Archives de catégorie : Cybersécurité

Actualités liées à la CyberSecurité.

Il y a bien eu des tentatives de piratage de Gemalto

Gemalto a présenté ce mercredi 25 février les conclusions de ses investigations sur le possible piratage de clés d’encryptage de cartes SIM diffusé par un journal américain. Pour la firme, l‘analyse de la méthode décrite dans les documents et les tentatives d’intrusion sophistiquées détectées par Gemalto en 2010 et 2011 rendent cette opération probable. Les attaques (Phishing et tentative d’installation du cheval de Troie) n’auraient touché que des réseaux bureautiques, elles n’ont pas pu résulter en un vol massif de clés d’encryptage de cartes SIM. La technique utilisée étant d’intercepter les clés lors de l’échange entre l’opérateur télécom et ses fournisseurs, et Gemalto indique avoir largement déployé un système d’échange sécurisé avec ses clients, avant 2010. Les données éventuellement volées par cette méthode ne sont exploitables que dans les réseaux de deuxième génération (2G). Les réseaux 3G et 4G ne sont pas vulnérables à ce type d’attaque.

Suite à la publication de documents le 19 février 2015 dernier, Gemalto a mené une investigation approfondie sur la base de deux éléments : les documents censés émaner de la NSA et du GCHQ rendus publics par ce site, et les outils de surveillance interne, avec leurs registres de tentatives d’intrusion.

L’article de The Intercept suppose que les documents publiés sont réels et qu’ils décrivent précisément des événements qui se sont produits en 2010 et 2011. Notre publication ci-dessous n’a pas pour but de confirmer partiellement ou entièrement ni de fournir des éléments permettant de réfuter partiellement ou entièrement le contenu des documents publiés par ce site web. En tant qu’acteur de la sécurité numérique, Gemalto est régulièrement la cible d’attaques. Ces tentatives d’attaques sont plus ou moins sophistiquées et nous sommes habitués à y faire face. La plupart échouent mais quelques-unes parviennent parfois  à pénétrer la partie externe de notre réseau qui est architecturé pour être très sécurisé.

 

Si nous regardons en arrière, sur la période couverte par les documents de la NSA et le GCHQ, nous confirmons avoir fait face à plusieurs attaques. En 2010 et 2011 précisément, nous avons détecté deux attaques particulièrement sophistiquées qui pourraient être reliées à cette opération.

 

En juin 2010, nous avons remarqué une activité suspecte sur l’un de nos sites français où un tiers a essayé d’espionner le réseau que nous appelons « office », c’est-à-dire le réseau de communication des employés entre eux et avec le monde extérieur. Des mesures ont été prises immédiatement pour éradiquer la menace.
En juillet 2010, notre équipe de sécurité a détecté un second incident. Il s’agissait de faux courriels envoyés à l’un de nos clients opérateur mobile en usurpant des adresses mail authentiques de Gemalto. Ces faux emails contenaient un fichier attaché qui permettaient le téléchargement de code malveillant. Nous avons immédiatement informé le client concerné et signalé l’incident aux autorités compétentes, en leur communiquant l’incident lui-même et le type de programme malveillant identifié.

 

Au cours de la même période, nous avons également détecté plusieurs tentatives d’accès aux ordinateurs de collaborateurs de Gemalto ayant des contacts réguliers avec des clients. A l’époque, nous n’avons pas pu identifier les auteurs de ces attaques mais maintenant nous pensons qu’elles pourraient être liées à l’opération du GCHQ et de la NSA.

 

Les intrusions n’ont affecté que des parties externes des réseaux de Gemalto, c’est-à-dire les réseaux bureautiques qui sont en contact avec le monde extérieur. Les clés de cryptage et plus généralement les données client ne sont pas stockées sur ces réseaux. Il faut imaginer l’architecture de notre réseau un peu comme le croisement entre un oignon et une orange. Il est composé de couches multiples et de nombreux quartiers qui permettent de cloisonner et d’isoler les données.

 

Babar n’est peut-être pas un code malveillant Français

Les experts du G DATA SecurityLabs ont analysé le code malveillant mentionné par les documents du CSEC, communiqués par Edward Snowden. Avec l’analyse de Babar, les experts du G DATA SecurityLabs confirment les informations dévoilées par les documents d’Edward Snowden sur l’existence d’un énième outil d’espionnage étatique. Mais l’origine française, avancée par le Communication Security Establishment Canada (CSEC) dans les documents dévoilés, ne peut toutefois pas être confirmée.

Environ un an après que l’opération SNOWGLOBE ait été publiquement mentionnée pour la première fois par le journal Le Monde, des experts en sécurité ont mis la main sur des échantillons de codes malveillants qui correspondent aux descriptions faites par le Communication Security Establishment Canada (CSEC).

Analyse détaillée de Babar

Le G DATA SecurityLabs publie la première analyse du code nommé Babar. Après les premières révélations sur EvilBunny, Babar est maintenant le second composant identifié en relation avec l‘opération SNOWGLOBE, provenant vraisemblablement des mêmes développeurs. Les fonctionnalités de Babar vont de l’enregistrement de frappes claviers, du presse papiers jusqu’aux conversations audio.

