Archives de catégorie : Chiffrement

Comment préserver les données confidentielles de sa messagerie ?

Google a récemment révélé à trois journalistes de Wikileaks que l’entreprise avait du fournir au FBI le contenu de leurs messageries suite à un mandat de perquisition resté secret. Une opération plutôt indélicate qui aurait pu être en partie contrée.

Lorsque l’on aborde la sécurité des données, on parle souvent de protection contre les cybercriminels ou contre les employés peu scrupuleux, prêts à partager les informations confidentielles de l’entreprise. On oublie souvent l’aspect juridique. Il arrive en effet que dans le cadre d’une enquête ou d’une procédure judiciaire, la justice donne accès à tout ou partie des données d’une entreprise ou d’une personne.

C’est la mésaventure qui est récemment arrivée à trois journalistes de Wikileaks qui ont été informés par Google, que ce dernier avait été contraint de fournir le contenu de leurs messageries et potentiellement d’autres informations sur eux au FBI. Cette démarche qui reste relativement exceptionnelle faisait suite à un mandat de perquisition secret.

Sans les révélations de Google, peu de chance que les journalistes eussent été informés. Cela pose néanmoins un problème de confiance. Comment se fait-il que Google ai attendu deux ans avant d’informer les journalistes de cette requête et qu’a-t-il fait de concret pour protéger les données de ses utilisateurs ? Certains rétorqueront qu’il ne fallait pas faire confiance à Google et à sa messagerie gratuite – « si c’est gratuit vous êtes le produit ». Néanmoins, entre une utilisation marketing de certaines informations stipulées dans les conditions d’utilisation et les révélations de ces informations dans le plus grand secret, il y a quand même une différence.

Comment protéger ses données sur le web ?
Aujourd’hui les données d’une entreprise ou des personnes sont stockées en plusieurs endroits : serveurs, disques externes, services Cloud et les différents terminaux (PC, tablettes, téléphones). Difficile d’assurer la sécurité de tous les terminaux à tout moment et d’être totalement sûr de la fiabilité de la protection assurée par les services tiers susceptibles d’être utilisés. Reste alors la solution de protéger la donnée elle-même.

Le chiffrement, une solution idéale !
Comme le définit Wikipedia « Le chiffrement est un procédé de cryptographie grâce auquel on souhaite rendre la compréhension d’un document impossible à toute personne qui n’a pas la clé de (dé)chiffrement. ». Le chiffrement présente donc un réel intérêt pour les entreprises ou les particuliers qui souhaitent protéger leurs données et les rendre illisibles, même (et surtout) en cas de vol. Il faudrait en effet déployer des efforts considérables et utiliser un matériel tel qu’un supercalculateur, pour avoir une chance de déchiffrer des données chiffrées obtenues de manière frauduleuse.

Une fois chiffrées, les données, où qu’elles se trouvent, ne peuvent effectivement être lues que par les personnes ayant connaissance du mot de passe. Qu’elles soient dans le périmètre de l’entreprise, dans le cloud, sur une clé USB ou qu’elles soient échangées par mail ou tout autre moyen, les données chiffrées resteront constamment protégées. Seul le détenteur de la clé de chiffrement pourra accéder au contenu des fichiers garantissant ainsi leur totale sécurité.

Et en cas de requête judiciaire ?
Pour en revenir au sujet des journalistes de Wikileaks, le chiffrement n’aurait pas empêché la justice d’obliger Google de livrer des données privées au FBI. Toutefois, sans la clé il est quasiment certain que le FBI aurait été incapable de lire ces dernières. De plus, si la justice peut vous contraindre à fournir votre clé, au moins vous êtes informé de la démarche et en mesure de pouvoir intervenir et de faire appel à un avocat.

