Des jeux Nintendo Switch tournent sur Xbox Series X

Une démonstration montre plusieurs jeux Nintendo sur Xbox Series X grâce à un émulateur. Cette expérience repose sur le mode développeur, sans jailbreak annoncé de la console.

Faire apparaître Mario sur une Xbox attire immédiatement les regards. Derrière cette démonstration, l’enjeu technique concerne surtout la manière d’exécuter un logiciel conçu pour un autre environnement sans compromettre le système qui l’accueille. Des séquences relayées en ligne montrent plusieurs titres Nintendo fonctionner sur Xbox Series X avec une fluidité visuellement convaincante. Le projet serait dérivé d’Eden, un émulateur Switch adapté à la console Microsoft. Son fonctionnement reposerait sur le mode développeur, dans un espace isolé. L’identité exacte du portage utilisé, ses performances mesurées et sa compatibilité complète restent toutefois insuffisamment documentées dans les éléments fournis.

Une démonstration prometteuse, une portée à préciser

La scène a de quoi surprendre : une console Microsoft affiche des jeux associés à l’univers Nintendo. L’auteur de la démonstration, présenté dans le texte transmis sous le pseudonyme FoxHitoriki, aurait notamment lancé Super Mario Odyssey, Super Mario Wonder et Metroid Prime Beyond. Les images décrites donnent une impression de fluidité, sans fournir les mesures nécessaires pour établir un bilan technique complet.

Cette distinction compte. Une séquence de jeu permet d’observer un fonctionnement à un instant donné. Elle ne suffit pas à démontrer que chaque titre peut être parcouru intégralement, avec un comportement constant et sans anomalie. Aucun relevé de performances, protocole de test ou inventaire détaillé des limitations n’accompagne le récit fourni. La démonstration constitue donc un indice de progression technique, dont la portée doit rester précisément délimitée.

Le projet est présenté comme une adaptation d’Eden, sous le nom NXbox. Cette attribution demeure à formuler au conditionnel : les éléments disponibles ne permettent pas d’identifier avec certitude la version employée dans la vidéo. La documentation publique distingue plusieurs portages, ce qui appelle à la prudence avant d’associer automatiquement les images à un dépôt précis.

Le principe décrit consiste à adapter les demandes graphiques provenant de l’environnement Switch aux capacités de rendu de la Xbox. L’objectif est de permettre à des programmes initialement destinés à une autre machine de fonctionner sur le matériel Microsoft. Il s’agit d’un travail de compatibilité logicielle, dont le résultat visible peut masquer une importante complexité technique.

L’auteur n’aurait communiqué ni explication détaillée ni lien de téléchargement avec sa démonstration. Cette absence limite la possibilité de reproduire exactement l’expérience à partir des seules informations transmises. Elle empêche également d’établir les conditions précises dans lesquelles les jeux ont été exécutés.

Pour le lecteur, la conclusion reste circonscrite : des images présentent plusieurs titres en fonctionnement, tandis que les performances générales et les conditions de reproduction restent à documenter.

Le mode développeur change la lecture cyber

L’élément déterminant concerne le cadre d’exécution. Selon le récit fourni, l’émulateur utilise le mode développeur de la Xbox Series X. Ce fonctionnement crée un environnement isolé destiné à accueillir des applications, sans que la démonstration soit présentée comme un jailbreak de la console.

Cette différence évite une confusion fréquente entre deux situations techniques. Exécuter un logiciel dans un espace prévu pour le développement ne démontre pas, à lui seul, une rupture des protections du système. Rien dans les informations transmises n’établit une exploitation de vulnérabilité, une prise de contrôle générale de la Xbox ou un accès à ses composants protégés.

L’intérêt cyber du sujet réside précisément dans cette frontière. Une console peut accueillir un usage inattendu à travers une fonctionnalité de développement, tout en conservant une séparation entre cet espace et son fonctionnement habituel. La présence d’un émulateur ne constitue donc pas une preuve suffisante de compromission.

Le texte initial évoque également un frein financier, lié à l’activation et à l’inscription au programme développeur Microsoft. Aucun tarif ni détail sur les conditions applicables n’est fourni. Il serait ainsi prématuré de conclure que ce seul facteur empêchera une diffusion plus large. Le coût représente une contrainte annoncée, sans permettre de prévoir l’adoption du projet.

Le rapprochement avec la PlayStation 5 demande la même rigueur. Les articles mentionnés dans le document transmis évoquent une réponse de Sony au piratage et l’utilisation de Xbox Cloud Gaming sur une PS5 modifiée. Leurs pages n’ont pas pu être consultées lors de la vérification. Ces références ne permettent donc pas de préciser ici les mécanismes concernés ni d’établir une équivalence avec l’expérience sur Xbox.

La distinction entre émulation locale, accès à un service distant et modification d’une console reste essentielle pour comprendre ce que montre réellement chaque démonstration.

Une puce mémorise les mouvements de l’eau

À Yale, des chercheurs explorent une mémoire actionnée par des fluides, une piste pour piloter des robots souples dans des environnements perturbant le fonctionnement de l’électronique.

Stocker une information grâce à un écoulement devient possible dans une puce microfluidique expérimentale. Des fibres flexibles, installées dans des canaux microscopiques, changent de position sous la pression du liquide. Leurs deux configurations stables peuvent représenter les valeurs binaires zéro et un. L’état conservé influence ensuite la circulation du fluide, donnant au dispositif une mémoire physique de son fonctionnement précédent. L’application envisagée concerne notamment les robots souples, avec l’objectif de concevoir un contrôleur entièrement fluidique.

Des fibres flexibles pour conserver une information

Dans ce dispositif, le support de l’information se trouve dans la configuration des fibres. Le liquide exerce une pression, déplace ces éléments souples et modifie ainsi les passages disponibles dans le réseau. La mémoire correspond donc à une organisation physique, produite par les écoulements précédents.

Le principe repose sur deux positions stables. Une fibre peut occuper l’une ou l’autre, chacune étant susceptible de représenter une valeur binaire. Cette correspondance avec zéro et un permet de rapprocher le mécanisme d’un élément de mémoire informatique.

La distinction compte. Le mouvement des fluides provoque ici le changement d’état, sans commutation électronique de chaque élément. Parler d’une « puce électronique qui mémorise avec de l’eau » entretient donc une ambiguïté sur la nature de l’expérience. Il s’agit d’une puce microfluidique dont les structures flexibles assurent la fonction de mémoire. La présentation officielle de Yale confirme les travaux et précise plusieurs détails du texte initial. Les chercheurs cités sont Abhineet Rajput et Amir Pahlavan. La dimension comparée à la moitié de l’épaisseur d’un cheveu concerne la profondeur des canaux. L’université a présenté cette recherche le 12 octobre 2026.