Des documents de Snowden comme base de travail

La révélation de l’existence d’un autre spyware étatique est faite en mars 2014, lorsque Le Monde publie des informations secrètes datant de 2011. Mais ces informations ne révèlent qu’une petite partie de l’histoire. En janvier 2015, le journal allemand Der Spiegel publie une autre série de documents qui donne plus d’informations sur ce que le Communication Security Establishment Canada (CSEC) a identifié: l‘opération Snowglobe. Découverte en 2009, cette campagne repose sur trois «implants» différents, deux nommés „Snowball“ et un plus sophistiqué, découverts mi-2010 et prénommé „Snowman“. Selon la diapositive 22, « le CSEC évalue, avec certitude modérée, Snowglobe comme un CNO [Opération Réseau Cyber] parrainé par un État, et dirigé par une agence de renseignement française.« 

Plusieurs codes malveillants en jeu

Avec l’analyse de Babar et d’EvilBunny, les experts du G DATA SecurityLabs ont trouvé des échantillons correspondants aux descriptions du CSEC. EvilBunny et Babar correspondent à deux des trois implants mentionnés. Le nombre de similitudes entre EvilBunny et Babar montre que ces deux codes sont issus des mêmes développeurs. De plus, les analyses laissent penser que les échantillons sont des versions plus récentes que celle décrite par le CSEC.

Origine non confirmée

Mais les experts ne peuvent pas confirmer l’information concernant l’origine des codes malveillants. Les informations du CSEC sont en partie confirmées dans les analyses du code, mais aucune preuve formelle n’a été trouvée. Même si un grand nombre de questions restent sans réponse, ces analyses marquent un pas important dans la validation des diapositives dévoilées.

Cyber-sécurité : éviter la menace interne en surveillant les portes du royaume

Les récentes cyberattaques de grande envergure telles que le récent « cyber hold-up » via le malware Carbanak à l’encontre des établissements bancaires ou encore celle qui a permis la révélation de la fraude fiscale HSBC par son ex-informaticien Hervé Falciani, rappellent que les menaces internes sont de plus en plus présentes. Les hackers ne cessent d’affiner leurs techniques de piratage pour garder une longueur d’avance sur les mesures mises en place par les organisations. Leur atout majeur : le manque manifeste de vigilance autour des pratiques en interne de la plupart des organisations. La tâche des hackers s’en trouve donc simplifiée, puisque des techniques simples et classiques pour infiltrer les comptes à hauts pouvoirs de l’entreprise suffisent à bouleverser toute une structure.

Aujourd’hui, les pirates s’infiltrent insidieusement dans les systèmes et s’y installent aussi longtemps que nécessaire pour récolter les données qu’ils convoitent. Les techniques varient et si elles se renouvellent, les vieux schémas restent de mise. Dans le cas de HSBC par exemple, très semblable à l’affaire Snowden, la révélation des Swissleaks a été perpétrée par un ex-informaticien de la banque hongkongaise ayant eu accès aux données des clients en situation de fraude fiscale. Au-delà des clauses de confidentialité auxquelles sont soumis les employés d’une entreprise, ce cas de figure rappelle la nécessité de surveiller les accès des employés aux données de l’entreprise, et notamment à celles qui ne dépendent pas de leur champ d’intervention. Il en est de même pour tout individu extérieur à l’organisation.

De plus, une surveillance accrue de l’activité en interne peut permettre de détecter des tentatives d’intrusion en cours. En effet, l’attaquant motivé trouvera coûte que coûte un moyen de s’infiltrer dans le système et un minimum d’attention permet parfois aux employés d’identifier ces tentatives qui ne sont pas toujours discrètes. La récente cyberattaque relative au malware Carbanak confirme que les hackers développent des méthodes de plus en plus sophistiquées pour rendre leurs faux emails aussi crédibles que possibles. Dans le cas de Carbanak, les attaquants ont pu copier un ver informatique inséré dans la pièce jointe de mails personnalisés et se frayer un chemin jusqu’aux caméras de sécurité des banques visées. Ils ont ainsi pu visionner les vidéos et copier l’ensemble des démarches des employés pour accéder aux comptes des clients.

La sensibilisation des équipes internes permet d’éviter ce type de situations comme cela a été récemment le cas pour Le Monde où les employés ont détecté plusieurs tentatives d’intrusion conduites via des techniques de phishing, de mails de spams et de dénis de services ; leur mobilisation combinée à un système de sécurité efficace ont contribué à détecter les signes précurseurs d’une attaque et à stopper les hackers avant qu’il ne soit trop tard. Car une fois à l’intérieur du système, les hackers se concentrent sur le détournement et l’exploitation des comptes utilisateurs. Ils se tournent notamment vers les comptes administrateurs détenant des accès privilégiés aux données critiques, qui sont en général encore moins bien surveillés que les comptes des employés, constituant ainsi une zone d’ombre privilégiée par les hackers pour agir sur le long terme en toute discrétion. Ils peuvent ainsi se déplacer à travers le réseau, accéder aux systèmes critiques et exfiltrer les données préalablement volées.

Aujourd’hui, les employés tendent à devenir un point d’entrée incontournable pour les attaques ciblées, il est donc indispensable que les organisations tiennent compte de la menace interne et surveillent à la fois les points d’entrées sensibles, respectent les bonnes pratiques et restent en alerte face aux signaux précurseurs d’attaques. Quel que soit l’objectif final d’une cyberattaque, les chemins empruntés sont souvent les mêmes, sachant que les hackers visent la plupart du temps la voie royale que sont les comptes à privilèges pour parvenir à leurs fins. (Par Olivier Mélis, Country Manager France chez CyberArk pour DataSecurityBreach.fr)

Les techniques de persuasion utilisées par les cybercriminels

92 % des employés français, 80 % à travers le monde, se sont déjà fait piéger par des menaces informatiques et notamment par des tentatives d’hameçonnage. DataSecurityBreach.fr vous alerte très souvent sur les techniques de persuasion utilisées par les pirates informatiques. Intel Security vient de diffuser un rapport sur les méthodes de substitution des données sensibles utilisées par les cybercriminels sont de plus en plus proches de celles utilisées dans le monde réel et notamment des techniques de vente et d’escroquerie. Prenez garde à votre sécurité en ligne !

