Archives de catégorie : Entreprise

Actualités liées à la sécurité informatique des entreprises, PME, PMI, TPE, association, communes.

Atteintes à la vie privée

Atteintes à la vie privée : Les consommateurs français craignent un recul de leurs libertés individuelles.

Une étude publiée par The Economist Intelligence Unit (EIU) avec ForgeRock révèle les nombreux risques liés à la collecte et au partage des données personnelles, tels qu’ils sont perçus par les consommateurs du monde entier. Ces derniers demandent plus de transparence et de contrôle, ainsi que des engagements des autorités publiques et des industriels pour protéger leur vie privée.

What the Internet of Things means for consumer privacy (L’Internet des Objets et son impact sur la vie privée des consommateurs) est une étude menée par l’EIU avec Forgerock. Elle sonde les préoccupations et priorités des consommateurs mondiaux vis-à-vis de l’Internet des Objets (IoT). Elle est basée sur un sondage mené auprès de 1 629 personnes dans huit pays (Allemagne, Australie, Chine, Corée du Sud, États-Unis, France, Japon et Royaume-Uni). Les données utilisées ici sont les chiffres français, alignés sur les tendances observées dans les autres pays. (1)

Dans leur majorité, les consommateurs interrogés font part de nombreuses inquiétudes liées à la collecte et à la transmission de leurs données personnelles. Profilage comportemental, vol et usurpation d’identité, etc. : 73% des sondés s’inquiètent de voir ces petites intrusions dans leur vie privée affecter leurs libertés individuelles. 92% déclarent vouloir un contrôle sur les informations transmises dans les collectes automatiques des données, et ils sont 83% à vouloir être informés dans les points de ventes sur les capacités de collecte de l’objet connecté.

L’importance des actions suivantes en matière de protection des données personnelles transmises automatiquement par les objets connectés :
– Permettre aux utilisateurs de contrôler quelles informations sont collectées : 92%
– Informer les utilisateurs lors de la collecte : 90%
– Informer les utilisateurs des mises-à-jour de sécurité : 87%
– Informer les utilisateurs sur les capacités de collecte de l’objet connecté dans les points de vente : 83%

Malgré les efforts menés par les entreprises pour se conformer aux réglementations à venir, les consommateurs souhaitent que les droits relatifs aux données soient inclus dans le Règlement Général de Protection des Données de l’Union Européenne, qui entrera en vigueur en mai 2018. Ils sont 68% à considérer le droit d’effacer leurs données ( le « droit à l’oubli » ) comme prioritaire. Sur cette question, les français se montrent significativement plus sensibles que la moyenne de l’étude qui est de 57%. (2)

Les résultats de l’étude – complétés d’entretiens avec des experts – proposent des stratégies pour aider les entreprises à renforcer la confiance des consommateurs. Parmi celles-ci : la collaboration avec les autorités publiques, et des engagements fermes de la part des industriels pour protéger la vie privée de leurs clients.

Un contrôle rigoureux par les autorités de l’application des standards est essentiel : 89% des sondés demandent des sanctions accrues pour les entreprises qui violeraient les normes de confidentialité.

Ben Goodman, Vice-Président de ForgeRock en charge de la stratégie globale et de l’innovation : « Les consommateurs sont de plus en plus conscients des conséquences de leurs interactions numériques quotidiennes. Les entreprises doivent donc prendre à bras le corps ce sujet si elles veulent conserver la confiance des consommateurs. Cela fait des années que nous bénéficions tous gratuitement des services des plateformes sociales en échange de nos informations personnelles. À la lumière des récentes révélations concernant les politiques de traitement des données de Facebook, il est temps de reconsidérer ce qui relève du piratage et les comportements qui devraient être assimilés comme tels afin de mettre en place les mesures de protection appropriées. Doit-on par exemple considérer comme étant du piratage toute situation où une entreprise utilise la data de ses clients d’une manière inattendue ? Quel est le niveau acceptable de divulgation d’informations personnelles par un individu ? Toutes ces questions doivent faire l’objet d’un débat, d’autant plus que les technologies de l’IoT continuent de remodeler la vie quotidienne à la maison, au travail et les façons dont nous nous déplaçons« .

Nick Caley, Vice-Président de ForgeRock en charge des industries financières et de régulation : « 9 français sur 10 réclament des sanctions accrues pour les entreprises qui violent la vie privée des consommateurs. C’est un signal fort pour toute organisation qui traite et utilise les données de ses clients, et plus particulièrement les sociétés de services financiers. Au fur et à mesure que les entreprises adaptent leurs infrastructures et leurs pratiques pour se conformer à l’Open Banking, à la directive PSD2 ou au RGPD, ils doivent garder à l’esprit que les régulateurs ont fait du consentement la clé de voute de chacune de ces lois. Et à juste titre, l’étude montre clairement que les consommateurs attendent des organisations qu’elles sollicitent et obtiennent le consentement des individus avant de recueillir leurs données personnelles. »

Veronica Lara, rédacteur en chef de l’étude : « Les consommateurs sont inquiets à juste titre, car l’omniprésence de capteurs interconnectés via l’Internet des Objets génère des nouvelles couches de risques qui sont difficiles à appréhender. Le manque de transparence et l’impossibilité pour les consommateurs de contrôler leurs données exacerbent la perception des menaces pesant sur leur vie privée et leur sécurité. Les choses semblent évoluer, cependant, à mesure qu’ils exigent des garanties plus fortes et que le RGPD étend son influence au-delà des frontière de l’UE. »

cryptojacking et ransomware

La 23e édition du rapport annuel cyber menaces (ISTR) revient sur les attaques de l’année écoulée. Alors que les ransomware deviennent coûteux pour les cyber criminels et donc moins rentables, et que l’activité est saturée, un nouveau type d’attaque s’ajoute à l’arsenal des cyber attaquants et génère de nouvelles sources de revenus pour ces derniers : le cryptojacking.

Le cryptojacking est une nouvelle forme de menace pour la cybersécurité et la protection des données personnelles. L’appât du gain continu chez les cyber attaquants présente un danger pour les particuliers, les équipements et les entreprises, qui risquent de voir leurs ressources monétaires détournées de leurs systèmes. Les cyber attaquants n’hésitent pas à s’infiltrer aussi bien dans les ordinateurs personnels que dans les plus grands centres de données.