Sur quels critères choisir sa solution de chiffrement ?
Le choix d’une solution de chiffrement doit être effectué avec soin. Mieux vaut éviter les solutions de chiffrement non validées ou gratuites dont la fiabilité n’est pas complètement garantie. Idéalement une entreprise devra porter son choix vers une solution certifiée par des organismes reconnus tel que l’ANSSI. Ensuite, il faut que cette solution garantisse à l’entreprise ou à l’utilisateur, et uniquement à ce dernier, la totale responsabilité en ce qui concerne la gestion des clés. Le chiffrement doit se faire sur votre système avec la clé conservée en interne. Si vous décidez d’opter pour le chiffrement et que vous restez maître de vos clés, alors la sécurité de vos données sera pleinement garantie. Des solutions telles que Zed! permettent à des utilisateurs de chiffrer très facilement des données confidentielles et de les échanger en toute sécurité que ce soit par mail, par téléchargement FTP ou au travers de solutions de type Cloud. Seuls les détenteurs de la clé permettant d’accéder aux données seront en mesure de lire ces dernières. Les données confidentielles sont ainsi protégées à tout moment, où qu’elles soient. Par Xavier Dreux, Responsable Marketing Prim’X.

Cyberattaques de points de vente

Comme le montrent les titres de la presse depuis quelques mois, les pirates font preuve de plus en plus de ressources quand il s’agit de traverser les pare-feu des entreprises pour attaquer directement les terminaux des points de vente et leurs serveurs back-end. Si le service informatique ne peut les empêcher d’entrer par la porte, existe-t-il une seconde ligne de défense permettant au moins de contenir les cybervoleurs une fois que ceux-ci se trouvent à l’intérieur ?

Le modus operandi des pirates reste relativement simple dans le cas des attaques liées à la vente au détail. Ils pénètrent dans le poste fixe ou le portable d’un utilisateur par phishing ou en devinant le mot de passe. L’injection SQL, un autre vecteur d’attaque éprouvé, peut également avoir été employée lors d’une certaine occasion.

Dans tous les cas, les cybervoleurs ont contourné les vérifications de périmètre et les défenses anti-intrusion pour lesquelles les entreprises ont dépensé des centaines de millions de dollars ou d’euros. La détection antivirus traditionnelle ne peut, au mieux, que rester au fait des signatures les plus récentes. De plus, les programmes malveillants comportent maintenant des routines anti-investigation qui déjouent les stratégies de blocage de base. Mais il existe une furtivité encore plus grande dans ces attaques.

L’art de la furtivité
Après avoir examiné de nombreux incidents réels, je peux vous dire que les pirates testent les vulnérabilités d’authentification de manière réflexe dès leur entrée, au moyen de Pass the Hash, de rainbow tables, etc.

Si vous voulez des statistiques plus précises, le Rapport d’enquête sur les compromissions de données de Verizon Data Breach indique qu’environ 80 % des incidents de piratage comportent une attaque de type authentification.

La stratégie des pirates consiste à moissonner autant d’informations d’identification que possible. Le logiciel de surveillance les voit comme de simples utilisateurs lors de leur passage furtif de serveur en serveur. Leur objectif ultime est d’obtenir les informations d’identification d’un utilisateur avancé disposant de permissions élevées afin de pouvoir aboutir au serveur contenant les données les plus précieuses.

À partir de là, leur outil malveillant préféré est la ligne de commande habituelle : ils copient les fichiers vers un serveur spécial à partir duquel les informations de carte de crédit seront finalement extraites.

En quoi consiste un programme malveillant exactement ?
Cette question mène à des considérations plus vastes sur la disparition des limites entre programmes malveillants et vrais logiciels. Nombre de logiciels que les pirates chargent après leur arrivée sont souvent les mêmes que ceux utilisés par les services de sécurité informatique.

Les outils présents dans la panoplie d’un pirate peuvent comprendre PWDump (extraction de chaînes de hachage), Netview (mappage des connexions réseau), Psll (listeur de processus) et CheckSQL (force brute appliquée aux comptes SQL). Tous se trouvent dans une zone d’ombre et ne sont pas entièrement inappropriés dans le dossier d’un administrateur système. Ainsi, leur existence ne prouve pas nécessairement qu’un système a été compromis.