« Piratage de l’OS humain », le nouveau rapport d’Intel Security, élaboré avec le soutien du Centre Européen de lutte contre la cybercriminalité d’Europol, présente les techniques utilisées dans les récentes cyberattaques, ainsi que les méthodes de manipulations des hackers pour rendre les collaborateurs d’entreprises complices/acteurs d’actes de cybercriminalité.

Publié quelques jours après la révélation d’une cyberattaque qui a touché plus de 100 banques à travers le monde et causé aux alentours de 900 millions d’euros de dégâts, ce rapport démontre toute l’importance d’une prise de conscience collective et souligne la nécessité d’éduquer les collaborateurs aux méthodes de persuasion appliqués par les hackers dans le monde numérique. Dans l’exemple cité, les attaques de phishing ciblées ont permis l’ouverture de brèches au sein de ces réseaux bancaires, démontrant ainsi la faiblesse intrinsèque du « pare-feu humain ». A titre de comparaison, l’étude Threat Report d’Intel Security a permis, en septembre dernier, de révéler que 92 % des employés français n’étaient pas en mesure d’identifier un courriel de phishing sur sept.

« L’analyse de nombreux cas d’usurpation de données nous montre qu’aujourd’hui, le facteur humain est le plus souvent la clé qui permet aux hackers d’agir. En les manipulant, ils les incitent à prendre des mesures qui facilitent l’infection des systèmes par des logiciels malveillants », commente Raj Samani, Directeur Technique EMEA d’Intel Security et conseiller auprès du Centre européen de lutte contre la cybercriminalité d’Europol.

« Aujourd’hui, les cybercriminels n’ont pas nécessairement besoin de savoir-faire technique pour atteindre leurs objectifs. Certains logiciels malveillants peuvent infecter les ordinateurs en y accédant directement par emails. Ces attaques ciblées manipulent les victimes et les incitent à ouvrir des pièces jointes, prétendument légitimes, ou à cliquer sur un lien qui semble provenir d’une source sûre », indique Paul Gillen, directeur des opérations du Centre Européen de lutte contre la cybercriminalité.

Sur l’année 2014, il a été répertorié une augmentation spectaculaire du nombre d’URL malveillantes soit plus de 30 millions de liens suspects. Cette augmentation peut être attribuée à la fois à une forte hausse du nombre de liens de phishing ainsi qu’à une utilisation plus commune des URL courts qui cachent, souvent, des sites Web malveillants. Cette tendance est d’autant plus inquiétante que 18 % des utilisateurs visés par un email de phishing cliquent sur ce lien malveillant et deviennent ainsi victimes de la cybercriminalité.

Le rapport pointe du doigt le fait que deux tiers des emails mondiaux sont des spams qui visent à soutirer des informations et de l’argent à leurs destinataires. Face à ce constat, il est d’autant plus important que les consommateurs et les collaborateurs d’entreprises soient informés des techniques de phishing et d’escroquerie couramment utilisées dans le monde numérique.

« Aujourd’hui, les cybercriminels sont devenus de très bons psychologues, capables de jouer sur le subconscient des employés en s’appuyant notamment sur un grand nombre de tactiques de « vente » souvent utilisées dans la vie quotidienne. Pour garder une longueur d’avance sur les cybercriminels et réduire le risque d’être l’une des victimes de la cybercriminalité, les entreprises doivent non seulement optimiser leurs processus et compter sur la technologie mais aussi former leurs personnels pour pallier à la brèche dans ce qu’on nomme ‘l’OS humain’ », conclut Raj Samani.

Il n’a jamais été plus important de former les individus à la sécurité et à la politique de leur entreprise en matière de protection des données. Paradoxalement, une étude récente publiée par Enterprise Management Associates1 a révélé que seulement 56 % des employés avaient suivi une formation à la politique de sécurité de l’entreprise.

Les six leviers d’influence des cybercriminels dans le monde numérique

1. Réciprocité des échanges : Les gens ont tendance à se sentir obligés de répondre une fois qu’ils reçoivent quelque chose.

2. Rareté de l’offre : Les individus sont motivés par l’obtention de ce qu’ils croient être une ressource rare ou une offre limitée dans le temps et peuvent ainsi s’exposer plus facilement au cybercrime. Par exemple, un faux courriel envoyé par une banque demandant à l’utilisateur d’accepter une demande suspecte afin d’éviter la désactivation de son compte dans les 24 heures peut avoir tendance à inciter au clic.

3. Cohérence des engagements : Une fois engagée dans une démarche, la victime choisit très souvent de tenir ses promesses pour rester cohérente et éviter de paraître peu voire non fiable. Par exemple, un pirate peut se présenter en tant qu’un membre de l’équipe SI de l’entreprise et, après avoir fait en sorte qu’un employé s’engager à respecter tous les processus de sécurité, lui demander d’effectuer une tâche suspecte sur son poste, qui semblerait être conforme aux exigences de sécurité.

4. Appréciation et amitié : Les tentatives d’hameçonnage sont plus productives lorsque le cybercriminel réussit à gagner la confiance de la victime. Pour endormir la méfiance, un pirate pourrait notamment essayer d’entrer en contact, soit par téléphone soit en ligne, et « charmer » au préalable sa victime potentielle.

5. Respect de l’autorité : Les gens ont tendance à se conformer à une figure d’autorité. Les directives dans un mail prétendument envoyé de la part d’un PDG de l’entreprise sont plus susceptibles d’être suivies par un employé.

6. L’effet de masse : Les gens ont tendance à se conformer à la majorité. Par exemple, si un courriel de phishing est prétendument envoyé à un groupe de collègues, plutôt qu’à un seul destinataire, la victime potentielle de l’attaque se sent davantage rassurée et est plus susceptible de croire que le mail provient d’une source sûre.