L’intérêt ne se limite pas à faire basculer une fibre isolée. Les éléments peuvent interagir : leurs positions respectives influencent le comportement du réseau. Une modification locale participe alors à une organisation collective, où l’information dépend à la fois des configurations individuelles et de leurs relations. Cette interaction donne une autre portée au dispositif. Le réseau conserve une trace de son passé, qui intervient dans sa réponse aux écoulements suivants. La mémoire devient ainsi une propriété du fonctionnement physique de l’ensemble, au lieu d’être uniquement associée à un composant chargé d’enregistrer des données.

Un contrôleur fluidique envisagé pour les robots souples

La robotique souple constitue l’application mise en avant. L’objectif serait d’intégrer cette mémoire à une commande utilisant elle-même des fluides. Le dispositif pourrait alors participer au pilotage d’une machine dont le fonctionnement s’appuie sur des variations de pression et sur la circulation dans des canaux. Amir Pahlavan envisage un contrôleur entièrement fluidique jouant le rôle de « cerveau » pour un robot souple. Cette formule décrit une fonction de commande recherchée. Elle ne suffit pas à établir qu’un robot autonome complet a déjà été réalisé à partir de cette puce.

Les environnements soumis à de fortes interférences électromagnétiques expliquent notamment l’intérêt de cette approche. Lorsque ces perturbations compliquent l’utilisation de composants électroniques classiques, une commande reposant sur des mécanismes fluidiques pourrait offrir une autre voie. Cette possibilité reste une perspective d’application, à distinguer de performances démontrées en conditions réelles. La portée de l’annonce doit également rester proportionnée aux informations disponibles. Les chercheurs ne fournissent aucune capacité de stockage, vitesse d’écriture ou durée de conservation permettant une comparaison avec les mémoires informatiques courantes. Il ne précise pas davantage les dimensions d’un futur contrôleur complet ni ses contraintes d’intégration. Ces absences empêchent de présenter le dispositif comme un successeur des supports de stockage actuels. Elles laissent néanmoins apparaître son objectif propre : conserver un état au sein d’un mécanisme susceptible de contribuer directement à la commande d’une machine.

IA et réflexion : l’autonomie à l’épreuve de ChatGPT

Une étude portant sur 1 222 participants montre qu’après une assistance par ChatGPT, certains réussissent moins bien et renoncent davantage lorsque l’outil devient indisponible, interrogeant notre autonomie intellectuelle.

L’intelligence artificielle facilite la résolution d’un exercice sans garantir que son utilisateur saura ensuite le réaliser seul. Des expériences rapportées par l’Université de Californie à Berkeley mettent en évidence ce décalage. Des participants disposant de ChatGPT réussissaient initialement mieux certaines tâches. Après le retrait de l’assistant, leur précision diminuait et les abandons augmentaient. Les exercices concernaient les fractions et la compréhension écrite. Ces observations interrogent la place des réponses automatiques dans l’apprentissage, ainsi que la préservation de l’effort personnel. Elles invitent toutefois à distinguer une baisse immédiate de performance d’une dégradation durable des capacités de réflexion.

Réussir avec une IA ne garantit pas de réussir seul

Le moment décisif survient lorsque l’assistance disparaît. Jusqu’alors, les participants peuvent demander un indice, vérifier leur démarche ou obtenir directement une solution. L’exercice avance, la réponse arrive et le résultat semble confirmer l’efficacité du dispositif. Une fois ChatGPT retiré, chacun doit reprendre le raisonnement à son compte.

Les expériences présentées réunissent 1 222 personnes. Dans un test consacré aux fractions, un groupe travaille sans assistance, tandis qu’un autre bénéficie de l’outil conversationnel. Les utilisateurs accompagnés obtiennent d’abord de meilleurs résultats. Après le douzième problème, l’accès à ChatGPT est interrompu. Leur réussite recule alors rapidement, et ils renoncent plus souvent aux questions suivantes. Le compte rendu institutionnel confirme cette évolution de la précision et de la persévérance.

Cette succession est essentielle pour comprendre le résultat. Le bénéfice initial concerne une performance obtenue avec une aide disponible. La phase suivante mesure la capacité à poursuivre une activité après son retrait. Confondre ces deux situations reviendrait à attribuer automatiquement à l’utilisateur une maîtrise qui dépendait peut-être, en partie, de l’assistant.

Une autre expérience, consacrée à la compréhension écrite, fait apparaître une tendance comparable. Le phénomène rapporté dépasse donc le seul calcul de fractions. Il concerne aussi une activité dans laquelle il faut lire, interpréter et choisir une réponse.

Pour autant, le titre affirmant que toute utilisation, même minimale, entrave le développement de la pensée dépasse ce que ces éléments permettent de conclure. Les observations décrivent des comportements dans des tâches précises, après une modification des conditions de travail. Elles ne suffisent pas à établir une diminution générale de l’intelligence, ni une perte irréversible de compétences. La distinction protège la portée du résultat. Une difficulté à continuer seul après une assistance mérite d’être examinée pour elle-même. Il n’est pas nécessaire de la transformer en verdict sur l’ensemble des usages de l’IA pour en comprendre l’enjeu.

Préserver l’effort qui construit la compréhension

Les auteurs mettent en avant la notion de « lutte productive ». L’expression désigne l’effort nécessaire pour progresser face à une difficulté, comprendre un problème et construire ses propres capacités. Chercher, hésiter et reprendre une démarche constituent alors une partie de l’apprentissage.

Une réponse immédiate peut supprimer cette étape. L’utilisateur dispose du résultat attendu sans avoir nécessairement parcouru le chemin qui permettrait de le retrouver. La tâche est terminée, tandis que l’acquisition de la méthode reste incertaine.

L’explication avancée porte également sur le rapport au temps. À force de recevoir une solution en quelques secondes, une recherche personnelle plus longue pourrait devenir difficile à accepter. Les auteurs envisagent ainsi que l’habitude de l’immédiateté réduise la disposition à persévérer. Cette interprétation doit rester distincte du constat expérimental lui-même.

