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Plus fort qu’un ransomware, le cryptominage devient le summum du lucratif

À la différence d’un rançongiciel, ou ransomware, qui exige la participation des victimes, le cryptominage pirate, ou cryptojacking,est très difficile à détecter et s’exécute sur les systèmes informatiques quasiment à l’insu de leurs utilisateurs.

La cybercriminalité est une activité extrêmement lucrative : cette économie florissante génèrerait chaque année, si l’on en croit de récentes estimations, 1 500 milliards de dollars de recettes. Un montant astronomique dont les cybercriminels font leurs choux gras, d’autant plus que le retour sur investissement maximal est obtenu au prix d’un minimum d’efforts et que les risques de sanctions encourues sont quasi-nuls.

Dans ce contexte, il n’est guère surprenant que le cryptojacking, c’est-à-dire l’emploi non autorisé des ressources informatiques d’un tiers pour fabriquer (ou miner) de la cryptomonnaie, ait ravi au ransomwarela première place au classement des outils favoris des cybercriminels Le ransomware a en également souffert de la volatilité du BitCoin avec son modèle économique basé sur des attaques rapides et répétées ciblant des paiements modiques

Alliés à la recherche continue de nouvelles techniques d’attaques toujours plus rentables, ce contexte a hissé le cryptojackingen tête des enjeux de sécurité informatique en 2018, que ce soit pour les entreprises ou les particuliers. Examinons en détail les facteurs à l’origine de ce basculement.

Rentabilité accrue

Unis dans le minage… Sachant que la capitalisation boursière des cryptomonnaies avoisine les 500 milliards de dollars, le cryptojackings’avère extrêmement intéressant pour les cybercriminels : il ne nécessite pas de compétences techniques poussées et, contrairement aux rançongiciels, offre une rentabilité potentielle de 100 %. Une fois compromise, la machine infectée peut aussitôt s’atteler au minage de cryptomonnaie en mode furtif, indépendamment de sa puissance de traitement ou de sa localisation géographique : même les systèmes d’entrée de gamme servent cette cause puisque c’est l’envergure du réseau de machines compromises et, par conséquent, la puissance de calcul totale qui importent vraiment. De plus, si les assaillants réfrènent leurs ardeurs et adaptent leur programme de minage de manière à ne pas ponctionner l’intégralité des ressources processeur (jusqu’à mettre hors service votre appareil sous Android), l’attaque peut se poursuivre par des moyens détournés et passer inaperçue durant un long moment.

Surface d’attaque omniprésente

Une plate-forme de minage unique… L’omniprésence de la surface d’attaque représente un autre aspect important. Qui que vous soyez, où que vous vous trouviez, le minage est à votre portée… Peu importe que le « mineur », ce composant malveillant, soit injecté dans un appareil mobile, un ordinateur personnel, un serveur, une instance dans le cloud, voire un objet connecté (appareil photo, réfrigérateur ou ventilateur). Quel que soit le système d’exploitation, les assaillants peuvent tirer parti de ses cycles processeur à des fins illégitimes. Même des objets connectés dotés d’une puissance de traitement limitée peuvent faire l’affaire : le botnet Mirai nous a appris ce dont sont capables des réseaux IoT œuvrant de concertpar milliers, simultanément. Et ce n’est pas une coïncidence si une variante a été testéepour le minage de cryptomonnaie ; ce même botnet a d’ailleurs donné naissance à Satori, un fork infectant les plates-formes de minage pour mieux dérober les identifiants à leurs propriétaires. De fait, le piratage de multiples objets connectés s’avère lucratif : d’après de récentes estimationsl’infection de 15 000 accessoires connectés à Internet permet de fabriquer l’équivalent de 1 000 dollars en cryptomonnaie en quatre jours seulement. Pas mal du tout, sachant que d’ici à 2020, il faudra composer avec plus de 20 milliardsd’objets connectés.

