Archives de catégorie : Social engineering

Chiffrement : 27% des certificats sur Yahoo non réédités

Selon Venafi, Yahoo n’a pas pris les mesures pour se protéger et utilise des pratiques de chiffrement très faibles.

Chiffrement : Les équipes du laboratoire de recherche Vénafi – « Venafi Labs », ont analysés des données via TrustNet, la base de données mondiale sur les « Certificate Intelligence » et ont constaté que 27% des certificats sur Yahoo n’ont pas été réédités depuis janvier 2015. Même si les certificats sont remplacés, ce qui pourrait réduire les dégâts, Yahoo ne peut avoir la certitude que les hackers n’ont pas les accès actuels aux communications cryptées. Seulement 2,5% des 519 certificats déployés l’ont été durant les 90 derniers jours. Il est donc très probable que Yahoo! n’ait pas la capacité de trouver et remplacer des certificats numériques rapidement… Et malheureusement c’est un problème très commun, même pour les grandes organisations qui ont une présence importante en ligne.

Les données étudiées par « Venafi Labs » comportent un nombre impressionnant de certificats Yahoo qui utilisent MD5, une fonction de hachage cryptographique pouvant être renversée par une attaque brutale : MD5 souffre de sérieuses failles qui sont par ailleurs très bien connues. Par exemple Flame, une famille de logiciels malveillants souvent utilisés par les départements espionnage de certains pays, a exploité une vulnérabilité MD5. Tous les certificats MD5 utilisés par Yahoo aujourd’hui et bien d’autres certificats évalués par « Venafi Labs » sont émis par les entreprises elles-mêmes. Un certificat MD5 actuel utilise des caractères génériques (*.yahoo.com) et a une date d’expiration de 5 ans. Les certificats de ce type (avec des dates d’expirations très longues et émis par les entreprises elles-mêmes ou encore ceux qui utilisent des caractères génériques) sont tous les symptômes d’un contrôle cryptographique très faible.

Chiffrement faible !

41% des certificats de Yahoo sur l’ensemble des données de TrustNet utilisent SHA-1, un algorithme de hachage qui n’est plus considéré comme sécurisé contre des détracteurs disposant de gros moyens financiers. Les principaux vendeurs de navigateurs ont déclaré qu’ils arrêteraient les certificats SHA-1 en janvier 2017. « N’importe laquelle de ces questions cryptographiques, laisserait une organisation extrêmement vulnérable aux attaques des communications cryptées et leur authentification. explique Hari Nair, Cryptographic researcher chez Venafi. Au niveau collectif, cela soulève de sérieuses questions sur le fait que Yahoo puisse avoir la visibilité et la technologie nécessaire pour protéger les communications cryptées et assurer aux utilisateurs leur vie privée.« .

Yahoo n’a pas remplacé ses clés cryptographiques et ses certificats numériques durant les 90 derniers jours, en aucune façon cela ne pourrait représenter une réaction coordonnée face à une intrusion. Fait encore plus troublant, les fragilités connues sur les certificats MD5 associées avec des « Wildcard certificate » qui ont une date d’expiration de 5 ans, montrent clairement que Yahoo manque d’une vision approfondie sur sa position au niveau de la sécurité informatique. Les organisations utilisent le chiffrement pour tout sécuriser – sans une connaissance approfondie de risques cryptographiques, il n’y a absolument aucun moyen d’être certain de préserver sécurité et vie privée.

Lurk : business des codes malveillants

Pourquoi le groupe cybercriminel Lurk monétise l’exploit kit Angler, son outil le plus puissant ? Bienvenue dans le business des codes malveillants !

Au début de l’été, Kaspersky Lab a participé à l’arrestation de membres du gang Lurk, suspectés d’avoir dérobé plus de 45 millions de dollars, grâce à des codes malveillants, auprès d’un certain nombre d’entreprises et de banques en Russie. Il s’agit du plus grand groupe cybercriminel financier capturé ces dernières années. Cependant, il ne s’agissait pas du seul méfait de Lurk. D’après l’analyse de l’infrastructure informatique qui se cache derrière le malware du même nom, ses auteurs ont développé et louent leur kit d’exploitation de vulnérabilités à d’autres cybercriminels. Le kit Angler est un jeu de programmes malveillants capable d’exploiter les failles de sécurité de logiciels répandus afin d’installer en toute discrétion des malwares supplémentaires sur les PC.