L’essentiel à retenir : si vous comptez sur les logiciels commerciaux de détection d’intrusion pour analyser la liste de « programmes malveillants » ci-dessus, vous finirez par lever beaucoup de faux lièvres.

Faire le premier pas
Sans surprise, il existe différentes approches pour réduire les risques. Lorsque les cyber voleurs passent les premiers murs de défense, certains voient la situation comme un autre problème de périmètre : un problème interne résolu au mieux par une meilleure architecture réseau (c.-à-d. en isolant les serveurs et les terminaux PDV de tout le reste). Mais les autres (moi y compris) pensent qu’il vaut mieux concentrer les efforts de sécurité sur les défenses se trouvant vers le haut de la pile, à savoir au niveau de l’OS. Toutefois, lors de mes propres conversations avec les pros de la sécurité d’une grande société d’antivirus, j’ai découvert qu’il existe un consensus sur quelques mesures de prévention. Outre la mise en place de politiques de mot de passe strictes, l’action suivante consiste à restreindre les connexions réseau à distance à partir des machines des utilisateurs ordinaires.

Pourquoi cela ?
Il faut empêcher les intrus de repartir depuis leur point d’entrée initial. Malheureusement, dans de nombreux environnements Windows, les services de connexion à distance au PC sont souvent largement activés et les pirates peuvent confortablement s’y connecter et même lancer l’interface utilisateur depuis la ligne de commande. Ce risque peut être réduit en limitant le nombre d’utilisateurs et d’ordinateurs capable d’effectuer des connexions via RDP (Remote Desktop Protocol). Les administrateurs peuvent le faire au moyen de l’éditeur d’objets de stratégie de groupe (GPO : Group Policy Object), en naviguant vers les Composants Windows | Hôte de session Bureau à distance | Connexions. Ils pourront également configurer la stratégie Attribution des droits utilisateur. Vous pouvez en savoir plus sur cette procédure ici. (Par Norman Girard, Vice Président et directeur général Europe de Varonis)

La biométrie peut-elle vraiment remplacer les mots de passe ?

Les hackers du Chaos Computer Club ont réussir, fin décembre, à reproduire l’empreinte digitale du ministre allemand de la défense à partir de photos publiques en haute définition. Sachant qu’ils avaient précédemment montré qu’ils savent utiliser ces empreintes reconstituées sur les capteurs des téléphones portables grand public… Prenons un peu de recul et analysons ce que cela veut dire pour l’avenir de l’authentification en ligne. Par Emmanuel Schalit, CEO de Dashlane.

Il y a traditionnellement trois types de facteurs qui permettent d’authentifier un individu :
·         Ce qu’il sait (mot de passe, code pin, question secrète…)
·         Ce qu’il possède (jetons, cartes…)
·         Ce qu’il est (signature de l’iris, empreinte digitale…)

Les systèmes informatiques très sensibles des gouvernements ou des grandes entreprises utilisent souvent des processus d’authentification forte, multi facteurs, qui requièrent la mise en œuvre de deux ou trois facteurs parmi les trois types citées ci-dessus. Les sites Internet grand public quant à eux utilisent des systèmes d’authentification simples, basés sur un identifiant et un mot de passe connu uniquement de l’utilisateur. Pour des raisons pratiques, les consommateurs ne sont pas prêts à utiliser des systèmes multi facteurs sur les dizaines de sites web qu’ils utilisent régulièrement.

Quels sont les avantages et les désavantages de la biométrie pour l’authentification en ligne des consommateurs?
Le point fort de la biométrie c’est qu’elle résout à la fois le problème de l’identification (déterminer l’identité d’un individu) et de l’authentification (confirmer son droit à accéder à un contenu ou un service). Sur le papier c’est un bon outil pour prévenir l’usurpation d’identité et de nombreuses fraudes. On peut me voler ma carte de crédit ou mes mots de passe mais on ne peut pas me voler mon empreinte digitale… C’est ce qu’on pensait jusqu’à maintenant. La reconstitution d’empreinte réalisée par les hackers la semaine dernière bouleverse cette croyance.

