les systèmes d’administrations des clients de ce géant de l’informatique, ainsi que leurs courriels. Une attaque qui a été lancée début avril 2015.

Une attaque qui débarque au moment ou TelStra finalise le rachat de PacNet (697 millions de dollars, NDR DataSecuritybreach.fr) et se prépare à lancer une grande campagne de communication, en Asie, pour
vanter ses services.

L’Australian Cyber Security Centre (ACSC) enquête sur cette affaire. Il n’y a pas encore eu de communication sur les données qui ont pu être volées aux différents ministères. Le plus inquiétant est que le pirate, via une injection SQL, a pu tout simplement installer un shell (une porte cachée – backdoor) dans le serveur et lancer sa petite visite que personne n’a vu, du moins jusqu’au 16 avril dernier. Bref, une attaque d’un classique qui a de quoi faire revenir sur terre le thylacine (animal australien aujourd’hui disparu, NDR).

Pacnet est l’une des rares entreprises à avoir des datas center en Chine occidentale. L’origine géographique du pirate reste inconnue. (CT)

Les Députés américains votent la fin de la collecte en vrac de la NSA

La NSA collecte, à la tonne, les données téléphoniques. Mission officielle, traquer les terroristes. 338 députés, sur 88, ont décidé que cet espionnage devait être mieux contrôlé.

Alors qu’en France les députés ont décidé de permettre la collecte de données « en vrac » de personnes considérées comme dangereuses par les services de renseignements, aux USA, le Capitole a confirmé par le vote positif de 338 députés (pour 88 contre, NDR) que la même collecte, réalisée par la Nationale Security Agency (NSA) devait être contrôlée.

La Chambre a voté ce 13 mai le projet de loi baptisée USA Freedom Act. Bilan, elle aura pour effet, si le Sénat vote dans le même sens, de faire fermer de nombreux programmes d’espionnage de la NSA. Un espionnage visant les ressortissants américains, sur le sol de l’Oncle Sam. Ce projet de loi, adopté massivement par les députés, mettra peut-être fin à la collecte en vrac des appels téléphoniques à partir d’un fournisseur de télécommunication américain.

Un programme d’espionnage dénoncé en 2006 par USA Today, et qui reviendra sur le devant de la scéne en 2013, via les dossiers de la NSA volés par Edward Snowden, ancien analyste privé des grandes oreilles américaines.

Ce projet de loi prévoit que la NSA devra passer par la Foreign Intelligence Surveillance Court avant de demander une écoute. Ce projet exige de l’agence l’utilisation de mots spécifiques lors de ces
recherches. Des mots qui doivent affiner son accès aux seuls dossiers pertinents. Il faut attendre, maintenant, le vote du Sénat pour entériner ce projet de loi. L’Electronic Frontier Foundation (EFF) se félicite de cette nouvelle avancé, même si l’EFF doute du vote final. La semaine dernière, une cour
d’appel fédérale avait statué que cette collecte massive de données téléphonique était totalement illicite. Une collecte qui n’avait jamais été autorisée par l’article 215 du Patriot Act (Fight 215).

4ème édition du livre Ethical Hacking

Ce livre sur la sécurité informatique est devenu une véritable référence. Écrit par des universitaires Français, « Sécurité informatique – Ethical Hacking » vient de sortir sa 4ème édition.

Ce gros pavé s’adresse à tout informaticien sensibilisé au concept de la sécurité informatique mais novice ou débutant dans le domaine de la sécurité des systèmes d’informations. Il a pour objectif d’initier le lecteur aux techniques des attaquants pour lui apprendre comment se défendre.

Cette nouvelle édition tient compte de l’actualité en matière de sécurité informatique et voit l’apparition de trois nouveaux chapitres qui traitent : des investigations Forensic, principalement utilisées dans la recherche de preuves numériques, des attaques plus orientées vers le matériel (comme les cartes à puce et autre) et des Box, omniprésentes dans nos maisons, en mettant en lumière que celles-ci ne sont pas infaillibles et qu’il faut bien savoir les configurer pour éviter les ennuis.

La 4ème édition de ce livre référence vient d’être publiée.

Les auteurs de ce livre (Marion AGÉ – Nicolas CROCFER – Robert CROCFER – David DUMAS – Franck EBEL – Guillaume FORTUNATO – Jérôme HENNECART – Sébastien LASSON – Raphaël RAULT – Laurent SCHALKWIJK) composent une équipe de personnes de conviction qui se donnent pour mission de rendre la sécurité informatique accessible à tous : « apprendre l’attaque pour mieux se défendre« . Sécurité informatique – Ethical Hacking – Edition ENI – 54€.