La différence entre un indice et une réponse complète prend ici toute son importance. Le premier peut laisser à l’apprenant une part du travail intellectuel. La seconde peut lui permettre de passer directement à la suite. Dans les deux cas, l’interface fournit une assistance, avec une place différente accordée au raisonnement personnel.

Les auteurs ne demandent pas de renoncer à l’intelligence artificielle. Ils défendent un usage de mentorat, destiné à accompagner la compréhension plutôt qu’à livrer systématiquement une solution. L’objectif consiste à conserver une activité intellectuelle chez la personne assistée.

Cette interrogation touche particulièrement l’enseignement. Un exercice réussi avec ChatGPT ne renseigne pas, à lui seul, sur ce que l’élève ou l’étudiant saura reproduire en autonomie. Le résultat visible et la compétence acquise doivent être examinés séparément.

La recherche scientifique est également concernée dans le texte fourni. Déléguer l’analyse et la recherche de réponses pose la question du maintien des compétences mobilisées pour découvrir. Il s’agit ici d’une inquiétude exprimée par les auteurs, et non d’un effet directement démontré sur la production scientifique.

Trente Mac mini font revivre le Cray-1

Un musée espagnol a construit une réplique du Cray-1 avec trente anciens Mac mini, une installation qui explique comment plusieurs ordinateurs peuvent unir leurs capacités de calcul.

Le Cray-1 revient sous une forme inattendue. Cinquante ans après son arrivée en 1976, ce supercalculateur emblématique possède une réplique grandeur nature au Musée de l’histoire de l’informatique, en Espagne. Sa structure accueille trente Mac mini, principalement commercialisés en 2012, réunis pour travailler ensemble. Le projet a demandé dix-huit mois de préparation et célèbre également le cinquantième anniversaire d’Apple. Les performances annoncées atteignent jusqu’à 1,5 téraflops sur des calculs matriciels. Cette installation pédagogique permet surtout de comprendre le calcul distribué, tout en rappelant ce que représentait Cray dans l’histoire des machines conçues pour traiter les problèmes scientifiques les plus exigeants.

Cray, un nom majeur du calcul scientifique

Avant de désigner cette étonnante reconstruction, Cray renvoie à un constructeur spécialisé dans les supercalculateurs. Ces ordinateurs sont conçus pour exécuter des calculs particulièrement lourds, avec des applications scientifiques, industrielles et stratégiques. Le nom vient de Seymour Cray, ingénieur américain qui a fondé Cray Research en 1972. Le Cray-1, livré en 1976, est devenu l’une des machines les plus reconnaissables de cette industrie.

Son apparence contribue à sa célébrité. Une structure incurvée, accompagnée d’une banquette, lui donne une silhouette inhabituelle pour un ordinateur. Cette disposition répondait à des contraintes techniques précises. La proximité des composants permettait de raccourcir les liaisons électriques et de limiter les délais de transmission des signaux. Les sièges dissimulaient notamment les alimentations électriques.

Le Cray-1 reposait sur le traitement vectoriel, une architecture adaptée à l’application d’opérations sur des séries de données. Ses usages comprenaient la conception aéronautique, les simulations nucléaires et la cryptographie. Pour les lecteurs intéressés par le renseignement, cette dernière application rappelle le lien ancien entre puissance informatique et traitement de problèmes stratégiques.

La réplique espagnole reprend son enveloppe à l’échelle réelle. À l’intérieur, le travail est confié à des ordinateurs Apple beaucoup plus récents. Il faut donc distinguer la reproduction visuelle du supercalculateur et son architecture informatique. L’installation ne restaure pas les circuits historiques du Cray-1 et ne permet pas, à elle seule, d’affirmer qu’elle reproduit son fonctionnement logiciel. Ce choix sert l’objectif de l’exposition. Les visiteurs peuvent observer comment une tâche de calcul change de dimension lorsqu’elle est répartie entre plusieurs machines. La silhouette historique attire le regard ; les ordinateurs qu’elle abrite rendent visible un principe essentiel du calcul contemporain.

Trente ordinateurs coordonnés dans une même structure

D’après les caractéristiques rapportées dans le texte fourni, l’ensemble comprend cinq Mac mini équipés de processeurs Intel Core i7 à quatre cœurs et vingt-cinq modèles dotés de Core i5 à deux cœurs. L’addition donne soixante-dix cœurs physiques, soit vingt pour les premiers et cinquante pour les seconds. La majorité des appareils datent de 2012. Sur une épreuve de multiplication matricielle, la configuration aurait atteint 1,3 téraflops. Un précédent fonctionnement mobilisant tous les cœurs aurait permis d’obtenir 1,5 téraflops. Ces valeurs décrivent les performances annoncées pour cette charge de travail particulière.

Le Cray-1 d’origine affichait une puissance maximale théorique d’environ 160 mégaflops. La comparaison avec les résultats de la réplique demande donc de la prudence : un plafond théorique et une mesure issue d’un test spécifique ne permettent pas d’établir directement un classement entre les deux architectures. Le musée rapproche deux générations informatiques, sans effacer leurs différences.

Un Mac mini principal assure la coordination des autres ordinateurs, qui fonctionnent sous macOS Mojave 10.14. Les échanges reposent sur MPI, une interface permettant aux programmes répartis sur plusieurs machines de communiquer. Chaque ordinateur constitue un nœud du cluster. L’enjeu consiste à organiser leur coopération pour qu’ils contribuent à un même calcul.

La construction doit également évacuer la chaleur. Les Mac mini sont installés verticalement, sur des supports en aluminium, dans une structure en acier. Cette disposition favorise la convection naturelle et évite l’ajout de ventilateurs au châssis. Elle ne signifie pas que les ventilateurs internes des ordinateurs ont disparu. Le niveau sonore annoncé se situe autour de 30 à 33 décibels.

Le musée envisage ensuite une installation réunissant soixante-dix à quatre-vingts Mac mini équipés de puces M4. Il affiche l’ambition de rejoindre le TOP500 des supercalculateurs. À ce stade, il s’agit d’un objectif annoncé.

Un Apple I vendu aux enchères à un prix record

L’année 1976 occupe également l’actualité des collectionneurs. Un Apple I encore fonctionnel, connu sous le nom de « Hatfield », a été vendu chez Bonhams pour 1 148 200 dollars, frais compris, soit environ 1,02 million d’euros. Selon la maison de ventes, il s’agit d’un record mondial aux enchères pour un Apple I commercialisé, une précision qui évite de confondre cette catégorie avec les prototypes et exemplaires particuliers. La vente s’est achevée le 14 octobre 2026, après vingt-huit minutes de compétition entre deux enchérisseurs.