Le rapport annuel de Symantec sur les cyber menaces fournit un aperçu compréhensif du panorama des menaces informatiques dans le monde et des enseignements précieux quant aux activités émergentes et motivations des cyber attaquants. Le rapport analyse les données issues du réseau international d’intelligence de Symantec (le Symantec Global Intelligence Network), le plus important réseau civil de surveillance des menaces, qui comprend 126,5 millions de capteurs dans le monde et couvre 157 pays et territoires.

Alors que les Etats-Unis, la Chine et l’Inde occupent à nouveau les 3 premières places du classement mondial des pays où la cybercriminalité est la plus active, la France chute d’une place et se place au 9e rang mondial. L’Hexagone confirme sa place dans le top 10 et maintient sa position au 4e rang européen (derrière l’Allemagne et le Royaume-Uni). Tous types de menaces confondues, la France enregistre une légère baisse de pourcentage de cyber attaques sur un niveau mondial, passant de 2,35 % à 2,21 % entre 2016 et 2017 – contrairement aux Etats-Unis, à la Chine, la Russie ou encore l’Allemagne.

Explosion du cryptojacking : la France se classe au 4e rang mondial en volume d’attaques

L’an passé, la montée en flèche de la valeur des crypto-monnaies a déclenché une ruée vers l’or parmi les cybercriminels, qui entendent profiter d’un marché volatile. Les détections de service de minage installés sur des terminaux ont progressé de 8 500 % en 2017. L’Hexagone concentre 5,9 % du volume total des attaques de cryptojacking, se classant ainsi au 4e rang mondial (et au 2e rang européen).

Sans avoir besoin de compétences poussées en information et grâce à quelques lignes de code, les cyber criminels peuvent désormais profiter des ressources dont disposent les particuliers et les entreprises grâce à la puissance de traitement de calcul liée aux processeurs, afin de procéder à des attaques de cryptojacking. Les services de minage peuvent ralentir les équipements, entraîner une surchauffe des batteries et, dans certains cas, rendre les systèmes inutilisables. De leur côté, les entreprises sont susceptibles de constater des interruptions de réseau et une intensification de l’utilisation des processeurs, ce qui alourdit les coûts liés à l’infrastructure réseau.

« Il est désormais possible, pour des esprits malveillants, d’exploiter les ressources stockées sur nos téléphones, nos ordinateurs ou n’importe quel appareil connecté à des fins lucratives, » déclare Laurent Heslault. « S’ils ne renforcent pas leurs systèmes de défense, les utilisateurs risquent de devoir payer pour une autre personne utilisant leur appareil de façon frauduleuse ».

Les ransomware se stabilisent et s’installent durablement

En 2016, la rentabilité des ransomware a déclenché une saturation du marché entraînant une baisse notable du montant moyen des rançons : 522 dollars en 2017 contre 1 077 en 2016.  C’est pourquoi le ransomware est entré dans la catégorie des attaques dites communes, poussant nombre de cybercriminels à se tourner vers le minage pour attaquer les crypto monnaies et tirer pleinement profit de leur valeur élevée.

Malgré une réduction du nombre de familles de ransomware, la quantité de variantes de logiciels malveillants de ce type a augmenté de 46 % par rapport à 2016. Les groupes criminels innovent donc moins mais demeurent toujours très productifs.

Quant à la France, elle chute de la 11e à la 17e place dans le classement mondial des pays les plus actifs en matière de ransomware.

Multiplication des attaques sur les mobiles

Les attaques sur mobiles continuent d’augmenter avec une progression de 54 % du nombre de nouvelles variantes de logiciels malveillants en 2017. Durant l’année, Symantec a bloqué en moyenne 24 000 applications mobiles malveillantes par jour. Une progression qui s’explique par un faible taux d’adoption des dernières mises à jour de la part des utilisateurs. Les attaquants profitant ainsi de l’utilisation d’anciens systèmes d’exploitation : à titre d’exemple, seulement 20 % des appareils sont à jour avec, utilisant la dernière version d’Android, et seulement 2,3 % possèdent la dernière mise à jour mineure.

La protection des données des utilisateurs est également mise à mal par des applications mobiles appelées grayware, qui ne sont pas entièrement malveillantes mais peuvent se révéler menaçantes avec pour dommage la fuite du numéro de téléphone (63 % des applications de ce type) ou encore la localisation du téléphone (37 %). Le problème est loin d’être réglé puisque leur nombre de logiciels grayware a augmenté de 20 % en 2017.

Par ailleurs, les ransomware constituent une vraie menace sur mobile, certains utilisent même la reconnaissance vocale forçant les victimes à dévoiler à l’oral leur code de déverrouillage plutôt que de rentrer manuellement sur le téléphone.

La majorité d’attaques ciblées utilise une méthode unique pour infecter les appareils des victimes

Le nombre global d’attaques ciblées en 2017 est en hausse de 10 % comparé à l’année précédente. Symantec suit aujourd’hui les activités de 140 groupes de cyber attaquants. 71 % des attaques ciblées ont commencé par du spear phishing (phishing ciblé), une méthode établie depuis des années, pour compromettre les victimes. Si les groupes responsables d’attaques ciblées continuent d’exploiter des tactiques testées dont la viabilité a été prouvée pour infiltrer les entreprises, les menaces de type zero day sont de plus en plus délaissées : seulement 27 % des groupes d’attaques ciblées ont utilisé ces vulnérabilités l’an dernier.

Le secteur de la sécurité s’est longtemps penché sur les différents types de dommages que pourraient produire les cyberattaques. Un groupe d’attaquants sur dix utilise des attaques conçues pour déstabiliser leurs cibles, la théorie fait dorénavant place à la pratique.

Une augmentation de programmes malveillants de 200 % au sein des logiciels légitimes

En 2017, Symantec a enregistré une augmentation de 200 % du nombre de programmes malveillants injectés au sein de logiciels légitimes. Cela équivaut à 1 attaque par mois, contre 4 en 2016. La non-application des mises à jour des logiciels offrent aux cyber criminels un point d’entrée pour s’infiltrer dans des réseaux bien gardés.