Angler : un outil puissant pour la propagation de tous types de malwares
Le kit d’exploitation Angler est, depuis plusieurs années, l’un des outils les plus puissants disponibles sous le manteau pour les pirates. La dernière fois que l’on a entendu parler d’Angler remonte à la fin de 2013, lorsque le kit a été proposé en location. Plusieurs groupes cybercriminels s’en sont servi pour propager différents types de malwares : adwares, malwares bancaires, ou ransomwares. Ce kit d’exploitation a été utilisé activement par le groupe à l’origine de CryptXXX, l’un des ransomwares les plus virulents et dangereux sur Internet, de TeslaCrypt et d’autres menaces. Angler a également été utilisé pour la propagation du cheval de Troie bancaire Neverquest, conçu pour attaquer près d’une centaine de banques différentes. Les activités d’Angler se sont interrompues juste après l’arrestation du groupe Lurk.

Les services de banques en lignes principalement visés par des codes malveillants
Comme l’a montré l’étude réalisée par les experts en sécurité, le kit Angler a été créé à l’origine dans un unique but : fournir au groupe Lurk un moyen de diffusion fiable et efficace, lui permettant de cibler les PC à l’aide de son malware bancaire. Etant un groupe très fermé, Lurk s’est efforcé de conserver la maîtrise de son infrastructure cruciale au lieu d’en sous-traiter certaines parties à l’instar d’autres groupes. Cependant, en 2013, la situation a changé et la bande a ouvert l’accès à son kit pour tous ceux disposés à payer.

Nous supposons que la décision de Lurk d’ouvrir l’accès à Angler a été en partie motivée par une nécessité financière. A l’époque où le groupe a mis Angler en location, la rentabilité de sa principale activité – le cybervol d’entreprises – était en baisse sous l’effet d’une série de mesures de sécurité mises en place par les développeurs de logiciels de banque à distance, ce qui a rendu la tâche beaucoup plus difficile pour ces pirates. Or, à cette même époque, Lurk devait entretenir à ses frais une infrastructure réseau et un “personnel” considérables. Le groupe a donc décidé d’élargir ses activités et y est parvenu dans une certaine mesure. Tandis que le cheval de Troie bancaire Lurk menaçait exclusivement des entreprises russes, Angler a été employé dans des attaques visant des utilisateurs du monde entier. Son développement et son support – n’était que l’une des facettes de l’activité de Lurk. En l’espace de plus de cinq ans, le groupe est passé de la création de malware très puissant pour le vol automatisé de fonds avec des logiciels de banque à distance, à des stratagèmes évolués impliquant des fraudes à base d’échange de carte SIM et des spécialistes du piratage de l’infrastructure interne des banques.

Filtre anti espion sur les prochains Hewlett-Packard

Le géant de l’informatique Hewlett-Packard s’associe avec 3M pour préinstaller sur ses prochains ordinateurs portables professionnels un filtre anti espion.

Filtre anti espion – Quoi de plus courant que de croiser à la terrasse d’un café, dans le train ou dans un aéroport ces fiers commerciaux pressés de travailler, même dans un lieu non sécurisé. Autant dire que collecter des données privées, sensibles, en regardant juste l’écran de ces professionnels du « c’est quoi la sécurité informatique ? » est un jeu d’enfant.

Hewlett-Packard (HP), en partenariat avec 3M, se prépare à commercialiser des ordinateurs portables (Elitebook 1040 et Elitebook 840) dont les écrans seront équipés d’un filtre anti voyeur. Un filtre intégré directement dans la machine. Plus besoin d’utiliser une protection extérieure.

Une sécurité supplémentaire pour les utilisateurs, et un argument de vente loin d’être négligeable pour le constructeur. Selon Mike Nash, ancien chef de la division de sécurité de Microsoft et actuellement vice-président de Hewlett-Packard, il est possible de croiser, partout, des utilisateurs d’ordinateurs portables sans aucune protection écran. Bilan, les informations affichés à l’écran peuvent être lues, filmées, photographiées.

Le filtre pourra être activé et désactivé à loisir.

Pirater des systèmes biométriques à partir de vos photos Facebook

Des chercheurs découvrent comment pirater des systèmes biométriques grâce à Facebook. Les photographies sauvegardées dans les pages de Facebook peuvent permettre de vous espionner.