Cet ordinateur porte la signature de Steve Wozniak sur sa carte mère. Son histoire est documentée jusqu’à son premier propriétaire, Fred Hatfield, dont il conserve le nom. Le lot comprend un écran, un clavier, une alimentation électrique ainsi que plusieurs documents, notamment un manuel et les instructions de l’interface cassette.

Une lettre signée par Steve Jobs en 1978 accompagne surtout la machine. Le cofondateur d’Apple proposait à Hatfield de restituer sa carte mère dans le cadre d’un échange vers un Apple II. Le propriétaire a décliné cette proposition, conservant ainsi son ordinateur de première génération. Bonhams souligne qu’il appartient aux moins de soixante-quinze Apple I authentifiés encore connus, dont une fraction seulement demeure opérationnelle.

Avec ses 8 Ko de mémoire vive et son processeur MOS Technology 6502, l’Apple I appartient à une autre branche de l’histoire informatique que le Cray-1. Le premier incarne les débuts d’Apple et de la micro-informatique ; le second, la recherche de performances pour les calculs scientifiques. Cinquante ans plus tard, l’un devient une pièce de collection à sept chiffres, tandis que la silhouette de l’autre accueille trente ordinateurs personnels réunis en cluster.

Patch Tuesday d’octobre : les correctifs prioritaires

Une faille Windows exploitée, des équipements réseau ciblés et des logiciels en fin de support : le Patch Tuesday d’octobre impose de hiérarchiser les interventions de sécurité.

Depuis les mises à jour de septembre, les alertes se multiplient autour des équipements réseau et des environnements Microsoft. Selon le bilan d’Ivanti, octobre totalise 1 407 vulnérabilités corrigées chez Microsoft, dont 78 critiques. Une faille Windows Shell déjà exploitée appelle une intervention prioritaire. Adobe et Mozilla publient également des correctifs importants, tandis que plusieurs produits atteignent leurs échéances de support. Pour datasecuritybreach.fr, ce récapitulatif distingue trois enjeux : corriger les vulnérabilités utilisées dans des attaques, protéger les services exposés et anticiper le retrait des logiciels vieillissants. Le nombre de failles constitue un indicateur, mais leur exploitation doit guider les premières décisions.

Des équipements réseau aux postes Windows, les urgences

Les chiffres communiqués par Ivanti illustrent l’augmentation des vulnérabilités recensées. Sa base dépasse désormais 406 000 CVE, dont plus de 78 000 divulguées en 2026. Ce dernier volume excède les quelque 70 000 références publiées entre 1999 et 2015 inclus.

Au 12 octobre, les divulgations dépassaient de 64 % le total annuel de 2025. Le nombre de vulnérabilités exploitées progressait, lui, de 33 % par rapport à l’ensemble de l’année précédente. Le catalogue de correctifs atteignait 94 % du volume de 2025. Ivanti anticipait un dépassement d’environ 20 % à la clôture de 2026, une projection qui reste distincte du bilan observé.

Les semaines précédant cette publication ont surtout exposé les équipements placés en périphérie du réseau. Chez Citrix, CVE-2026-88779 touche NetScaler lorsque l’appliance fonctionne comme fournisseur de services SAML ou fournisseur d’identité. Cette vulnérabilité zero-day ciblée reçoit un score CVSS de 8,7.

FortiMail est concerné par CVE-2026-104286, une écriture de fichier sans authentification notée 9,8 et signalée comme activement exploitée par la CISA. SonicWall a, de son côté, diffusé le 6 octobre un correctif d’urgence pour CVE-2026-102255. Cette faille SSRF avant authentification affecte SMA1000 et atteint 10 sur l’échelle CVSS. Une activité d’attaque a été observée le 9 octobre, sans compromission confirmée dans le bilan transmis.

Les anciennes vulnérabilités restent également pertinentes pour les attaquants. Le 8 octobre, cinq failles concernant ProFTPD, ONLYOFFICE, Strapi, Struts et BIND ont rejoint le catalogue KEV de la CISA, après leur exploitation attribuée à Flax Typhoon, acteur lié à la Chine.

Chez Microsoft, les 1 407 CVE corrigées se répartissent entre 78 critiques et 1 329 importantes, soit environ 44 % de plus que le précédent record de septembre. La priorité concerne CVE-2026-96951, un contournement de sécurité de Windows Shell déjà exploité. Windows 10, Windows 11 et plusieurs générations de Windows Server sont concernés.

Autre point de vigilance, CVE-2026-108398 affecte .NET Framework 3.5 et les versions 4.6.2 à 4.8.1. Sa divulgation publique ne signifie pas qu’une exploitation est constatée, mais justifie une correction rapide.

Parmi les failles critiques, 65 permettent une exécution de code à distance. Office en concentre 34, dont 19 dans Excel. DHCP Server, Message Queuing, Remote Desktop Services et QUIC figurent aussi parmi les services touchés.

Les fins de support compliquent la maintenance

Corriger suppose encore de disposer de mises à jour. Office 2021, Office LTSC 2021, Windows 10 2016 LTSB et IoT LTSB 2016 atteignent leur fin de support en octobre. Windows 11 24H2 Home et Pro arrivent également au terme de leur maintenance.

Une correction s’impose concernant Windows Server 2012 et 2012 R2 : leur dernière année de mises à jour de sécurité étendues ne commence pas en octobre 2026. Le programme ESU s’est terminé le 13 octobre 2026, selon Microsoft. Cette échéance impose de revoir les systèmes encore dépendants de ces versions.

Exchange Server 2016 et 2019 cumulent deux contraintes dans le bilan fourni : une vulnérabilité critique d’exécution de code à distance, CVE-2026-70571, et une échéance ESU annoncée au 31 octobre. La gestion des correctifs doit donc accompagner celle du remplacement des produits concernés.

Adobe publie dix bulletins couvrant 141 CVE, dont quinze critiques, sans exploitation connue signalée. ColdFusion et Commerce concentrent ces dernières.

Pour ColdFusion, le bulletin APSB26-144 traite dix vulnérabilités critiques. Trois sont accessibles à distance sans authentification : CVE-2026-105899 et CVE-2026-106622, notées 10, ainsi que CVE-2026-106624, évaluée à 9,8. Les versions corrigées sont 2025.0.14 et 2023.0.26.