1 Source : Enterprise Management Associates

Pourquoi de bonnes résolutions ne suffisent pas à se protéger en 2015 ?

Face aux cyber-menaces, les entreprises doivent s’ouvrir à de nouvelles approches en termes de cyber-sécurité.

Le paysage des cyber-menaces est en évolution permanente. Les attaques ciblées se multiplient tandis que les modes opératoires deviennent de plus en plus complexes et uniques, rendant ces menaces extrêmement difficiles à identifier. Pour ces raisons, la cyber-sécurité est devenue, aujourd’hui, une problématique prioritaire pour la plupart des entreprises.

Dans ce contexte, il existe quelques recommandations qui permettent de limiter les risques de cyber-attaques. Il est par exemple conseillé de vérifier les antécédents des employés, de limiter l’accès des salariés aux données par lesquelles ils sont concernés dans le cadre de leurs fonctions, de s’assurer du cryptage des données confidentielles, etc. Cependant, bien qu’ils méritent d’être pris au sérieux, ces prérequis de base ne sont pas suffisants pour faire face à la réalité des menaces actuelles les plus sophistiquées.

En effet, aujourd’hui, nous ne pouvons plus considérer, uniquement, les menaces externes. Dans un contexte où l’information est de plus en plus difficile à canaliser, notamment à cause de la pluralité des lieux et des supports d’utilisation, la menace interne est plus que jamais présente, et concerne chaque organisation.

D’un point de vue technologique, une société baptisée Darktrace a connu d’importantes mutations au court des dix dernières années. Le modèle traditionnel, que nous pourrions qualifier d’ancestral, consistait à construire un mur autour du réseau de l’entreprise afin de se protéger d’éventuelles menaces provenant de l’extérieur. Cette approche nécessitait une connaissance parfaite de son réseau ainsi que la capacité à délimiter ses frontières. Aussi, elle impliquait une confiance totale en tous les collaborateurs internes à l’entreprise, et une méfiance constante envers les acteurs externes. Cette vision un peu simpliste apparaît clairement obsolète dans la société contemporaine. Ainsi, pour aider les entreprises à anticiper les cyber-attaques, Darktrace a développé une nouvelle approche. Celle-ci prend comme point d’ancrage l’acceptation de la présence de menaces, sur tous les systèmes d’information.

En effet, étant donné que le risque zéro n’existe pas, et que la réalité des entreprises nous démontre, chaque jour, qu’il est de plus en plus difficile de délimiter les frontières du réseau, il n’est pas pertinent de faire la distinction entre l’interne et l’externe. C’est pourquoi, Darktrace a développé une nouvelle approche appelée « Système Immunitaire pour Entreprises ». Basée sur des avancées académiques fondamentales, elle a pour vocation de se prémunir contre les menaces les plus sophistiquées, qu’elles émanent de l’interne ou de l’externe.

La technologie repose sur l’analyse et l’apprentissage automatisé de l’environnement de l’organisation. Concrètement, il s’agit d’observer les comportements de chaque utilisateur, de chaque machine et de la structure dans sa globalité, afin d’identifier un modèle de comportement normal. La connaissance de ce modèle de référence permet, par déduction, d’identifier les activités « anormales », pouvant révéler d’éventuelles menaces.

Cette solution repose, d’une part sur une technologie auto-apprenante et, d’autre part, sur des mathématiques probabilistes bayésiennes développées à l’université de Cambridge. La combinaison de ces intelligences permet une évolution constante du modèle « de référence », en fonction de l’activité de chaque utilisateur, de chaque machine dans le réseau, et des mutations au sein de l’organisation.

Cette vision de l’activité réseau de l’entreprise, en temps réel, ne permet pas d’éliminer les cyber-menaces, elle a pour vocation de les identifier, afin d’être à même de prendre des mesures correctives avant qu’il ne soit trop tard. Le risque zéro n’existe pas, la menace est là, partout au sein de notre réseau, et elle est impossible à éradiquer. La vraie force est la capacité à l’identifier afin d’anticiper d’éventuelles attaques.

Attaques à l’encontre des comptes sociaux

Après Le Monde en Janvier, CNN, Forbes et une vingtaine d’importants média en 2014, c’est au tour de Newsweek de voir son compte Twitter piraté pendant quelques heures par des pirates se réclamant du groupe Etat islamique (EI).

Comme nous le disions déjà lors de l’attaque subie par Le Monde, les comptes de réseaux sociaux tels que Twitter sont une cible de première importance pour les pirates. Si certaines entreprises ont mis en place des procédés et des moyens techniques pour protéger leur compte Twitter contre le hijacking, la plupart n’ont rien de cela et sont donc non seulement vulnérables au hijacking de leurs comptes de réseaux sociaux, mais sont aussi incapables de détecter ce hijacking de leurs propres comptes. Dans une récente étude auprès des entreprises du Fortune 100, les chercheurs de Proofpoint relevaient les points suivants :

· Il existe trois principaux types de menaces de réseaux sociaux parmi lesquels : le piratage de compte, les comptes non autorisés, et les menaces basées sur le contenu (ex : spam social, liens malveillants, etc.).
· En moyenne, deux comptes Facebook sur cinq (soit 40 %) semblant représenter une marque du classement Fortune 100 ne sont pas autorisés.
· En moyenne, un compte Twitter sur cinq (soit 20 %) semblant représenter une marque du classement Fortune 100 n’est pas autorisé.
· Les marques du classement Fortune 100 sont victimes d’au moins une intrusion sur leurs comptes de réseaux sociaux par jour ouvrable.
· Le volume de spams diffusés via les réseaux sociaux a été multiplié par sept depuis le milieu de l’année 2013, date de la publication du précédent rapport « State of Social Media Spam ».

