Archives de catégorie : Social engineering

Le phishing, au plus haut depuis 2020

Les attaques par hameçonnage vocal hybride (téléphone et email) ont progressé de 625 % depuis le premier trimestre 2021. Plus de 58% des attaques de phishing destinées à dérober des identifiants visaient Office 365.

Les attaques basées sur la réponse ciblant les boîtes emails des entreprises viennent d’atteindre un niveau record depuis 2020, représentant à elles seules 41 % de la totalité des escroqueries par e-mail ciblant les salariés ayant eu lieu au cours du deuxième trimestre de cette année. Tel est le principal enseignement du dernier rapport trimestriel de la société HelpSystems. Entre avril à juin 2022 des centaines de milliers d’attaques par phishing et sur les réseaux sociaux visant les entreprises et leurs collaborateurs ont été repérées.

Les fraudes 419 toujours très présentes

La fraude 419 (scam 419 / arnaque nigériane) consiste en une attaque d’ingénierie sociale reposant sur la réponse des victimes à travers un canal de communication choisi. Phishing, vishing/smishing (ciblage par appel vocal ou SMS) et la fraude 419 ou “arnaque nigériane”. L’arnaque à l’amour, la plus connue, ou autres fausses ventes et propositions commerciales piégées.

Les escroqueries par fraude 419 ont représenté 54 % de toutes les menaces par e-mail basées sur la réponse au deuxième trimestre enregistrant une hausse de 3,4 % en part des signalements jusqu’à présent en 2022, et constituant régulièrement la majorité de ces attaques. La compromission des e-mails professionnels (BEC), qui permet aux acteurs de la menace de se faire passer pour une source de confiance, comme un salarié de l’entreprise ou un sous-traitant, s’est également intensifiée au cours de cette période, contribuant à 16 % du volume global des attaques. Si la part des attaques parmi les autres menaces de la catégorie « Response-Based » a baissé par rapport au premier trimestre, les attaques par vishing hybride (hameçonnage vocal amorcé par e-mail) ont pour leur part également progressé, atteignant un niveau record sur six trimestres, soit un bond de 625 % en volume par rapport à Q1 2021.

« Les attaques basées sur la réponse représentent toujours une part significative du volume de phishing, ce qui montre que les techniques d’ingénierie sociale continuent de se révéler efficaces pour les criminels », commente John Wilson, chercheur principal de l’unité Recherche sur les menaces de HelpSystems. « Nous constatons d’ailleurs que ces derniers continuent à perfectionner les leurres 419, de vishing et de BEC ; ils ne se réinventent pas, mais s’appuient majoritairement sur les nouvelles variantes des menaces d’ingénierie sociale ayant fait leurs preuves par le passé. »

Le site ZATAZ révélait, fin septembre, plusieurs fraudes aux paiements de loyer ou encore à la feuille d’imposition utilisant cette technique.

Autres enseignements clés de ce rapport

Le phishing ne cesse de progresser avec des attaques en croissance de 6 % par rapport au premier trimestre 2022. Au deuxième trimestre, les attaques sur les réseaux sociaux ont augmenté de 20 % par rapport au premier trimestre, avec une moyenne de près de 95 attaques par entreprise et par mois. Avec un bond de plus de 100 % des attaques au cours des 12 derniers mois, les plateformes sociales représentant les outils les plus accessibles pour escroquer le plus grand nombre de victimes.

Au deuxième trimestre, le cheval de Troie Emotet a officiellement regagné son statut de principale charge utile après avoir progressé de 30 % pour représenter près de la moitié de toutes les attaques par malware. Le nouveau venu, Bumblebee, s’établit à la troisième place, et serait potentiellement lié aux anciens payloads très prisés que sont Trickbot et BazaLoader.

Les attaques par vol d’informations d’identification visant les comptes Office 365 ont atteint un niveau record sur six trimestres en termes de part et de volume au cours de la période analysée. Plus de 58% de tous les liens de phishing destinés à dérober des identifiants visaient ceux liés à Office 365 (+ 17,7 % sur l’année).

Comment créer un questionnaire en ligne efficace ?

Vous souhaitez créer un questionnaire mais ne savez pas par où débuter ? Différentes étapes sont importantes dans le cheminement de l’élaboration d’un questionnaire. Dans cet article, nous vous donnons quelques conseils pour en créer un efficace autant pour vous que pour vos participants !