Désormais on sait que l’authentification biométrique peut être piratée comme toute autre forme d’authentification. Et apparaît alors un gros inconvénient : à la différence des mots de passe, les données biométriques ne peuvent pas être modifiées en cas de piratage,  si on vous vole vos empreintes digitales, vous ne pouvez pas les remplacer par de nouvelles. Et si tous vos comptes sont protégés par la même information biométrique, ils risquent devenir tous vulnérables en même temps. Il y a d’autres limites à l’utilisation de données biométriques : elles ne peuvent être partagées et elles ne peuvent pas être rendues anonymes. Le partage et l’utilisation anonyme d’identifiants sont cependant de plus en plus répandus sur le web…

La biométrie est pertinente pour ajouter un facteur d’authentification supplémentaire dans le cadre de l’authentification multi facteurs mais il y a peu de chances qu’elle succède au mot de passe comme standard pour l’ensemble des sites, contrairement à ce que l’on veut nous faire croire. Utilisés correctement (un mot de passe fort et unique pour chaque site web), les mots de passe ont de réels avantages :

·         Un mot de passe peut être volé mais si vous utilisez un mot de passe unique pour chaque site, l’intégrité de vos autres accès n’est pas compromise en cas de vol. C’est différent avec les données biométriques qui sont par définition les mêmes partout
·         Un mot de passe peut être partagé, ce qui est nécessaire à la fois en famille et au travail. Les comptes Netflix à la maison ou les comptes Twitter d’entreprise sont par exemple généralement accessibles via un seul compte dont les identifiants sont partagés.
·         Le mot de passe préserve l’anonymat qui est très important pour les internautes. Que serait Twitter sans la possibilité de créer des comptes anonymes ?

Compte tenu de notre utilisation croissante d’Internet, nos cerveaux ne peuvent plus accomplir seuls toutes les tâches nécessaires pour bien gérer ses mots de passe : génération aléatoire, stockage sous forme cryptée, mémorisation, changement des mots de passe. Nous avons trop de comptes et trop d’appareils pour cela. C’est pourquoi de plus en plus d’utilisateurs d’Internet se reposent sur un gestionnaire de mot de passe pour s’assurer de respecter les règles de bases du bon usage des mots de passe.

Certains voient les mots de passe comme un système temporaire qui sera remplacé très rapidement par un système d’authentification ultra sophistiqué. Cela sera peut-être vrai un jour mais en attendant, le mot de passe reste le standard, et un standard ne se remplace pas si facilement. Pour preuve, nous utilisons toujours le clavier au format azerty, non pas parce que l’ordre de ces lettres est nécessaire aujourd’hui (c’était le cas uniquement sur les machines à écrire avec ruban), mais parce que c’est devenu un standard, et qu’aucune innovation n’a réussi à le supplanter, en termes de facilité d’usage comme en termes de déploiement. Nous ferions mieux de veiller à bien utiliser nos mots de passe plutôt que de croire à une hypothétique solution miracle !

Conservation des données et entreprises

Nouvelle loi relative à la conservation des données : Quels sont les impacts pour les entreprises et les administrations ? Les changements qu’il va falloir intégrer avec la récente entrée en vigueur de la loi du 13 novembre 2014 visant à encadrer l’apologie d’actes terroristes, notamment sur le net. (par Olfeo)

A l’heure où le gouvernement travaille sur des mesures permettant de mieux prévenir le terrorisme notamment sur Internet suite aux attentats en France, deux textes ont déjà vu le jour depuis début 2015. Ainsi le 1er janvier 2015, une nouvelle loi en matière de conservation des données a vu le jour à
travers le décret n° 2014-1576 du 4 décembre 2014 et le 10 janvier la loi du 13 novembre 2014 est entrée en vigueur afin d’encadrer l’apologie d’actes terroristes, notamment sur le net.