De nombreuses entreprises de haute technologie considèrent le système de reconnaissance faciale comme l’une des méthodes fiables pour être reconnu par votre ordinateur. J’utilise moi-même la reconnaissance biométrique digitale, rétinienne et du visage pour certaines de mes machines. C’est clairement un des moyens simples et fiables de vérification d’une identité. Cependant, des chercheurs prouvent que la biométrie peut se contourner, dans certains cas, avec une photo, de la colle…

Une nouvelle découverte vient de mettre à mal, cette fois, la reconnaissance faciale mise en place par Facebook. Comme je pouvais vous en parler en 2014, Facebook met en place une reconnaissance faciale que des commerçants Américains ont pu tester avec succès. Des chercheurs ont découvert que cette prouesse technologique n’est pas encore parfaite et sujette au piratage. Des pirates peuvent utiliser votre profil Facebook, et les photos sauvegarder.

Systèmes biométriques

Des étudiants de l’Université de Caroline du Nord ont expliqué lors de la conférence d’Usenix, à Austin, avoir découvert une nouvelle technique particulièrement exaspérante pour intercepter l’intégralité d’un visage, via Facebook. Le rendu 3D et certaines « lumières » peuvent permettre de cartographier votre visage en deux clics de souris. Les chercheurs ont présenté un système qui créé des modèles 3D du visage via les photos trouvées sur Facebook. Leur modèle 3D va réussir ensuite à tromper quatre systèmes de reconnaissance faciale… sur 5 testés : KeyLemon, Mobius, TrueKey, BioID, et 1D.

Pour leur étude, 20 cobayes volontaires ont participé à l’expérience. Leurs photos sont tirées d’espaces publiques comme Facebook, mais aussi LinkedIn et Google+. La modélisation des visages à partir de 27 images différentes va permettre de créer des modèles en 3D, avec des animations faciales : bouches, yeux… Les chercheurs ont reconstruit les visages via les bouts trouvés sur les différentes photographies.

IDICore : En un clic, ils savent tout de vous

La société IDI annonce être capable de fournir la moindre information sur les Américains. Dans IDICore, chaque mouvement physique, chaque clic, chaque jeu, chaque endroits visités sont répertoriés.

La société Interactive Data Intelligence (IDI – IDCORE), basée en Floride, présage de l’avenir « Big Brother » qui s’ouvre à nous. La société a construit un profil sur l’ensemble les adultes américains en regroupant l’ensemble des données des ressortissants locaux dans une base de données géante. Chaque mouvement, chaque clic de souris, chaque jeu utilisé, chaque endroit visité, IDI a collecté, sauvegardé, classé les informations. Comment ? En louant des accès à des bases de données. Pour 10 dollars, comme le rappel Bloomberg, les fouineurs professionnels sont en mesure de rechercher et trouver la moindre information sur les américains : adresses publiques et non publiques, photos de voiture… Ils peuvent combiner ces informations avec celles des sociétés marketing et vous combiner des informations pouvant aller jusqu’à la dernière visite chez l’épicier du coin, ce que vous avez mangé hier soir, et prédire vos futurs comportements.

idiCORE : Minority Report is back

IDI semble être la première entreprise à centraliser et à « militariser » toutes ces informations pour ses clients. Son service de base de données est baptisé idiCORE. Il combine des dossiers publics, des données démographiques et comportementales. Le responsable d’IDI, Derek Dubner, indique que son système possède un profil sur tous les adultes américains, y compris les jeunes qui ne seraient pas présents dans des bases de données classiques.

Du bluff marketing ou véritable “Big Brother” ?

Derek Dubner n’a proposé, pour le moment, aucune démonstration de son idiCORE. Il indique que ces profils comprennent toutes les adresses connues, les numéros de téléphone et adresses mail ; les adresses des anciennes et nouvelles propriétés ; il en va de même des véhicules anciens et actuels ; des potentiels actes criminels : excès de vitesse sur place ; les registres de vote ; permis de chasse ; les noms et numéros de téléphone des voisins. Les rapports proposés par idiCORE contiendraient aussi des photos de voitures prises par des entreprises privées en charge de la collecte automatisée des plaques d’immatriculation, avec coordonnées GPS.

Bref, la société IDI présage de l’avenir « Big Brother » qui s’ouvre à nous. Et il est de plus en plus moche !