Les étapes à suivre pour réaliser un questionnaire

  • Les objectifs du questionnaire

Avant de rédiger les questions destinées à vos futurs participants, faites le point sur les objectifs du questionnaire. Il est aussi essentiel de déterminer à qui le questionnaire sera distribué. Pour cela, déterminez le type de personnes dont vous avez besoin. Si vous le souhaitez, vous pouvez établir une liste d’informations qui vous permet de cibler les bonnes personnes : âge, nationalité, sexe, études/travail, etc. Ces informations sont demandées au début du questionnaire et vous permettent de faire une étude statistique plus poussée sur vos participants.

  • Type de questionnaire

Sous quelle forme souhaitez-vous proposer ce questionnaire ? Quiz, sondage… Réfléchissez à la manière dont les personnes vont répondre et donc quel type de questionnaire est le plus adapté à vos objectifs.
Pour cibler au mieux le type de réponse que vous souhaitez de la part des candidats, prenez également le temps de réfléchir sur les options qui s’offrent à vous : réponse libre, réponse à choix multiples, notation…

  • L’élaboration

Vous avez désormais fait le plus dur, les objectifs sont notés. Vous pouvez désormais créer votre questionnaire en ligne : voir sur ce site. Choisissez quel format de questionnaire vous souhaitez et lancez-vous !

  • Distribuez votre questionnaire

Votre questionnaire est terminé, c’est le moment de le distribuer. N’hésitez pas à le partager sur les réseaux sociaux via son lien. Aussi, vos connaissances peuvent vous aider à le distribuer ou à trouver des candidats.

  • Analyse des résultats

Après avoir récolté les résultats obtenus, vous pouvez passer à l’analyse des graphiques. C’est la dernière étape qui vous permet de vérifier vos hypothèses de départ si vous en aviez, ou de comparer les objectifs aux résultats.

Nos conseils pour un questionnaire efficace

  • Allez droit au but

Si cela est possible, évitez les questionnaires trop longs. Les utilisateurs risquent de quitter le questionnaire sans avoir terminé. Si des questions vous semblent superflues ou douteuses, retirez-les ou trouvez un moyen de mieux les intégrer. Le but est que les personnes questionnées restent jusqu’au bout et répondent au maximum des questions !

La barre de progression est par exemple une idée astucieuse pour que le participant voit les étapes restantes avant de la fin. En effet, pour montrer l’avancée du processus afin que la personne se situe dans le questionnaire, vous pouvez insérer cette barre.

  • Employez la bonne formulation

Le but est de rester neutre : ne laissez pas paraître votre opinion dans le questionnaire. Vous récoltez des réponses et les personnes interrogées ne doivent pas être influencées. C’est pourquoi il est important de bien réfléchir aux formulations employées pour garder un ton formel.
Attention également à ne pas être ambigu dans vos demandes pour que la personne comprenne bien la question et réponde le plus sincèrement possible. Évitez les questions trop personnelles ou complexes.

Suivre un avion sur le web, une violation de la vie privée ?

Le jet privé d’Elon Musk a été suivi par un jeune programmeur pendant plus d’un an. Il évoque les voyages du fondateur de Tesla sur Twitter devant un public de plusieurs centaines de milliers de personnes. Musk a d’abord essayé de soudoyer l’étudiant, en lui proposant 5 000 dollars, puis l’a carrément bloqué sur les médias sociaux. Mais ça n’a pas aidé.

La chose la plus importante ici est de relier une personne spécifique à un avion spécifique. Et à l’avenir, il suffit de configurer le robot pour collecter des données sur le début du mouvement d’un avion particulier. Des données supplémentaires seront nécessaires pour s’assurer que Musk est physiquement à bord. Et ils seront probablement plus largement sécurisés. Le plan de vol comprendra les personnes qui volent. »

Sur le moteur de recherche le plus populaire qui suit les avions en temps réel, comme Flightradar24, plane finder, flight aware, tous les jets d’affaires sont « secrets ». En d’autres termes, les propriétaires d’avions paient des services pour que leur numéro de vol et leur type d’avion restent cachés. Et ils demandent généralement que les photos de l’avion soient également retirées. Il existe cependant des abonnements platine où chacun peut facilement retracer d’où il est parti, où il est allé.

Ce type d’information n’est soumis à aucune restriction universelle. Comme ces informations sont diffusées, elles ne sont pas secrètes, de sorte qu’il n’y a pas d’incidents dans les airs ou en mer. Et la seule chose que l’on puisse dire ici est qu’il s’agit d’une violation de la vie privée.

Fraude au président : une arnaque qui profite de l’essor du télétravail

La fraude au président est devenue l’une des principales cyberattaques dans le monde. La fraude au président a profité de l’essor massif du télétravail en 2020 pour se développer.