Mécanismes d’infections multiples

Tous les chemins mènent à la mine… La rentabilité élevée et l’omniprésence de la surface d’attaque ne sont pas les seuls facilitateurs du cryptojacking. Étant donné que des « mineurs » malveillants peuvent être injectés dans la quasi-totalité des appareils, de multiples vecteurs d’infections peuvent être utilisés : les attaques par force brute, les vulnérabilités non corrigées ou les sites web compromis (cryptominage furtif) font partie des techniques employées jusqu’à présent. Jetez un œil à lachronologiedes cyberattaques relevées mensuellement, et vous serez surpris par la créativité dont font preuve les assaillants toujours soucieux de trouver de nouveaux moyens de perpétrer des attaques de type cryptojacking.

La compromission des serveurs s’exerce de diverses manières pour l’injection de « mineurs » : depuis les attaques « classiques » par force brute utilisant des authentifiants par défaut (exemple d’une campagne récente ciblant plusieurs milliers de sites Magento) jusqu’à l’exploitation de vulnérabilités non corrigées sur Oracle WebLogic (CVE 2017-10271), Apache Struts (CVE-2017-5638), DotNetNuke (CVE-2017-9822), OrientDB (CVE-2017-11467), Jenkins CI (CVE-2017-1000353), les serveurs JBoss (CVE-2017-12149) et Apache Solr (CVE-2017-12629), entre autres exemples.

Les vulnérabilités non corrigées servent également à la compromission de clients, créant de nouvelles machines esclaves pour les botnets cryptomineurs. Le botnet Smomirnu et le maliciel Wannamine sont deux exemples de menaces exploitant la triste célèbre vulnérabilité EternalBlue (CVE-2017-144) pour se propager. Même des logiciels malveillants existants peuvent être réécritspour miner de la cryptomonnaie, ou pour ajouter cette « fonctionnalité » à d’autres.

En réalité, les postes clients sont encore plus exposés puisqu’ils peuvent miner des cryptodevises rien qu’en consultant une page web hébergeant un mineur JavaScript ; c’est le cas de Coinhive, qui mine une cryptomonnaie baptisée Monero (XMR). La principale raison est que, hormis la préservation de l’anonymat assurée par cette blockchain, l’algorithme servant au calcul des hashcodes, baptisé Cryptonight, a été conçu pour une exécution optimale avec des processeurs grand public(quelle coïncidence !). Une occasion bien trop favorable pour ne pas être saisie par des criminels constamment aux aguets, en quête de vulnérabilités leur permettant d’injecter Coinhive : Los Angeles Timeset Blackberry Mobilesont deux exemples de sites web de renom ayant été compromis à cette fin en 2018. Sans parler des discrètes options d’opt-in proposées par Coinhive qui n’ont jamais été respectées dans ces cas de figure.

Pour autant, il ne s’agit là que de la partie émergée de l’iceberg, l’ampleur, l’omniprésence et la constance des campagnes de cryptominage pirate ne faisant que se renforcer au fil de vos pérégrinations sur Internet. Le mode opératoire aujourd’hui adopté par les cybercriminels est du même ordre que la publicité malveillante (minevertising), se caractérisant par l’injection de code Coinhive dans des publicités diffusées par des plates-formes telles qu’AOL ou Google DoubleClick (deux exemples se sont produits en 2018). Que l’utilisateur quitte la page compromise ou ferme son navigateur (ou, du moins, pense le fermer) n’a même aucune importance puisque le code malveillant peut être dissimulé dans une minuscule fenêtre non sollicitée s’affichant à l’arrière-plan (« pop-under »), derrière la barre des tâches Windows, le rendant omniprésent et invisible à l’utilisateur. Dans certains cas, des extensions malveillantes de navigateur ont également injecté(es)Coinhive directement dans ce dernier.

