Archives de catégorie : Banque

Un cheval de Troie a leurré les clients de 18 banques françaises

Les Français sont de plus en plus mobiles et veulent pouvoir effectuer certaines activités quotidiennes où qu’ils se trouvent. Par exemple, selon un récent sondage du Conseil Supérieur de l’Audiovisuel (CSA), 92 % des personnes possédant un téléphone portable l’utilisent pour consulter leurs comptes bancaires. Bien que ces applications soient utiles à de nombreux égards, elles représentent aussi des portes dérobées pour les hackers à l’affût de données sensibles.

D’ailleurs, une déclinaison du cheval de Troie GM Bot, appelé aussi Acecard, Slembunk et Bankosy, vise actuellement les clients de plus de 50 banques dans le monde, dont 18 en France, y compris BNP Paribas, la Société Générale ou encore Le Crédit Agricole. Rien que le trimestre dernier, GM Bot a pris pour cible des centaines de milliers d’utilisateurs de portables. Nikolaos Chrysaidos, Responsable des menaces et de la sécurité mobile chez Avast, revient sur les procédés de ce malware nuisible et sur les façons de s’en protéger : « GM Bot est un cheval de Troie qui ressemble, à première vue, à une application inoffensive. Il est surtout téléchargeable sur des plateformes tierces de téléchargement d’applications qui disposent de contrôles de sécurité bien moins pointus que sur ceux des stores d’Apple et de Google. GM Bot se déguise souvent en une application dont le contenu est réservé aux adultes ou à un plug in, comme Flash ».

Une fois téléchargée, l’icône de l’application disparait de la page d’accueil de l’appareil, mais cela ne signifie pas pour autant que le programme malveillant a quitté le terminal. L’application demande alors constamment des identifiants de connexion divers et variés. S’il parvient à se les procurer, le malware peut rapidement causer de sérieux dégâts.

Doté des identifiants de connexion, GM Bot peut contrôler tout ce qui se passe sur l’appareil infecté. Le malware s’active quand une application préalablement listée s’ouvre, liste comprenant principalement des services bancaires. Lorsque l’utilisateur ouvre l’une de ces applications, GM Bot affiche un cache ressemblant à la page d’accueil au lieu d’ouvrir la page de l’appli légitime. Berné, la victime rentre ses identifiants sur ce cache, et ses informations sont directement envoyées aux cybercriminels. Cette technique d’ingénierie sociale est très souvent utilisée pour tromper l’utilisateur et l’inciter à révéler ses données personnelles.

Pire encore ! GM Bot peut intercepter les SMS et est donc en mesure de voler les codes d’authentification à deux facteurs lors d’une transaction sans que le propriétaire ne s’en rendre compte. Ainsi, le malware récupère et partage des informations tels que le cryptogramme de sécurité au verso de la carte bancaire, les codes reçus par SMS, ou encore les numéros de téléphones.

Le code source du cheval de Troie GM Bot a fuité en décembre 2015, il est donc désormais à la portée de n’importe qui possédant quelques notions d’informatique.  Les cybercriminels peuvent même aller plus loin et ajuster le code du malware afin d’obtenir plus d’informations. Cela signifie que de nouvelles versions aux capacités changeantes sont constamment créées. Dans certains cas, par exemple, les hackers infiltrés demandent aux victimes d’envoyer les scans recto-verso de leur carte d’identité.

Heureusement, il existe des solutions efficaces qui détectent et bloquent le cheval de Troie et tout type de logiciel malveillant avant que celui-ci ne compromette l’appareil de l’utilisateur. Toutefois, il est également crucial de télécharger toutes ses applications depuis des plateformes sûres et sécurisées, telles que l’App Store d’Apple et le Play Store de Google. Les autres sources proposent certes des applications qu’on ne trouve pas toujours sur les plateformes de confiance ou offrent des applis habituellement payantes, mais cela est bien souvent trop beau pour être vrai. Enfin, les utilisateurs doivent être vigilants et ne pas donner les droits administrateurs de leurs applis à n’importe qui. Cette mesure est capitale car la personne qui détient ces droits est alors en mesure de contrôler l’appareil via l’appli en question.

Cybercriminalité nigériane

L’Unité 42 publie sa dernière étude en date consacrée à la cybercriminalité nigériane. Une analyse appliquées à une série de 8 400 échantillons de malwares.

L’Unité 42 publie ce jour sa dernière étude en date consacrée à la cybercriminalité nigériane. Ses analyses évoluées, appliquées à une série de 8 400 échantillons de malwares, ont permis d’attribuer à une centaine d’acteurs ou de groupes distincts plus de 500 domaines hébergeant l’activité de logiciels malveillants. Par son étendue et sa consistance, cette étude pose un diagnostic actuel et très complet, centré sur la menace collective et non sur tel ou tel acteur.