Spy in the sandbox : espionner un ordinateur en quelques clics

Décidément, espionner les ordinateurs serait un véritable jeu d’enfant. Aujourd’hui, il suffit d’un navigateur compatible HTML5 pour espionner huit ordinateurs sur 10 de par le monde.

Prenez un ordinateur récent, fonctionnant avec un processeur Intel. A cela rajoutez un navigateur Internet compatible html5, une page malveillante et un peu de Javascript et vous voilà la technique du Spy in the sandbox.

Des chercheurs en sécurité de l’université américaine de Cornell (Yossef Oren , Vasileios P. Kemerlis , Simha Sethumadhavan , Angelos D. Keromytis) ont annoncé avoir découvert comment il était (trop, ndr) simple d’espionner huit ordinateurs sur dix de par le Monde. L’ordinateur n’a besoin que d’être motivé par une puce Intel. Une page d’hameçonnage piégée permet d’actionner un ensemble d’actions malveillantes que les chercheurs ont baptisé exploit « micro architectural« .

Un code Javascript dans la page pirate va ensuite collecter les données qui passent (entrantes et sortantes, ndr). La mémoire « tampon » du processeur est trop rapide. Bilan, les informations en caches peuvent être aspirées. Le processeur est rapide, la mémoire vive beaucoup moins. « Se défendre contre cette attaque est possible, mais les contre-mesures nécessaires peuvent exiger un coût loin d’être négligeable » précise les chercheurs dans le document qu’ils ont diffusé.

Quand les virus informatiques détruisent nos complexes industriels

Fin décembre, le gouvernement allemand a émis un rapport concernant une cyber-attaque contre une aciérie, qui a eu pour conséquence des dommages conséquents causés à l’usine. L’événement a été largement médiatisé depuis, de la BBC à Youtube ; le SANS Institute (SysAdmin, Audit, Network, Security) a notamment fourni une analyse détaillée de l’attaque. Nombre de ces rapports, comme celui de Wired, ont désigné l’attaque comme « le second cas confirmé dans lequel une attaque numérique a entraîné la destruction physique d’équipements », la première étant Stuxnet.

L’attaque s’est produite seulement quelques semaines après celles de BlackEnergy, ce qui a attiré mon attention, ce cas-ci constituant une attaque bien plus fondamentale contre une infrastructure majeure. L’attaque s’est concentrée sur la contamination de composants d’interface homme-machine issus de divers fournisseurs. De même que dans l’attaque sur des infrastructures américaines de gaz naturel rapportée par US-Cert en 2013, BlackEnergy représente une initiative élargie contre des capacités industrielles, bien plus sérieuse que l’attaque unique de l’aciérie allemande.

La visibilité que donne cet incident quant au risque de cyber-attaques est essentielle ; elle nous avertit que les attaques ciblées contre l’Internet des Objets en général et contre les infrastructures essentielles en particulier doivent être prises au sérieux. Certains historiens des technologies désignent juin 2010 comme le moment où tout a changé. C’est le moment où Stuxnet a frappé et aurait neutralisé un cinquième des centrifugeuses nucléaires en Iran. Depuis, le public n’a eu connaissance que de quelques autres cas d’usage de cyber-armes, mais ne vous y trompez pas : depuis 2010, les pays et « des groupes renégats » collectent des renseignements en masse et mettent au point des cyber-armes dont il peut être facilement fait usage contre un ennemi.

Les anomalies et interruptions consécutives de la connexion internet en Corée du Nord sont attribuées, sans confirmation, à des représailles suite à la récente agression d’une entreprise basée aux Etats-Unis. Suivant cette tendance, il n’est pas inimaginable que les guerres du futur se déroulent largement sur Ethernet, infligeant aux infrastructures des dommages bien plus importants et coûteux que nous ne pouvons l’imaginer.

Ce n’est pas de la science-fiction. Le directeur de la NSA, Michael Rogers, l’a annoncé publiquement : la Chine pourrait neutraliser la totalité du réseau électrique des Etats-Unis et d’autres attaques similaires pourraient être lancées, constituant des menaces concrètes pour les simples citoyens. Le trojan HAVEX récemment découvert en est un autre exemple. Ce malware a infiltré un nombre indéterminé d’infrastructures essentielles en s’intégrant à des mises à jour logicielles diffusées par des fabricants de systèmes de contrôle. Ces attaques impactent des systèmes sur lesquels nous nous appuyons quotidiennement, notamment des systèmes utilitaires, des raffineries, des systèmes de défense militaire, ou des usines de traitement des eaux.