Rôle du cloud

Le soleil finit toujours par percer les nuages… Sur la listedes cinq attaques les plus dangereuses présentée par le SANS Institute lors de la dernière RSA Conference figurent à la fois les fuites de données stockées dans le cloud et la monétisation des systèmes compromis via des cryptomineurs. Les fuites dans le cloud sont souvent la conséquence de configurations inadéquates (autorisations inappropriées ou absence de protection adéquate par mot de passe). Outre le vol de données, ces mêmes erreurs de configurations peuvent être mises à profit par des escrocs pour faire monter en régime leurs propres instances et miner ainsi de la cryptomonnaie aux dépens de la victime, en ayant la quasi-certitude que cette dernière ne détecte rien. Du moins jusqu’à ce qu’elle reçoive sa facture d’électricité. La redoutable association des deux techniques d’attaques répertoriées par le SANS Institute a d’ores et déjà fait certaines victimes de renom, comme Tesla, dont le cloud public a servi au minage de cryptomonnaie.
Il faut également composer avec d’autres risques. Les mineurs peuvent faire appel à des services cloud connus pour s’infiltrer plus rapidement au sein des entreprises (l’équipe Netskope Threat Research Labs a mis au jour un mineur Coinhive résidant sur une instance Microsoft Office 365 OneDrive for Business), ou se soustraire à la détection (commeZminerqui télécharge des charges utiles depuis le service de stockage cloud Amazon S3).

Recommandations d’ordre général

Quelques mesures peuvent être prises pour contrer la menace grandissante du cryptojacking.

1. Régir l’usage du web au moyen d’une plate-forme de protection contre les menaces effective à plusieurs niveauxcomme Netskope for Web, capable d’unifier la sécurité SaaS, IaaS et web de manière centralisée.

2. Détecter les cryptomineurs dans le cloud et y remédier, au moyen d’une solution CASBsensible aux menaces telle que Netskope : veiller au respect de règles régissant l’utilisation de services non autorisés, ainsi que d’instances non autorisées de services cloud autorisés afin de bloquer les attaques hybrides sur plusieurs niveaux dès lors que la charge utile est téléchargée d’un service cloud.

3. Exemples de règles à faire appliquer :
• Analyser tous les transferts opérés vers des applications cloud autorisées à partir d’équipements non administrés afin d’y rechercher d’éventuels logiciels malveillants.
• Analyser tous les transferts opérés vers des applications cloud autorisées à partir d’équipements distants afin d’y rechercher d’éventuels logiciels malveillants. Analyser tous les téléchargements effectués à partir d’applications cloud non autorisées dans cette même optique.
• Analyser tous les téléchargements effectués à partir d’instances non autorisées d’applications cloud autorisées afin d’y rechercher d’éventuels logiciels malveillants. Appliquer des actions de mise en quarantaine/blocage sur la détection de logiciels malveillants afin de réduire l’impact côté utilisateurs.
• Bloquer les instances non autorisées d’applications cloud autorisées/connues afin d’empêcher les assaillants d’abuser de la confiance des utilisateurs dans le cloud. Si cette mesure peut sembler restrictive, elle limite considérablement les tentatives d’infiltration de malwares via le cloud.

4. Déployer une solution CASB capable de réaliser une évaluation de sécurité continueet d’effectuer un suivi de votre configuration IaaS/PaaS. Autrement dit de prendre en compte les configurations d’infrastructure inadéquates et les vulnérabilités susceptibles d’entraîner des compromissions et l’installation ultérieure de cryptomineurs, ou d’instances malveillantes destinées au minage de cryptomonnaie.

5. Bien évidemment, faire en sorte de mettre en place un processus de gestion efficace des correctifs pour les clients et les serveurs. Vérifier que l’antivirus d’entreprise est à jour, et que les dernières versions et les derniers correctifs sont installés.

6. Favoriser l’utilisation responsable des ressources de l’entreprise :
• Rappeler aux utilisateurs de ne pas exécuter de macros non signées, ni des macros provenant d’une source non fiable, à moins qu’ils ne soient absolument certains de leur caractère inoffensif
• Rappeler aux utilisateurs de ne pas exécuter de fichier, à moins qu’ils ne soient absolument certains de leur caractère inoffensif
• Mettre en garde les utilisateurs contre l’ouverture de pièces jointes, quels que soient les extensions ou noms de fichiers

7. Les bloqueurs de publicités ou extensions de navigateur comme NoScriptpeuvent contribuer à mettre obstacle au cryptominage pirate. Certaines extensions de navigateur publiées récemment peuvent bloquer des mineurs JavaScript comme CoinHive ; prenez soin, néanmoins, de n’installer des extensions dignes de confiance, celles qui se révèlent douteuses étant également couramment employées pour injecter des cryptomineurs à l’intérieur du navigateur directement.

