Archives de catégorie : Banque

Évolution inquiétante des outils pirates

En février 2022, les experts en sécurité de l’information ont détecté l’arrivée du banquier pirate Xenomorph. Armé pour usurper, par superposition, les applications de 56 banques, le malware a rapidement été propagé grâce à des droppers publiés sur Google Play.

Au fil des mois, les pirates ont réécrit le code malveillant, lui donnant une plus grande modularité et flexibilité. La troisième version, découverte par des experts néerlandais, est distribuée via des reconditionnements d’applications Android légitimes créées au moyen du service Zombinder, et est installée dans le système en tant que protection Play Protect.

Les avantages de Xenomorph v.3 sont annoncés sur un site spécialement créé. L’outil est loué, un service MaaS (Malware-as-a-Service, malware as a service).

Les nouvelles fonctions de Xenomorph v.3

Après la mise à jour, l’outil pirate s’est doté d’un nouveau module construit sur le framework ATS, qui nécessite l’accès au service d’accessibilité Android (Accessibility Service).

Les fonctions implémentées dans les scripts permettent d’automatiser le processus de retrait d’argent des comptes des victimes : voler des comptes, vérifier le solde, initialiser des virements bancaires et réussir des transactions frauduleuses (grâce à l’enregistrement du contenu d’applications d’authentification tierces).

Le cheval de Troie dispose également d’un module pour voler les cookies d’Android CookieManager. Il ouvre une fenêtre WebView avec une URL de service légitime et JavaScript activé pour inviter l’utilisateur à saisir ses informations d’identification.

En cas de succès, l’opérateur du logiciel malveillant pourra détourner les cookies de session de la victime et prendre le contrôle de ses comptes.

Le Xenomorph mis à jour est capable d’attaquer les clients de 400 banques – principalement dans les pays européens, la Turquie, les États-Unis, l’Australie et le Canada. Les experts en sécurité recommandent de rester vigilant lors de l’utilisation d’applications bancaires, de garder les systèmes et les applications à jour et de ne pas télécharger d’applications à partir de sources inconnues.

Pendant ce temps

Les cybercriminels à l’origine des attaques du rançongiciel IceFire sont également passés à Linux.

Spécialement à ces fins, les attaquants ont développé un chiffreur approprié, qui a été remarqué par des chercheurs de SentinelLabs.

Selon les experts, lors des nouvelles attaques, les opérateurs IceFire ont déjà réussi à pirater les réseaux de plusieurs organisations de médias et de divertissement. Selon le rapport , la campagne a été lancée à la mi-février 2022. Une fois que les attaquants ont pénétré le réseau de la victime, ils déploient une nouvelle variante du logiciel malveillant qui chiffre les systèmes Linux.

Le groupe Qilin (ransomware) possède une version linux de son outil pirate.

Au lancement, IceFire traite certains fichiers en leur ajoutant l’extension « .ifire ». Fait intéressant, une fois le processus de cryptage terminé, le logiciel malveillant essaie de brouiller les pistes et de supprimer son binaire du système. IceFire ne chiffre pas tous les fichiers, excluant spécifiquement un certain nombre de chemins. Ceci est fait pour que les composants critiques du système ne soient pas affectés.

Les opérateurs IceFire opèrent depuis mars 2022 , cependant, leur activité a souvent été spasmodique. Le ransomware exploite une vulnérabilité de désérialisation dans le logiciel IBM Aspera Faspex (CVE-2022-47986). La tendance des ransomwares Linux s’est accélérée. En 2022 de nombreux groupes se sont penchés sur Linux, comme BlackBasta, Hive (HS), Qilin, Vice Society.

Des millions de dollars en cryptomonnaie volés ces dernières semaines !

Les propositions frauduleuses de dons de Bitcoin, Ethereum, Dogecoin, Cardano, Ripple et Shiba Inu ont prolifère sur YouTube Live ces dernières semaines. Des pièges grossiers, mais qui fonctionnent.