Avec notre dépendance accrue aux technologies de l’information et nos systèmes interconnectés, nos efforts pour assurer à ces systèmes des défenses appropriées n’ont pas suivi le rythme. Par exemple, un simple pare-feu et des technologies de sécurité basées sur des règles ne garantissent pas la sûreté d’environnements diffusés ou virtuels, ni ne protègent d’attaques « jour zéro » ciblées où aucune signature n’a été développée. Les cybercriminels de niveau corporatif et les cyber-terroristes d’échelle nationale peuvent facilement tirer parti de ces brèches dans notre armure défensive et lancer la prochaine attaque d’envergure.

Lors de la mise en place de nouvelles technologies, il est essentiel de faire de la sécurité un enjeu du débat plutôt que d’y faire face par un ajout après-coup ou même suite à une attaque. Notre capacité à sécuriser les intérêts commerciaux et intérêts nationaux requiert une posture « vers l’avant » contre les scénarios de plus en plus plausibles où une arme lancée contre nous sera peut-être bien plus silencieuse mais bien plus dévastatrice lorsque nous ferons face aux cyberguerres.  (Par Christian Hiller, Président, EMC France)

1 milliard de données personnelles identifiables divulguées en 2014

L’équipe de recherche et développement IBM X-force vient de publier son rapport trimestriel sur son analyse des menaces avancées. Ce rapport dévoile qu’au moins 1 milliard de données personnelles identifiables (PII) ont été divulguées en 2014.

Le rapport 2015, qui met également en évidence les résultats du dernier trimestre 2014, a recensé plus de 9 200 nouvelles failles de sécurité affectant plus de 2 600 fournisseurs, ce qui représente une augmentation de 9,8% par rapport à 2013 et constitue l’augmentation la plus importante en une seule année depuis que le rapport X-Force a été créé il y a 18 ans.

Selon ce rapport (qui ne prend en compte que les informations d’IBM, NDR), le nombre total de failles enregistrées en 2014 était de près de 20% plus élevé qu’en 2013 (où l’on enregistrait 800 millions de données divulguées). 74,5%, le nombre d’incidents enregistrés aux Etats-Unis, ce qui est beaucoup plus élevé que dans les autres pays. Une majorité (40,2%) des types d’attaques les plus courants n’ont pas été identifiés. Les logiciels malveillants (malwares) et les DDoS (déni de service distribué) arrivent en seconde position avec un taux de 17,2% chacun. La divulgation par l’US-CERT d’une classe de vulnérabilités affectant des milliers d’applications Android qui mettent à mal les certificats SSL représentent 15% du total pour l’année, portant peu à peu le décompte final à un nouveau sommet historique.

Les chercheurs attribuent largement ces chiffres croissants à l’augmentation de l’indifférence des développeurs en matière de sécurité. Ces derniers ont été lents à mettre en œuvre des « patches » en dépit des avertissements et de la sensibilisation accrue aux vulnérabilités. En fait, 10 des 17 (59%) applications bancaires utilisant Apache Cordova qui ont été initialement divulguées en octobre 2014 étaient encore vulnérables en janvier de cette année.

Le rapport montre également une augmentation des vulnérabilités de « conception », qui sont de plus en plus meurtrières, très reconnaissables, ayant des noms et logos accrocheurs (par exemple : Heartbleed et Shellshock) et qui devraient désormais être prises en compte dans la conception et le développement. Ces vulnérabilités ont révélé des failles facilement exploitables dans les systèmes de base et les bibliothèques sous-jacentes qui supportent presque toutes plateformes web et les systèmes de gestion de contenu habituels.

Découverte d’une nouvelle technique de camouflage dans un malware

Les experts de l’éditeur allemand G DATA ont découvert de nouveaux programmes malveillants liés à un botnet Andromède. Un de ces codes, qui se distribue via des macros dans les documents Word manipulés, utilise une technique rare de camouflage par stéganographie. « Le malware se comporte comme une poupée russe sur le système. Il révèle progressivement son objectif« , explique à DataSecurityBreach.fr Ralf Benzmüller, directeur du G Data SecurityLabs. « Les systèmes infectés sont destinés à être utilisés comme PC zombies dans le botnet Andromède / Gamarue« .