8. Les administrateurs peuvent créer des règles de pare-feu pour bloquer les pools de bitcoins dont il est question dans l’article Wikipedia. (Paolo Passeri, Global Solutions Architech chez Netskope)

Comment allier sécurité et productivité avec l’authentification unique

Trouver l’équilibre parfait entre sécurité et productivité est une tâche très délicate lorsque l’on travaille dans l’informatique.

Ce principe est très bien illustré dans le besoin pour les utilisateurs Active Directory (AD) d’accéder à plusieurs systèmes grâce à l’utilisation de plates-formes d’authentification unique (SSO).

Du point de vue de l’utilisateur final, l’authentification unique est une excellente idée. Vous vous connectez à une plate-forme, ce qui vous donne accès à plusieurs applications, programmes et sites, sans avoir besoin de vous connecter individuellement à chacun d’entre eux. C’est pratique, rapide et sans tracas. Mais cela peut également s’avérer être un gros risque pour la sécurité comme l’explique la société IS Decisions.

Dixons Carphone : Plusieurs millions de données compromises

Dixons Carphone : Une importante entreprise du Royaume-Uni face à une violation de données personnelles. Des infos financières de millions de clients compromises.

La société ciblée Dixons Carphone a reconnu la violation et a déclaré que les pirates avaient eu accès à 1,2 million de données personnelles et 5,9 millions de cartes de paiement à partir des systèmes de traitement de ses magasins Currys PC World et Dixons Travel. Dans un communiqué de presse [voir ci-dessus, NDR], le PDG de Dixons Carphone, Alex Baldock, a déclaré : « Nous sommes extrêmement déçus de tout ce bouleversement que cela pourrait vous causer. La protection des données doit être au cœur de nos activités« .

La société a également révélé que sur 5,9 millions de cartes de paiement, 5,8 millions de cartes sont protégées par des combinaisons de puce et de numéro d’identification, mais que 105 000 cartes basées en dehors de l’Union européenne ne sont pas protégées.

De plus, les 1,2 million d’enregistrements compromis contenaient des données personnelles de clients, notamment des noms, des adresses électroniques et des adresses. Cependant, l’entreprise affirme n’avoir aucune preuve que cette information a quitté ses systèmes ou a entraîné une fraude à ce stade.

Dixons Carphone est une importante société de distribution et de services de télécommunication et d’électricité avec des magasins dans toute l’Europe, notamment au Royaume-Uni, en Irlande, au Danemark, en Suède, en Norvège, en Finlande, en Grèce et en Espagne.

On ne sait pas comment la violation de données a eu lieu et qui est derrière elle depuis que les enquêtes sont en cours. Cependant, ce n’est pas la première fois que Dixons Carphone subit une violation de données aussi massive. En 2015, des pirates avait pu accéder aux données personnelles et bancaires de millions de clients de Carphone Warehouse lors d’une cyberattaque.

La Russie demande à Apple de supprimer Telegram dans l’App Store

La guerre entre l’application Telegram et le gouvernement Russie touche Apple. Apple sommé de retirer l’outil de communication chiffrée de son Apple Store.

L’application de messagerie sécurisée Telegram a été interdite en Russie en avril 2018, mais jusqu’à présent, elle est toujours disponible dans sa version russe sur l’App Store d’Apple. Le gouvernement Poutine vient de demander à APPLE de retirer de sa boutique Telegram.