On peut toujours s’étonner de certaines escroqueries comme le pseudos dons du cousin du frère de l’ami du facteur d’un milliardaire africain ou encore de cette superbe blonde/rousse/brune tombée amoureuse de vous en un e-mail. Mais dites vous que si des pirates continuent d’exploiter de gros hameçons, c’est qu’en face, chez les pigeons 2.0, ça mord à pleines dents dans l’arnaque.

Les mois d’octobre et novembre 2021 auront été les mois des escroqueries autours des cryptomonnaies (BTC, ETH, DOGE, ADA, XRP ou SHIB). Satnam Narang, ingénieur de recherche Tenable, s’est rendu compte, mais il n’est pas le seul, plusieurs lecteurs de ZATAZ.COM et DataSecurityBreach.fr ont aussi alerté sur le sujet, de l’impressionnant nombre de fausses vidéos sur Youtube concernant de « bonnes affaires » dans le petit monde des Bitcoin, Ethereum, Dogecoin, Cardano, Ripple et autre Shiba Inu.

En octobre 2021, et selon les adresses crypto analysées, les sommes engrangées représentaient plus de 8,9 millions de dollars.

Comment ça fonctionne ?

Les arnaqueurs utilisent des comptes YouTube préalablement piratés pour lancer des campagnes d’offres frauduleuses de Bitcoin, Ethereum, Dogecoin, et autres cryptomonnaies. Ils récupèrent des comptes par divers moyens : phishing, rachat de base de données. Pour vous donner une petite idée du problème, le Service Veille ZATAZ (SVZ) a référencé, depuis le 1er janvier 2021, pas moins de 10 milliards (oui, oui, 10 milliards) d’adresses électroniques diffusées dans des espaces pirates (Le Service Veille ZATAZ en cyber surveille plus de 40 000). Sur cette même période, le SVZ a référencé pas moins de 190 000 bases de données piratées et diffusées par des hackers malveillants. Des diffusions sous forme de mise en ligne gratuite ou payante. Bref, autant d’information pouvant être exploitées dans des escroqueries 2.0.

« Les arnaques aux Bitcoin, explique Satnam Narang, ont collecté 8,2 millions de dollars, avec un montant moyen de 1,6 million de dollars par campagne. » un joli pactole tout droit sorti de cette nouvelle génération d’internautes rêvant cryptomonnaie. A noter, d’ailleurs, que je croise énormément d’adolescents investissant quelques dizaines d’euros dans un miroir aux alouettes dont ils ne sortiront pas gagnants. Intéressant, l’arnaque autour du Bitcoin permet aux pirates de ramasser le plus d’argent. L’Ethereum ne représente que 400 000 dollars détournés. Les arnaques aux Shiba Inu est impacté au hauteur de 34 000 dollars, en moyenne, par campagne malveillante.

Fausses vidéos et influenceurs détournés

Les arnaqueurs le savent très biens. La grande majorité des utilisateurs sont des moutons qui accordent plus facilement leur confiance à des voix qui ont de l’influence. Bilan, ils créent de fausses vidéos mettant en scène les créateurs et cocréateurs des cryptomonnaies, des patrons d’entreprises … On y retrouve Michael Saylor, président-directeur général de MicroStrategy, Xavier Niel patron d’Iliade (Free), Vitalik Buterin, cocréateur de l’Ethereum ou encore Elon Musk (Tesla/SpaceX). Le point commun de toutes ces arnaques sur les fausses émissions YouTube Live, c’est que les utilisateurs sont renvoyés vers des sites externes qui proposent aux utilisateurs de doubler leur avoir en cryptomonnaie. Cette technique est la plus efficace dans les arnaques à la cryptomonnaie.