Quel impact l’entrée en vigueur de ce décret pour les entreprises et les administrations en matière de conservation des logs ?
A travers le décret n° 2014-1576 du 4 décembre 2014, les données auxquelles les services de renseignement et de défense peuvent avoir accès sont des données dites de connexion, telles que, notamment :

o   l’identifiant de la connexion ;
o   les dates et heure de début et de fin de la connexion ;
o   les données relatives aux destinataires de l’utilisation

Les services relevant de la sécurité intérieure, de la défense, de l’économie et du budget, chargées notamment de rechercher des informations intéressant la sécurité nationale, la criminalité et la délinquance organisée ou la prévention du terrorisme, sont habilités à demander l’accès à ces données de connexion. Ces « personnalités qualifiées » peuvent solliciter une demande d’accès aux données de connexion, en temps différé comme en temps réel, au groupement interministériel de contrôle.

Le groupement interministériel de contrôle transmet ensuite aux opérateurs de communication électroniques, aux fournisseurs d’accès à internet, aux hébergeurs et par extension aux entreprises et administrations (loi n° 2006-64 du 23 janvier 2006, relative à la lutte contre le terrorisme – alinéa 2 de l’article L. 34-1) la demande d’accès aux données ;

Les données transmises par ces derniers sont ensuite conservées, pour une durée maximale de trois ans, par le Premier ministre et sont automatiquement effacées passé ce délai. Par conséquent, ce décret modifie la durée de conservation des données collectées par le groupement interministériel de contrôle, qui passe d’un an à trois ans, et sont conservées par le Premier ministre seul.

Toutefois il ne modifie pas l’obligation de conservation, durant un an, par les opérateurs de communications électroniques, les fournisseurs d’accès à internet et les hébergeurs, entreprises et administrations des données de connexion. Depuis le 10 janvier 2015, l’utilisation d’Internet pour faire l’apologie d’actes terroristes est devenue circonstance aggravante à travers l’article 421-2-5 du code pénal.

Cet article dispose que « le fait de provoquer directement à des actes de terrorisme ou de faire publiquement l’apologie de ces actes est puni de cinq ans d’emprisonnement et de 75.000 € d’amende », et précise que « les peines sont portées à sept ans d’emprisonnement et à 100.000 euros d’amende lorsque les faits ont été commis en utilisant un service de communication au public en ligne ». Une entreprise ou administration peut ainsi être sollicitée par le groupement interministériel de contrôle (décret n° 2014-1576 du 4 décembre 2014) pour une demande d’accès aux données de connexion, en temps différé comme en temps réel.

Pour conclure, ces deux dernières évolutions de la législation française en matière de lutte contre le terrorisme ne font que mettre l’accent sur la réelle obligation de filtrer pour les entreprises et les administrations en France. Néanmoins, d’autres évolutions sont à prévoir dans le cadre des réflexions du gouvernement pour mieux prévenir les menaces terroristes.

Le téléphone sécurisé BlackPhone… pas si secure que ça

Une faille sérieuse découverte dans le téléphone portable ultra sécurisé BlackPhone. Le smartphone qui protège des écoutes peut être infiltré !

Un hacker australien a découvert comment piéger la sécurité, pourtant très poussée, du téléphone BlackPhone. L’appareil permet de chiffrer les appels et les contenus qu’il diffuse. Du moins, ça c’était avant. Avant qu’un bidouilleur découvre qu’avec un simple SMS envoyé à l’application « Silent » il était possible d’exécuter un code malveillant et de prendre la main sur le téléphone. Une injection découverte en une semaine par Mark Dowd. Le fabricant du BlackPhone annonce une rustine pour son matériel. Un téléphone qui coûte 550€. (Register)

Le site de l’Élysée géré par une ferme américaine ?

Faut-il s’inquiéter de cette idée numérique ? Le site Internet de la Présidence de la République Française serait hébergé par une société américaine.

Loin de nous de penser que l’hébergeur américain COLT soit une mauvaise entreprise. Loin de nous de penser que Level 3 espionne ses clients. Mais s’il existe bien un site en France qui doit être hébergé sur le territoire, et par une entreprise hexagonale, c’est bien celui de l’Élysée. Nous imaginons mal voir le site de la Maison Blanche finir dans les serveurs d’Oceanet Technology ou OVH, même sur le sol américain.