Selon le baromètre 2020 “Etude sur la fraude” du cabinet Euler Hermes, la fraude au président est devenue l’une des principales cyberattaques dans le monde (la troisième d’après le cabinet). Cette escroquerie, qui a recours à l’usurpation d’identité des dirigeants d’entreprise, est en hausse notable et est mentionnée par 38% des entreprises ayant répondu à l’étude. Tout comme les rançongiciels, la fraude au président a profité de l’essor massif du télétravail en 2020 pour se développer. Si, dans le cas des rançongiciels, ce sont les technologies d’accès à distance qui ne sont pas adaptées au télétravail, ici c’est le manque d’interactions sociales en présentiel et de communication qui est l’une des causes majeures de la multiplication de ce type d’arnaque.

Comment se déroule une fraude au président ?

Dans le cadre de la fraude au président, un escroc qui a préalablement fait des recherches sur l’entreprise cible se fait passer pour le PDG ou pour un administrateur pour demander, par e-mail, au comptable de la société, un virement bancaire pour une opération confidentielle et urgente. Cet escroc usurpe ainsi l’identité d’une personne de confiance, via une adresse e-mail créée pour l’occasion, et s’adresse directement au bon interlocuteur (le comptable). Cette tâche apparaissant comme urgente, la personne contactée va parfois s’exécuter sans prendre le temps de la réflexion et, puisqu’il s’agit d’une opération confidentielle, elle n’en parlera pas à ses collègues et n’éveillera donc pas les soupçons. En décembre 2020, le CDER, l’une des associations de gestion et comptabilité les plus importantes en France, a subi une attaque de ce type avec un préjudice annoncé de 14,76 M€ (source : L’Union). La comptable de l’association a été licenciée pour faute grave pour avoir “contourné les procédures internes.

Suite à la pandémie et la mise en place du télétravail au sein des organisations, de nombreux collaborateurs travaillent depuis chez eux au moins une partie de la semaine. En conséquence, une forte diminution voire une absence d’interactions et de discussions de vive voix avec les dirigeants et administrateurs. Les échanges à distance se sont multipliés et les opérations qui avaient pour habitude d’être confirmées ou évoquées en présentiel ont fait place à des réponses par simples emails qui, dans le cas d’une fraude au président réussie, engendrent des dommages irréversibles”, explique Christophe Corne, de Systancia.

Quelques bonnes pratiques pour s’en prémunir

La gendarmerie nationale, la Direction Générale du Renseignement Intérieur, l’ANSSI, votre serviteur ne cessent d’expliquer comment ne pas se faire « filouter ». Seulement, rien de plus aveugle et sourde qu’une personne qui ne pense que cela n’arrive qu’aux autres. Le Service Veille de ZATAZ a d’ailleurs reçu, il y a quelques jours, un cadeau d’une société (qui en a profité pour souscrire un abonnement, merci 🙂 aprés que le SVZ a découvert des données internes qui servaient à la préparation d’une fraude au président. Les factures et les informations incluent dans l’ensemble des documents étaient exploités, au téléphone, par un/des escroc(s).

Plusieurs actions peuvent en effet être mises en place pour limiter drastiquement le risque qu’une telle arnaque aille à son terme. Dans un premier temps, il est indispensable de sensibiliser les comptables à ce type de fraude puisque ce sont eux qui sont spécifiquement visés. Deux éléments doivent les alerter : les caractères urgents et confidentiels de l’opération. En cas de doute, il conviendra alors de contacter le président par téléphone pour valider cette opération de vive voix.

Cependant, si ce type de vérification est faisable au sein des PMEs, lorsqu’il s’agit d’une grande entreprise, il est parfois plus compliqué d’obtenir une confirmation orale. C’est dans ce cas qu’une fonctionnalité telle que la séparation des tâches (SoD – Segregation of Duties) prend tout son sens.

Les virements bancaires étant, en tout état de cause, critiques pour toute organisation, ceux-ci doivent être soumis à un mécanisme de SoD pour tout virement non récurrent ainsi que lors de la mise en place d’un virement récurrent. La réalisation d’un virement bancaire par le comptable serait soumise à une validation électronique d’un administrateur de la société ou de tout autre personne habilitée à valider ce type d’opération. Ainsi, si le virement semble suspect, celui-ci sera investigué et stoppé avant même que le virement ne soit effectué.