Globalement, nous avons observé que les acteurs nigérians ont évolué depuis leurs escroqueries classiques par e-mail, de type fraude 419. Les attaques de malwares sont en constante progression depuis deux ans : représentant moins d’une centaine de cas en juillet 2014, elles se développent aujourd’hui au rythme de 5 000 à 8 000 par mois. Ces attaques, loin d’être dirigées contre des catégories de victimes bien précises, couvrent les principaux marchés verticaux et ciblent davantage les entreprises que les particuliers. Passés maîtres dans le maniement de logiciels malveillants qui se sont banalisés, les acteurs en question ont extorqué des dizaines de milliers, voire des millions de dollars aux entreprises qu’elles ont choisi pour victimes, rien que pour la seule année dernière. Au vu des données recueillies, nous estimons que les évaluations rétrospectives concernant cette menace méritent d’être revues car ces acteurs ont aujourd’hui prouvé qu’ils constituent une réelle menace pour les entreprises et les administrations du monde entier.

L’étude expose en détail les phases successives de la cybercriminalité nigériane, aborde les tactiques employées, et permet de mieux comprendre la façon dont la menace a évolué par sa dimension, son périmètre, sa complexité et son savoir-faire technique au cours des deux dernières années. Elle analyse également les aspects ci-après :

Profils des acteurs
L’analyse des acteurs révèle avant tout qu’ils sont instruits. Nombre d’entre eux ont fréquenté des établissements d’enseignement secondaire et possèdent une licence dans une discipline technique. Pour ce qui est de leur classe d’âge, elle se situe entre la fin de l’adolescence et 45 ans environ ; plusieurs générations sont donc concernées. Concrètement, des acteurs d’un certain âge, versés dans les arnaques classiques de type fraude 419 et l’ingénierie sociale, côtoient donc des plus jeunes qui, eux, sont incollables sur les malwares. Et surtout, ces acteurs parfaitement organisés se servent des réseaux sociaux pour communiquer, coordonner et partager leurs outils et techniques.

Préjudices financiers
Les préjudices causés par ces acteurs ont des répercussions significatives sur les entreprises aux quatre coins du monde. En 2015, un rapport annuel publié par l’IC3 (Internet Cyber Crime Center), dépendant du FBI, recensait 30 855 victimes d’escroqueries « classiques » de type fraude 419/remboursement d’un trop-perçu, pour un préjudice total de plus de 49 millions de dollars. Bien que ce montant soit conséquent, le 1er août 2016, Interpol annonçait l’arrestation d’un acteur nigérian apparemment à l’origine d’un détournement de plus de 60 millions de dollars au total, dont plus de 15,4 millions de dollars au préjudice d’une seule entreprise.

Techniques
Les arnaques au président, ou escroqueries aux faux ordres de virement (Business Email Compromise, BEC) et les usurpations d’e-mails d’entreprises (Business Email Spoofing, BES) sont deux techniques qui sont, depuis peu, très en vogue chez ces acteurs. Les domaines visant à imiter des entreprises légitimes, les « crypteurs » utilisés pour dissimuler des malwares ainsi que d’autres méthodes leur permettent de s’introduire sur le réseau d’une victime. Une fois dans la place, l’ingénierie sociale sert à duper les victimes en les convaincant d’effectuer un virement bancaire à un tiers pour obéir à un prétendu ordre d’un dirigeant.

La sécurité des données des services financiers passera par le cloud

Le secteur des Services financiers se tourne progressivement vers le cloud afin de proposer de nouveaux produits, services et offres personnalisées sans avoir à concéder d’investissements initiaux de capitaux. Malgré cela, l’idée de céder le contrôle de son infrastructure et de ses données clients sensibles à des fournisseurs de services cloud suscite encore des inquiétudes, notamment vis-à-vis des risques de conformité et de sécurité. On constate néanmoins les prémices d’un changement.

Suite à la dernière décision de la Competition and Markets Authority (CMA) visant à stimuler la concurrence dans le secteur bancaire, les établissements sont désormais tenus de numériser complètement leurs systèmes d’ici 2018. Ce jugement intervient après que la Financial Conduct Authority (FCA) a ouvert la voie pour que l’ensemble du secteur puisse tirer parti du cloud tant que les « mesures de protection appropriées » seront en place. Le cloud computing est donc amené à occuper une place de choix dans l’avenir de l’industrie bancaire.