Le site de l’Élysée est hébergé par qui ?

D’après les informations de l’AFNIC, le site passerait par les câbles et serveurs de la société COLT Imaginet ; Selon Geolook, Elysee.fr passe aussi par une ferme du Kensas (La localisation à la sauce Google Map, ndr), mais plus sérieusement par les tuyaux de l’américain Level 3 Communications, Inc (certainement, entre autre, pour soutenir une éventuelle attaque DDoS, NDR). Les deux géants ont débarqué en force, en 2012, sur le territoire français.

En visitant le portail présidentiel, nous découvrons une autre information. Le site serait hébergé par Bears Tech. Bref, la souveraineté de la France 2.0 semble promenée d’ hébergeur et hébergeur ?

Google Map situe le site de l’Élysée… dans une ferme du Kansas 🙂

Bref, dans une période ou des Snowden (officiels ou non) expliquent les infiltrations étatiques, que le FBI arrête encore des espions sur son sol, les plus paranoïaques peuvent se dire que tant de partenaires pour un hébergement multiple, voilà qui est troublant. Rien que pour les correspondances entre les Français et le Président. Un formulaire, comme des pages, qui n semblent pas utiliser le https. Même plus besoin de lancer des satellites d’espionnages ou de mettre une pince crocodile sur les câbles sous-marin au large de Marseille.

Des portes dérobées découvertes dans des terminaux Android

DeathRing et CoolReaper, des portes cachées installées dans des téléphones Android. Ils ont pu toucher des millions d’utilisateurs.

Palo Alto Networks a révélé des informations sur une porte dérobée présente sur des millions de terminaux mobiles Android vendus par Coolpad, l’un des plus gros fabricants de Smartphones basé en Chine. Baptisée « CoolReaper », cette porte dérobée expose les utilisateurs à d’éventuels actes de malveillance et semblerait avoir été installée et conservée par Coolpad malgré les objections des clients.

Il arrive fréquemment que les fabricants d’équipements installent des logiciels sur le système d’exploitation mobile Android de Google pour doter les appareils Android de fonctionnalités et de possibilités de personnalisation supplémentaires. Certains opérateurs de téléphonie mobile installent même des applications permettant de recueillir des données sur les performances des appareils. Mais d’après l’analyse détaillée de l’Unité 42 – l’équipe d’analyse des menaces de Palo Alto Networks – CoolReaper ne se contenterait pas de collecter simplement des données d’utilisation de base. Son fonctionnement s’apparenterait davantage à celui d’une véritable porte dérobée permettant d’accéder aux appareils Coolpad. Coolpad semblerait également avoir modifié une version du système d’exploitation Android pour rendre cette porte dérobée quasi invisible pour les programmes d’antivirus.

Découvert par le chercheur Claud Xiao de Palo Alto Networks, CoolReaper a été identifié sur 24 modèles de téléphones vendus par Coolpad et pourrait, si l’on en croit les données commerciales de Coolpad accessibles au public, impacter plus de 10 millions d’utilisateurs.

« Il est naturel que les fabricants d’équipements sous Android préinstallent des logiciels qui offrent des fonctionnalités et permettent de maintenir leurs applications à jour. Mais la porte dérobée évoquée dans ce rapport dépasse le cadre que connaissent les utilisateurs : elle permet à Coolpad de prendre le contrôle complet des équipements affectés, de rendre le logiciel invisible pour les antivirus et expose les utilisateurs à la merci d’actes de malveillance. Nous encourageons vivement les millions d’utilisateurs Coolpad susceptibles d’être concernés par CoolReaper d’inspecter leurs appareils pour y rechercher l’éventuelle porte dérobée et prendre les mesures appropriées pour protéger leurs données. » – Ryan Olson, directeur de la recherche au sein de l’Unité  42 chez Palo Alto Networks

Contexte et effets de CoolReaper
L’intégralité des résultats de l’analyse de CoolReaper figure dans le rapport de l’Unité 42, « CoolReaper : The Coolpad Backdoor » préparé par Claud Xiao et Ryan Olson qui paraît aujourd’hui. Dans ce rapport, Palo Alto Networks publie également la liste des fichiers à vérifier sur les terminaux Coolpad susceptibles d’indiquer la présence de la porte dérobée CoolReaper. Comme l’ont observé les chercheurs, CoolReaper est capable d’effectuer chacune des tâches suivantes, avec un potentiel de dangerosité pour les données sensibles des utilisateurs ou des entreprises. Un pirate malintentionné pourrait par ailleurs exploiter une vulnérabilité découverte sur le système de contrôle (back-end) de CoolReaper.