Effacer la possibilité de le télécharger, mais aussi l’empêcher d’envoyer des notifications push aux utilisateurs locaux. Les autorités indiquent à Apple lui laisser un mois pour se conformer avant d’imposer une sanction plus radicale. Pour rappel, Telegram refuse de fournir aux autorités Russes les clés de déchiffrement. Une/des « master key » qui pourrai(en)t permettre au FSB, les services de renseignement Russes, de surveiller les messages diffusés via Telegram. Dans sa mission de blocage des actions terroristes, via Telegram et autres outils d’anonymisation, la Russie a bloqué 50 services VPN afin de restreindre davantage l’accès à Telegram.

Mais malgré ces efforts, la majorité des utilisateurs en Russie accèdent toujours à l’application, indique Roskomnadzor. Seulement 15 à 30% des opérations de Telegram perturbées jusqu’à présent. Bilan, la Russie se tourne vers Apple pour obtenir de l’aide. Roskomnadzor, piraté il y a quelques jours, annonce que Google est en pourparlers pour interdire l’application sTelegram sur Google Play. Alors qu’Apple a exprimé son soutien pour le chiffrement et la sécurisation des données, la société américaine a également fait des concessions aux demandes locales. En Chine, par exemple, Apple a retiré les applications VPN de son magasin.

En attendant, cela veut-il dire que Telegram possède des clés de déchiffrement permettant de lire les messages transitant par ses services ?

Son système de stockage iCloud a été déplacé vers Guizhou-Cloud Big Data Industry Development Co., Ltd. (GCBD), une entreprise locale liée au gouvernement.

14 failles de sécurité pour des modèles BMW

Des chercheurs en cybersécurité découvrent 14 failles de sécurité dans des modèles de la marque automobile BMW. Ces vulnérabilités permettraient d’intervenir à distance sur le fonctionnement interne d’une voiture ciblée.

Depuis plusieurs années déjà, de nombreux chercheurs ont mis en garde les constructeurs automobiles contre leurs systèmes électroniques qui sont souvent conçus sans qu’une profonde attention ne soit portée à la sécurité. On se rappelle notamment de Charlie Miller et Chris Valasek qui avaient montré en 2015 comment ils parvenaient à prendre le contrôle d’une Jeep alors que le véhicule roulait sur l’autoroute.

L’intérêt de telles démonstrations basé sur un scénario catastrophe a permis aux grand public mais surtout aux constructeurs, de prendre conscience du risque qui n’est plus du tout hypothétique. Dans le cas présent, BMW a travaillé conjointement avec ce groupe de chercheurs chinois et a reconnu leur effort pour, au final, améliorer la sécurité de ses voitures. « Il ne reste plus qu’à espérer que cette démonstration incite d’autres marques à faire de même. » confirme Jérôme Ségura, de chez Malwarebytes.

Les chercheurs ne sont pas à leur coup d’essai. Ils avaient déjà trouvé plusieurs vulnérabilités dans divers modules embarqués utilisés par Tesla. La société Allemande a confirmé les problèmes et leurs corrections en cours.

Psychology of Passwords : les comportements liés aux mots de passe restent inchangés

Psychology of Passwords – 62% des internautes réutilisent le même mot de passe sur leur comptes personnels et professionnels ! Vous avez dit suicidaire ?

Psychology of Passwords – La gestion des mots de passe, voilà bien un casse tête omnis présent chez les utilisateurs. LastPass présente les résultats d’une nouvelle enquête mondiale baptisée « La psychologie des mots de passe : la négligence aide les pirates à prospérer ». Cette étude révèle que malgré des menaces croissantes et une sensibilisation accrue vis-à-vis des cas de piratage et de fuites de données, les comportements en matière de mots de passe restent largement inchangés. Les résultats de l’enquête montrent que bien que 91% des individus soient conscients du risque de sécurité lié au fait d’utiliser le même mot de passe pour plusieurs comptes, 59% d’entre eux continuent de le faire. Les comportements en matière de création, de changement et de gestion de mots de passe professionnels comme personnels n’évoluent donc pas aussi vite que les menaces de cybersécurité.