Petya en est un parfait exemple. En juin dernier, après avoir utilisé un logiciel de comptabilité ukrainien comme point d’entrée, Petya a utilisé une variété de méthodes de propagation de la menace dans les réseaux d’entreprise, permettant ainsi le déploiement de leur charge utile malveillante.

Protéger sa gestion des mots de passe

Quel est le comportement des utilisateurs de mot de passe ? La société IS Decisions s’est penchée sur le problème en lançant une grande enquête aux États-Unis et au Royaume-Uni. Le vol et le partage de mot de passe font amis-amis.

Pour un administrateur et autre responsable de sécurité informatique, identifier une activité suspecte peut rapidement devenir l’enfer. Dans le lot des attaques difficiles à « environnementer », l’utilisation par les pirates informatiques des identifiants de connexion officiels.

Bien que ce soit souvent le comportement de sécurité de l’utilisateur final qui permette de voler ces identifiants, plutôt que de blâmer les utilisateurs d’être humains, la société IS Decisions propose une infographie qui affiche comment mieux protéger les connexions authentifiées de tous les utilisateurs.

On découvre, par exemple, que 45% des violations de données sont le résultat d’informations d’identifications compromises. 58% de ces compromissions le sont en raison d’une attaque informatique sous forme de phishing ; 38% en raison du partage de votre mot de passe avec un collègue. Le social Engineering, qu’exploite l’hameçonnage, regroupe 35% des cyberattaques. 22% des vols d’identifiants en raison d’une base de données piratée comprenant les informations d’identification de l’utilisateur.

Trend Micro et Panasonic s’associent pour sécuriser les véhicules connectés

Trend Micro et Panasonic Corporation annoncent un partenariat innovant visant à développer une solution de cyber-sécurité permettant de détecter et contrer les risques de piratage ciblant les voitures connectées et autonomes.

Ce partenariat a pour objectif de garantir un niveau de sécurité élevé pour ces véhicules, la solution étant capable de déceler et de prévenir les intrusions visant, d’une part les unités de commande électronique (UCE – Electronic Control Unit)*1 qui assurent le contrôle des comportements dynamiques de conduite tels que l’accélération, la direction et le freinage ; et d’autre part les plateformes d’info-divertissement embarquées (IVI – In Vehicule Infotainment)*2 comme les systèmes de navigation et les boitiers télématiques*3.

Les risques de piratage des systèmes de direction et de freinage dans les véhicules connectés sont bien réels. De nouvelles failles de sécurité sont découvertes quotidiennement, permettant aux cybercriminels de prendre le contrôle d’un véhicule à distance. Il est donc indispensable de définir des mesures de sécurité dans chaque voiture connectée, mais également d’analyser les nouvelles formes d’attaques grâce à une surveillance continue des systèmes embarqués depuis le Cloud, tout en capitalisant sur les données analytiques produites pour développer et généraliser des contre-mesures adéquates.

Ce partenariat s’appuiera sur la technologie de détection et de prévention des intrusions*4 pour le réseau CAN (Control Area Network) de Panasonic, ainsi que sur la solution Trend Micro IoT Security*5. La technologie Panasonic permettra de détecter l’ensemble des commandes non autorisées envoyées aux unités de commande électronique (ECU). Trend Micro IoT Security capitalise sur l’expertise de Trend Micro à l’échelle mondiale, ainsi que sur ses solutions basées sur l’intelligence connectée, notamment pour ce qui est de l’analyse des malware*6. La solution sera implémentée sur les plateformes d’info-divertissement embarqué (IVI) comme les systèmes de navigation, pour identifier les attaques tentant d’exploiter des vulnérabilités via le réseau Internet. Grâce à ce partenariat, les événements identifiés par les deux technologies seront collectés et envoyés à une plateforme d’analyse dans le Cloud pour détecter et bloquer le trafic suspect.

Ce partenariat technologique permettra ainsi de fournir une solution globale – dont des systèmes embarqués et des systèmes Cloud – visant à prévenir les cyber-attaques ciblant les véhicules autonomes et connectés. Les deux entreprises planifient un lancement commercial à l’horizon 2020.

*1 Unité de commande électronique : calculateurs qui commandent des actionneurs comme le moteur ou la direction
*2 Info-divertissement embarqué (IVI) : applications de divertissement et d’information disponibles dans les voitures
*3 Télématiques : service qui envoie et reçoit des données vers et depuis un véhicule
*4 Technologie de détection et de prévention CAN : technologie qui surveille le bus CAN (Control Area Network), autorisant les communications entre les unités de commande électroniques pour détecter les commandes non autorisées et les traiter comme invalides
*5 Trend Micro IoT Security : solution de sécurité pour les dispositifs embarqués connectant l’extérieur du véhicule à des communications IP sur des systèmes d’exploitation tels que Linux
*6 Malware : terme générique utilisé pour désigner différentes formes de logiciels ou de codes malveillants créés pour causer des dommages, y compris des virus informatiques.

Votre patron peut ouvrir vos fichiers personnels et privés

La cours européenne des droits de l’homme indique qu’un dirigeant d’entreprise peut ouvrir les fichiers personnels de ses salariés, sur un poste professionnel, si les documents ne sont pas identifiés de manière précise comme « privé ».

Vous pensiez qu’un dossier personnel, sur le poste informatique prêté par votre employeur, suffisait à protéger le contenu du document ? Vous pensiez qu’indiquer « données personnelles » permettait de ne pas autoriser la lecture du mail par le patron ? La cours européenne des droits de l’homme confirme, dans un arrêt du 22 février 2018, qu’un « employeur peut consulter les fichiers d’un salarié, en son absence, s’ils ne sont pas identifiés comme étant privés. » Comme l’indique Legalis qui diffuse le rendu du jugement, le salarié avait inscrit dans le dit dossier les mots « données personnelles ». Pas suffisant pour la CEDL. Pour la petite histoire, il s’agit d’une affaire concernant un ancien employé de la SNCF. Son employeur, lors de son absence, avait ouvert ses fichiers, dont un personnel. A l’intérieur : 1 562 images pornographiques et une fausse attestation pour un logement ! Les fichiers en question n’ont pas été dûment identifiés comme « privé » en référence à la charte d’utilisation.