La sécurité des clients des banques améliorée avec la DSP2

La nouvelle directive des services de paiements (DSP2) est entrée en vigueur il y a maintenant deux ans, le 13 janvier 2018, dans le but notamment d’introduire de nouvelles exigences en matière de sécurité et de protéger les consommateurs. Dans cet objectif, elle impose une authentification forte lors des paiements en ligne afin de réduire l’ampleur de la fraude.

Andrew Shikiar, Executive Director de l’Alliance FIDO, explique comment la DSP2 améliore la sécurité des clients des banques au quotidien, et dans quelle mesure les acteurs traditionnels peuvent augmenter leur niveau de sécurité tout en adoptant davantage de services digitaux : « La nouvelle directive sur les services de paiements (DSP2) a été introduite pour améliorer la sécurité des transactions en ligne et réduire la fraude, en exigeant des institutions financières qu’elles déploient une authentification multifactorielle pour certains scénarios en fonction du montant de la transaction et du niveau de risque. Les consommateurs n’ont peut-être pas encore remarqué de grands changements dans leurs expériences de services bancaires en ligne ; L’Autorité Bancaire Européenne ayant en effet retardé la pleine mise en conformité des solutions d’authentification pour les paiements en ligne jusqu’en décembre 2020 pour donner au secteur plus de temps pour se préparer. Toutefois, la DSP2 signifiera en fin de compte que les consommateurs bénéficieront d’une expérience beaucoup plus sécuritaire lors de transactions bancaires en ligne. Par exemple, l’authentification forte du client (SCA), dans le cadre de la nouvelle directive, obligera les banques et les autres fournisseurs de services financiers à mettre en œuvre, à tester et à vérifier leurs mesures de sécurité, ce qui permettra d’améliorer les processus de gestion des fraudes.« 

Une révision des processus d’authentification traditionnels

Les banques traditionnelles sont pour leur part, à présent en concurrence avec de nombreux challengers qui opèrent exclusivement en ligne, tout en faisant face à des changements réglementaires tels que la DSP2, qui exige une révision des processus d’authentification traditionnels. Mais la bonne nouvelle est qu’il existe maintenant des normes qui offrent un moyen facile à déployer pour répondre aux exigences liées à l’authentification forte du client, tout en satisfaisant la demande des organisations et des utilisateurs en matière de simplicité dans le cadre des transactions.

Biométrie et DSP2

De plus, les banques ont la possibilité de tirer parti des appareils déjà entre les mains de la plupart des consommateurs, tels que les smartphones et les ordinateurs portables avec lecteur biométrique, pour répondre aux exigences de l’authentification forte requise par la DSP2. Cela peut aider les banques à offrir le niveau de commodité supérieur auquel s’attendent les utilisateurs des services bancaires en ligne d’aujourd’hui.

La sécurité, la confidentialité et la convivialité peuvent véritablement aller de pair, sans introduire une foule de complications supplémentaires pour les banques et les fournisseurs de services financiers. Les acteurs les plus performants du secteur seront ceux qui prendront des mesures pour saisir cette occasion sans tarder.

Pourquoi le niveau de conformité de la sécurité des paiements diminue-t-il ?

Lorsque les entreprises subissent une attaque, celle-ci cible souvent les informations personnelles et financières des clients issues des données des cartes de paiement. La norme de sécurité de l’industrie des cartes de paiement (PCI DSS) a été conçue pour protéger les données de paiement à partir du point d’achat. De manière surprenante, Verizon a observé une chute de la conformité à cette norme au cours des dernières années.

Le rapport sur la sécurité des paiements 2019 de Verizon approfondit cette analyse afin de déterminer la cause de ce phénomène. À l’approche du lancement de la nouvelle version 4.0 de la norme PCI DSS, il explique surtout comment les entreprises peuvent inverser cette tendance en réévaluant leur manière de déployer et structurer leurs programmes de conformité.