La fraude au président, comme tout autres principales cybermenaces, doit être intégrée aux actions de sensibilisation à la cybersécurité dispensées par les organisations. Il s’agit là de la première barrière face aux cyberattaques et parfois la seule disponible, dès lors qu’une société ne dispose pas de solutions de cybersécurité adéquates face aux différentes menaces qui pèsent sur les systèmes d’information. Les collaborateurs sont en première ligne face aux cyberattaques et doivent donc être au cœur de la stratégie de sécurisation des systèmes. Un collaborateur formé et informé voit son statut passer de celui de faille à celui de maillon fort de l’organisation.

CHARMING KITTEN : des pirates venus d’Iran

Alors qu’ils ciblaient en mars dernier les éminents chercheurs en médecine via des campagnes de phishing principalement aux États-Unis et en Israël, l’acteur malveillant TA453, qui serait affilié au gouvernement iranien, également connu sous les noms de CHARMING KITTEN et PHOSPHORUS, est de retour avec une nouvelle campagne de leurres par email.

Baptisée « SpoofedScholars », cette opération représente l’une des campagnes les plus sophistiquées de TA453 selon la société en cybersécurité Proofpoint. Cet acteur malveillant procèderait en usurpant des infrastructures légitimes et reconnues pour atteindre leurs cibles. C’est en initiant des campagnes d’emails malveillants que TA453 a pu obtenir illégalement l’accès à un site Web appartenant à une institution universitaire de renommée mondiale afin de récolter les identifiants des cibles victimes.

SpoofedScholars

Les attaques de TA453 sont toujours plus innovantes et complexes. La finalité de l’opération « SpoofedScholars » ? Dérober des informations qui seront ensuite détenues par l’IRGC (Corps des gardiens de la révolution iranienne). Pour le moment, rien ne prouve la réelle appartenance de ces pirates avec l’IRGC.

C’est après avoir établi une pseudo relation de confiance par le biais de nombreuses conversations, que TA453 a pu infiltrer les systèmes d’information de ses infrastructures cibles comme l’Université de Londres. En effet, TA453 fournissait dans ses échanges par emails, un « lien d’enregistrement » vers un site Web compromis hébergeant une page de collecte d’informations d’identification de la radio SOAS de l’Université de Londres.

Ce site de phishing, aux apparences trompeuses était en réalité configuré pour dérober une variété de données d’identification.

Sur la durée, TA453 a changé de tactique et a décidé de fournir le lien d’enregistrement phishing plus tôt et plus furtivement dans ses interactions avec ses cibles, rendant ainsi la phase de conversation non-nécessaire.

Bien qu’à l’heure actuelle cette campagne ait été démasquée et qu’une partie du groupe de TA453 ne semblent plus être actifs, la société estime avec une grande confiance que TA453 continuera d’usurper les universitaires du monde entier pour soutenir les opérations de collecte de renseignements de TA453 en faveur des intérêts du gouvernement iranien. Les universitaires, les journalistes et le personnel des groupes de réflexion devront redoubler de vigilance et vérifier l’identité des personnes qui souhaiteront échanger avec eux par mail pour des opportunités professionnelles.

Le nombre de vos contacts augmente le piratage

Disposer d’un réseau de contacts professionnels est essentiel pour réussir dans le monde de l’entreprise, mais ces contacts peuvent être utilisés à mauvais escient par des attaquants

Les voies d’accès inattendues que des cybercriminels exploitent en s’attaquant au réseau de contacts d’une entreprise sont multiples. Voici la nature de ces risques et sur les mesures que les organisations peuvent prendre pour s’en prémunir.

Les criminels s’intéressent aux contacts de tous types : L’expansion d’un réseau de contacts accroît mécaniquement la surface d’attaque. Les contacts à tous les niveaux. Des partenaires commerciaux aux distributeurs. Des employés aux clients. Ils accroissent le risque potentiel d’une intrusion. En conséquence, des protections de cyber sécurité sont nécessaires pour gérer cette catégorie de risques.

Reconnaître les risques par association : Les relations d’affaires sont autant de potentielles voies d’accès pour des cybercriminels. Une entreprise peut être une cible intéressante. Elle offre une voie d’accès plus facile à certains de ses clients et partenaires.

Les plus grandes organisations doivent avoir mis en place des systèmes de sécurité plus sophistiqués. Donc, des malveillants infiltrent leurs partenaires pour y avoir accès par leur intermédiaire.

Le fournisseur, cet ennemi qui s’ignore

Les fournisseurs de services introduisent un nouvel ensemble de risques. Le modèle « as a service » accélère l’adoption de nouvelles technologies. Le processus de transformation digitale des entreprises, mais il introduit aussi de nouvelles vulnérabilités.