Menée auprès de 2 000 individus aux États-Unis, en Australie, en France, en Allemagne et au Royaume-Uni, cette enquête mondiale prouve qu’une connaissance accrue des meilleures pratiques de sécurité ne se traduit pas nécessairement par une meilleure gestion des mots de passe. Les résultats mettent également en évidence l’influence des différences régionales, générationnelles et de personnalité sur les comportements vis-à-vis des mots de passe.

Voilà les principaux enseignements du rapport Psychology of Passwords.

• Psychology of Passwords – Des comportements inchangés malgré une montée en flèche des cybermenaces

Les comportements à risques constatés restent largement identiques à ceux enregistrés il y a 2 ans dans le cadre de la même étude : 53% des personnes interrogées affirment ne pas avoir changé leurs mots de passe durant les 12 derniers mois malgré l’annonce dans les médias de cas de piratages. En outre, bien que 91% des individus soient conscients du risque de sécurité lié au fait d’utiliser le même mot de passe pour plusieurs comptes, 59% d’entre eux le font encore systématiquement ou la plupart du temps.

• Psychology of Passwords – La peur de l’oubli : le principal motif de réutilisation des mots de passe

La plupart des répondants (59%) utilisent le même mot de passe sur plusieurs comptes. En outre, beaucoup continuent de s’en servir autant que possible (soit jusqu’à ce que leur service informatique exige le changement ou à cause d’un incident de sécurité). La peur de l’oubli est citée comme la principale raison de la réutilisation de mots de passe (61%), suivie par la volonté de connaître et de pouvoir contrôler tous ses mots de passe (50%).

• Psychology of Passwords – Avertissement aux équipes informatiques : les comportements vis-à-vis des mots de passe sont les mêmes au bureau et à la maison

La majorité des répondants (79%) auraient entre 1 et 20 comptes en ligne utilisés à des fins professionnelles et personnelles. Près de la moitié d’entre eux (47%) affirment réemployer des mots de passe identiques. Seuls 19% créent des combinaisons plus sécurisées pour leurs comptes professionnels. Enfin 38% ne réutilisent jamais des mots de passe professionnels à des fins personnels ou vice versa – ce qui signifie que 62% des répondants le font.

• Psychology of Passwords – Les personnalités de type A prennent les mots de passe avec sérieux

Le mauvais comportement des personnalités de type A découle de leur besoin d’avoir le contrôle, alors que les personnalités de type B ont une attitude plus décontractée à l’égard de la sécurité des mots de passe. Les répondants s’identifiant comme étant de Type A sont plus enclins que les personnalités de Type B à maîtriser la sécurité de leurs mots de passe : 77% d’entre eux réfléchissent sérieusement lors de la création de mots de passe, contre 67% des individus de Type B. En outre, 76 % des utilisateurs de Type A s’estiment informés des meilleures pratiques en la matière, contre 68% des utilisateurs de Type B.

• Psychology of Passwords – La prise de conscience de l’importance de la sécurité ne se concrétise pas forcément

Les données révèlent plusieurs contradictions, les répondants affirmant une chose, puis en faisant une autre : ainsi, 72% des personnes interrogées estiment connaître les meilleures pratiques en matière de mots de passe, mais 64% d’entre eux affirment que le plus important est de pouvoir s’en souvenir facilement. Parallèlement, bien que 91% des individus soient conscients du risque de sécurité lié au fait d’utiliser le même ou des mots de passe similaires pour plusieurs comptes, 59% d’entre eux le font encore systématiquement ou la plupart du temps.

« Les cybermenaces auxquelles les consommateurs et les entreprises doivent faire face sont de plus en plus ciblées et efficaces. Pourtant, il reste un net fossé entre ce que pensent les utilisateurs et leur volonté de passer à l’action », déclare Sandor Palfy, directeur technique chargé des solutions de gestion des identités et des accès chez LogMeIn. « Bien qu’ils semblent connaître les meilleures pratiques en la matière, les comportements des individus vis-à-vis de leurs mots de passe sont souvent de nature à exposer leurs informations aux cybercriminels. Quelques mesures simples suffisent pour améliorer ces pratiques et renforcer la sûreté des comptes en ligne, qu’ils soient personnels ou professionnels. »

RGPD cas d’école : hôpital

Un logiciel malveillant a récemment touché plusieurs sites Web de l’hôpital de Floride. Certaines informations patients concernées.