Chevaux de Troie visant les applications bancaires mobile

La prolifération des chevaux de Troie visant les applications bancaires mobiles expose les particuliers à d’importants risques. De fausses interfaces reproduisent fidèlement les applications bancaires mobiles des plus grandes banques du monde entier. Plus d’un consommateur sur trois est incapable de faire la différence entre une application authentique et sa version piratée.

Les utilisateurs de services bancaires mobiles du monde entier sont confrontés à un risque plus grand d’être piégés par des cybercriminels, et d’être victimes de fraudes. Telle est la conclusion de la nouvelle étude mondiale publiée par Avast, leader mondial des produits de sécurité digitale, qui a demandé à près de 40 000 consommateurs de douze pays, dont la France, de comparer l’interface de plusieurs applis bancaires officielles avec leur version contrefaite.

Au niveau mondial, 58 % des personnes interrogées ont identifié l’interface officielle des applications bancaires mobiles comme frauduleuse, tandis que 36 % prenaient l’interface piratée pour la version authentique. En France, les résultats sont similaires avec respectivement 74 % et 35 % des personnes interrogées. Ces résultats soulignent le niveau de sophistication et d’exactitude qu’ont atteint les cybercriminels pour réaliser des copies extrêmement fiables, ce qui leur permet d’espionner les utilisateurs et de collecter leurs identifiants personnels pour faire main basse sur leur compte en banque.

Ces derniers mois, Avast a détecté plusieurs fausses applications bancaires mobiles qui représentent une menace croissante pour la confidentialité et la sécurité. Parmi les banques visées par les cybercriminels, on retrouve Crédit Agricole, Citibank, Wells Fargo, Santander, HSBC, ING, Chase, Bank of Scotland et Sberbank. En dépit des mesures strictes de sécurité déployées ainsi que des sauvegardes, les importantes bases de données clients de ces organisations constituent des cibles particulièrement attrayantes pour les cybercriminels, pour réussir à créer de fausses applications qui imitent les officielles à la perfection.

 En novembre 2017, l’équipe Threat Labs Mobile a découvert dans Google Play une nouvelle version du cheval de Troie BankBot qui cible les identifiants de connexion bancaire des particuliers. Avast a ainsi analysé la menace, en collaboration avec ESET et SfyLabs. Cette toute dernière variante était dissimulée dans des applications réputées fiables, telles que des lampes de poche et des versions du célèbre jeu Solitaire. Une fois téléchargés, les logiciels malveillants lançaient et ciblaient les applications des plus grandes banques. Lorsqu’un utilisateur ouvrait son appli bancaire, le malware positionnait une fausse interface sur l’appli officielle, afin de collecter les coordonnées bancaires du client et de les transmettre au cybercriminel.

Applications bancaires piégées

« Nous assistons à une augmentation constante du nombre d’applications malveillantes pour Android. Ces applis sont capables d’échapper aux contrôles de sécurité des principales plateformes de téléchargement d’applications, avant de se frayer un chemin jusqu’aux téléphones des consommateurs, confie Gagan Singh, Senior Vice President et General Manager, Mobile, chez Avast. Dans de nombreux cas, elles se font passer pour des jeux ou des applis « lifestyle », et utilisent des tactiques d’ingénierie sociale pour inciter les utilisateurs à les télécharger. »

« En règle générale, les internautes peuvent faire confiance à la fiabilité des plateformes de téléchargement d’applications, telles que celles de Google et d’Apple, pour télécharger des applications bancaires, mais une vigilance accrue est de mise. Il est indispensable de vérifier que l’application utilisée est bien la version officielle, poursuit Gagan Singh. Si l’interface semble étrange, il ne faut pas hésiter à contacter le service client de la banque. Le cas échéant, il est vivement conseillé d’utiliser la fonction d’authentification à deux facteurs et de se protéger en installant un antivirus puissant sur Android, qui détectera et supprimera les logiciels malveillants. »

L’étude menée souligne en outre que les consommateurs du monde entier se disent davantage préoccupés par le vol d’argent sur leur compte bancaire, que par la perte de leur portefeuille ou de leur sac à main ; voire même par le piratage de leurs comptes sur les réseaux sociaux ou la consultation de leurs messages personnels. Au niveau mondial, 72 % des personnes interrogées ont déclaré que la perte d’argent était leur principale préoccupation, contre 67 % en France.

Au niveau mondial, environ deux personnes interrogées sur cinq (43 %) ont déclaré utiliser des applications bancaires mobiles. En France, 38 % ont affirmé les utiliser de façon active. Parmi les personnes interrogées qui ne se servent pas d’un smartphone ou de tablette pour accéder aux services de leur banque, près du tiers (30 %) des français ont indiqué que le faible niveau de sécurité était leur principal souci.

 Cette enquête en ligne a été réalisée dans 12 pays : États-Unis, Royaume-Uni, France, Allemagne, Russie, Japon, Mexique, Argentine, Indonésie, République tchèque, Brésil et Espagne. Au total, 39 091 personnes y ont participé, dont 5 852 français.

Domotique : objets connectés sont-ils dangereux ? Test !

Les objets connectés et la domotique sont devenus omniprésents dans notre quotidien, au travail comme à la maison : téléphones, ampoules, enceintes, montres, caméras, voitures, etc. Pourtant, nous devrions nous préoccuper des informations que nous transmettons (mode de vie, habitudes, localisation, photos et vidéos, etc.) et les risques d’un tel partage. À cet effet, ESET reconstitue une maison connectée lors du Mobile World Congress, où différents appareils sont testés afin de mettre en évidence les vulnérabilités liées à ces objets qui nous entourent. Partage de données, virus, informations collectées… Que risque-t-on vraiment en partageant avec ces objets des informations nous concernant ? Nos experts ont testé 12 produits que nous retrouvons habituellement dans une maison connectée.