Toutes les entreprises s’exposent à des risques induits par leurs fournisseurs de services, fournisseurs de cloud ou autres. Pour protéger leurs opérations et leurs actifs, elles doivent donc contrôler leurs connexions avec chaque fournisseur de service, et leur infrastructure de sécurité comme leur gestion des risques à renforcer en conséquence.

Relationnel… pirate !

Les responsabilités des entreprises s’étendent à leurs relations avec leurs partenaires : Lorsqu’une intrusion se produit, les responsabilités ne sont pas limitées à une seule organisation. Ses dirigeants doivent faire tout leur possible pour protéger non seulement leur propre entreprise, mais aussi ses partenaires. En réponse à une cyber attaque, tous les efforts doivent être entrepris pour contenir, contrôler, rapporter et résoudre l’incident. Et il est important de réaliser qu’une entreprise peut être tenue pour financièrement responsable de pertes subies par d’autres qui ont été exposés à des risques en raison de leur connexion avec l’entreprise attaquée. Une partie des coûts induits par le cyber crime est liée aux obligations que les entreprises ont vis-à-vis de leurs connexions.

Employés, ohé! ohé !

Vos propres employés vous mettent en danger : Dans une organisation, ce sont les employés qui représentent le plus grand facteur de risque. Le rythme accéléré des affaires, nos méthodes de travail et la pléthore de distractions auxquelles nous sommes exposés dans notre vie de tous les jours conspirent tous à nous rendre vulnérables. Nous faisons des erreurs, nous sommes dans l’urgence, nous ouvrons des emails, cliquons sur des liens et téléchargeons des pièces jointes sans arrière-pensées. Et ce faisant, nous mettons nos entreprises en danger. Autant de raisons pour lesquelles les organisations ont besoin de nouvelles compétences en matière de sécurité pour les aider à sécuriser leurs activités.

Parlez-vous secret ?

Le blog ZATAZ.COM revient sur un test gratuit proposé par le SECRÉTARIAT GÉNÉRAL DE LA DÉFENSE ET DE LA SÉCURITÉ NATIONALE (SGDSN). L’idée, comprendre le secret en entreprise, et s’auto-évaluer sur cette problématique. A tester sans modération.

Etude FireEye.

Selon le FBI, les attaques BEC auraient coûté 26 milliards de dollars aux entreprises

Les attaques BEC auraient coûté 26 milliards de dollars aux entreprises entre juin 2016 et juillet 2019.

Plus de 99% des cyberattaques requièrent une action humaine pour se propager. Les attaques BEC reposent sur l’engagement des individus et les cybercriminels s’appuient sur la psychologie humaine en demandant des réponses urgentes à des sollicitations pour des virements ou l’envoi de données confidentielles, simulant souvent un besoin commercial immédiat mais fictif. Pour réduire les chances de succès de telles attaques, les entreprises doivent prendre des mesures rapidement, en sensibilisant leurs employés et en déployant des solutions qui placent l’individu au cœur de leur stratégie de sécurité.

Les BEC et les EAC (des attaques BEC lancées à partir de comptes internes compromis appartenant à des cadres – et donc plus difficiles à détecter) représentent des armes de choix car elles sont peu coûteuses et nécessitent plus de recherche que les infrastructures d’envoi.

L’envoi d’emails frauduleux est peu coûteux. Les messages n’exigent pas de logiciels malveillants coûteux ; pourtant, les attaques elles-mêmes sont très efficaces, entraînant des milliards de dollars de pertes.

E-mails frauduleux

L’exploitation du canal email par le biais de messages hautement personnalisés et conçus par ingénierie sociale permet aux cybercriminels d’usurper facilement l’identité d’un employé ou d’un partenaire de confiance. La prévalence et l’efficacité des stratégies de phishing et de vols d’identifiants alimentent également les attaques EAC, ouvrant aux attaquants un canal interne pour mettre en œuvre leurs cyberattaques.

« Ces systèmes d’ingénierie sociale vont devenir de plus en plus répandus et difficiles à identifier, à détecter et à combattre. Il est essentiel que les entreprises privilégient une approche de cybersécurité centrée sur les personnes qui protège toutes les parties (employés, clients et partenaires commerciaux) contre le phishing, la fraude par email, le vol d’identifiants et les attaques par force brute. » indique  Loïc Guézo de Proofpoint.