Le PDG du géant du e-commerce Alibaba défend la contrefaçon

Alors que le volume de produits contrefaits ne cesse de croître, Jack Ma, PDG du géant du     e-commerce Alibaba, a affirmé lors d’une réunion avec des investisseurs à Hangzhou le 14 juin dernier que « les faux produits présentent aujourd’hui une meilleure qualité et un meilleur prix que les vrais produits » avant d’ajouter que ces produits sont fabriqués dans les mêmes usines avec les mêmes matériaux que les originaux mais n’utilisent simplement pas le même nom.

Ces propos rapportés par le Wall Street Journal ont évidemment provoqué de vives réactions dans le monde de l’industrie du luxe, un des secteurs les plus atteints par la contrefaçon, et posent à nouveau la question du rôle des plateformes de e-commerce dans la lutte contre la contrefaçon.

Alibaba accusé de faciliter la contrefaçon
Fin janvier, l’administration d’état du commerce et de l’industrie chinoise faisait déjà publiquement état d’une prolifération de faux, de vendeurs non-agréés et de pratiques illégales sur les plateformes de vente d’Alibaba, et principalement sur Taobao. Était notamment concernée la maroquinerie de luxe.
En mai dernier, le groupe de luxe français Kering avait d’ailleurs porté plainte aux États-Unis contre Alibaba, pour la second fois, en considérant que le groupe encourageait la commercialisation de produits contrefaits, notamment par la vente de mots clefs et les suggestions de son moteur de recherche, et en tirait profit en toute connaissance de cause.

L’insuffisante implication d’Alibaba dans la lutte contre la contrefaçon
Les méfiances à l’égard du géant chinois sont tangibles. L’adhésion du géant de l’e-commerce à la coalition anti-contrefaçon (Anti-Counterfeiting Coalition Internationale) avait d’ailleurs été suspendue en raison du retrait de certaines maisons de luxe préoccupées par la vente de produits contrefaits sur ses plateformes. Alors que groupe chinois avait pourtant amorcé une opération de communication assurant qu’il se mobilisait activement pour la lutte contre la contrefaçon sur ses sites, le récent discours tenu par son PDG, qu’il justifie par le nouveau business model inhérent à Internet, suscite des doutes quant à la politique réellement poursuivie par le groupe.

Des propos « consternants »
Guillaume de Seynes, président du Comité Colbert et directeur de la maison Hermès, a alors déclaré qu’il trouvait ces propos « consternants » et qu’ils constituaient une atteinte directe aux droits de propriété intellectuelle. Il avait alors souligné que la lutte contre la contrefaçon était particulièrement difficile à mener dans la mesure où un certain nombre de plateformes digitales ne procèdent à aucun contrôle des produits mis en ligne.

Simples intermédiaires techniques, ces plateformes bénéficient d’un régime de responsabilité allégé. Elles ne sont en aucun cas soumises à une obligation générale de surveillance et ne sont tenues que du retrait des contenus illicites qui leur seraient notifiés. Toutefois, elles pourraient être tenues pour responsables de la mise en ligne de produits contrefaisants dès lors qu’elles jouent un rôle actif si elles fournissent des conseils précis pour chaque vendeur et ont une connaissance effective des annonces. En revanche, la seule mise en place d’un système de filtrage automatisé des contenus ne suffira pas à qualifier la plateforme d’éditeur de contenus et à les priver du régime de responsabilité atténué.

Pour autant, depuis son entrée en Bourse, le groupe Alibaba fait face à une importante crise de crédibilité en allant à l’encontre d’une coopération efficace pour assainir le marché. (Par Maitre Antoine Chéron, avocat spécialisé en propriété intellectuelle et NTIC, fondateur du cabinet ACBM (http://www.acbm-avocats.com)

Des experts du piratage informatique seront bientôt défiés par une machine du DARPA

Au mois d’Août, sept machines participeront au premier tournoi international de défense informatique, et le vainqueur affrontera des experts du piratage informatique, selon l’Agence pour les projets de recherche avancée de défense DARPA, une agence du département américain de la Défense chargée de développer de nouvelles technologies pour l’armée américaine.