« L’ampleur de cette exposition a été limitée et il a été confirmé qu’aucun dossier financier n’a été affecté » indique le communiqué de presse de l’hôpital de Floride. Une alerte lancée par l’hôpital de Floride à la suite du piratage de plusieurs de ses sites web : FloridaBariatric.com, FHOrthoInstitute.com et FHExecutiveHealth.com. Les espaces web ont été mis hors ligne le temps de la correction (et de l’enquête). Les informations des patients exposées sur FloridaBariatric.com comprennent les noms, les adresses mails, les numéros de téléphone, les dates de naissance, la taille, le poids, les compagnies d’assurance et les quatre derniers chiffres des numéros de sécurité sociale. Pour les deux autres sites, les informations compromises se limitent au nom, à l’adresse courriel, au numéro de téléphone et à à l’ensemble des commentaires fournis par l’individu. Bref, un ransomware activé après un clic malheureux sur un fichier joint !

RGPD cas d’école santé

RGPD cas d’école – Une infirmière consulte des données de santé sans autorisation. L’hôpital obligé d’alerter plusieurs centaines de patients.

RGPD cas d’école – L’Office régional de la santé de Winnipeg (canada) indique son obligation d’alerter des centaines de patients après qu’une infirmière ait accédé de façon inappropriée à des renseignements médicaux personnels. L’autorité indique dans un communiqué de presse que l’infirmière, qui avait accès au système d’information du service des urgences, a fouillé de façon inappropriée alors qu’elle travaillait à l’extérieur de service d’urgence de l’hôpital de Grace.

Un cas que pourraient vivre des centaines d’hôpitaux Français à partir du 25 mai 2018. « L’accès à notre système d’information sur les urgences est vital pour les infirmières et les employés du service des urgences afin qu’ils puissent avoir accès à des renseignements sur la prestation des soins à n’importe quel moment de leur quart de travail, déclare l’ORSW. La seule fois où l’information peut être utilisée à l’extérieur du service des urgences, cependant, est pour les transferts de patients – ce qui n’a pas eu lieu dans ce cas. » 1 756 patients sont concernés par cette consultation non autorisée. Le 25 mai 2018 en France, il faudra alerter la CNIL, les patients.

Sécurité : Ça tousse du côté de la eSanté

eSanté : Les équipes de sécurité informatique doivent jouer un rôle primordial dans les hôpitaux.

eSanté – L’éditeur de solutions de sécurité informatique Trend Micro revient sur la problématique de la sécurité informatique dans le milieu de la santé. La dernière étude conjointe avec HITRUST, Securing Connected Hospitals, met en évidence deux aspects cruciaux de l’écosystème des soins de santé que les équipes informatiques doivent prendre en compte dans le cadre de leurs dispositifs de sécurité et de leurs partenaires tiers.

Nous pouvons penser que les hôpitaux seraient extrêmement sensibles à l’exposition des appareils sur Internet en raison des amendes imposées par la Loi sur la transférabilité et la responsabilité de l’assurance maladie (HIPAA) et des règlements similaires pour les violations de l’exposition aux données. Mais lorsque Trend Micro a cherché des points sensibles liés aux soins de santé à l’aide de l’outil Shodan, ils ont été surpris de trouver un grand nombre de systèmes hospitaliers exposés.

Il a été découvert des systèmes médicaux exposés – y compris ceux qui stockent des images médicales, des interfaces de logiciels de soins de santé et même des réseaux hospitaliers mal configurés – qui ne devraient pas être consultables publiquement. Bien qu’un dispositif ou un système exposé ne signifie pas nécessairement qu’il soit vulnérable, les dispositifs et systèmes exposés peuvent potentiellement être utilisés par des cybercriminels et d’autres acteurs pour pénétrer dans des organisations, voler des données, exécuter des botnets, installer des rançongiciels, etc.