Des défenses à plusieurs niveaux au niveau de la périphérie du réseau, de la passerelle de messagerie, du cloud et des points d’accès, ainsi qu’une solide formation des utilisateurs afin d’offrir la meilleure défense contre ces types d’attaques.

D’autant plus malicieuses : le phishing n’est pas un virus. Le type de logiciel malveillant que détectent les antivirus par exemple.

Direction Hong Kong… mais pas que !

Sur la base des données financières, les banques situées en Chine et à Hong Kong restent les principales destinations des fonds frauduleux. Toutefois, le Federal Bureau of Investigation constate une augmentation du nombre de transferts frauduleux vers le Royaume-Uni, le Mexique et la Turquie.

Les statistiques BEC / EAC suivantes ont été rapportées à l’IC3 et proviennent de sources multiples. Notamment des données d’IC3 et de plaintes internationales en application de la loi, ainsi que des informations transmises par des institutions financières entre octobre 2013 et juillet 2019:

Les statistiques suivantes ont été rapportées dans les plaintes déposées par les victimes auprès de la CI3 entre juin 2016 et juillet 2019:

Incidents nationaux et internationaux: 166,349
Perte de dollars exposée aux niveaux national et international: $26,201,775,589
Les statistiques BEC / EAC suivantes ont été rapportées dans les plaintes des victimes déposées auprès de l’IC3 entre octobre 2013 et juillet 2019:
Total des victimes américaines: 69,384
Perte totale en dollars exposés aux États-Unis: $10,135,319,091
Total non-U.S. victims: 3,624
Perte totale en dollars exposés en dollars américains: $1,053,331,166
Les statistiques suivantes ont été rapportées dans les plaintes déposées par les victimes auprès de la CI3 entre juin 2016 et juillet 2019:
Total des bénéficiaires financiers américains: 32,367
Destinataire financier américain total exposé perte en dollars: $3,543,308,220
Total des bénéficiaires financiers non américains: 14,719
Total des pertes financières en dollars des bénéficiaires financiers autres que les États-Unis: $4,843,767,489

(FBI)

Tentative de piratage CoinHouse

Des pirates informatiques ont tenté de piéger les clients du site spécialisé dans les cryptomonnaie CoinHouse. Mais comment les pirates ont-ils eu les mails utilisés dans leur tentative de fraude ?

Jeudi 12 septembre, 20 heures. La société CoinHouse alerte ses clients d’une tentative de fraude. Une cyber attaque aux couleurs de ce spécialise des cryptomonnaie prenant la forme d’un phishing. « Vous avez pu recevoir un mail ayant pour objet  »Action requise: vérifiez vos données », avec un message en anglais vous invitant à cliquer sur un bouton  »Verify ». » explique CoinHouse dans son courriel d’alerte. « Ce message a été envoyé par des pirates informatiques pour vous rediriger vers un faux site : app.colnhouse.com et ainsi récupérer vos identifiants. »

L’attaque a débuté quelques heures auparavant. Un courriel signe coinhouse.com comme le montre la capture écran de Data Security Breach. « In order to continue using our services, please verify our submitted data and documents. It will not take more than 3 mintues to complete the verifying steps, once you finish, please proceed by pressing save button. » annonçait l’arnaque.

La page pirate recupérait les identifiants de connexion.

Infiltration, exfiltration

Fait intéressant : si les hameçonnages sont très fréquents, l’histoire ne dit pas comment les pirates ont eu accès aux adresses électroniques. Plusieurs lecteurs de Data Security Breach, dont votre serviteur, exploitent une adresse dédiée à ce service ! A noter que ce courriel usurpateur a été envoyé via l’outil bmail exploité en interne par CoinHouse.

Les pirates avaient parfaitement organisés leur action. En plus du courriel et de sa méthode de diffusion, ils avaient enregistré le domaine https://app.colnhouse.com. Un typosquatting. Le i de CoinHouse remplacé par un L minuscule : app.colnhouse.com

Fraude aux adresses IPv4

À mesure que les adresses IPv4 deviennent des produits de valeur, des systèmes de fraude élaborés apparaissent. Les propriétaires d’entreprise ont besoin de partenaires industriels experts pour optimiser et protéger leurs actifs d’adresses IP

 

Début du mois de septembre, les médias sud-africains ont révélé un système de fraude complexe dans lequel les adresses IPv4 d’une valeur d’au moins 30 millions de dollars sur le marché de l’occasion avaient été volées ou détournées par de grandes sociétés multinationales basées en Afrique du Sud.