CoolReaper est capable de télécharger, installer ou activer n’importe quelle application Android sans autorisation ou notification de l’utilisateur ; effacer des donnés utilisateur, désinstaller des applications existantes ou désactiver des applications système ; informer les utilisateurs d’une fausse mise à jour OTA (Over-The-Air) qui, au lieu de mettre à jour le terminal, installe des applications indésirables ; envoyer ou insérer des messages SMS ou MMS arbitraires sur le téléphone ; transmettre à un serveur Coolpad des informations concernant le terminal, sa localisation, l’utilisation des applications, l’historique des appels et des SMS.

Prise en compte par Coolpad
L’Unité 42 a commencé à observer ce que l’on a baptisé CoolReaper suite aux nombreuses réclamations publiées sur les forums Internet par des clients de Coolpad en Chine. Au mois de novembre, un chercheur qui travaillait avec le site Wooyun.org a identifié une vulnérabilité sur le système de contrôle back-end de CoolReaper. Cette découverte a permis de comprendre que Coolpad contrôlait lui-même le backdoor présent dans le logiciel. Un site d’information chinois, Aqniu.com, a par ailleurs signalé l’existence de la porte dérobée et ses pratiques abusives dans un article paru le 20 novembre 2014. Au 17 décembre 2014, Coolpad n’a toujours pas répondu aux nombreuses demandes d’assistance de Palo Alto Networks. Les informations de ce rapport ont également été transmises à l’équipe de sécurité Android de Google.

De son côté Lookout découvre un logiciel malveillant pré-chargé dans des smartphones. DeathRing est un cheval de Troie chinois, préinstallé sur toute une série de smartphones parmi les plus populaires en Asie et en Afrique. Bien que sa détection ne soit pas plus fréquente qu’un autre logiciel malveillant, nous le considérons menaçant, notamment de par sa présence sur les smartphones dès leur sortie d’usine, et car il a été détecté aux quatre coins de la planète.

Autre particularité de ce malware, sa méthode de distribution. Pour la seconde fois en 2014, c’est en pré-chargeant le malware directement dans la chaîne d’approvisionnement que DeathRing atteint sa cible. Nous n’arrivons pour le moment pas à déterminer à quelle étape de la chaîne d’approvisionnement DeathRing est installé sur les smartphones. Nous savons toutefois que, pour de nombreux portables, il est installé dans le répertoire système le rendant extrêmement difficile à éradiquer. Il n’est malheureusement pas possible aux prestataires de services de sécurité de supprimer ce logiciel malveillant car il est installé dans le répertoire système des portables.

Recommandations

·         Vérifiez la provenance du téléphone que vous achetez.
·         Téléchargez une application de sécurité comme celle de Lookout, qui sert de première ligne de défense pour votre portable. Si vous découvrez qu’un tel logiciel malveillant est pré-chargé sur votre portable, demandez à vous faire rembourser.
·         Consultez régulièrement votre facture téléphonique afin de détecter les frais suspects.

Les pirates d’Anunak s’attaquent aux banques russes

Des pirates informatiques baptisés Anunak se sont spécialisés dans les attaques numériques à destination des banques russes. 20 millions d’euros auraient été volées.

La société néerlandais Fox-IT, spécialisée dans la sécurité informatique, a annoncé avoir terminé une enquête sur un groupe de pirates qu’elle a baptisé Anunak. Ces « visiteurs » ne visent que les banques russes. Méthode employée, courriels piégés et infiltration/installation d’outils malveillants comme des keylogger [logiciel d’espionnage, NDR] qui ont pour mission d’intercepter la moindre frappe sur un clavier.