En revanche, son adoption non sécurisée présente des risques énormes pour les sociétés de services financiers, avec notamment des dégâts potentiels considérables aux niveaux opérationnel et de leur réputation. Près de 20 millions de documents financiers auraient ainsi fait l’objet de fuites en 2015. Pour tirer pleinement parti de solutions cloud, les organisations du secteur et leurs clients doivent avoir l’assurance que leurs données sensibles soient en sûreté. Les premiers avertissements sont d’ailleurs clairs : le dernier rapport Shadow Data de Blue Coat a révélé que 87 % des applications cloud utilisées par les entreprises ne chiffrent pas correctement leurs données. Cela pose un problème de taille pour le secteur des services financiers, dont 85 % des données sensibles sont stockées dans les nuages. Pour tirer pleinement parti de ces solutions, ces organisations et leurs clients doivent avoir l’assurance que leurs données sensibles soient en sûreté.

Des données personnelles prêtes pour le cloud
Les sociétés de services financiers se tournent aujourd’hui vers le cloud pour remplacer leurs systèmes traditionnels et optimiser leurs opérations. Beaucoup sont actuellement en train d’y migrer différentes fonctions de manière à bénéficier de fonctionnalités de pointe, et d’une évolutivité et d’une flexibilité de premier plan. Ces organisations espèrent en effet profiter de l’association de fonctionnalités internes et propriétaires avec des systèmes cloud grâce à des API dernier cri.

Compte tenu des enjeux, nombreuses sont celles qui font preuve de prudence à l’idée de céder les données clients sensibles actuellement sur leurs systèmes locaux traditionnels à des fournisseurs de services cloud. Elles s’interrogent notamment et à juste titre sur la capacité de ces derniers à gérer de façon adéquate l’emplacement destiné au stockage et au traitement de ces données.

Toute incapacité à garantir leur sécurité des données nuit en effet considérablement à la confidentialité, et augmente les risques de sécurité informatique et de conformité. Les fuites et les incidents de sécurités concernant des données réglementées peuvent aussi être à l’origine de coûts élevés, de sanctions et de risques pour la réputation des entreprises. Selon l’enquête 2016 Cost of Data Breach Study pubiée par Ponemon, le coût moyen d’une fuite par document dans le secteur financier s’élève à 221 $, soit plus que les 158 $ perdus en moyenne par les autres secteurs. En outre, de nouvelles réglementations, comme le Règlement général européen sur la protection des données (GDPR), obligent les sociétés du secteur à alerter les clients affectés par une fuite de données. Les dégâts causés à ces marques peuvent alors se traduire en pertes de bénéfices et de capitaux.

Sécuriser les données sensibles dans le cloud
Les organisations souhaitant sécuriser leurs informations clients sensibles de façon optimale doivent identifier celles pouvant résider sans problème dans le cloud. Les données sensibles ou réglementées doivent ainsi être classées en vertu de leurs niveaux de sensibilité. Des audits peuvent être effectués par la suite afin de confirmer que les stratégies de sécurité et de maîtrise des risques proposées ont été mises en place. Cependant, les organisations doivent pour cela s’assurer d’avoir une visibilité, et le contrôle des données dans le cloud. Mais la plupart d’entre elles n’ont malheureusement pas les ressources techniques nécessaires. Impossible de réaliser des audits ou d’effectuer des classifications de données lorsque l’on n’est même pas en mesure de déterminer quelles données sont envoyées vers le cloud.

Il est nécessaire de définir les règles et de gérer l’accès aux données sensibles issues des systèmes, processus et individus. Pour sélectionner les systèmes de contrôle appropriés et assurer ainsi la protection des données confidentielles accédées via le cloud, les équipes informatiques et de conformité doivent établir le parcours des informations tandis qu’une variété d’applications et d’individus y accèdent et les traitent à différentes fins.

Enfin, toutes les organisations devraient avoir des stratégies de confidentialité et de sécurité concises, afin notamment de distinguer les données à protéger des autres. Il est par ailleurs crucial que ces pratiques internes, conçues pour garantir le contrôle des données, ne soient pas contournées ou compromises, en particulier lors du partage via un fournisseur de services cloud.

Plus qu’un effort symbolique
Les données doivent impérativement être sécurisées lors de leur transit vers et en depuis le cloud, ainsi que lors de leur traitement dans le cloud, comme c’est généralement le cas. Elles doivent également l’être pendant qu’elles sont « au repos » (stockées) et « en mouvement » (en transit entre l’utilisateur et l’application cloud). La principale problématique pour les entreprises réside souvent au niveau du service lui-même. Mais les organisations doivent malgré tout s’assurer que les données envoyées vers le cloud soient protégées « en mouvement », avec des technologies de chiffrement et de tokénisation tout au long du traitement dans les nuages.