Commerce compte cinq failles critiques. CVE-2026-103849 et CVE-2026-92909, respectivement notées 10 et 9,8, ne nécessitent aucune authentification. Le correctif d’urgence associé à CVE-2026-75650, publié en septembre, reste également à appliquer. Les huit autres bulletins Adobe relèvent de la priorité 3.

Mozilla corrige, selon le récapitulatif transmis, 79 CVE distinctes avec Firefox 158, ESR 153.5 et ESR 115.43. Trente présentent une sévérité élevée. Plusieurs permettent de sortir du bac à sable, mécanisme destiné à isoler les traitements du navigateur. Aucune exploitation active n’est mentionnée. L’attribution désormais individuelle des CVE contribue aussi à augmenter leur nombre.

Pour datasecuritybreach.fr, les priorités opérationnelles ressortent clairement : traiter Windows Shell, examiner les équipements exposés, puis organiser les migrations et la maintenance restante. Le renseignement sur les menaces devient utile lorsqu’il permet de relier une vulnérabilité exploitée aux systèmes effectivement présents dans l’entreprise.

(Sources Ivanti, Patch Tuesday d’octobre 2026.)

Un premier CTF étudiant à Versailles le 7 novembre

L’École Hexagone annonce son premier concours de hacking éthique à Versailles. Le 7 novembre 2026, des équipes étudiantes confronteront leurs compétences sur 24 défis de cybersécurité.

Une journée pour passer des connaissances à la pratique. Le campus versaillais de l’École Hexagone accueillera, samedi 7 novembre 2026, une compétition Capture The Flag accessible aux étudiants de tous les établissements. L’événement annoncé réunira des équipes de deux à quatre personnes autour de six domaines, parmi lesquels le web, la cryptographie et l’OSINT. Gratuit, ce rendez-vous prévoit une difficulté progressive pour accueillir aussi bien les débutants que les participants expérimentés.

Vingt-quatre défis pour confronter les compétences

Pour cette première organisation, l’École Hexagone mise sur un programme qui ne réserve pas la compétition aux étudiants déjà rompus aux exercices de cybersécurité. Les 24 challenges annoncés présentent plusieurs degrés de difficulté. Cette progression doit permettre à des profils différents de prendre part à la rencontre, sans imposer un niveau d’expertise identique à l’ensemble des concurrents.

Le programme couvre six catégories : web, crypto, forensic, pwn, réseau et OSINT. Ce découpage donne au rendez-vous une orientation technique diversifiée. Il ne s’agit donc pas de concentrer toute la journée sur une seule spécialité. Les participants auront face à eux plusieurs familles d’épreuves, réunies dans une même compétition. L’annonce ne détaille pas leur contenu individuel, ce qui laisse encore à découvrir les problèmes proposés aux équipes.

Le format collectif constitue un autre élément central. Chaque groupe réunira deux à quatre joueurs. À cette échelle, la manière d’aborder les exercices pourra compter autant que les connaissances de chacun : répartir son attention, confronter une piste à celle d’un partenaire ou décider de poursuivre une recherche plutôt que d’en ouvrir une autre. Ces choix donnent tout son intérêt à une confrontation entre équipes issues de formations différentes.

Un classement actualisé en direct permettra de suivre les positions pendant la journée. Les participants disposeront ainsi d’un repère commun pour situer leur progression. À mesure que les épreuves seront résolues, l’évolution du tableau accompagnera la compétition jusqu’au rendez-vous final consacré aux récompenses. L’organisateur prévoit des lots pour les trois équipes les mieux classées, sans en préciser la nature dans les informations transmises.

Une rencontre gratuite entre écoles et professionnels

L’accès ne se limite pas aux étudiants de l’École Hexagone. Le concours est présenté comme ouvert à ceux d’autres établissements, quel que soit leur niveau. Cette dimension interécoles place la rencontre au-delà d’un exercice organisé pour une seule promotion. Elle doit réunir, dans un même lieu, des participants dont les parcours et l’expérience peuvent différer.

La gratuité figure parmi les conditions annoncées. Côté équipement, les organisateurs indiquent qu’un ordinateur portable et un navigateur suffisent pour participer. Cette précision donne un point de départ concret aux candidats qui hésiteraient en raison du matériel nécessaire. Elle accompagne le positionnement de la journée : proposer une compétition accessible, tout en conservant des épreuves destinées aux profils les plus expérimentés.

La rencontre annonce également la présence de professionnels des centres opérationnels de sécurité, les SOC, et des tests d’intrusion, ou pentests. Le communiqué évoque plus largement l’écosystème français de la cybersécurité autour d’Hexatrust.

Site d’inscription.

L’Urssaf choisit Red Hat pour moderniser son système d’information

L’Urssaf déploie Red Hat sur ses serveurs et son cloud interne. Derrière cette modernisation, un enjeu central : garder la maîtrise de données et de services critiques.

L’Urssaf a retenu Red Hat Enterprise Linux et Red Hat OpenShift comme plateformes de référence pour faire évoluer son système d’information, selon un communiqué publié le 8 septembre 2026. L’organisme privilégie une infrastructure privée isolée, sans recours à un cloud public, afin de conserver la maîtrise de ses données et de ses opérations. Red Hat Enterprise Linux équipe plus de 27 000 serveurs virtualisés, tandis qu’OpenShift anime un cloud interne hébergeant des services destinés aux usagers et aux partenaires. Le dispositif traite jusqu’à deux milliards d’appels API par mois. Pour l’Urssaf, la standardisation doit soutenir la disponibilité des applications tout en limitant la dépendance à un fournisseur unique.

Une infrastructure privée pour des services essentiels

Une interruption du système d’information de l’Urssaf ne concernerait pas seulement ses équipes informatiques. L’organisme collecte les cotisations sociales et les redistribue à l’échelle nationale. En 2025, il indique avoir recueilli près de 602 milliards d’euros auprès de 12 millions d’employeurs et d’entrepreneurs, puis réparti ces fonds entre plus de 800 organismes et régimes de protection sociale. La continuité des applications qui soutiennent cette mission constitue donc une exigence opérationnelle majeure.

C’est dans ce contexte que l’Urssaf a choisi Red Hat Enterprise Linux et Red Hat OpenShift pour accompagner la transformation de son infrastructure. Le premier sert de système d’exploitation à plus de 27 000 serveurs virtualisés qui portent ses principales applications transactionnelles. Red Hat Directory Server prend en charge les annuaires et la gestion des identités. OpenShift fournit, de son côté, la plateforme de son cloud interne.