Suite au lancement initial de la norme PCI DSS par Visa Inc. en 2004, beaucoup ont supposé que les entreprises parviendraient à atteindre une conformité efficace et durable dans les cinq ans. Aujourd’hui, 15 ans plus tard, le nombre de sociétés parvenant à une conformité durable a chuté de 52,5 % (PSR 2018) à son niveau le plus bas, à peine 36,7 % à l’échelle internationale. Sur le plan géographique, les entreprises de la région APAC (Asie-Pacifique) démontrent une capacité à maintenir leur statut de conformité complète (69,6 %), contre 48 % dans la région EMEA (Europe, Moyen-Orient et Afrique) et à peine 20,4 % (une sur cinq) en Amérique.

Les domaines d’activités à la loupe

L’examen des principaux secteurs d’activité nous permet d’observer la diversité de leur cote de conformité, mais également ce qui leur manque pour parvenir à une conformité complète ainsi que les mesures correctives à adopter par chaque secteur pour améliorer ses performances.

Commerce – Il y a quatre ans, les données des distributeurs étaient le plus souvent compromises au niveau du point de vente. Depuis lors, le lancement aux États-Unis de la technologie EMV (Europay, Mastercard et Visa) semble avoir réduit la proposition de valeur des fraudes aux cartes de paiement, et notre étude a établi que les piratages de données surviennent principalement via les applications Web. Les failles de sécurité n’ont cependant pas été entièrement éradiquées. Les commerçants doivent demeurer vigilants quant à la protection des données des cartes. Leur cote de conformité de 26,3 % est similaire à celle des services informatiques. Parmi leurs lacunes relatives aux exigences de la norme PCI DSS, on compte l’utilisation d’un trop grand nombre de paramètres par défaut des composants du périmètre (exigence 2) et surtout la non-conformité de leur gestion de la sécurité adéquate (exigence 12). Ce phénomène se traduit également par la note la plus faible des secteurs d’activité étudiés obtenue en matière de niveau de préparation aux incidents de piratage de données. En effet, le secteur du commerce peine à identifier les utilisateurs et garantir qu’ils disposent du niveau de privilèges adéquat, faire preuve d’une diligence raisonnable lors des relations avec les prestataires de services, détecter les points d’accès sans fil non autorisés, et gérer un plan de réponse aux incidents.

Secteur hôtelier – Le secteur hôtelier obtient à nouveau la note la plus faible quant au chiffrement des données en transit (exigence 4 de la norme PCI DSS), mais est le seul de l’étude à améliorer ses résultats dans cette catégorie par rapport à l’année précédente. Le secteur hôtelier est également parvenu à mieux se protéger contre les logiciels malveillants (exigence 5). Il présente les progrès les plus notables parmi tous les secteurs d’activité quant à cette exigence en obtenant une conformité de 84,2 %. Le secteur hôtelier est le seul secteur analysé par le PSR 2019 à avoir amélioré ses capacités de contrôle des accès physiques (exigence 9) par rapport à l’année précédente en parvenant à une cote de conformité de 63,2 %. Bien que ce secteur accuse un retard quant à la protection des données des titulaires de cartes stockées (exigence 3), il doit surmonter des difficultés uniques, notamment l’absence de solutions matures conçues pour ce type d’environnement. Les points faibles de l’hôtellerie sont l’identification et l’authentification des utilisateurs, la révision et le test du plan de réponse aux incidents, ainsi que la formation aux responsabilités en cas de piratage.

Finance – Le secteur des services financiers évolue dans un contexte de mutation rapide. Les clients exigent de nouvelles méthodes pour communiquer et effectuer des transactions personnalisées, en particulier via les périphériques mobiles. En parallèle, l’industrie continue d’observer des acteurs issus d’autres secteurs proposer des produits financiers. Au sein de cet environnement très compétitif et régulé, la capacité de protection des données des cartes de paiement fait toute la différence. Les clients s’attendent fortement à ce que les prestataires de services financiers comprennent mieux les besoins de sécurité des paiements que les autres catégories d’entreprises.Les données du PSR suggèrent que le secteur des services financiers se classe en tête quant à la conformité aux exigences de la norme PCI DSS, mais qu’il peut progresser dans le domaine du chiffrement des données en transit (exigence 4) et de la protection contre les logiciels malveillants (exigence 5).