La plupart des propriétaires enregistrés n’étaient pas au courant de cette violation de leurs propriétés.  Les « pirates » exploitant des structures de propriété complexes. De plus, les propriétaires légitimes peu familiarisés avec la valeur des actifs considérables de leurs stocks d’adresses IPv4.

Parmi les ensembles d’adresses, il y avait un certain nombre de «blocs hérités» particulièrement précieux. Des ensembles d’adresses IP mises en place avant la création de registres Internet régionaux (RIR). Donc totalement libres d’utilisation.

« Nous remarquons souvent que les entreprises qui ont obtenu d’importants groupes d’IPv4 alors qu’ils étaient encore disponibles n’ont pas conscience de leur valeur. Auparavant, des milliers d’adresses étaient gratuites. Aujourd’hui, une adresse unique peut valoir jusqu’à 30 dollars », commente Vincentas Grinius, PDG de Heficed, une société proposant des solutions d’infrastructure réseau centrées sur la fourniture et la gestion des adresses IP.

Fraude IPv4

Comme pour les VPN, les adresses numériques sont devenues des contenus très courus.

La fraude IPv4 est devenue un problème de plus en plus urgent au cours de la dernière décennie. En effet, les adresses IP omniprésentes sont en réalité une ressource limitée. Leurs sources initiales, les RIR desservant chacune une région continentale, sont presque épuisées, et AFRINIC est la seule à les attribuer avec une relative facilité.

Les adresses IP étant toutefois localisées, les adresses africaines ne servent qu’à un usage limité – pour exploiter un serveur en Europe ou en Amérique, un utilisateur a besoin d’une adresse IP européenne ou américaine. Ceci est particulièrement pertinent pour les clients dépendant de la latence, comme ceux qui opèrent dans des domaines où la concurrence est rude.

Business de l’IPv4

Quiconque a besoin d’adresses IPv4 doit donc les obtenir sur le marché de l’occasion. Comme dans tout marché de produits de base, la fraude constitue également un problème.

Même dans les pays hautement réglementés comme les États-Unis, les fraudeurs s’attaquent toujours aux ressources de grande valeur.

Les adresses se récupérent. Mais cela prend souvent un temps considérable et beaucoup d’investissements.

Il est souvent impossible pour les grandes entreprises de suivre correctement les droits de propriété sur IPv4.

« Comme pour tous les biens immatériels complexes, tels que les stocks ou les actifs virtuels, les fournisseurs d’infrastructure de réseau intermédiaire remplissent plus que la fonction de commerçant. Ils commercialisent, gèrent et gèrent les ressources de leurs clients », explique Grinius.

Traiter des détails techniques tels que les adresses IP est souvent laissé de côté par les entreprises. Encore faut-il qu’elles sont au courant du problème.

Pour le moment, le seul moyen d’éviter des violations de la sécurité potentiellement dommageables est de travailler avec des partenaires de confiance dans la recherche et la gestion d’adresses IPv4. Avec une forte demande encourageant la fraude, les autorités existantes sont tout simplement surmenées.

Le coût additionné des attaques par cryptovirus touchant les PME françaises

L’enquête terrain inédite menée par l’IRT SystemX auprès de PME et TPE françaises, victimes de cyberattaques, dévoile l’impact réel des cyber-préjudices et fait voler en éclats deux grandes croyances communément admises : le nombre de cyberattaques réussies s’avère bien supérieur aux estimations habituellement rendues publiques, tandis que le coût moyen des cyberattaques se révèle en revanche beaucoup plus faible que supposé. Zoom sur les 9 principaux enseignements de cette étude.

 SystemX, unique IRT dédié à l’ingénierie numérique des systèmes du futur, dévoile les principaux enseignements de sa première enquête terrain menée sur 3 ans* auprès de plus de 60 entreprises françaises**, principalement des PME/TPE de moins de 50 personnes, victimes de cyberattaques. Toutes les régions et secteurs economiques sont représentés. L’objectif de cette enquête était de mesurer les préjudices causés au tissu économique, puis d’élaborer des modèles de calcul des coûts ainsi que de l’exposition d’une entreprise au risque Elle a également permis de collecter des signaux faibles, annonciateurs de nouvelles tendances, et notamment d’évolutions à attendre sur le mode opératoire de certaines formes d’attaques

Parmi les catégories d’attaques étudiées, le rançonnage par cryptovirus et les fraudes au président et faux ordres de virement prennent la plus grande place. Ont également été rencontrées : l’escroquerie au faux support technique, la prise de contrôle de messagerie, le piratage téléphonique, la fraude aux sentiments, l’usurpation d’identité, la mauvaise protection des caméras, la captation de nom de domaine, le défaçage ou encore le vol de compte bancaire. A noter la grande rareté des attaques DDos par déni de service contre des PME, ce qui constitue l’un des résultats inattendus de cette enquête et confirme que ce type d’attaque résulte avant tout d’un ciblage intentionné de la part d’un tiers.