Le chiffrement encode les données de sorte que seules les parties autorisées puissent les lire. Il s’agit de la technologie standard de protection des données. Bien qu’il ne permette pas d’éviter leur interception, le chiffrement renforcé empêche aux individus non autorisés de les visualiser. Afin de respecter les meilleures pratiques en la matière, les organisations doivent adopter une forme de chiffrement reconnue et établie. Enfin, bien que les données chiffrées soient protégées, les organisations doivent tenir compte du fait que la nature réversible de ce processus permet de dévoiler les valeurs des données originales en cas de compromission de la clé de chiffrement.

Avec la tokénisation, les champs des données se voient attribuer une valeur de substitution appelée token (jeton). Lorsque les données doivent être lues, ce jeton est de nouveau remplacé par la valeur à laquelle elles sont associées. Le principal avantage de la tokénisation est qu’elle supprime entièrement les données originales du document ou de la forme une fois qu’elles quittent le réseau. Tout lien mathématique entre la valeur du jeton de remplacement et les données sensibles originales est ainsi supprimé. Contrairement aux données chiffrées, il est impossible d’intercepter des données dans le cloud et de pirater un jeton afin d’en révéler le contenu, car les données ne sont en réalité pas présentes. Cette approche offre également d’énormes bénéfices en matière de respect des règles de conformité sur la localisation des données.

Faire face aux problématiques actuelles
Beaucoup de sociétés de services financiers semblent hésiter à tirer parti des nouvelles fonctionnalités d’applications cloud de premier plan par crainte à l’idée de laisser le contrôle de leurs données sensibles et précieuses à un tiers. Il est aisé de comprendre pourquoi compte tenu des répercussions potentielles. Les solutions de sécurisation des applications cloud (CASB) et les plateformes de protection des données cloud telles que Blue Coat Elastica (qui appartient désormais à Symantec) aident à apaiser certaines de ces inquiétudes.

Ces plateformes constituent une solution de sécurité flexible grâce à laquelle les entreprises peuvent protéger leurs informations sensibles avant qu’elles ne quittent leur réseau. Elles leur permettent également d’identifier et de contrôler les données partagées dans l’ensemble de leur organisation par leurs salariés au sein d’applications cloud. Les solutions de protection des données cloud en assurent la sécurité en chiffrant et en tokénisant les informations sensibles. En les associant à d’imposants protocoles de sécurité dédiés, les organisations seront en mesure de maintenir leurs services cloud et de faire preuve de l’évolutivité réclamée par leurs utilisateurs. Il est difficile de prédire l’avenir, mais une chose est sûre : celui des banques passera par le cloud. (Par Robert Arandjelovic, directeur de la stratégie de sécurité de Blue Coat)

Près de la moitié des français n’achèterait pas à une entreprise piratée

78 % des français souhaitent plus de condamnations et des sanctions plus sévères envers les cyber criminels qui volent les données personnelles.

F5 Networks a présenté dernièrement les résultats d’une étude sur les attitudes des français face au piratage. L’étude révèle que les français prennent conscience des problèmes liés au piratage – avec 47 % qui affirment qu’ils n’ouvriraient pas de compte, ne partageraient pas de données ou n’achèteraient pas à une entreprise déjà piratée par le passé (50 % en UK – 51 % en Allemagne).

Même si 49 % des français changent parfois ou à chaque fois leur mot de passe si une entreprise dans laquelle ils possèdent un compte a été piratée, nous sommes encore 17 % à ne jamais changer nos mots de passe après le piratage d’une entreprise dans laquelle nous possédons un compte (8 % en UK – 9 % en Allemagne).

https://twitter.com/zataz/status/783060182205161472

Les motivations des pirates
Selon les français, les pirates sont principalement motivés par le fait de gagner de l’argent grâce au vol de données personnelles (60 %), suivi par la possibilité de souligner des failles dans l’entreprise et les solutions de sécurité (9 %) puis de dérober des secrets d’affaires (8 %). Nous sommes également près de 60 % à penser que les pirates deviennent plus professionnels (72 % en UK – 64 % en Allemagne) et 22 % à penser que les employés ne reçoivent pas des formations appropriées en matière de cybersécurité.

A qui la faute ?
Les français sont partagés : 39 % d’entre eux pensent que la responsabilité doit être attribuée aux solutions de sécurité elles-mêmes, alors que 37 % pensent que l’équipe IT et sécurité est responsable, si l’entreprise est victime d’une cyber attaque. Alors que les britanniques et les allemands sont plus tranchés : ils sont respectivement 52 % et 53 % à penser que la responsabilité doit être attribuée à l’équipe IT et sécurité. 49 % des français estiment également que les entreprises ne prennent pas assez de mesures pour elles-mêmes et leurs clients afin de se protéger contre les cyber criminels, comparativement à 61 % en Angleterre et 46 % en Allemagne. « Les individus pensent de plus en plus qu’il est de la responsabilité des entreprises de mener la lutte contre les cyber criminels et de s’assurer qu’elles protègent les données de leurs clients. Alors que les consommateurs doivent améliorer leur comportement en ligne en pensant à la sécurité, la protection des données reste la responsabilité de l’entreprise », pense Gad Elkin, directeur de la sécurité EMEA chez F5 Networks.