En 2013, les voleurs 2.0 se seraient invités dans une cinquantaine de banques. D’après la société FOX It, les pirates auraient ainsi pu manipuler des distributeurs de billets. Deux entreprises bancaires piratées ont perdu leur licence bancaire suite aux méfaits d’Anunak.

Google accuse la MPAA de manipuler la justice

L’affaire du piratage de Sony Picture n’a pas fini de faire les vagues. Il faut dire aussi que les donnés diffusées par les pirates ont de quoi faire sourire, rougir ou mettre très en colère certains acteurs médiatique, comme Google.

Dans les courriers et autres fichiers lâchés sur Internet par le/les pirates, on apprend que la Motion Picture Association of America a manipulé la justice américaine afin que Google supprime de son moteur de recherche les liens permettant de mettre la main sur des liens ou des sites renvoyant sur des contrefaçons. On comprend mieux pourquoi Sony a menacé la presse en indiquant qu’elle n’avait pas le droit de télécharger, lire et utiliser les informations mis en pâture par le/les pirate(s).

Bilan, le New York Times a lu et analysé les documents en question. Le journal a comparé avec les informations légales proposées lors du procès. Bilan, le procureur en charge du dossier, Jim Hood, a tout simplement reçu un courrier des avocats de la MPAA qui lui indiquaient quoi dire et faire.

Google a expliqué sur son blog qu’il n’était pas content et annonce que cette méthode n’était rien d’autre qu’une conspiration à son encontre. « La lettre a été signée par le procureur Wood, mais a été rédigée par un avocat du cabinet Jenner & Block qui travaille pour la MPAA ». souligne le New York Times.

Bref, le monde merveilleux du 7ème art révèle sa véritable facette. Nous sommes à deux doigts de dire merci à ce/ces pirates.

Énorme faille de confidentialité découverte dans les réseaux de téléphonie mobile

Deux chercheurs allemands, spécialisés dans la sécurité informatique, ont découvert ce qui semble être un cas grave de fuite concernant les téléphones portables.

D’après Tobias Engel et Karsten Nohl, la faille pourrait permettre à des criminels et des agences de renseignement d’espionner les appels téléphoniques privés et les messages texte transmis via les réseaux cellulaires.

Le problème apparaît dans le système de signal 7 (SS7), un réseau mondial de télécommunications dont vous n’avez très certainement jamais entendu parlé. Sept permet aux opérateurs de téléphonie de faire transiter les messages et les SMS à travers le monde. Le Washington Post a rapporté que les chercheurs ont découvert des trous de sécurité dans certaines des fonctions SS7 normalement utilisées. SS7 a été conçu dans les années 1980. Il est évident que ce dernier soit criblé de vulnérabilités qui portent atteinte à la vie privée des milliards d’utilisateurs de cellulaires de part le monde.

Les failles peuvent permettre de localiser les appelants, n’importe où dans le monde, écouter les appels, les enregistrer. Il serait également possible de frauder les utilisateurs, ainsi que les opérateurs de téléphonie mobile en utilisant certaines fonctions SS7. Deux commandes semblent être particulièrement intéressantes.

La première pourrait permettre de détourner un téléphone portable en interceptant les appels qu’il reçoit. Une sorte de Man-in-middle. Avec un tel système en place, les appels peuvent être enregistrés secrètement. Deuxième commande, un pirate situé à proximité de sa cible pourrait utiliser des antennes radio pour intercepter les appels et les SMS traversant la zone « d’écoute ». Il faut une clé temporaire SS7 pour déchiffrer les communications enregistrées.

La semaine dernière, Nohl a mis ses découvertes en pratique en démontrant le danger à un sénateur allemand en déchiffrant ses SMS.

Pour se protéger, il est fortement conseillé d’utiliser des outils tels que FaceTime (Apple), Signal (Whisper System) ou RedPhone qui permettent d’avoir une communication sécurisée sur un canal non sécurisé.