La DARPA a également annoncé qu’elle organiserait le Cyber Grand Challenge, un programme pluriannuel qui s’achèvera le 4 août à Los Angeles sur une compétition de cyberdéfense sans précédent ouverte au public. Cet événement sera organisé en collaboration avec DEF CON, l’une des conventions annuelles de piratage informatique les plus grandes et les plus reconnues au monde. Pendant cette compétition, les programmateurs des sept équipes finalistes se retireront et laisseront leur machine se battre de manière autonome pour remporter le grand prix, qui vaut des millions de dollars.

En outre, la machine de l’équipe qui remportera la compétition devra ensuite faire face aux meilleurs hackers, les vainqueurs de la compétition « Capture the Flag » (CTF) de DEF CON, qui aura lieu le 5 août, a indiqué la DARPA. « Ce sera la première fois que des concurrents mécaniques participent à l’événement, et cela pourrait annoncer le jour où l’ordinateur deviendra le grand maître de la cyberdéfense, comme cela s’est produit avec les échecs et Jeopardy! », a déclaré la DARPA dans un communiqué.

Capture the Flag

Le premier Grand Challenge de la DARPA était une compétition pour voitures autonomes organisée en 2004. Bien que l’événement ait été un échec, aucun véhicule robotisé n’ayant réussi à finir le parcours, cette compétition a cependant incité de nombreuses autres entreprises, dont Google, à s’intéresser à la fabrication de véhicules autonomes.

La DARPA souhaite à présent organiser la même compétition pour la cyberdéfense. D’après l’agence, le processus de recherche et de correction de bogues, de cracks ainsi que d’autres vecteurs d’infection reste en effet encore artisanal. Avec le développement de l’Internet des objets (IdO), la sécurité des systèmes informatiques doit évoluer vers un processus extensible et largement automatisé.

Cependant, « contrairement aux voitures autonomes, pour lesquelles le chemin vers l’autonomie complète, aussi difficile soit-il, n’est qu’une question de progrès technologique, nous ignorons encore si l’autonomie de raisonnement exigée par la cyberdéfense est possible à atteindre », a expliqué le directeur de programme de la DARPA Mike Walker, qui a organisé le Cyber Grand Challenge en 2013.

« De la même manière que le premier vol effectué par les frères Wright n’est pas allé loin mais a déclenché une chaîne d’événements qui a rapidement permis au monde de réduire les distances, une démonstration convaincante que la cyberdéfense automatisée est possible serait un changement de paradigme important et précipiterait l’arrivée du jour où les pirates informatiques n’auront plus les avantages inhérents dont ils bénéficient aujourd’hui« , a estimé M. Walker. (PeopleDaily)

Shadow IT : de l’ombre à la lumière

Shadow IT – Facebook, Skype et Twitter, sites web les plus vulnérables aux malwares mais aussi les plus fréquentés par les collaborateurs en entreprise.

L’expression « informatique fantôme » ou Shadow IT fait généralement référence aux applications qui sont déployées au sein d’une infrastructure informatique sans avoir suivi les processus élaborés pour vérifier qu’elles sont fonctionnelles, sécurisées et capables de prendre en charge plusieurs utilisateurs. Généralement, ces applications sont installées par les utilisateurs finaux souhaitant bénéficier de fonctionnalités informatiques qu’ils ne trouvent pas dans les ressources officielles, ou pour des motifs personnels. Compte tenu de la popularité de cette approche également connue sous le nom de « BYOD » (Bring Your Own Device), chaque utilisation à l’intérieur de ce spectre pourrait être considérée comme légitime.

En ce qui concerne les appareils personnels, le propriétaire doit disposer des droits d’utilisation à des fins personnelles. Dans le cas des outils fournis par l’entreprise, les départements informatiques se trouvent face à un dilemme : mettre en œuvre des règles stipulant qu’aucune application non autorisée ne peut être chargée sur un appareil — et dans ce cas, il leur revient de s’assurer que les dernières fonctionnalités des applications sont toutes testées et déployées de façon appropriée et au moment opportun. Ils doivent aussi permettre aux utilisateurs d’innover de leur propre chef en gardant une trace de ce qui se produit. Compte tenu du rythme de l’innovation, même les services informatiques des grands comptes ont parfois un train de retard sur les dernières tendances technologiques.

Les entreprises les plus exigeantes en matière de sécurité opteront a priori pour une approche plus étroitement contrôlée où l’utilisateur est « coupable jusqu’à preuve du contraire », ce qui se traduit par l’application de mesures sécuritaires et freine l’innovation. En revanche, les entreprises plus tolérantes surveilleront l’utilisation de technologies émergentes qui prennent la forme d’applications fantômes et observeront l’approche inverse qui prône la « présomption d’innocence ». Bref, si cette deuxième démarche implique davantage de risques, elle encourage l’innovation.