Que faire ?
Lorsque l’on demande aux consommateurs comment les entreprises doivent-elles améliorer leur façon de se protéger contre les hackers, “Investir dans les technologies de sécurité” arrive en première position dans les trois pays (61 %), suivi par “une meilleure éducation des consommateurs sur la menace” et ”partager leurs (les entreprises) connaissances sur la menace” en troisième position.

Et si les français pouvaient tous pirater…
Si l’étude a également permis de révéler que près d’un français sur 5 place les hackers du côté « des bons » (contre seulement 1 britannique sur 10), ils sont 37 % à citer les banques et 22 % le secteur public, parmi leurs victimes – s’ils pouvaient pirater pour une raison ou une autre (voler des données, découvrir des secrets d’affaires ou gagner de l’argent) sans aucune conséquence.

« Les chiffres de l’étude montrent que l’ensemble des consommateurs à travers l’Europe sont disposés à quitter un prestataire pour choisir un concurrent non piraté. La cyber sécurité devient donc un avantage concurrentiel pour les entreprises et non plus seulement un centre de coûts – et celles-ci doivent trouver comment améliorer leurs propres défenses d’une part, et comment éduquer les consommateurs sur les risques informatiques d’autre part. »

Infiltration de centaines de boutiques de prêt à porter

La chaîne de magasins de vêtements Eddie Bauer vient de confirmer l’infiltration de plus de 350 de ses magasins d’Amérique du Nord.

Les amateurs de vêtements connaissent la marque Eddie Bauer. Une enseigne bien implanter aux États-Unis. La société vient de confirmer que plus de 350 de ses points de vente avaient été infiltrés par un pirate informatique. Un code malveillant a été détecté et supprimé des systèmes de paiement des boutiques d’Amérique du Nord. Les pirates ont pu mettre la main, depuis le début d’année 2016, sur les données bancaires fournies par les clients.

KrebsOnSecurity avait alerté sur cette fuite au mois de juillet 2016. Eddie Bauer a mis 6 semaines pour confirmer et rassurer (ou pas) ses clients. Cette découverte se fait l’écho de l’infiltration d’un des espaces de la firme Oracle concernant les clients de son outil de paiement pour magasin (point-of-sale), MICROS.

https://krebsonsecurity.com/2016/08/malware-infected-all-eddie-bauer-stores-in-u-s-canada/

IDICore : En un clic, ils savent tout de vous

La société IDI annonce être capable de fournir la moindre information sur les Américains. Dans IDICore, chaque mouvement physique, chaque clic, chaque jeu, chaque endroits visités sont répertoriés.

La société Interactive Data Intelligence (IDI – IDCORE), basée en Floride, présage de l’avenir « Big Brother » qui s’ouvre à nous. La société a construit un profil sur l’ensemble les adultes américains en regroupant l’ensemble des données des ressortissants locaux dans une base de données géante. Chaque mouvement, chaque clic de souris, chaque jeu utilisé, chaque endroit visité, IDI a collecté, sauvegardé, classé les informations. Comment ? En louant des accès à des bases de données. Pour 10 dollars, comme le rappel Bloomberg, les fouineurs professionnels sont en mesure de rechercher et trouver la moindre information sur les américains : adresses publiques et non publiques, photos de voiture… Ils peuvent combiner ces informations avec celles des sociétés marketing et vous combiner des informations pouvant aller jusqu’à la dernière visite chez l’épicier du coin, ce que vous avez mangé hier soir, et prédire vos futurs comportements.

idiCORE : Minority Report is back

IDI semble être la première entreprise à centraliser et à « militariser » toutes ces informations pour ses clients. Son service de base de données est baptisé idiCORE. Il combine des dossiers publics, des données démographiques et comportementales. Le responsable d’IDI, Derek Dubner, indique que son système possède un profil sur tous les adultes américains, y compris les jeunes qui ne seraient pas présents dans des bases de données classiques.

Du bluff marketing ou véritable “Big Brother” ?

Derek Dubner n’a proposé, pour le moment, aucune démonstration de son idiCORE. Il indique que ces profils comprennent toutes les adresses connues, les numéros de téléphone et adresses mail ; les adresses des anciennes et nouvelles propriétés ; il en va de même des véhicules anciens et actuels ; des potentiels actes criminels : excès de vitesse sur place ; les registres de vote ; permis de chasse ; les noms et numéros de téléphone des voisins. Les rapports proposés par idiCORE contiendraient aussi des photos de voitures prises par des entreprises privées en charge de la collecte automatisée des plaques d’immatriculation, avec coordonnées GPS.