Le communiqué décrit un environnement privé isolé, dit « air-gapped », sans dépendance à un cloud public. L’objectif annoncé est de garder le contrôle des données des citoyens et de répondre aux exigences réglementaires. Cette architecture place la maîtrise locale de l’infrastructure au cœur du projet. Elle impose aussi à l’Urssaf de disposer des capacités nécessaires pour exploiter et faire évoluer ses plateformes dans la durée.

L’organisme met en avant une infrastructure standardisée, ouverte et interopérable. Il estime que le recours aux technologies open source d’entreprise réduit sa dépendance à un fournisseur unique. Cette orientation concerne à la fois les choix techniques et la gouvernance : Jean-Baptiste Courouble, directeur des systèmes d’information de l’Urssaf, insiste sur le maintien d’un « contrôle architectural local strict ». Il associe cette décision à la stabilité nécessaire au traitement des flux financiers et à la protection des données.

Le choix d’une plateforme commune répond également à un enjeu de sécurité. Lorsque des applications critiques reposent sur un grand nombre de serveurs, la cohérence de leur exploitation compte autant que leur capacité de traitement. Selon Red Hat, la standardisation engagée par l’Urssaf doit renforcer la fiabilité, la résilience et la sécurité de ces services. Le communiqué ne détaille toutefois ni calendrier de migration ni indicateurs permettant de mesurer ces effets.

Un cloud interne pour faire évoluer les applications

La modernisation porte aussi sur la manière de développer et d’exécuter les services numériques. La DSI suit une orientation « cloud first » pour ses applications, tout en s’appuyant sur son propre cloud interne. OpenShift y orchestre des applications conteneurisées, organisées notamment en microservices. Ce modèle vise à faciliter leur évolution sans modifier en bloc l’ensemble du système d’information.

Plusieurs services destinés aux usagers et aux partenaires de la protection sociale sont déjà hébergés sur cette infrastructure. Red Hat annonce un volume pouvant atteindre deux milliards d’appels API par mois et des pointes de 5 000 transactions par seconde. Ces chiffres donnent une idée de l’échelle du dispositif. Ils ne constituent pas, à eux seuls, une mesure de sa disponibilité ou de sa résistance à un incident.

L’Urssaf présente également cette architecture comme un socle pour de futures capacités d’intelligence artificielle, selon les besoins de ses équipes et des citoyens. Aucune application d’IA précise ni date de déploiement n’est annoncée. La priorité décrite dans le communiqué reste la capacité à faire évoluer les services existants tout en conservant une gouvernance locale des opérations.

Pour Rémy Mandon, responsable de Red Hat France, ce modèle pourrait intéresser d’autres acteurs publics soumis à de fortes contraintes réglementaires. Cette appréciation relève de l’éditeur. Le cas de l’Urssaf illustre surtout une décision d’architecture : associer serveurs standardisés, gestion des identités et cloud interne pour exploiter des services numériques à grande échelle.

Sur le plan de la cyber intelligence, l’enjeu sera de suivre les résultats concrets de cette transformation : continuité des services, maîtrise des dépendances et protection des données traitées par l’Urssaf.

Cyber Resilience Act : les 24 heures se préparent avant la crise

Depuis le 11 septembre 2026, une faille exploitée dans un produit numérique peut déclencher une obligation de signalement sous 24 heures. Pour les fabricants, l’enjeu est d’être prêts avant l’alerte.

Le Cyber Resilience Act (CRA) impose désormais aux fabricants de déclarer les vulnérabilités activement exploitées et les incidents graves touchant la sécurité de leurs produits comportant des éléments numériques. Le premier délai, fixé à 24 heures après la prise de connaissance, correspond à une alerte précoce, pas à une expertise achevée. Une notification plus détaillée suit sous 72 heures, puis un rapport final selon la nature de l’événement.

Le délai commence quand le fabricant est informé

Vendredi, 17 h 30. Un chercheur signale qu’une vulnérabilité affectant un logiciel est activement exploitée. Le message arrive dans une boîte générique. Si personne ne le lit avant lundi, le premier obstacle n’est pas technique : l’information n’a pas atteint l’équipe capable d’agir.

Depuis le 11 septembre 2026, le CRA oblige les fabricants concernés à signaler, sans retard injustifié et au plus tard sous 24 heures après en avoir pris connaissance, une vulnérabilité activement exploitée ou un incident grave ayant une incidence sur la sécurité d’un produit comportant des éléments numériques. Cette première déclaration sert à donner l’alerte. Elle ne suppose pas que l’enquête soit terminée.

Le fabricant dispose ensuite de 72 heures pour transmettre une notification plus détaillée. Pour une vulnérabilité activement exploitée, le rapport final doit parvenir au plus tard 14 jours après la mise à disposition d’une mesure corrective ou d’atténuation. Pour un incident grave, il est attendu dans le mois suivant la notification des 72 heures. Ces étapes permettent d’enrichir progressivement les informations disponibles, à condition de lancer l’investigation sans attendre.

La première décision consiste donc à qualifier ce qui remonte du terrain. Une faille possible, découverte dans une bibliothèque utilisée par l’entreprise, ne suffit pas à établir qu’elle est activement exploitée. À l’inverse, une information reçue par le support, le SOC, un client, un fournisseur ou un chercheur peut nécessiter une escalade immédiate. Le fabricant doit savoir qui examine le signalement, comment il vérifie les éléments disponibles et à quel moment les responsables de la déclaration sont informés.

Cette circulation de l’information demande un point de contact surveillé, une politique de divulgation coordonnée et une équipe chargée de la sécurité des produits. Son nom importe moins que sa capacité à recevoir une alerte, ouvrir une enquête et mobiliser les bonnes personnes le soir, le week-end ou pendant les congés.

Inventaire, responsabilités et accès prêts à l’emploi

Une fois l’alerte reçue, une autre question surgit : quels produits sont réellement touchés ? Le fabricant doit pouvoir relier un composant, une version de bibliothèque ou un firmware à ses logiciels et équipements. Un inventaire exploitable et une nomenclature logicielle, ou SBOM, facilitent ce rapprochement. Sans cette visibilité, les premières heures risquent d’être consacrées à rechercher où se trouve le composant concerné.

La chaîne de décision doit être définie avec la même précision. Sécurité, développement, responsables produit, juridique, conformité et communication ont besoin d’un circuit d’escalade connu. Qui confirme les faits disponibles ? Qui valide le périmètre des produits ? Qui transmet la notification ? Qui prend le relais si la personne désignée est absente ? Une matrice de responsabilités et des remplaçants évitent qu’une déclaration reste bloquée dans l’attente d’une signature.