L’un de ces objets de domotique qui n’a pas été listé ici présentait de nombreuses vulnérabilités importantes. Nous avons averti le fabricant pour qu’il puisse y remédier. Cet appareil est une centrale de commande domotique qui peut gérer les détecteurs de mouvement, les commandes de chauffage, les moteurs de volets roulants, les capteurs d’environnements et les prises intelligentes.

Voici les principales vulnérabilités de cet appareil :

  • Le processus de connexion au réseau local n’est pas entièrement protégé par un système d’authentification. L’option par défaut autorise la connexion automatique, qui contourne le renseignement d’informations d’identification standard telles que l’identifiant et le mot de passe. Le fabricant mentionne ce problème dans une alerte de sécurité et recommande de désactiver cette option par défaut.
  • Comme avec presque tous les systèmes de maison connectée, un service Cloud permet de gérer les appareils connectés depuis un endroit X. Les communications vers le service cloud ne sont pas chiffrées.
  • Le service Cloud des fournisseurs a la possibilité d’établir une connexion VPN (Virtual Private Network – à distance) avec les périphériques distants. Une fois ce tunnel établi, il pourrait être possible de modifier la configuration du réseau distant. Cela pourrait entraîner l’accès au réseau local des utilisateurs sans leur consentement.
  • L’accès au service Cloud nécessite un enregistrement. Si les détails concernant l’utilisateur sont compromis, l’accès VPN au réseau distant peut présenter un risque considérable.

Les autres appareils que nous avons testés et détaillés dans ce rapport permettent de mettre en évidence certaines vulnérabilités qui doivent être prises en compte au moment de l’achat de l’appareil. Par exemple, les caméras D-Link et la connexion TP-Link présentent des problèmes de sécurité. La principale préoccupation de ces caméras est l’absence de chiffrement du flux vidéo, accessible depuis un système d’authentification faible.

La confidentialité de la domotique, un sujet qui nous concerne tous

La radio Internet Soundmaster, qui ne dispose pas entre autres de politique de confidentialité, a alerté nos chercheurs. Les préoccupations les plus importantes concernent les assistants intelligents à commande vocale – en l’occurrence Alexa. Il s’agit d’un service qui sert de conduit à tous les autres appareils et qui stocke ensuite les interactions avec eux. Ni la réputation de l’appareil ni les services d’Amazon ne sont en cause, mais un pirate intelligent qui tente de recueillir des données personnelles pour le vol d’identité pourrait créer une attaque par spear-phishing pour accéder au compte Amazon des victimes.

AMAZON ECHO

Les interactions que vous aurez avec cet appareil permettront d’informer Amazon des produits que vous souhaitez acheter, de ce que vous écoutez, des autres produits connectés que vous avez et ainsi de suite. Cette collecte de données permet de créer un profil qui contient potentiellement des détails très précis sur votre style de vie – le rêve d’un marketeur, et aussi celui d’un cybercriminel. Avec les violations de données fréquentes, tout assistant numérique activé par la voix doit nous préoccuper. Si, par exemple, quelqu’un accède à votre identifiant et votre mot de passe Amazon, il a la possibilité d’écouter vos interactions avec Alexa. Le stockage d’informations stockées constitue un problème de confidentialité.

D-LINK

Les mises à jour de micrologiciels sont au format http et non https (le -s- indique que le protocole est sécurisé), ce qui signifie qu’un pirate pourrait injecter des virus lors d’une mise à jour, car le flux de données n’est pas chiffré. Les caméras incluses dans notre test de maison connectée présentent des faiblesses. La caméra est contrôlée depuis l’application mydlink, qui est chiffrée. Mais si le flux vidéo lui-même est mal protégé, les problèmes de sécurité et de confidentialité se concentrent autour du contenu « capturé ».

NETAMTO

Si vous décidez de partager les données de votre appareil, sachez que votre emplacement est identifié. Jetez un œil ici. Vous comprendrez comment, en sélectionnant l’un des appareils. L’adresse de rue d’un propriétaire de NetAMTO est indiquée.

NOKIA HEALTH

Nous avons tenté d’accéder aux données qui circulent entre l’application Health Mate et le service Cloud affilié. Il était possible de lancer une attaque de type « MitM » entre l’application Android et le Cloud. Ceci signifie que les communications sont interceptées sans que l’utilisateur soit au courant.

Ici, l’attaque à distance n’est pas possible. Cependant, en cas de compromission, les données transmises deviennent lisibles. Ceci dit, pour NOKIA HEALTH, il est peu probable de trouver un scénario où un pirate peut accéder au téléphone, rooter l’appareil, intercepter le téléchargement du firmware, le réécrire, puis appuyer sur un bouton de configuration magique sur les balances réelles et installer le nouveau firmware.

Cependant, lorsque vous associez Nokia Scales à Amazon Echo, vous pouvez poser des questions à Alexa sur les données stockées dans votre compte Health Mate. Sur la page Internet d’Amazon qui détaille l’habileté et l’offre des compétences Nokia, il y a la déclaration suivante : Alexa et Amazon, Inc. ne stockent ni ne conservent vos données Nokia Health, mais les interactions vocales associées à votre compte Amazon peuvent contenir vos données Nokia Health Mate.

Lorsque vous liez Alexa et accordez à Amazon la permission d’accéder à votre compte Nokia Health Mate, vous accordez en réalité à Amazon Alexa l’accès aux données personnelles, y compris le poids, la distance parcourue, le sommeil et les objectifs. Ces informations sont stockées sous forme d’interactions vocales associées à votre compte Amazon.

SONOS

Si, par exemple, vous avez des enceintes dans les chambres de vos enfants, nommer les enceintes en utilisant leurs noms réels peut, par inadvertance, mener à partager des données avec Sonos au sujet des personnes de votre famille.

WOERLEIN

En l’absence de politique de confidentialité, nous devons nous fier à notre enquête pour comprendre la communication entre l’appareil et Internet. Tout d’abord, lors de la configuration de l’appareil pour se connecter au réseau Wi-Fi, le mot de passe n’est pas masqué. Si l’appareil est accessible, par exemple dans un lieu public tel qu’un bureau ou un établissement de vente au détail, les informations d’identification Wi-Fi seront accessibles en cliquant sur les paramètres.