Bref, la société IDI présage de l’avenir « Big Brother » qui s’ouvre à nous. Et il est de plus en plus moche !

Code malveillant bancaire pour Android

Code malveillant bancaire pour Android – L’équipe de recherche en sécurité de Zscaler a découvert une application malveillante Android se faisant passer pour l’app officielle de Sberbank, la plus grande banque d’Europe de l’Est.

code malveillant bancaire pour Android – De nombreuses tentatives de cyberattaques à son encontre ont déjà eu lieu par le passé et les pirates ont également essayé de s’attaquer à ses clients depuis leurs mobiles. Cette dernière tentative constitue, cependant, une percée majeure dans les efforts des pirates visant à nuire à cette organisation.

Le malware se fait passer pour l’application en ligne de la plus grande banque de Russie, Sberbank. Son apparence est identique à celle de l’application d’origine. Elle affiche un écran de connexion similaire et se sert de celui-ci pour dérober les informations d’identification de l’utilisateur dès que la victime tente de s’authentifier.

Une fois les informations d’identification acquises, l’app affiche une page d’erreur technique et se ferme. Le malware demande alors des privilèges d’administrateur qui, s’ils sont accordés, entraînent des effets dévastateurs sur le terminal infecté. Il peut intercepter les SMS et les appels entrants, ce qui permet au pirate de contourner l’identification OTP (mot de passe à usage unique) mise en œuvre par la banque. Par ailleurs, les faux écrans utilisés peuvent se superposés à ceux d’autres applications connues.

Explication technique de ce code malveillant bancaire pour Android

L’app apparaît comme étant celle de la banque Sberbank et demande des privilèges administrateurs une fois installée, comme indiqué ci-dessous : l’équipe Zscaler a tenté d’installer l’application originale Sberbank à partir du Play Store Google, et il est difficile de différencier l’app malveillante de l’originale. A noter : l’app Sberbank se trouvant sur le Play Store n’est pas infectée. Ce qui fait la particularité de ce malware est sa capacité à se substituer entièrement à l’app originale. Quand bien même la victime tenterait de la lancer, se serait l’écran d’identification du malware serait qui s’afficherait. Une fois les informations d’authentification entrées, elles sont envoyées à un serveur C&C. L’app affiche alors un écran d’erreur et se ferme.

Le malware ne s’arrête pas là, il peut également envoyer des SMS à n’importe quel numéro, selon la volonté du pirate ; intercepter des SMS ; lancer un appel ; intercepter un appel et d’attaquer d’autres applications en s’y superposant.

En ce qui concerne sa capacité à se substituer à une autre application, ce malware a été conçu, entre autres, pour attaquer les apps suivantes : Whatsapp, l’app du Google Play Store, VTB 24 Bank. Les fausses pages de login utilisées sont identiques à celles des apps officielles. Une fois lancées, les informations d’identification récupérées sont envoyées au serveur C&C comme vu précédemment.

Une nouvelle tendance chez les développeurs de malware, et des amateurs de code malveillant pour Android est de cibler les utilisateurs par le biais de fonctionnalités de sécurité d’applications. Dans un article précédent, les chercheurs Zscaler avaient présenté des attaques réalisées à partir de fausses applications de sécurité. Dans le cas de Whatsapp, par exemple, les victimes avaient été piégées par une fausse alerte sur la nouvelle fonctionnalité de chiffrement des messages. Un message s’affichait pour demander des informations d’authentification et de paiement pour cette nouvelle fonctionnalité.

Ce code malveillant bancaire pour Android a une approche particulièrement efficace pour rester actif sur l’appareil de l’utilisateur. Il enregistre un récepteur qui se déclenche dès que la victime tente de retirer les privilèges administrateurs de la fausse application. Ainsi, l’appareil Android se retrouve bloqué pour quelques secondes chaque fois qu’une tentative est faite.

Bref, cibler les utilisateurs par le biais de fausses applications bancaires est le moyen le plus facile et privilégié des pirates. Le malware présenté plus haut combine plusieurs fonctionnalités, en une seule et même application, pour une attaque en profondeur. Il est capable de se substituer à n’importe quelle app existante, il suffit au pirate d’envoyer un élément portant le nom de l’app en question pour dérober des données privées au propriétaire de l’appareil.

Le certificat pour cette application infectée a récemment été mis à jour et le serveur C&C a été enregistré il y a peu, ce qui pourrait indiquer que les pirates informatiques ont l’intention de continuer sur leur lancée. Une fois de plus, la prudence est de mise et il faut continuer à télécharger les applications à partir de sources officielles. Toute app provenant d’une tierce partie est à éviter.