Les conclusions du rapport de cette année font clairement ressortir le fait que de nombreuses entreprises ont encore du chemin à faire pour devenir entièrement conformes, mais qu’elles peuvent y parvenir à l’aide d’outils adéquats et en concentrant leurs efforts sur les points à améliorer. La conformité de la sécurité des paiements est cruciale. Les données du centre VTRAC (Verizon Threat Research Advisory Center) démontrent en outre qu’en l’absence de contrôles adéquats de protection des données, un programme de conformité a plus de 95 % de chances de se révéler transitoire et de devenir potentiellement la cible d’une cyberattaque.

L’étroite corrélation entre l’absence de conformité à la norme PCI DSS et les piratages informatiques fait l’objet de discussions depuis des années. Il n’existe aucun cas documenté publiquement d’une entreprise conforme à la norme PCI DSS ayant subi un piratage de données de cartes de paiement confirmé. La conformité fonctionne ! (Gabriel LEPERLIER – Senior Manager Security Consulting EMEA at Verizon Enterprise Solutions)

Etat de la sécurité des applications des plus grandes banques du monde

Des chercheurs ont mené une enquêtes sur l’état de la sécurité des applications des plus grandes banques du monde. Un des outils posséde une faille connue depuis 2011.

Les nouvelles recherches de la société ImmuniWeb va faire grincer des dents dans le petit monde bancaire. Ils ont étudié la sécurité, la confidentialité et la conformité des applications des plus grandes institutions financières mondiales figurant dans la liste S&P Global 2019. Le résultat a de quoi étonner. En ce qui concerne la conformité, 85 applications Web de banque en ligne ont échoué au test de conformité GDPR ; 49 banque en ligne ont échoué au test de conformité PCI DSS ; 25 app ne sont pas protégées par un WAF.

Vulnérabilités de sécurité

Dans cette étude, on découvre que sept applications Web de banque en ligne contiennent des vulnérabilités connues et exploitables.

La plus ancienne vulnérabilité est connue depuis 2011. 92% des applications bancaires mobiles contiennent au moins une vulnérabilité à risque moyen.

100% des banques ont des problèmes de sécurité ou des problèmes liés aux sous-domaines oubliés.

Pour finir, concernant la sécurité du site web, seuls 3 portails sur 100 affichaient la note la plus élevée «A+» pour le « chiffrement SSL et la sécurité des sites Web ». Dans ce top 3, on trouve un Suisse (credit-suisse.com), un Danois (danskebank.com) et un Suédois (handelsbanken.se).

Pendant ce temps, dans le commerce 2.0

De son côté, le laboratoire Pradeo a étudié 38 applications mobiles d’e-commerce les plus téléchargées au monde. Le rapport montre qu’elles envoient les données personnelles des utilisateurs via de nombreuses connexions non sécurisées (pourcentages précis dans l’article) et présentent en moyenne 13 vulnérabilités de code, dont certaines ayant un haut niveau de sévérité.

Equifax : le piratage à plus de 1,4 milliard de perte

Le piratage informatique a un vrai coût qu’il est difficile de quantifier tant les ramifications venant s’y greffer ne se découvrent pas du jour au lendemain. Un exemple avec le piratage de 2017 de la compagnie Equifax. Deux ans après l’intrusion, la facture ne cesse de gonfler.