Infection en 5 étapes
Le début de l’attaque s’effectue par un document MS Word manipulé. Un tel document se propage par e-mails de spam. Dans le cas étudié, le nom du document suggère qu’il s’agit d‘un contrat. En ouvrant le document et en activant les Macros Office, la victime active une série d’actions qui vont amener à l’infection. Un premier programme déchiffre un second code stocké dans une image (stéganographie). Celui-ci lance en cascade un troisième code en mémoire (le payload) qui injecte la charge utile dans le système. Ce dernier programme malveillant, msnjauzge.exe, intègre une entrée de démarrage automatique dans le Registre pour survivre au redémarrage système : le système cible est infecté.

Le Botnet Andromède identifié
Le fichier msnjauzge.exe est le point d’entrée d’un botnet bien connu appelé Andromède, aussi connu sous le nom de Gamarue. Ce botnet est connu pour avoir livré le cheval de Troie bancaire ZeuS en 2011. Lors de cette analyse, le serveur C&C contacté par l‘échantillon étudié était en ligne, mais n’avait pas délivré de code supplémentaire sur la machine infectée. Par conséquent, l’utilisation prévue pour ce botnet n‘est pas encore déterminée. (Gdata)

Accéder à votre compte Facebook sans mot de passe, facile !

Voilà qui va être apprécié chez les amateurs du réseau communautaire. Les employés de Facebook peuvent accéder à votre compte, sans utiliser votre mot de passe. Facebook explique que cela reste cependant très contrôlé !

On ne rigole pas, et on se dit que Facebook croit vraiment ce qu’il tente de raconter aux internautes. Accéder à votre compte Facebook est très simple pour un employé, il lui suffit de cliquer sur le logiciel local et le voilà dans votre espace, sans avoir à utiliser, ni même connaitre votre mot de passe. Facebook explique que cela reste cependant très contrôlé !

La découverte a été faite par un Paavo Olavi Siljamäki, un DJ producteur, en visite dans les locaux de Facebook. Il explique, sur son compte FB, avoir vu de ses petits yeux un employé de Facebook accéder à son compte, sans utiliser le moindre sésame. « Des gens sympas là-bas nous ont donné de bons conseils sur la façon d’utiliser au mieux Facebook. Puis on m’a demandé si j’étais d’accord pour regarder mon profil (…) Un ingénieur de Facebook peut alors se connecter directement sur mon compte, regarder tout mon contenu privé sans me demander mon mot de passe« .

Le plus fou est que Paavo a ensuite regardé, chez lui, son compte Facebook. Sa page ne lui a pas indiquer cette visite particulière.  « Nous avons des contrôles administratifs, techniques et physiques très rigoureux quant à l’accès aux informations de nos utilisateurs » indique Facebook à Venture Beat. Bref, Paavo a donné son accord, et l’employé est rentré !

 

Il y a bien eu des tentatives de piratage de Gemalto

Gemalto a présenté ce mercredi 25 février les conclusions de ses investigations sur le possible piratage de clés d’encryptage de cartes SIM diffusé par un journal américain. Pour la firme, l‘analyse de la méthode décrite dans les documents et les tentatives d’intrusion sophistiquées détectées par Gemalto en 2010 et 2011 rendent cette opération probable. Les attaques (Phishing et tentative d’installation du cheval de Troie) n’auraient touché que des réseaux bureautiques, elles n’ont pas pu résulter en un vol massif de clés d’encryptage de cartes SIM. La technique utilisée étant d’intercepter les clés lors de l’échange entre l’opérateur télécom et ses fournisseurs, et Gemalto indique avoir largement déployé un système d’échange sécurisé avec ses clients, avant 2010. Les données éventuellement volées par cette méthode ne sont exploitables que dans les réseaux de deuxième génération (2G). Les réseaux 3G et 4G ne sont pas vulnérables à ce type d’attaque.

Suite à la publication de documents le 19 février 2015 dernier, Gemalto a mené une investigation approfondie sur la base de deux éléments : les documents censés émaner de la NSA et du GCHQ rendus publics par ce site, et les outils de surveillance interne, avec leurs registres de tentatives d’intrusion.