Lors de la sélection d’une station de radio, une instruction est envoyée en clair à mediayou.net, qui semble être un portail d’accès au contenu radio en ligne. Mediayou connaîtra l’adresse IP de la radio qui s’y connecte, la station de radio demandée, ainsi que l’heure et la durée d’écoute.

Aucune politique de confidentialité n’est répertoriée sur le site Internet mediayou.net. Même lors de la création d’un compte sur le site, il n’y avait aucune offre de politique de confidentialité ou de conditions d’utilisation. Faire des recherches sur le domaine mediayou.net pour déterminer qui en est le propriétaire est futile, car les détails du domaine sont cachés derrière un bouclier de confidentialité, ce qui est ironique…

Si vous ne comprenez pas quelles données, le cas échéant, peuvent être collectées et conservées, vous devez envisager le pire : une entreprise pourrait collecter tout ce qu’elle peut et vendre ces données à qui elle veut et quel que soit son choix. À l’heure où les données personnelles ont une valeur et où le vol d’identité est un problème croissant, cette situation est inacceptable.

TP-LINK

Cet appareil présente des vulnérabilités qui incluent un chiffrement facilement réversible entre l’appareil et l’application TP-Link Kasa utilisée pour le contrôler, des problèmes de validation de certificat et des attaques potentielles de type man-in-the-middle.

CONCLUSION

Aucun appareil ou logiciel n’est garanti « totalement sécurisé » ou « sans vulnérabilités potentielles ». Chaque personne qui lit ce rapport aura une vision différente des informations personnelles qu’elle estime pouvoir partager avec une entreprise ou un fournisseur. Il est nécessaire de se renseigner sur le niveau de protection des appareils. Par exemple, est-ce que le fabricant envoie des notifications pour la mise à jour du firmware ? Les assistants personnels vocaux intelligents sont très pratiques. Ils sont également omniscients. Évaluez avec prudence les informations que vous souhaitez partager avec eux.

Les données collectées sur la maison, le style de vie, la santé et même les données de navigation Internet d’une personne ne devraient être autorisées qu’une fois les conséquences prises en compte. Alors que les entreprises découvrent de nouvelles façons de faire du profit avec les données collectées via les objets connectés, soit l’industrie doit s’autoréguler, soit les gouvernements devront renforcer la législation relative à la protection de la vie privée (de la même manière que l’UE a mis en place le RGPD).

Cyber incidents en entreprise : les attaques par e-mails continuent de causer les dégâts les plus importants

Le nouveau rapport sur les interventions suite à un cyber incident montre que les boîtes mails constituent le maillon faible de la cyber sécurité des entreprises. Ces dernières éprouvent des difficultés à détecter rapidement et avec précision les incidents de sécurité.

Selon un nouveau rapport publié par F-Secure, plus d’un tiers des cyber incidents de sécurité informatique sont initiés par des mails de phishing ou des pièces jointes malveillantes reçus par les employés d’une entreprise. Ce nouveau rapport présente les conclusions des enquêtes conduites par F-Secure sur les interventions menées suite à un cyber incident et offre un aperçu des véritables modes opératoires des pirates informatiques.

21 % des cyber incidents analysés par F-Secure dans ce rapport font suite à des attaques ciblant les services web utilisés par les entreprises. Il s’agit du mode d’attaque le plus fréquemment utilisé par les pirates mettre la main sur les données d’une organisation. Toutefois, le phishing et les pièces jointes malveillantes totalisaient, ensemble, environ 34 % des attaques. Pour Tom Van de Wiele, Principal Security Consultant chez F-Secure, les attaques par e-mail constituent donc le plus gros danger pour les organisations.

« L’exploitation des vulnérabilités logicielles est typique des attaques opportunistes mais les intrusions informatiques via e-mail sont bien plus fréquentes. Les pirates disposent de tout un éventail d’attaques par e-mail. Elles remportent un franc succès, puisque la plupart des entreprises utilisent les e-mails pour leurs communications », explique Tom Van de Wiele. « Il convient de toujours réfléchir à deux fois avant de cliquer sur une pièce jointe ou sur un lien… mais la pression professionnelle l’emporte souvent sur le bon sens. Les pirates comprennent et exploitent cette logique. »

Cyber incident

● Les organisations sont touchées à la fois par des attaques ciblées et opportunistes, dans des proportions égales
● Les violations de données menées par des acteurs internes à la structure représentaient un cinquième des incidents de sécurité
● Dans près de 80% des cas, les experts en cyber sécurité ont été contactés après une alerte cyber sécurité de l’entreprise.
● Après s’être introduit sur le réseau d’une entreprise, les pirates procèdent le plus souvent à une diffusion de malware (surtout à des fins financières, à des fins d’espionnage, ou pour maintenir un accès ultérieur au réseau)
● 13 % des enquêtes ont révélé des faux positifs

Sur ce dernier point, pour Tom Van de Wiele, les entreprises détectent de trop nombreux faux positifs. « Trop d’organisations éprouvent des difficultés à détecter avec précision les cyber incidents. Elles ne disposent pas de capacités de détection précises. Nous sommes souvent appelés à enquêter sur des activités suspectées à tort. Parfois, il nous est demandé d’intervenir et nous découvrons un simple problème informatique. Ces faux positifs épuisent les ressources de l’entreprise et détournent l’attention des vrais problèmes. »

Le rapport recommande aux entreprises d’améliorer leurs capacités de détection et d’intervention, en investissant, par exemple, dans une solution de détection ou un service d’intervention pour les postes de travail.

Sécurité des documents, une priorité… à maîtriser !

Les enjeux sont tels, qu’il n’est plus une seule organisation qui ne se préoccupe de sécurité. Pour autant, le challenge est grand car non seulement les technologies de l’information et de la communication ont progressé mais surtout, l’interopérabilité est devenue la règle. La complexité est grande et les entreprises doivent déployer de nombreux dispositifs pour résister aux cyber-attaques polymorphes qui ne cessent elles aussi d’évoluer.