Shadow IT – Le vrai chemin de la moindre résistance

Certains fournisseurs de services de sécurité font office d’intermédiaires entre l’Internet ouvert et leurs clients, filtrant au passage le maximum de trafic malveillant. Il revient à chaque entreprise de définir ses propres règles quant aux systèmes et applications informatiques fantômes, mais les fournisseurs de solutions de sécurité peuvent s’impliquer dans cette démarche en identifiant et en signalant toute utilisation d’applications dont le service informatique ne soupçonne peut-être pas l’existence, ni même le lien avec des éléments malveillants.

Quelle que soit l’entreprise, une application populaire présente intrinsèquement davantage de risques qu’une appli plus obscure. En effet, si deux applications (l’une populaire et l’autre moins) présentent le même niveau de sécurité, le nombre d’utilisateurs touchés par les mêmes failles sera logiquement plus nombreux dans le cas de l’application la plus téléchargée, la rendant plus dangereuse.

À mesure qu’une application gagne en popularité, il importe que les développeurs s’intéressent de plus près à la sécurité. C’est pourquoi il convient d’utiliser un indicateur basé sur le nombre d’utilisateurs potentiellement affectés par une application, et non sur le rapport entre trafic réseau « sécurisé » et « non sécurisé » associé à l’application.

Facebook, Skype et Twitter pointent en tête des sites qui abritent le plus grand nombre de logiciels malveillants (malware). Dans la majorité des cas, les utilisateurs cliquent ou téléchargent des applications malveillantes « à l’insu de leur plein gré », sans se rendre compte qu’ils se mettent en danger, ainsi que leur entreprise. Il est intéressant de souligner qu’Amazon n’est pas considéré comme faisant partie des sites véhiculant un grand nombre de malwares, bien que totalisant le maximum de liens suspects. Les principaux services de connexion à des webinaires disposent également d’un nombre exceptionnellement élevé de liens et de pièces jointes suspects que les utilisateurs sont invités à télécharger.

Shadow IT  – Rôle des DSI et des RSSI

Les directeurs des systèmes d’information (DSI) et les responsables de la sécurité des systèmes d’information (RSSI) entendent bien sûr garder la maîtrise de la situation en fournissant des applications validées par l’entreprise. Or, les applications concurrentes sont tout simplement trop nombreuses pour dissuader les employés de faire leur propre marché. Selon notre étude, ils chercheront toujours à savoir s’il existe à l’extérieur de l’écosystème officiel de l’entreprise un moyen d’être plus efficace en utilisant des applications qu’ils connaissent et apprécient, comme Dropbox ou Evernote. Bloquer ces applications ne permettra pas de résoudre le problème.

Le Cloud a transformé de fond en comble la façon dont les employés travaillent. Cette tendance est irrésistible, et la « consumérisation » de l’informatique continue de pousser les applications de cloud personnelles à l’intérieur de l’entreprise. Des applis peu onéreuses, voire gratuites, sont plus que jamais accessibles, et quelques minutes suffisent à un employé pour les télécharger et les utiliser sur son lieu de travail. Il est possible d’installer des applications qui ingèrent des données d’entreprise et s’intègrent aux applications professionnelles existantes sans passer par le département informatique, ce qui expose les entreprises aux risques associés aux cyber-attaques et aux logiciels malveillants de manière totalement imprévisible, sans même qu’il soit possible de surveiller et d’encadrer leur utilisation entre les murs de l’entreprise.

L’augmentation des attaques Shadow IT ciblant certaines entreprises a transformé l’environnement professionnel en un nouveau paysage parsemé de multiples menaces. Faute d’une gestion appropriée, des brèches s’ouvrent, par lesquelles de précieuses données commerciales peuvent facilement s’échapper.

Mais les DSI et les RSSI ne doivent pas pour autant interdire les applications cloud dans leur globalité : ils peuvent trouver des moyens empêchant la création de ces failles. Pour rester à la page, les services informatiques doivent passer du dilemme « bloquer ou autoriser » à une approche de type « gérer et surveiller ». Les entreprises peuvent trop facilement se sentir dépassées par l’afflux de nouvelles technologies sur le marché ou l’arrivée de nouvelles applications grand public sur le lieu de travail. Il ne faut toutefois pas oublier que cette tendance souligne le fait que les employés cherchent à travailler plus efficacement, à tous moments et en tous lieux.