En outre, il montre qu’une quantité massive d’informations sensibles est accessible au public alors qu’elles ne devraient pas l’être.

Données personnelles : le RGPD et les collectivité territoriales

Données personnelles : la commission des lois du Sénat reste ferme sur la défense des libertés publiques et des collectivités territoriales et s’inquiète pour l’équilibre de nos institution.

Après l’échec de la commission mixte paritaire et une nouvelle lecture à l’Assemblée nationale, la commission des lois du Sénat s’est réunie pour examiner à son tour, en nouvelle lecture, le projet de loi relatif à la protection des données personnelles qui doit mettre la loi Informatique et libertés en conformité avec un règlement et une directive de l’Union européenne.

Lors de cette discussion, tous les intervenants ont déploré l’attitude du groupe majoritaire de l’Assemblée nationale qui, malgré les efforts des présidents et des rapporteurs des commissions des lois des deux chambres, a refusé tout compromis avec le Sénat. Ils y ont vu un signe préoccupant dans la perspective de la révision constitutionnelle annoncée.

Le président Philippe BAS (Les Républicains – Manche) a exprimé sa surprise qu’aucun terrain d’entente n’ait pu être trouvé entre les deux assemblées sur un texte urgent d’adaptation du droit interne au droit européen, dont les principales orientations sont consensuelles et pour lequel le législateur national ne dispose que d’une marge de manœuvre limitée. « Alors que l’avant-projet de loi constitutionnelle soumis par le Gouvernement au Conseil d’État comporte des dispositions qui affaiblissent le Parlement et portent atteinte à la séparation des pouvoirs, la méconnaissance par la majorité présidentielle du fonctionnement normal du bicamérisme a de quoi inquiéter. »

Sur le fond, le rapporteur Sophie JOISSAINS (Union Centriste – Bouches-du-Rhône) a rappelé que le Sénat, fidèle à son rôle traditionnel de chambre des libertés, s’était attaché en première lecture à rééquilibrer le projet de loi afin de renforcer les garanties pour les droits et libertés des citoyens. Le Sénat a notamment prévu de rétablir l’autorisation préalable des traitements de données pénales et de ne pas étendre inconsidérément leur usage, d’encourager le recours au chiffrement des données personnelles, de maintenir le droit à la portabilité des données non personnelles, de s’assurer que les utilisateurs de terminaux électroniques aient le choix d’y installer des applications respectueuses de la vie privée, et d’encadrer plus strictement l’usage des algorithmes par l’administration pour prendre des décisions individuelles, tout en renforçant les garanties de transparence en la matière, par exemple pour les inscriptions à l’université (« Parcoursup »).

« Comment admettre que les lycéens qui seront sélectionnés par les universités sur la base d’un algorithme ne puissent en connaître les paramètres ? N’y a-t-il pas là une contradiction flagrante avec les promesses de transparence réitérées par le Président de la République lors de son discours du 28 mars au Collège de France ? » s’est interrogée Sophie JOISSAINS.

Le rapporteur a également rappelé que le Sénat avait souhaité prendre en compte les difficultés spécifiques rencontrées par les collectivités territoriales, en prévoyant des mesures adaptées. «  Une collectivité n’est pas une start-up ! » a insisté Sophie JOISSAINS. « Les collectivités territoriales sont soumises à des sujétions tout à fait particulières, qui sont le corollaire de leurs missions de service public et de leurs prérogatives de puissance publique. Si elles mettent en œuvre des traitements de données personnelles, ce n’est pas pour en tirer profit, mais parce qu’elles y sont obligées par la loi ou pour rendre un meilleur service à nos concitoyens ! »

La commission des lois, tout en acceptant en signe de bonne volonté certaines modifications apportées au projet de loi par l’Assemblée nationale, a estimé nécessaire de rester ferme sur les principes défendus en première lecture. Elle a donc rétabli les principales dispositions alors adoptées par le Sénat.

Le projet de loi doit être examiné par le Sénat en séance publique les jeudi 19 et vendredi 20 avril 2018.