Il est clair que les documents et les informations (D&I) des organisations sont au cœur des convoitises des cyber-pirates. Ces derniers savent parfaitement que les points d’entrées sont multiples chez leurs victimes et que notamment, les moyens de capture et d’impression de documents peuvent constituer des prises de choix. En tant que constructeur de tels périphériques, Ricoh sensibilise les clients sur différentes stratégies de résistance et c’est ce que je vais faire ici.

Stratégie d’organisation

Il convient de s’adresser en premier lieu aux employés de votre organisation. Ils constituent les principaux vecteurs de transmission des informations et à ce titre, ils doivent impérativement être sensibilisés et formés aux risques et attitudes à adopter. Chacun doit être en situation d’éviter l’ouverture d’un email malveillant, d’imprimer des documents laissés à la vue de tous dans un bureau ou sur l’imprimante, de classifier les documents avant transmission, de confier ses badges ou codes d’accès à des tiers,… etc.

En second lieu, votre entreprise doit s’assurer d’une prise de conscience collective de la responsabilité portée sur la sécurité des D&I appartenant tant aux services internes qu’à des clients ou prospects. Les fuites d’information provoquent d’importants préjudices aux activités ou à l’image de l’entreprise. Elles peuvent être évitées par une démarche proactive parfaitement décrite par les normes ISO 27000. Celles-ci contribuent à la mise en place d’un système cohérent de gestion de la sécurité de l’information.

En dernier lieu, la société civile et ses organisations publiques doivent faire l’objet d’une écoute attentive. Votre entreprise doit comprendre l’évolution de la loi et des normes relatives à la numérisation des processus métiers. Elle ne doit pas seulement en comprendre les enjeux économiques mais aussi en maîtriser les contraintes de conformité et les risques associés. De la loi Godfrain (No 88-19) du 5 janvier 1988 relative à la fraude informatique à l’application prochaine du Règlement Général sur la Protection des Données (RGPD) en passant par le règlement eIDAS (No 910/2014) du 23 juillet 2014 – ou de la norme Z42-013 de mars 2009 (transposée ISO 14641-1), pour les spécifications des systèmes destinés à préserver les documents stockés, à l’application prochainement possible de la NF Z42-026 sur la copie fidèle qui conduira un jour à la destruction des documents papiers – l’évolution de l’environnement digital n’a de cesse que d’évoluer.

Stratégie technique

Évidemment, si vos employés et votre entreprise sont au fait des normes et des lois de la société, chacun comprendra que les D&I méritent toutes les attentions. Ainsi, les documents doivent être sécurisés par chiffrage, contrôlés dans leur intégrité, signés pour leur authenticité,…etc. Les équipements manipulant les D&I ne sont pas à négliger. Qu’il s’agisse de fermeture des ports, de protection contre les accès non autorisés, du nettoyage des données,… etc. Ils doivent être conçus en gardant à l’esprit qu’ils doivent résister aux risques de sécurité, comme nous le faisons pour nos périphériques de capture et d’impression des documents. Enfin, les logiciels (capture, impression, GED, parc), sont à sélectionner avec soin. Ils sont souvent au cœur des problématiques de sécurité parce que les métiers donnent trop souvent la priorité aux fonctionnalités. Gageons qu’en Mai 2018, la situation changera avec l’application du RGPD. L’entreprise devra être en situation de démontrer qu’elle s’est assurée avoir fait des choix responsables pour faire face aux contraintes de sécurité et protégeant les données privées.

Stratégie d’audit

Quels que soient les dispositifs, quelles que soient les précautions prises, quelles que soient les formations et sensibilisations prodiguées, il faudra contrôler. Pour cela, toutes les actions sont à tracer dans des journaux et des registres. Ceux-ci doivent aussi être considérés comme des documents et être soumis aux mêmes principes de sécurisation. Je ne le dirai jamais assez, la sécurité passe par la surveillance et l’amélioration continue.

Stratégie d’externalisation

La sécurité des D&I est aujourd’hui un tel enjeu, qu’il est de plus en plus délicat d’envisager que l’entreprise seule, puisse maîtriser toutes les subtilités des modalités à respecter. S’il est certain que très peu d’entreprises se constitueront en tiers de confiance pour délivrer la signature électronique, il en ira de même pour l’archivage électronique probant, la lettre recommandée électronique, le courrier numérique sans papier,… etc. Trop de spécialisations et de certifications ne trouveront pas leur retour sur investissement pour une entreprise à elle seule. Il est évident que le recours à l’externalisation est la voie à suivre. C’est pourquoi nous avons fait nos choix de services externalisés pour nos usages et les vôtres. Nous en reparlerons.

La transformation numérique de l’environnement de travail rendue possible par l’évolution du corpus législatif, depuis la loi No 200-230 du 13 mars 2000 portant adaptation du droit de la preuve aux technologies de l’information relative à la signature électronique, a fortement accrue la responsabilité des entreprises dans la maîtrise de la sécurité des documents et informations. Le RGPD à lui seul, constitue un marqueur majeur de cette évolution de la responsabilité. En contrepartie, constructeurs et éditeurs de solutions ont mené et mènent des études et des réalisations visant à empêcher et éliminer les failles de sécurité. Je reviendrai sur ces sujets dans deux prochains articles car mon objectif est de contribuer à la sensibilisation à la maîtrise de la sécurité. (Par Jean-Pierre BLANGER – Directeur Solutions, Services & Innovation de Ricoh France).

RSSI : les cinq meilleures façons de renforcer une architecture de sécurité

Pour les professionnels de l’informatique, RSSI, DSI … la sécurité des réseaux est un enjeu majeur. C’est vrai à la fois pour l’ingénieur de sécurité, le RSSI, le DSI et même le CEO ! La question est : « Que peut-on vraiment faire pour l’améliorer ? » Tout simplement renforcer le déploiement d’équipements de sécurité inline.

RSSI – En matière de conformité réglementaire pour PCI-DSS et HIPAA, le déploiement d’outils de sécurité inline n’est pas indispensable mais s’avère impératif pour une architecture de sécurité par laquelle on tente de maximiser ses défenses. Voici les cinq principales actions que les professionnels de l’IT peuvent mettre en œuvre pour améliorer l’architecture de sécurité en ligne de leur entreprise.