« Cette enquête terrain est inédite en France : elle transmet une vision profondément renouvelée des attaques informatiques notamment grâce à une précision des chiffres jamais atteinte. Initiée dans le cadre du projet EIC (Environnement pour l’Interopérabilité et l’Intégration en Cybersécurité), elle remet en cause les chiffrages habituels, ce qui modifie la vision à porter sur le cyber-risque », explique Gilles Desoblin, Responsable de la thématique Défense et Sécurité, IRT SystemX.

Parmi les principaux enseignements de cette enquête

–          La fréquence des attaques réussies en matière de cryptovirus est plus haute que supposée jusqu’alors : pour une PME de moins de 50 salariés, la probabilité d’être victime ne se mesure annuellement plus en pour mille mais en pour cent, se situant entre 2 et 5% (soit entre 100 000 et 250 000 entités par an). Elles ne se situent donc plus dans la catégorie des événements rares.

–          Le coût moyen d’une attaque par cryptovirus est inférieur à ce qu’il est généralement communiqué via les médias : en effet, le coût moyen pour une TPE s’évalue actuellement en milliers d’euros par attaque réussie, en non en dizaines, centaines voire en millions d’euros. A noter que la progression des coûts n’est pas proportionnée seulement à celle de la taille d’une entreprise, mais dépend d’autres facteurs parfois inattendus tels que le mode de gestion des ressources humaines .

–          La médiane constatée (de l’ordre du millier d’euros) est basse et se situe nettement au-dessous de la moyenne, ce qui signifie qu’un grand nombre d’attaques réussies trouvent des solutions à faible prix, particulièrement quand les sauvegardes ne sont pas affectées.

–          Toujours concernant les cryptovirus, les coûts additionnés subis par l’ensemble des victimes de moins de 50 employés – entreprises ou associations – en France s’élèvent à un montant supérieur à 700 millions d’euros par an.

–          Dans cette observation de transfert de richesse, le gain enregistré par les pirates déroge à l’image communément admise. La sortie de capitaux, due conjointement aux cryptovirus et aux fraudes aux président – soit plus de 200 millions d’euros -, masque des modèles économiques très différents entre ces formes de criminalité. Les calculs réalisés au sujet des cryptovirus font ressortir un ratio entre l’argent rançonné (sommes versées) et le préjudice total de l’ordre de 1/25 chez les PME/TPE. A contrario, les fraudes au président, malgré leur recours accentué à des acteurs humains et à l’ingénierie sociale, laissent entrevoir des marges finales plus élevées.

–          L’étude dévoile également la sous-estimation du préjudice humain occasionné par ces attaques (fragilisation des personnes, perte de cohésion de groupe), avec la nécessité d’assister les décideurs pendant cette phase où ils doivent mener des arbitrages en situation de forte incertitude.

–          A contrario, le préjudice sur l’image des entreprises touchées est surestimé, puisqu’il est souvent superficiel et passager, sauf si cela coïncide avec un temps fort de la société (lancement de nouveau produit ou événement-jalon important).

–          Si les relations entre entreprises partenaires se sont confirmées être l’une des principales failles en cas d’attaque et de leurre, par exemple en matière de rançonnage avec des courriers du type « facture modifée » ou de fausses adresses bancaires (FOVI), l’observation plus fouillée fait ressortir qu’une partie très importante des coûts d’attaque provient de la déficience d’acteurs de l’écosystème de l’entreprise : prestataire ou éditeur informatique, opérateur télécom, fournisseur de messagerie, électricien, banquier, etc. Il est apparu que ces déficiences ou le manque de réactivité de nombre de ces acteurs alimentent le risque dans des proportions au moins comparables à celles engendrées par les déficiences internes.

–          Enfin, contrairement à l’image d’une sécurité informatique qui s’obtiendrait par de forts investissements, l’étude souligne que la majorité des préjudices observés aurait pu être évitée ou atténuée par des modes de protection à coût modeste, et par une série de bonnes pratiques accessibles à la plupart des entreprises.

*Réalisée entre 2016 et 2019

** Entreprises invididuelles, TPE et PME de moins de 50 personnes et secteur associatif