L’article de The Intercept suppose que les documents publiés sont réels et qu’ils décrivent précisément des événements qui se sont produits en 2010 et 2011. Notre publication ci-dessous n’a pas pour but de confirmer partiellement ou entièrement ni de fournir des éléments permettant de réfuter partiellement ou entièrement le contenu des documents publiés par ce site web. En tant qu’acteur de la sécurité numérique, Gemalto est régulièrement la cible d’attaques. Ces tentatives d’attaques sont plus ou moins sophistiquées et nous sommes habitués à y faire face. La plupart échouent mais quelques-unes parviennent parfois  à pénétrer la partie externe de notre réseau qui est architecturé pour être très sécurisé.

 

Si nous regardons en arrière, sur la période couverte par les documents de la NSA et le GCHQ, nous confirmons avoir fait face à plusieurs attaques. En 2010 et 2011 précisément, nous avons détecté deux attaques particulièrement sophistiquées qui pourraient être reliées à cette opération.

 

En juin 2010, nous avons remarqué une activité suspecte sur l’un de nos sites français où un tiers a essayé d’espionner le réseau que nous appelons « office », c’est-à-dire le réseau de communication des employés entre eux et avec le monde extérieur. Des mesures ont été prises immédiatement pour éradiquer la menace.
En juillet 2010, notre équipe de sécurité a détecté un second incident. Il s’agissait de faux courriels envoyés à l’un de nos clients opérateur mobile en usurpant des adresses mail authentiques de Gemalto. Ces faux emails contenaient un fichier attaché qui permettaient le téléchargement de code malveillant. Nous avons immédiatement informé le client concerné et signalé l’incident aux autorités compétentes, en leur communiquant l’incident lui-même et le type de programme malveillant identifié.

 

Au cours de la même période, nous avons également détecté plusieurs tentatives d’accès aux ordinateurs de collaborateurs de Gemalto ayant des contacts réguliers avec des clients. A l’époque, nous n’avons pas pu identifier les auteurs de ces attaques mais maintenant nous pensons qu’elles pourraient être liées à l’opération du GCHQ et de la NSA.

 

Les intrusions n’ont affecté que des parties externes des réseaux de Gemalto, c’est-à-dire les réseaux bureautiques qui sont en contact avec le monde extérieur. Les clés de cryptage et plus généralement les données client ne sont pas stockées sur ces réseaux. Il faut imaginer l’architecture de notre réseau un peu comme le croisement entre un oignon et une orange. Il est composé de couches multiples et de nombreux quartiers qui permettent de cloisonner et d’isoler les données.

 

Les techniques de persuasion utilisées par les cybercriminels

92 % des employés français, 80 % à travers le monde, se sont déjà fait piéger par des menaces informatiques et notamment par des tentatives d’hameçonnage. DataSecurityBreach.fr vous alerte très souvent sur les techniques de persuasion utilisées par les pirates informatiques. Intel Security vient de diffuser un rapport sur les méthodes de substitution des données sensibles utilisées par les cybercriminels sont de plus en plus proches de celles utilisées dans le monde réel et notamment des techniques de vente et d’escroquerie. Prenez garde à votre sécurité en ligne !

« Piratage de l’OS humain », le nouveau rapport d’Intel Security, élaboré avec le soutien du Centre Européen de lutte contre la cybercriminalité d’Europol, présente les techniques utilisées dans les récentes cyberattaques, ainsi que les méthodes de manipulations des hackers pour rendre les collaborateurs d’entreprises complices/acteurs d’actes de cybercriminalité.

Publié quelques jours après la révélation d’une cyberattaque qui a touché plus de 100 banques à travers le monde et causé aux alentours de 900 millions d’euros de dégâts, ce rapport démontre toute l’importance d’une prise de conscience collective et souligne la nécessité d’éduquer les collaborateurs aux méthodes de persuasion appliqués par les hackers dans le monde numérique. Dans l’exemple cité, les attaques de phishing ciblées ont permis l’ouverture de brèches au sein de ces réseaux bancaires, démontrant ainsi la faiblesse intrinsèque du « pare-feu humain ». A titre de comparaison, l’étude Threat Report d’Intel Security a permis, en septembre dernier, de révéler que 92 % des employés français n’étaient pas en mesure d’identifier un courriel de phishing sur sept.

« L’analyse de nombreux cas d’usurpation de données nous montre qu’aujourd’hui, le facteur humain est le plus souvent la clé qui permet aux hackers d’agir. En les manipulant, ils les incitent à prendre des mesures qui facilitent l’infection des systèmes par des logiciels malveillants », commente Raj Samani, Directeur Technique EMEA d’Intel Security et conseiller auprès du Centre européen de lutte contre la cybercriminalité d’Europol.