Skimer, la nouvelle menace pour distributeurs de billets

Skimer, un groupe russophone, force les distributeurs automatiques de billets (DAB) à l’aider à dérober de l’argent. Découvert en 2009, Skimer a été le premier programme malicieux à prendre pour cible les DAB. Sept ans plus tard, les cybercriminels ré-utilisent ce malware. Mais le programme, ainsi que les escrocs, ont évolué ; ils représentent une menace encore plus importante pour les banques et leurs clients partout dans le monde.

Imaginons qu’une banque découvre avoir été victime d’une attaque. Étrangement, aucune somme d’argent n’a été dérobée et rien n’a été modifié dans son système. Les criminels sont partis comme ils sont venus. Serait-ce possible ? Je vous parlais de ce type d’attaque l’année dernière. L’éditeur Gdata m’avait invité en Allemagne pour découvrir l’outil malveillant qui permettait de pirater un distributeur de billets. Aujourd’hui, l’équipe d’experts de Kaspersky Lab a mis au jour le scenario imaginé par les cybercriminels et découvert des traces d’une version améliorée du malware Skimer sur l’un des DAB d’une banque. Il avait été posé là et n’avait pas été activé jusqu’à ce que les criminels lui envoient un contrôle : une façon ingénieuse de couvrir leurs traces.

Le groupe Skimer commence ses opérations en accédant au système du DAB, soit physiquement, soit via le réseau interne de la banque visée. Ensuite, après été installé avec succès dans le système, l’outil Backdoor.Win32.Skimer, infecte le cœur de l’ATM, c’est-à-dire le fichier exécutable en charge des interactions entre la machine et l’infrastructure de la banque, de la gestion des espèces et des cartes bancaires.

Ainsi, les criminels contrôlent complètement les DAB infectés. Mais ils restent prudents et leurs actions témoignent d’une grande habileté. Au lieu d’installer un skimmer (un lecteur de carte frauduleux qui se superpose à celui du DAB) pour siphonner les données des cartes, les criminels transforment le DAB lui-même en skimmer. En infectant les DAB avec Backdoor.Win32.Skimer, ils peuvent retirer tout l’argent disponible dans le distributeur ou récupérer les données des cartes des utilisateurs qui viennent retirer de l’argent, y compris le numéro de compte et le code de carte bancaire des clients de la banque.

Il est impossible pour un individu lambda d’identifier un DAB infecté car aucun signe de le distingue d’un système sain, contrairement à un DAB sur lequel a été posé un skimmer traditionnel qui peut être repéré par un utilisateur averti.

Un zombie dormant
Les retraits directs depuis un DAB ne peuvent pas passer inaperçu alors qu’un malware peut tranquillement siphonner des données pendant une longue période. C’est pourquoi le groupe Skimer n’agit pas immédiatement et couvre ses traces avec beaucoup de prudence. Leur malware peut opérer pendant plusieurs mois sans entreprendre la moindre action.

Pour le réveiller, les criminels doivent insérer une carte spécifique, qui contient certaines entrées sur sa bande magnétique. Après lecture de ces entrées, Skimer peut exécuter la commande codée en dur ou requérir des commandes via le menu spécial activé par la carte. L’interface graphique de Skimer n’apparaît sur l’écran qu’une fois la carte éjectée et si les criminels ont composé la bonne clé de session, de la bonne façon, sur le pavé numérique en moins de 60 secondes.

À l’aide du menu, les criminels peuvent activer 21 commandes différentes, comme distribuer de l’argent (40 billets d’une cassette spécifique), collecter les données des cartes insérées, activer l’auto-suppression, effectuer une mise à jour (depuis le code du malware mis à jour embarqué sur la puce de la carte), etc. D’autre part, lors de la collecte des données de cartes bancaires, Skimer peut sauvegarder les fichiers dumps et les codes PIN sur la puce de la même carte, ou il peut imprimer les données de cartes collectées sur des tickets générés par le DAB.

Dans la plupart des cas, les criminels choisissent d’attendre pour collecter les données volées afin de créer des copies de ces cartes ultérieurement. Ils utilisent ces copies dans des DAB non infectés pour retirer de l’argent sur les comptes clients sans être inquiétés. De cette manière, ils s’assurent que les DAB infectés ne seront pas découverts. Et ils récupèrent de l’argent simplement.

Des voleurs expérimentés
Skimer a été largement répandu entre 2010 et 2013. À son arrivée correspond une augmentation drastique du nombre d’attaques sur des distributeurs automatiques de billets, avec jusqu’à neuf différentes familles de malwares identifiées par Kaspersky Lab. Cela inclut la famille Tyupkin, découverte en mars 2014, qui est devenue la plus populaire et la plus répandue. Cependant, il semblerait maintenant que Backdoor.Win32.Skimer soit de retour. Kaspersky Lab identifie 49 modifications de ce malware, dont 37 ciblent les DAB émanant de l’un des plus importants fabricants. La version la plus récente a été découverte en mai 2016.