Un compte compromis fournit aux pirates une plateforme idéale pour la distribution de spams, de liens malicieux, et autres contenus pouvant nuire à l’image de marque de l’entreprise touchée. Les comptes de réseaux sociaux des médias sont d’autant plus intéressants pour des personnes malintentionnées qu’ils bénéficient d’une forte audience et que leurs posts ont une large portée. Nous ne pourrions que trop recommander aux entreprises et aux médias de se prémunir de ce type d’attaque et de préparer des plans de réponses en cas de piratage (communication, personnes à alerter, processus de reprise en main des comptes, etc.). En effet, plus on est préparé et moins l’impact sera conséquent pour l’activité et l’image de l’entreprise.

Gemalto publie les résultats du Breach Level Index 2014

Les violations de données ont augmenté de 49 % en 2014 et atteignent 1 milliard de fichiers de données compromis, le vol d’identité étant la cible numéro 1 des cybercriminels.

Gemalto, spécialiste de solutions dédiées à la sécurité numérique, a publié les derniers résultats du Breach Level Index montrant qu’au cours de 2014 plus de 1 500 violations de données ont entraîné la vulnérabilité d’un milliard de fichiers de données dans le monde entier. Cela représente une augmentation de 49 % des violations de données et une augmentation de 78 % de vols ou de pertes de fichiers de données par rapport à 2013.

Outil de référence incontournable du secteur, mis au point par SafeNet et conservé par Gemalto suite à son acquisition de cette entreprise, le Breach Level Index est une base de données mondiale répertoriant au fur et à mesure les violations de données et fournissant aux professionnels de la sécurité une méthode d’évaluation de la sévérité des violations et de comparaison avec les autres violations mentionnées publiquement. Le BLI calcule la sévérité des violations des données en fonction de paramètres multiples sur la base d’informations divulguées à propos des violations.

D’après les données du BLI initial mis au point par SafeNet, la principale motivation des cybercriminels en 2014 est le vol d’identité qui représente 54 % des violations de données, plus que n’importe quelle autre catégorie de violation, y compris l’accès aux données financières. En outre, le vol d’identité représente un tiers des violations de données les plus sévères catégorisées par le BLI comme étant Catastrophiques (score BLI entre 9 et 10) ou Sévères (entre 7 et 8,9). Les violations de sécurité incluant des violations de la sécurité du périmètre, au cours desquelles des données totalement encodées ont été totalement ou partiellement compromises, sont passées de 1 à 4 %.

« De toute évidence, nous assistons à une évolution de la tactique des cybercriminels et le vol des identités sur le long terme est un objectif plus important que le vol immédiat d’un numéro de carte bancaire », explique Tsion Gonen, vice-président, responsable de la stratégie de protection de l’identité et des données chez Gemalto à DataSecurityBreach.fr. « Le vol d’identité peut entraîner l’ouverture de nouveaux comptes frauduleux, la création de fausses identités pour des entreprises criminelles ainsi qu’un grand nombre d’autres crimes sérieux. Étant donné que les violations des données sont de nature plus personnelle, nous prenons graduellement conscience que l’exposition au risque d’un individu quelconque est en train de s’aggraver. »

En plus de l’émergence des vols d’identité, la gravité des violations s’est accrue l’année dernière, les deux tiers des 50 violations les plus sévères, d’après un score BLI, s’étant produits au cours de 2014. En outre, le nombre de violations de données touchant plus de 100 millions de fichiers de données a doublé par rapport à 2013.

En matière de ventilation par secteur, les secteurs de la vente au détail et des services financiers ont connu en 2014 les tendances les plus marquées par rapport aux autres secteurs. Le commerce de détail a connu une légère hausse des violations de données par rapport à l’année dernière avec 11 % de toutes les violations en 2014. Cependant, en ce qui concerne le nombre de fichiers de données compromis, ce secteur représente 55 % des attaques au lieu de 29 % l’année dernière suite à une hausse du nombre d’attaques ciblant les systèmes de point de vente. Pour le secteur des services financiers, le nombre de violations de données est resté relativement stable en glissement annuel. Toutefois le nombre moyen de fichiers perdus par violation a décuplé en passant de 112 000 à 1,1 million.

« Non seulement le nombre de violations des données augmente, mais ces violations sont plus sévères », ajoute à DataSecurityBreach.fr M. Gonen. « Faire l’objet d’une violation ne consiste plus à savoir si cela va arriver mais quand cela va arriver. La prévention des violations et le suivi des menaces ne suffisent plus pour empêcher les cybercriminels de sévir. Les entreprises ont besoin d’adopter une approche des menaces numériques centrée sur les données, en commençant par de meilleures techniques d’identification et de contrôle d’accès telles que l’authentification à facteurs multiples et l’utilisation de l’encodage ainsi que la gestion des clés pour mieux protéger les données sensibles. De cette façon, si des données sont volées, elles ne sont d’aucune utilité pour les voleurs. »

Pour une synthèse complète des violations de données, par secteur, source, type et régions, téléchargez le rapport Breach Level Index 2014.

Externalisation et sécurité informatique

La tendance à l’externalisation porte désormais sur des fonctions complexes de sécurité selon une étude de Fortinet.

Alors que la sécurisation des entreprises face aux cyber-attaques gagne en complexité, une étude commanditée par Fortinet démontre que les décideurs informatiques, plutôt que de s’orienter vers une sécurisation réalisée en interne, privilégient plutôt les services de sécurité managés. À l’occasion d’une étude menée auprès de plus de 1 600 décideurs informatiques au sein de grandes entreprises, ces derniers révèlent un appétit croissant pour les services de sécurité managés : un quart d’entre eux déclare que l’externalisation partielle ou totale de leur sécurité informatique auprès de fournisseurs de services managés constitue l’initiative la plus importante pour faire face aux menaces de plus en plus complexes et nombreuses qui pèsent sur leur organisation.