Insérer des switches bypass externes entre le réseau et les outils de sécurité pour améliorer la disponibilité et la fiabilité du réseau.

Les switches bypass sont généralement un bon point de départ pour améliorer la sécurité et la fiabilité d’un réseau. Alors que le déploiement direct d’outils de sécurité en ligne peut créer une défense améliorée, ils peuvent entraîner des échecs ponctuels. Un contournement interne, dans l’outil peut minimiser ce risque. Toutefois, il pourrait créer une autre interruption de de service, si l’appareil devait être retiré par la suite.

Un switch bypass externe a l’avantage de son homologue interne à la différence qu’il élimine les problèmes des déploiements directs d’outils inline en offrant des capacités de basculement automatique et à la demande avec un impact à peine perceptible (millisecondes) sur le réseau. Parce que le switch reste toujours dans le réseau, il peut être placé en mode de contournement à la demande, pour permettre l’ajout, la suppression ou la mise à niveau des dispositifs de sécurité et de surveillance au besoin.

Déployez des passerelles de renseignement sur les menaces à l’entrée/sortie du réseau pour réduire les alertes de sécurité de faux positifs

Les passerelles de renseignement sur les menaces sont une bonne deuxième stratégie parce qu’elles éliminent le trafic depuis et vers de mauvaises adresses IP connues. Même avec les pare-feux, les IPS et un large éventail d’outils de sécurité en place, les entreprises manquent toujours d’indices et souffrent de failles importantes chaque jour. Pourquoi ? Parce que le volume d’alertes générées représente un énorme fardeau de traitement pour l’équipe de sécurité, ainsi que pour l’infrastructure elle-même. Une passerelle de renseignement sur les menaces aide à filtrer automatiquement le trafic entrant dans un réseau qui doit être analysée. Certaines entreprises ont constaté une réduction de 30 % ou plus des fausses alertes IPS en supprimant le mauvais trafic connu, ce qui permet aux équipes de sécurité réseau de se concentrer sur les menaces potentielles restantes.

Décharger le décryptage SSL des dispositifs de sécurité existants (pare-feu, WAF, etc.) vers des network packet brokers (NPB) ou des dispositifs spécialement conçus pour réduire la latence et augmenter l’efficacité des outils de sécurité.

Bien que de nombreux outils de sécurité (pare-feu, WAF, IPS, etc.) incluent la capacité de déchiffrer le trafic afin que les données entrantes puissent être analysées à des fins de sécurité, ils ont également un impact sur les performances du CPU et peuvent ralentir considérablement (jusqu’ à 80 %) la capacité de traitement d’une application de sécurité. Ceci est dû au fait que les processeurs de ces périphériques exécutent d’autres tâches telles que l’analyse des paquets de données pour détecter les menaces de sécurité, telles que les scripts inter-sites (XSS), l’injection SQL, les programmes malveillants cachés et les menaces de sécurité. Le déchiffrement SSL peut représenter un travail considérable qui réduit l’efficacité des outils de sécurité et qui augmente les coûts si l’on veut que les données réseau soient inspectées. En raison de la performance du décryptage des données, de nombreuses équipes de sécurité désactivent cette fonctionnalité et créent ainsi un risque potentiellement grave pour la sécurité. Une solution consiste à utiliser un network packet broker pour effectuer le déchiffrement des données lui-même ou décharger la fonction sur un dispositif de décryptage distinct. Une fois les données décryptées, le NPB peut les transmettre à un ou plusieurs outils de sécurité pour analyse.

Effectuer une chaîne d’outils pour les données suspectes, afin d’en améliorer le processus d’inspection.
Une autre tactique à prendre en considération est enchaînement d’outils en série. Cette méthode améliore l’inspection des données en utilisant des séquences prédéfinies pour leur analyse. Elles sont acheminées vers de multiples outils de sécurité pour des inspections et une résolution supplémentaires. Ceci garantit que les actions se déroulent dans l’ordre approprié et ne sont pas négligées. Les outils de sécurité et de surveillance peuvent être reliés entre eux par le biais d’un approvisionnement logiciel au sein d’un NPB pour contrôler le flux de données à travers les services sélectionnés. Cela permet d’automatiser efficacement le processus d’inspection afin de le rendre plus efficace et de mieux suivre les alertes.

Insérer des NPB pour améliorer la disponibilité des dispositifs de sécurité en utilisant la technologie n+1 ou haute disponibilité.

La cinquième façon de renforcer une architecture de sécurité est d’améliorer la disponibilité des dispositifs en insérant un NPB qui favorise la survie à long terme. Un bon NPB aura deux options.
La première, que l’on nomme n+1, est déployée dans une configuration de partage de charge. C’est la situation où l’on a un dispositif de sécurité complémentaire en cas de défaillance d’un des principaux (IPS, WAF, etc.). Cependant, au lieu d’être en veille et prêt à se déclencher si besoin, l’appareil fonctionne en même temps que les autres et partage la charge normalement. Si un appareil tombe en panne, la charge totale peut alors être traitée par les autres appareils. Une fois que l’outil défectueux est de nouveau en ligne, les outils restants retournent à une configuration de partage de charge.

Bien que cela puisse se faire sans le NBP, il s’agit souvent d’un processus compliqué avec des équilibreurs de charge et d’autres efforts. Un NPB est programmé pour gérer l’équilibrage de charge ainsi que les messages sur la bonne marche d’un outil (quand il a échoué et quand il est disponible), de manière à s’assurer un une architecture « d’auto-guérison » rentable. Une option plus robuste, mais aussi plus coûteuse, consiste à mettre en œuvre une haute disponibilité. C’est une option n+n dans laquelle il y a un ensemble d’équipements complètement redondants. Malgré le coût, ce pourrait être la meilleure option, selon les besoins de l’entreprise.

L’utilisation de ces cinq cas d’utilisation peut considérablement améliorer une architecture de sécurité en ligne, y compris la fiabilité de la solution, ainsi que la capacité à détecter et prévenir/limiter les menaces de sécurité. (Par Keith Bromley, Senior Solutions Marketing Manager chez Ixia)