Les entreprises doivent tirer profit du cloud pour ne pas être distancées par un marché en rapide mutation, ni bien sûr voir leur sécurité menacée. Nous ne pouvons continuer d’utiliser des appareils et des solutions qui n’ont pas été capables de se conformer aux exigences du cloud. Les données en réseau aideront les entreprises à comprendre le comportement de leurs employés et, ce faisant, les DSI et les RSSI peuvent prendre en charge les applications de cloud qu’ils choisissent sans pour autant exposer l’entreprise à des risques inutiles. Le défi pour les entreprises est simple : suivre le tempo sans compromettre leur sécurité. (Par Didier Guyomarc’h, Directeur EMEA Sud, Zscaler)

Un boitier sans fil pour protéger son ordinateur

ZATAZ Web TV ZATAZ Tv E24S5 est sorti. Au sommaire de ce 24ème épisode de l’année : retour sur la Nuit du Hack 2016 ; la découverte du boitier Glabys pour protéger son ordinateur ; les actualités à ne pas rater concernant la cybersécurité, le hacking et le petit monde du piratage informatique.

Au programme de ce nouveau numéro de ZATAZ Web TV (semaine du 04 juillet 2016) : Retour sur l’exceptionnelle Nuit du Hack 2016 qui s’est tenue à Disney Land Paris le week-end du 2 et 3 juillet 2016 ; découverte d’un petit boitier Bluetooth étonnant, le Glabys, qui permet de bloquer votre ordinateur quand vous vous éloignez de votre machine. Il suffit de se rapprocher pour que la machine soit de nouveau disponible. Bref, un étonnant boitier sans fil pour protéger son ordinateur ; et l’actualité du moment liée au piratage informatique, codes malveillants, conférences à ne pas rater…

Collusion des applications : Nouvelle menace sur mobile

Collusion des applications – Le retard des mises à jour logicielles des applications mobiles offre de nouvelles opportunités pour les cybercriminels.

Le dernier rapport d’Intel Security, intitulé ‘McAfee Labs Threats Report : June 2016’, détaille la tendance de la collusion des applications mobiles, en expliquant comment les cybercriminels manipulent les applications mobiles pour orchestrer des attaques contre les propriétaires de smartphones.

Ce type de comportement a été observé par le McAfee Labs d’Intel Security dans plus de 5 000 versions des 21 applications étudiées, destinées au grand public, tels que le streaming vidéo, la surveillance santé, la planification de voyage, etc. Le constat est alarmant : l’échec des utilisateurs à faire régulièrement des mises à jour essentielles de leurs applications augmente le risque de détournement des smartphones par les cybercriminels à travers les anciennes versions des applis.

Considérée depuis plusieurs années comme une menace théorique, la collusion des applications mobiles tire parti des capacités de communication inter-applicatives inhérentes aux systèmes d’exploitation mobiles. Ces systèmes d’exploitation intègrent de nombreuses méthodes permettant d’isoler des applications au sein de sandbox, de limiter leurs capacités et de contrôler les autorisations à un niveau granulaire. Malheureusement, les plateformes mobiles comprennent également des protocoles documentés permettant aux applications de communiquer entre elles à travers les frontières des sandbox. Dans ce cadre, la collusion des applications peut se servir des capacités de communication inter-applicatives à des fins malveillantes.

Trois types de menaces qui peuvent résulter de la collusion des applications mobiles

Le vol d’informations : une application avec un accès à des informations sensibles ou confidentielles collabore volontairement ou involontairement avec une ou plusieurs autres applications pour envoyer des informations en dehors des limites du dispositif/matériel. Le vol d’argent : une application envoie des informations à une autre qui peut exécuter des transactions financières ou faire un appel API pour parvenir à des objectifs malveillants similaires. L’abus de services : une application contrôle un service système et reçoit des informations ou des commandes à partir d’une ou plusieurs autres applications pour orchestrer une variété d’activités malveillantes.