Plus de 75% des décideurs estiment que les fonctions de pare-feu, de prévention d’intrusions et de protection de leur mail sont éligibles à l’externalisation. Ces fonctionnalités basiques, depuis longtemps considérées comme pouvant être déléguées à un partenaire externe de confiance, sont désormais rejointes par des fonctionnalités plus évoluées telles que l’authentification, les analyses en sandbox pour une protection de type ATP (Advanced Threat Protection), voire la protection contre les attaques DDoS. Aujourd’hui, les décideurs informatiques sont minoritaires à penser que les fonctions de sécurité les plus évoluées ne peuvent être externalisées auprès d’un MSSP (Managed Security Service Provider). Comment expliquer ce changement?

Neuf DSI interrogés sur 10 indiquent que les menaces actuelles, plus complexes et plus fréquentes, rendent leur mission de sécurité plus ardue qu’il y a 12 mois. Les attaques d’envergure et autres scandales de sécurité nationale, ont fait la une de nombreux médias dans le monde. Cette médiatisation a incité les directions générales à prendre davantage conscience des problématiques de sécurité informatique, avec comme conséquence, une implication plus forte de leur part dans cette discipline et une plus grande pression sur les décideurs informatiques.

Ainsi, selon ces mêmes décideurs, la pression des directions générales pour assurer la sécurité de leur entreprise a progressé de presque d’un tiers au cours des 12 derniers mois, rendant ainsi la sécurité primordiale et prioritaire par rapport aux nombreuses autres initiatives métier.

À cet état des lieux, s’ajoutent les exigences de sécuriser la mobilité des collaborateurs et de protéger le Big Data : on comprend mieux le poids qui pèse sur les professionnels informatiques, les incitant à réévaluer leurs objectifs pour atteindre cette résilience face aux cybermenaces particulièrement dynamiques.

90% des décideurs informatiques déclarent avoir été encouragés à étudier de nouveaux investissements en matière de sécurité et à repenser leur stratégie de sécurité, compte tenu des problématiques de confidentialité des données et des projets de sécurité autour du Big Data. Il n’est donc guère surprenant que cette migration vers les services de sécurité managés soit moins justifiée par des critères financiers et de ressources, et davantage par le besoin d’une infrastructure de sécurité exhaustive, performante et hautement disponible.

La gestion des cybermenaces complexes et en augmentation constitue la principale raison qui encourage l’externalisation, pour la moitié des personnes interrogées. Parmi les autres raisons citées, viennent, de manière hiérarchique, les défis liés à la confidentialité des données, un modèle économique plus adapté pour la sécurité, et la carence de compétences et de ressources adéquates en interne.

Alors que les avantages de l’externalisation des infrastructures et des applications sont compris depuis longtemps, la migration vers des services de sécurité  managés a souvent été freinée compte tenu des craintes liées à la délégation de cette fonction critique. Cette inquiétude est surtout palpable au sein des grandes entreprises. Néanmoins, l’attitude des décideurs IT est en train d’évoluer, face à la réalité de devoir lutter contre des menaces toujours plus complexes et fréquentes.

Lorsque nous les avons interrogés sur leurs habitudes personnelles en matière sécurité, 56% des répondants s’estiment prêts à confier leurs propres données personnelles à un fournisseur de services qui externalise la sécurité informatique. Cet essor des offres “as-a-Service “ dans nos vies personnelles incite sans doute les décideurs informatiques à se sentir plus en confiance face à l’adoption des services cloud. Ils reconnaissent ainsi, qu’avec une stratégie d’externalisation pertinente et une prise de décision éclairée, la sécurité informatique peut également s’inscrire dans  un tel modèle.

Bien sûr, l’idée de confier la sécurité informatique, et notamment les fonctionnalités complexes, à un prestataire externe, nécessite un haut niveau de confiance et d’assurance. Pour les décideurs informatiques interrogés, c’est la réputation d’un MSSP sur le marché des grandes entreprises qui compte le plus dans la décision de le retenir. Au-delà de cette réputation, facteur décisionnel le plus important, d’autres critères sont pris en compte dans le choix d’un fournisseur : le panel de services offerts, suivi de l’envergure mondiale du fournisseur, et enfin les accords de niveau de services proposés.

Alors que les menaces ont continué à évoluer au cours des 12 derniers mois, il n’est guère surprenant que les entreprises de toutes tailles se penchent de plus en plus sur le modèle MSSP pour des solutions de sécurité économiques contre les menaces et peut-être le plus important pour une maîtrise des risques en 24/7. Mais cette externalisation est également encouragées par d’autres besoins, parmi lesquels la volonté d’assurer la conformité réglementaire, une prise de conscience plus forte des dirigeants d’entreprise face aux risques informatiques, la prolifération des menaces APT (Advanced Persistant Threats), le besoin d’identifier les collaborateurs experts en sécurité et la nécessité d’une veille mondiale sur les menaces. Avec une large majorité des décideurs informatiques qui, dans notre enquête, déclare constater davantage de pression sur eux et une complexité croissante de leur métier, l’essor des services de sécurité managés devient une tendance clairement orientée à la hausse et qu’il va falloir suivre de près. (Par Christophe Auberger, Directeur Technique France chez Fortinet)

[1] 2014 Fortinet Global Security Census Report.

Le site du gouvernement hollandais HS durant 10 heures

Le site du gouvernement hollandais a été victime d’une attaque DDoS assez massive ayant entrainée une perte de service durant presque 10 heures. Les techniques utilisées sont des techniques de nouvelle génération. Les différentes équipes sécurité ainsi que les différents partenaires sécurité du gouvernement hollandais ont eu du mal à contenir cette attaque DDoS d’un nouveau genre. Il a fallu que toutes ces équipes analysent plus finement l’attaque pour la contenir le mieux possible.