Les déclarations passent par la Single Reporting Platform (SRP), exploitée par l’ENISA. Son accès repose sur un compte EU Login avec authentification multifacteur. L’organisation peut désigner un représentant principal et des représentants secondaires. Identifier ces personnes et vérifier leurs accès avant le premier incident écarte une difficulté administrative au moment où chaque heure compte.

Les équipes doivent aussi préparer les informations qu’elles chercheront dès le début de l’enquête : produit et versions concernés, composant en cause, éléments attestant l’exploitation, correctif ou mesure d’atténuation disponible, et pays où le produit est commercialisé. Le premier signalement peut rester succinct. Les échéances suivantes exigent toutefois une connaissance de plus en plus précise de la vulnérabilité, de son exploitation et des mesures prises. Un exercice permet de mesurer cette préparation. Le scénario peut tenir en une phrase : une vulnérabilité du produit X est activement exploitée à 17 h 30. Jusqu’au lendemain à la même heure, l’entreprise doit retrouver les versions touchées, joindre ses responsables, établir ce qu’elle sait et déposer l’alerte. Les retards observés indiquent où corriger le processus.

Cette obligation concerne aussi les produits relevant du CRA déjà mis sur le marché avant son application complète, prévue le 11 décembre 2027. Pour la cyber intelligence des fabricants, le changement est immédiat : une alerte n’est utile que si elle peut être reliée rapidement à un produit, qualifiée et transmise aux personnes capables d’agir.

En résumé, les 24 heures ne se gagnent pas le jour de l’incident. Elles se gagnent auparavant, avec un inventaire précis, une SBOM exploitable, une surveillance des vulnérabilités, un canal de signalement efficace, une équipe Product Security identifiée, une procédure d’escalade, des remplaçants, des accès prêts et des exercices réguliers. Le CRA transforme ainsi la gestion des vulnérabilités en processus industriel mesurable, et plus seulement en problème technique traité lorsqu’une faille devient publique.

EvilTokens industrialise la fraude grâce à l’IA

Microsoft a démantelé une partie d’EvilTokens, une plateforme cybercriminelle exploitant l’intelligence artificielle pour compromettre des messageries, analyser leurs contenus et préparer des fraudes financières ciblées.

EvilTokens illustre une évolution importante de la cybercriminalité assistée par intelligence artificielle. Lancé en février 2026, le service aurait été associé à plus de 12 000 boîtes mail compromises dans plus de 10 000 organisations. Son fonctionnement dépassait la simple génération de messages frauduleux. Une interface conversationnelle analysait les courriels volés, identifiait les relations de confiance, les responsables financiers et les procédures internes. Pas vraiment une nouveauté dans sa forme, ZATAZ avait révélé la découverte de ce type d’outil, voilà trois ans, mis en place par des pirates informatiques brésiliens. Microsoft et ses partenaires ont saisi 50 sites et neutralisé plus de 150 domaines associés. Au Royaume-Uni, deux hommes ont été arrêtés. L’affaire montre comment l’IA peut transformer un accès initial en renseignement exploitable pour préparer rapidement une fraude.

De la messagerie compromise au renseignement financier

EvilTokens permettait d’abord aux opérateurs criminels de prendre le contrôle de comptes de messagerie. Les victimes étaient incitées à saisir un code d’authentification sur la véritable page de connexion de Microsoft. Elles validaient alors, sans communiquer leur mot de passe, un accès exploitable par les attaquants.

Cette méthode présentait une difficulté supplémentaire pour les défenseurs. Une simple réinitialisation du mot de passe pouvait rester insuffisante lorsque les sessions et les jetons d’authentification associés n’étaient pas révoqués.

L’innovation la plus notable intervenait après l’intrusion. Examiner manuellement plusieurs milliers de courriels demande normalement du temps et une compréhension précise des circuits de décision. EvilTokens automatisait une partie de cette phase de renseignement.

Ses outils pouvaient résumer ou traduire les messages, repérer des échanges financiers, cartographier les responsabilités et identifier des relations de confiance. L’intelligence artificielle recherchait aussi des factures, des discussions liées aux virements ou les personnes disposant d’un pouvoir sur les paiements.

Des commandes prédéfinies aidaient notamment les utilisateurs à repérer les responsables manipulant les fonds ou à déterminer quelles identités seraient les plus crédibles à usurper. L’IA ne servait donc pas uniquement à rédiger un courriel convaincant. Elle contribuait à sélectionner une victime, choisir un interlocuteur à imiter et déterminer un scénario de fraude adapté aux informations découvertes.

Usurpation d’un contact connu

Le service pouvait ensuite proposer des messages se faisant passer pour des contacts connus. L’objectif consistait à exploiter les habitudes, les responsabilités ou les autorisations observées dans la boîte compromise afin d’augmenter les chances d’obtenir un paiement ou une autre action sensible.

En quelques mois, Microsoft a relié EvilTokens à plus de 12 000 messageries compromises appartenant à plus de 10 000 organisations. L’activité observée était particulièrement concentrée aux États-Unis, au Canada, au Royaume-Uni, en Australie, en Inde et en France.

Les victimes appartenaient à plusieurs secteurs, dont la distribution, la construction, les services financiers, l’immobilier, l’enseignement supérieur et la santé.

EvilTokens était commercialisé sur Telegram avec un droit d’entrée de 1 500 $ (conversion en euros impossible sans introduire un taux de change absent des informations fournies), puis un abonnement récurrent de 500 $ (conversion en euros non calculable pour la même raison). Cette offre regroupait compromission de comptes, analyse des boîtes, sélection des cibles et préparation des fraudes dans une même interface.

Un modèle criminel intégré, ciblé par une opération internationale

Les enquêteurs ont également trouvé des éléments indiquant qu’une grande partie d’EvilTokens avait été développée selon une approche de « vibe coding », l’intelligence artificielle assistant directement les créateurs dans la programmation de la plateforme. Plusieurs modèles d’IA auraient aussi contribué aux fonctionnalités proposées.

Cette combinaison abaissait les compétences nécessaires à plusieurs étapes. Des techniques relevant auparavant de l’attaque d’identité, des environnements cloud, de l’ingénierie sociale et de la fraude financière étaient réunies dans un service commercial disposant d’abonnements, d’assistance et de tableaux de gestion.