La collusion applicative mobile requière au moins deux applications pouvant communiquer entre elles. D’un côté, une application qui dispose de la permission d’accéder à une information ou à un service restreint et de l’autre côté, une application sans cette autorisation, mais qui elle bénéficie d’un accès extérieur au dispositif. Les deux applications peuvent potentiellement exposer le smartphone au risque d’une collusion, que ce soit volontairement ou involontairement suite à une fuite de données accidentelle ou à une inclusion d’un kit de développement de logiciels malveillants ou d’une bibliothèque de malwares. Ces applications peuvent utiliser un espace partagé (fichiers lisibles par tous) pour échanger des informations sur les privilèges accordés et déterminer lequel est positionné de manière optimale pour servir de point d’entrée aux commandes à distance.

« L’amélioration des méthodes de détection entraîne les cybercriminels à redoubler d’efforts en matière de fraude », déclare Vincent Weafer, Vice-Président du McAfee Labs d’Intel Security. « Il n’est pas surprenant de voir qu’ils ont développés de nouvelles ruses pour déjouer la sécurité mobile avec de nouvelles menaces qui tentent de se cacher à la vue des utilisateurs. Notre objectif est de rendre l’ancrage des applications malveillantes au sein des appareils personnels plus difficile. Cela passe notamment par le développement d’outils et de techniques plus intelligents en mesure de détecter la collusion des applications mobiles. »

Le rapport ‘McAfee Labs Threats Report : June 2016’ s’inscrit dans une démarche proactive visant à développer de nouveaux outils et à automatiser les outils existants pour détecter toute collusion inhérente aux applications mobiles. Une fois identifiée, cette nouvelle typologie de menace peut être bloquée en s’appuyant sur des technologies de sécurité mobile. Afin de minimiser le risque et l’impact de la collusion, l’étude encourage les utilisateurs à adopter une approche plus consciencieuse. Cela implique notamment que l’usager se soucie de télécharger des applications uniquement depuis des sources fiables, en évitant celles intégrant de la publicité, et surtout de maintenir le système d’exploitation et le logiciel applicatif à jour.

Les principales tendances recensées au 1er trimestre en matière de menaces

Ransomware. Le nombre de nouveaux échantillons de ransomwares a augmenté de 24 % ce trimestre en raison de l’arrivée continue de nouveaux cybercriminels peu qualifiés dans ce domaine. Cette tendance est le résultat de l’adoption généralisée des kits d’exploitation pour le déploiement de logiciels malveillants.

Mobile. Les nouveaux échantillons de logiciels malveillants sur mobile ont augmenté de 17 % sur le trimestre par rapport au trimestre précédent. En un an, le nombre d’échantillons de logiciels malveillants sur mobiles a augmenté de 113 %, à raison d’une hausse de 23 % d’un trimestre à l’autre.

Mac OS malware. Les logiciels malveillants ciblant l’OS de Mac ont augmenté rapidement au premier trimestre, principalement en raison d’une augmentation de l’adware VSearch. Bien que le nombre absolu d’échantillons à destination de Mac OS demeure encore faible, son volume a augmenté de 68 % par rapport au trimestre précédent et de 559 % en un an.

Macro malware. Cette menace poursuit la croissance amorcée en 2015, avec une augmentation de 42 % par rapport au trimestre passé. Une nouvelle version de macro malware continue d’attaquer les réseaux d’entreprise principalement via des campagnes de spams sophistiquées qui tirent profit de l’information recueillie grâce à l’ingénierie sociale pour paraître légitime.

Gamut botnet. Le botnet Gamut s’est avéré être le botnet de spam le plus productif au premier trimestre, augmentant son volume de près de 50 %. Les campagnes de spam les plus courantes font l’éloge de solutions miracles pour devenir riche ou pour perdre du poids rapidement. Kelihos, le botnet le plus prolifique au cours du dernier trimestre 2015 est relayé à la quatrième place au premier trimestre 2016.

Le cheval de Troie : Pinkslipbot. Également connu sous le nom Qakbot, Akbot ou QBOT, ce cheval de Troie, lancé en 2007, fait partie des logiciels malveillants les plus nuisibles en mesure de subtiliser des informations d’identification bancaire, des mots de passe, des mails et des certificats numériques. Il a fait son retour en 2015 renforcé de fonctionnalités de contre-analyse et de capacités de chiffrement multicouches lui permettant de contrecarrer les efforts des chercheurs pour le disséquer et l’annihiler. Le rapport précise également son mécanisme d’exfiltration des données ainsi que sa capacité de mise à jour automatique.