« Aujourd’hui, les cybercriminels n’ont pas nécessairement besoin de savoir-faire technique pour atteindre leurs objectifs. Certains logiciels malveillants peuvent infecter les ordinateurs en y accédant directement par emails. Ces attaques ciblées manipulent les victimes et les incitent à ouvrir des pièces jointes, prétendument légitimes, ou à cliquer sur un lien qui semble provenir d’une source sûre », indique Paul Gillen, directeur des opérations du Centre Européen de lutte contre la cybercriminalité.

Sur l’année 2014, il a été répertorié une augmentation spectaculaire du nombre d’URL malveillantes soit plus de 30 millions de liens suspects. Cette augmentation peut être attribuée à la fois à une forte hausse du nombre de liens de phishing ainsi qu’à une utilisation plus commune des URL courts qui cachent, souvent, des sites Web malveillants. Cette tendance est d’autant plus inquiétante que 18 % des utilisateurs visés par un email de phishing cliquent sur ce lien malveillant et deviennent ainsi victimes de la cybercriminalité.

Le rapport pointe du doigt le fait que deux tiers des emails mondiaux sont des spams qui visent à soutirer des informations et de l’argent à leurs destinataires. Face à ce constat, il est d’autant plus important que les consommateurs et les collaborateurs d’entreprises soient informés des techniques de phishing et d’escroquerie couramment utilisées dans le monde numérique.

« Aujourd’hui, les cybercriminels sont devenus de très bons psychologues, capables de jouer sur le subconscient des employés en s’appuyant notamment sur un grand nombre de tactiques de « vente » souvent utilisées dans la vie quotidienne. Pour garder une longueur d’avance sur les cybercriminels et réduire le risque d’être l’une des victimes de la cybercriminalité, les entreprises doivent non seulement optimiser leurs processus et compter sur la technologie mais aussi former leurs personnels pour pallier à la brèche dans ce qu’on nomme ‘l’OS humain’ », conclut Raj Samani.

Il n’a jamais été plus important de former les individus à la sécurité et à la politique de leur entreprise en matière de protection des données. Paradoxalement, une étude récente publiée par Enterprise Management Associates1 a révélé que seulement 56 % des employés avaient suivi une formation à la politique de sécurité de l’entreprise.

Les six leviers d’influence des cybercriminels dans le monde numérique

1. Réciprocité des échanges : Les gens ont tendance à se sentir obligés de répondre une fois qu’ils reçoivent quelque chose.

2. Rareté de l’offre : Les individus sont motivés par l’obtention de ce qu’ils croient être une ressource rare ou une offre limitée dans le temps et peuvent ainsi s’exposer plus facilement au cybercrime. Par exemple, un faux courriel envoyé par une banque demandant à l’utilisateur d’accepter une demande suspecte afin d’éviter la désactivation de son compte dans les 24 heures peut avoir tendance à inciter au clic.

3. Cohérence des engagements : Une fois engagée dans une démarche, la victime choisit très souvent de tenir ses promesses pour rester cohérente et éviter de paraître peu voire non fiable. Par exemple, un pirate peut se présenter en tant qu’un membre de l’équipe SI de l’entreprise et, après avoir fait en sorte qu’un employé s’engager à respecter tous les processus de sécurité, lui demander d’effectuer une tâche suspecte sur son poste, qui semblerait être conforme aux exigences de sécurité.

4. Appréciation et amitié : Les tentatives d’hameçonnage sont plus productives lorsque le cybercriminel réussit à gagner la confiance de la victime. Pour endormir la méfiance, un pirate pourrait notamment essayer d’entrer en contact, soit par téléphone soit en ligne, et « charmer » au préalable sa victime potentielle.

5. Respect de l’autorité : Les gens ont tendance à se conformer à une figure d’autorité. Les directives dans un mail prétendument envoyé de la part d’un PDG de l’entreprise sont plus susceptibles d’être suivies par un employé.

6. L’effet de masse : Les gens ont tendance à se conformer à la majorité. Par exemple, si un courriel de phishing est prétendument envoyé à un groupe de collègues, plutôt qu’à un seul destinataire, la victime potentielle de l’attaque se sent davantage rassurée et est plus susceptible de croire que le mail provient d’une source sûre.

1 Source : Enterprise Management Associates