Pour perturber cette infrastructure, Microsoft a associé action judiciaire et coopération opérationnelle. Health-ISAC s’est joint à la procédure comme coplaignant, notamment parce que des acteurs de la santé figuraient parmi les organisations ciblées.

Avec l’autorisation du tribunal fédéral du district Est de Virginie, Health-ISAC a travaillé avec Cloudflare, Coinbase, OpenAI, Railway, SpyCloud, Shadowserver Foundation et TRM Labs. L’opération a permis la saisie de 50 sites utilisés par le service et la désactivation de plus de 150 domaines supplémentaires liés à son infrastructure.

La coopération avec la Metropolitan Police Service a également débouché sur une opération au Royaume-Uni. Le 11 septembre 2026, les policiers ont arrêté deux hommes âgés de 32 et 38 ans, soupçonnés d’infractions liées à l’exploitation présumée d’EvilTokens. Des appareils numériques et d’autres éléments ont été saisis pour examen. Les deux suspects ont ensuite été libérés sous caution policière, avec conditions, pendant la poursuite de l’enquête. Les défenseurs ont eux-mêmes eu recours à l’IA aprés avoir utilisé la rétro-ingénierie et des outils assistés par intelligence artificielle pour analyser les éléments collectés, accélérer les investigations et identifier les infrastructures soutenant le service.

EvilTokens montre surtout qu’une boîte mail compromise peut devenir presque immédiatement une source structurée de renseignement financier, organisationnel et relationnel exploitable par des fraudeurs assistés par IA.

La défense française prépare les logiciels de ses futurs ordinateurs quantiques

Les futurs calculateurs quantiques militaires auront besoin de logiciels capables de fonctionner en environnement classifié. Avec ALIQUANTE, la France prépare cette couche décisive avant l’arrivée des machines.

Le ministère français des Armées et des Anciens combattants annonce le lancement d’ALIQUANTE, un projet de cinq ans consacré aux outils de programmation quantique. Porté par l’Agence de l’innovation de défense (AID) avec l’appui de la Direction générale de l’armement (DGA), il complète PROQCIMA, programme centré sur le développement des machines. Une plateforme souveraine devra permettre d’émuler des calculateurs, de préparer des programmes pour différentes technologies de qubits et de répartir certains traitements entre calcul haute performance et processeur quantique. Confié à Thales research & technology, BULL SAS et au Commissariat à l’énergie atomique, le projet doit aussi explorer des applications intéressant la défense, notamment sur des données classifiées.

Du calculateur au programme exploitable

Construire un ordinateur quantique ne suffit pas à le rendre utilisable par les armées. Encore faut-il disposer d’outils pour écrire les programmes, les adapter au processeur disponible et déterminer quelles opérations peuvent réellement lui être confiées. C’est l’objet d’ALIQUANTE, annoncé le 24 septembre 2026 par le ministère des Armées et des Anciens combattants.

Le projet intervient en parallèle de PROQCIMA, qui soutient le développement du volet matériel dans le cadre de la stratégie nationale quantique. Cette distinction compte : ALIQUANTE porte sur les logiciels nécessaires pour préparer l’usage des futures machines, sans annoncer qu’un ordinateur quantique militaire opérationnel est déjà disponible.

L’AID conduit ce Projet de technologies de défense avec le concours de la DGA. Sa réalisation, prévue sur cinq ans, revient à un consortium réunissant Thales research & technology (TRT), BULL SAS et le Commissariat à l’énergie atomique (CEA). Leur mission consiste à développer une plateforme souveraine de programmation des processeurs quantiques, ou QPU.

Cette plateforme doit pouvoir émuler des calculateurs quantiques dans un environnement classifié. L’émulation permettra de travailler sur les programmes et d’évaluer leur comportement avant leur exécution sur une machine. Les outils recherchés devront aussi être communs aux différentes technologies de qubits. Pour les futurs utilisateurs, l’enjeu est de préparer des méthodes de travail qui ne dépendent pas entièrement d’une seule architecture matérielle.

Le communiqué cite notamment la compilation d’un programme en circuits quantiques à portes. Il prévoit également des outils capables de répartir l’exécution entre un calculateur de haute performance, dit HPC, et un QPU. Cette articulation doit aider à identifier ce qui relève du calcul classique et ce qui pourrait être confié à un processeur quantique.

Autre objectif annoncé : estimer les ressources nécessaires au passage à l’échelle. Il s’agit de mesurer ce qu’exigeraient des programmes plus ambitieux pour atteindre, à terme, un avantage quantique. Le ministère présente cette étape comme une perspective de recherche et de développement.

Des usages de défense à éprouver

La dimension classifiée donne à ALIQUANTE une portée particulière. Selon le ministère, les outils développés devront permettre de traiter des données protégées et de préparer l’intégration d’une future capacité quantique par les forces armées et les industriels de la défense. Le communiqué ne détaille ni les données concernées ni les missions précises auxquelles la plateforme sera affectée.

Le projet comprend aussi le développement et l’évaluation d’algorithmes pour plusieurs cas d’usage présentant un intérêt militaire. Ce travail pourra être mené par l’industrie ou par le ministère, notamment au sein du laboratoire quantique de défense rattaché à l’AID. À ce stade, l’annonce décrit un programme d’expérimentation : elle ne présente pas ces algorithmes comme des capacités déjà déployées.

ALIQUANTE s’inscrit dans une politique plus large. Le ministère indique que le calcul et les capteurs quantiques figurent parmi les priorités de la loi de programmation militaire 2024-2030. En juin 2025, lors de l’événement France Quantum, un plan quantique ministériel a été annoncé afin d’orienter les recherches vers les applications de défense.

Ce plan prévoit deux structures rattachées à l’AID. Le campus quantique défense doit réunir les acteurs publics et privés intéressés par ces usages. Le laboratoire quantique défense a pour rôle d’explorer concrètement les applications possibles. ALIQUANTE apporte à cet ensemble un chantier logiciel : les outils avec lesquels les équipes pourront concevoir, tester et évaluer leurs programmes.

Créée en 2018, l’AID a pour mission de repérer, financer et accompagner les innovations susceptibles de procurer un avantage stratégique aux forces armées. Dans le domaine quantique, le calendrier annoncé montre que la préparation des usages commence pendant que les machines sont encore en développement.

Pour la cyber intelligence, le point à suivre sera la capacité d’ALIQUANTE à faire passer des travaux de programmation et d’évaluation à des usages vérifiables dans un environnement classifié.

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