En observant les échantillons partagés avec VirusTotal, on note que les DAB infectés sont répartis sur une large zone géographique. Les 20 derniers échantillons de la famille Skimer ont été téléchargés depuis plus de 10 régions à travers le monde : Émirats Arabes Unis, France, États-Unis, Russie, Macao, Chine, Philippines, Espagne, Allemagne, Géorgie, Pologne, Brésil, République Tchèque.

Renforcer la cybersécurité des organismes financiers

La société financière SWIFT a publié très récemment un communiqué visant à sensibiliser ses 11 000 banques clientes à relever le niveau de sécurité lors de l’utilisation de leur système de transfert. Cette recommandation fait suite à la cyberattaque perpétrée contre la Banque Centrale du Bangladesh (BCB) ayant conduit au vol de 81 millions de dollars via un système de transfert de fonds Swift.

Dans ce contexte de sensibilisation accrue et de transformation digitale des entreprises, les cyberattaques perpétrées contre les organismes financiers démontrent le besoin global de revoir la place de la sécurité dans les stratégies des organismes financiers et des entreprises, aux plus hauts niveaux de ces dernières. C’est d’autant plus essentiel à l’heure où les dommages collatéraux tels que l’impact sur le cours de la bourse et sur les investissements semblent inévitables.

Jean-François Pruvot, Regional Director France chez CyberArk, commente à Data Security Breach : « La cybersécurité doit irrévocablement être considérée comme une priorité par les entreprises car les répercussions immédiates d’une faille de sécurité concernent directement, et en premier lieu, leurs dirigeants qui sont porteurs de ces questions et sont donc tenus pour responsables du moindre incident. Dans le cas d’une cyberattaque de grande ampleur, cela aboutit la plupart du temps au renvoi ou à la démission quasi immédiate du PDG, comme ce fût le cas, par exemple, de la Banque Centrale du Bangladesh. Des mesures souvent radicales qui s’expliquent par des arguments économiques et stratégiques« .

D’un point de vue économique, les cybermenaces doivent aujourd’hui être considérées comme un risque systémique. En effet, les attaques contre les organisations financières impactent directement les investissements et le cours de la bourse, ce qui contribue à inciter les agences de notation et les organismes de contrôles financiers, qui jusqu’à présent ne prenaient pas en compte le risque cyber dans leurs analyses, à l’intégrer de plus en plus, à l’instar d’analystes financiers tels que Moody’s. L’adoption de cette démarche anticipative leur permet entre autres d’éviter que les investisseurs ne se retournent contre eux dans le cas d’un décrochage boursier causé par une cyberattaque.

Relever le niveau de sécurité

Par ailleurs, dès lors que les investissements et/ou le cours de la bourse sont impactés, les organisations doivent prendre conscience de l’effet « boule de neige » d’une cyberattaque, d’un point de vue stratégique. En effet, en attaquant l’entreprise, elle touche en premier lieu la direction, suivi du comité de direction et par extension atteint le conseil d’administration. Cela conduit à la nécessité de développer en amont un plan d’urgence, tenant compte des répercussions sur l’image et la réputation, pour faire face à l’éventualité d’une cyberattaque. Mais ce qui aura le plus de poids est sa manière d’appréhender une telle crise auprès de ses clients, partenaires et investisseurs et surtout sa capacité à recouvrer le business suite à une compromission. Par exemple, le renvoi effectif d’un dirigeant, ou sa démission, reste à l’heure actuelle quasiment inévitable car il démontre une volonté de l’entreprise d’aller de l’avant et de ne pas reproduire les mêmes erreurs : il envoie un message de renouveau à l’opinion.

Cependant, avant d’en arriver là, les hauts dirigeants, qui ont en majorité pris conscience de la menace du risque lié à la cybersécurité, doivent à présent s’atteler sérieusement à la mise en place et au verrouillage d’un plan de sécurité de l’information au sein de leur organisation, et ce, au-delà des investissements financiers dans les technologies. Pour y parvenir, ils doivent indiscutablement impliquer l’ensemble des départements de l’entreprise afin d’adresser à l’unisson, et en priorité, le problème central des pirates informatiques qui trouveront le moyen de s’introduire dans le périmètre de sécurité, et de détourner et d’abuser d’identifiants afin d’accéder à des informations sensibles ou de perpétrer des transactions frauduleuses dont les conséquences risquent de marquer l’organisme au fer rouge pour de longues années.