Le simple volume de bande passante pouvant être exploité par une attaque est bien sûr problématique. Avec une consommation qui tutoie fréquemment les centaines de gigabits par seconde grâce à la combinaison dévastatrice des attaques par amplification et par réflexion, de nombreuses entreprises visées par une agression DDoS réalisent que leur connectivité à Internet représente un sérieux handicap face à ces menaces. Alors que des technologies émergentes telles que les architectures définies par logiciel (SDN) ou les réseaux virtuels permettent de répondre immédiatement à des besoins de capacité supplémentaire pour les services liés au réseau, il n’en reste pas moins que si la connectivité est compromise, l’ajout de capacité additionnelle au-delà du périmètre de l’entreprise a peu de chances d’être d’une quelconque utilité. En d’autres termes, si un hacker peut injecter des informations malveillantes en quantité suffisante pour saturer complètement votre connectivité Internet, une solution sur site ne sera à elle seule d’aucun secours. C’est pourquoi nombre d’analystes de renom recommandent la mise en œuvre d’une approche hybride pour affronter ces attaques DDoS.

L’approche DDoS hybride
Une approche hybride associe un service de détection et d’atténuation des attaques DDoS hors site (déployées sur le Cloud) à un ensemble de protections sur site. En permettant aux entreprises de tirer parti de la large bande passante disponible à proximité de la dorsale Internet — où résident la plupart des lanceurs d’attaques DDoS sur le Cloud lorsque des attaques « sur-souscrivent » leur propre connectivité tout en maintenant un haut niveau de sécurité sur site pour contrer la plupart des attaques volumétriques —, une telle approche est également adaptée aux attaques DDoS plus insidieuses, qui sont amorcées au niveau de la couche applicative.

Des solutions hybrides apportent la résilience et l’envergure des solutions basées sur le Cloud avec, en plus, la granularité et les fonctionnalités opérationnelles en permanence qui caractérisent les solutions déployées sur site. Plus important, une architecture DDoS hybride bien intégrée permet aux entreprises de faire face de manière plus efficace et plus rentable à des menaces qui se produisent rarement ; mais sont beaucoup plus dangereuses.

De plus, ces attaques sont rendues plus dangereuses par la façon dont les entreprises réagissent (naturellement) face à une attaque DDoS. Il est relativement courant qu’une entreprise qui se trouve sous le feu d’une agression concentre ses efforts sur la prévention des interruptions de service. Étant donné que les services de sécurité reposant sur de coûteuses ressources informatiques affichent rapidement leurs limites face au volume du trafic, la réaction consiste souvent à les fermer purement et simplement. Cela signifie que les systèmes de protection des identités (IPS), les pare-feu applicatifs et les systèmes de détection anti-fraude — entre autres — sont éliminés du chemin critique. Le trafic DDoS qui emprunte le réseau peut, dans une large mesure, être détecté et rejeté mais soudain, les attaques lancées au niveau de la couche applicative qui sont cachées dans les attaques volumétriques ont toute latitude pour « revenir » au niveau des applications. Fondamentalement, les défenses de la couche applicative sont traitées comme du lest dont on se débarrasse pour maintenir un bateau, c’est à dire le réseau, à flot.

Une approche hybride peut tirer parti de la capacité supplémentaire disponible sur le Cloud pour que les entreprises ne soient pas submergées par le volume excessif généré par certaines attaques, tout en leur permettant de se protéger contre des agressions plus fréquentes, mais plus faciles à maîtriser. Il est sans nul doute difficile de mettre en œuvre une solution anti-DDoS exclusivement déployée sur le Cloud si elle est utilisée pour contrer les attaques DDoS une par une, mais le jeu en vaut la chandelle en cas d’opération de grande envergure.

Une approche hybride constitue à n’en pas douter la meilleure approche architecturale dont disposent actuellement les entreprises pour limiter de manière rentable et efficace les risques associés aux attaques DDoS au sens large : une solution intégrée qui associe les outils déployés sur site et sur le Cloud représente la clé d’un processus d’intégration parfaitement transparent.

Equation Group : l’ancêtre du cyber espionnage ?

Depuis plusieurs années, l’équipe GReAT (Global Research & Analysis Team) suivrait étroitement plus de 60 menaces avancées responsables de différentes cyber attaques à travers le monde. Elle a ainsi fait des observations de toutes sortes, les attaques gagnant en complexité à mesure qu’un nombre croissant de pays se sont impliqués et efforcés de se doter des outils les plus évolués. Cependant, ce n’est qu’aujourd’hui que les experts de  peuvent confirmer la découverte d’une menace dépassant tout ce qui était connu jusque-là en termes de complexité et de sophistication techniques. Le groupe à l’origine de cette menace, dénommé « Equation Group », est actif depuis près de 20 ans.

Le groupe se singularise par pratiquement chaque aspect de ses activités : il utilise des outils très complexes et coûteux à développer pour infecter ses victimes, récupérer des données et masquer ses actions d’une façon extrêmement professionnelle, ainsi que des techniques classiques d’espionnage pour diffuser ses codes malveillants. Pour infecter ses victimes, le groupe emploie un puissant arsenal d’« implants » (Troyen), notamment les suivants : Equation Laser, Equation Drug, Double Fantasy, Triple Fantasy, Fanny et Gray Fish. L’existence d’autres implants ne paraît faire aucun doute.

L’équipe GReAT a pu récupérer deux modules servant à reprogrammer le firmware du disque dur de plus d’une douzaine de marques répandues. Il s’agit peut-être de l’outil le plus puissant dans l’arsenal d’Equation Group et du premier malware connu capable d’infecter les disques durs. En reprogrammant le firmware du disque dur (c’est-à-dire en réécrivant le système d’exploitation du disque comme nous vous l’expliquons plus haut), le groupe atteint deux objectifs :

1.       Un niveau extrême de persistance permettant au malware de résister à un reformatage du disque et une réinstallation du système d’exploitation. Dès lors que le malware s’est introduit dans le firmware, il est à même de se régénérer à l’infini. Il peut par exemple empêcher l’effacement d’un certain secteur du disque ou bien le remplacer par un code malveillant à l’amorçage du système. « Un autre danger tient au fait qu’une fois le disque dur infecté par ce code malveillant, il devient impossible d’analyser son firmware. En termes simples, les disques durs comportent pour la plupart des fonctions permettant d’écrire dans le firmware matériel mais aucune pour vérifier l’écriture, de sorte que nous sommes pratiquement aveugles et incapables de détecter les disques durs infectés par ce malware », avertit Costin Raiu, Directeur de l’équipe GReAT. A noter que l’attaque de disque dur n’est pas une nouveauté comme l’annonce Kaspersky. Snowden en avait déjà fait la preuve via des documents volés à ses anciens employeurs, la NSA.

2.       La capacité de créer une zone invisible et persistante à l’intérieur du disque dur. Celle-ci sert à enregistrer des informations qui pourront être exfiltrées ultérieurement par les auteurs de l’attaque. En outre, dans certains cas, elle peut aussi aider le groupe à percer le cryptage : « Etant donné que l’implant GrayFish est actif dès le début de l’amorçage du système, il permet de capturer la clé de cryptage et de l’enregistrer dans la zone cachée », explique Costin Raiu.

Capacité de récupérer des données sur des réseaux isolés
Parmi toutes les attaques lancées par Equation Group, le ver Fanny se démarque. Il a pour but principal de cartographier les réseaux isolés, c’est-à-dire de déterminer la topologie d’un réseau inaccessible par Internet et d’y exécuter des commandes. Pour ce faire, il utilise un mécanisme unique de commande et contrôle (C&C) sur une clé USB, permettant aux auteurs de l’attaque de faire entrer et sortir des données sur les réseaux isolés.

En particulier, une clé USB infectée avec une zone de stockage cachée a été employée pour recueillir des informations système de base sur un ordinateur non connecté à Internet et les transmettre à un serveur C&C dès que la clé est insérée dans une autre machine infectée par Fanny et disposant d’une connexion Internet. Pour exécuter des commandes sur un réseau isolé, il suffit de les enregistrer dans la zone cachée de la clé. Lorsque cette dernière est introduite dans un ordinateur du réseau, Fanny reconnaît les commandes et les exécute.

Méthodes classiques d’espionnage pour la diffusion des malwares
Les auteurs des attaques ont utilisé des méthodes universelles pour infecter les cibles, que ce soit via le Web ou dans le monde physique. A cette fin, ils ont intercepté des produits physiques pour leur substituer des versions contaminées par des chevaux de Troie. Cette technique a été employée, par exemple, pour cibler les participants d’une conférence scientifique à Houston (Texas) : à leur retour chez eux, certains des participants ont reçu un compte rendu de la conférence sur un CD-ROM qui a ensuite servi à installer l’implant DoubleFantasy sur la machine cible. La méthode exacte de falsification des CD reste inconnue.

Il existe de solides indices d’interactions d’Equation Group avec d’autres groupes puissants, tels que les opérateurs des campagnes Stuxnet et Flame, généralement en position de supériorité. Equation Group a ainsi eu accès à des failles « zero day » avant qu’elles ne soient exploitées par Stuxnet et Flame. A un moment donné, il a également partagé des exploitations de vulnérabilités avec d’autres. Par exemple, en 2008, Fanny a utilisé deux failles « zero day » qui ont été par la suite exploitées dans Stuxnet en juin 2009 et mars 2010. Pour l’une d’elles, Stuxnet reprenait en fait un module Flame exploitant la même vulnérabilité et passé directement d’une plate-forme à l’autre.

Equation Group utilise une vaste infrastructure C&C qui comprend plus de 300 domaines et 100 serveurs. Les serveurs sont hébergés dans de nombreux pays (Etats-Unis, Royaume-Uni, Italie, Allemagne, Pays-Bas, Panama, Costa Rica, Malaisie, Colombie et République tchèque, notamment). Kaspersky surveillerait  actuellement plus d’une vingtaine de serveurs C&C (autant dire que les pirates derrières ces centres de commande n’ont plus qu’à changer d’espace, ndlr). Depuis 2001, Equation Group aurait infecté des milliers voire des dizaines de milliers de victimes dans plus d’une trentaine de pays à travers le monde, appartenant aux secteurs ou milieux suivants : administrations et missions diplomatiques, télécommunications, aéronautique, énergie, recherche nucléaire, pétrole et gaz, défense, nanotechnologies, militants et érudits islamiques, médias, transports, établissements financiers ou encore développeurs de technologies de cryptage. Sept exploits utilisés par l’Equation Group dans ses malwares, dont au moins 4 comme « zero day » (ils ne sont donc plus inconnus, ndlr). En outre, des failles inconnues, peut-être « zero day », ont été exploitées contre Firefox 17, tout comme dans le navigateur Tor.

Pendant la phase d’infection, le groupe a la capacité d’exploiter dix vulnérabilités en chaîne. Cependant, les experts n’en ont constaté pas plus de 3 à la suite : si la première échoue, une deuxième est essayée, puis une troisième. En cas de triple échec, le système n’est pas infecté. Ce qui est assez étonnant car ZATAZ.COM a pu constater des « HQ » malveillants exploitant l’intégralité des failles, exploits disponibles au moment de l’attaque lancée par ce type d’outil.