Le piratage informatique est déjà psychologiquement difficile à vivre pour toute personne et entreprise impactée par cette malveillance. L’aspect financier l’est encore plus, d’autant que la facture peut continuer à gonfler durant des mois, des années. La banque Equifax en fait les frais depuis 2017. Entre mai et juillet 2017, un pirate s’est invité dans ses informations. Quelques mois plus tard, la société américaine spécialisée dans les crédits à la consommation, révélait une infiltration informatique et le vol des données personnelles d’environ 150 millions de clients.

Elle ne s’était même pas rendue compte du vol. C’est le Department of Homeland Security (DHS) qui informait la société d’une vulnérabilité logicielle ayant permis la ponction.

1,4 milliard de perte depuis 2017

Le dernier Comité d’Entreprise a annoncé une perte de 1.4 milliard de dollars. Perte liée à ce piratage. Cerise sur le gâteau, la société de crédit doit faire face à plusieurs centaines de procès devant des tribunaux Américains, canadiens, Anglais, sans oublier le FTC de l’Oncle sam. Le CEO a tenté de rassurer les actionnaires en indiquant, par la bouche du directeur général, Mark Begor, que plusieurs plaintes avaient été levée via des accords de règlement avec certains recours collectifs et enquêteurs du gouvernement.

Bref, l’assureur a payé ! Il reste encore 2 500 plaintes de consommateurs, des recours collectifs internationaux et nationaux, des litiges entre actionnaires et des actions en justice intentées par des gouvernements et des villes américaines (clientes Equifax). A noter que l’enquête sur ce piratage est toujours en cours aux USA et à l’étranger.

Plus de 2 500 plaintes

Début mai, un groupe de membres du Congrès a présenté un nouveau projet de loi proposant certaines modifications réglementaires qui imposeraient des peines plus lourdes pour toutes les infractions futures liées aux données des américains. Cette modification exige aussi des inspections de cybersécurité et une obligation d’indemnisation des consommateurs en cas de vol de données. La loi propose qu’un bureau de la cybersécurité soit mis en place à la FTC.

Il aurait pour mission d’inspecter et superviser la cybersécurité des structures telles que les agences de notation. Du côté des pénalités, imposer des sanctions obligatoires en matière de responsabilité pour les violations impliquant des données. Une pénalité de base de 100 dollars pour chaque consommateur pour lequel un élément personnel (PII) compromis. 50$ pour chaque PII supplémentaire.

En vertu de ce projet de loi, Equifax aurait payé une amende d’au moins 1,5 milliard de dollars.

Traders home, le trading forcé aux risques multiples

Depuis plusieurs jours, une société de trading harcèle ses interlocuteurs, par téléphone, pour leur vendre du trading et le rêve de gagner des milliers d’euros sans se fatiguer. Prudence !

L’appel débute souvent quelques jours avant d’être en tête à tête, par téléphone, avec un commercial de chez Traders Home. Le premier appel dure rarement plus de 3 secondes. Vous décrochez, et on vous raccroche au nez. Il s’agit d’un bot. D’un système automatisé qui doit permettre à Traders Home, comme à plusieurs autres arnaqueurs (rénover vos combles pour 1 euros ; devenir le parrain d’un jeune enfant en Afrique, …), de s’assurer qu’un humain est bien derrière la ligne téléphonique. Les numéros sont le plus souvent généré automatiquement. Ils sont aussi récupérés via différents itinéraires. Et être inscrit chez bloctel n’y changera rien !

Traders Home

Pour le cas de Traders home, la méthode est simple. Votre interlocuteur vous fait miroiter de l’argent, beaucoup d’argent, en devenant un trader. Vous allez pouvoir miser sur les monnaies (Euros, Dollars), l’or, les cryptymonnaies (bitcoin, …) ou encore sur l’énergie (gaz, électricité…)

Votre commercial (homme ou femme) vous indique que cela ne vous coûtera quasiment rien. Juste une centaine d’euros. Et comme vous êtes des débutants, ils mettent 50 euros de leur poche. Vous voilà ferré. Vous risquez de finir plumé par cette entreprise qui affiche une adresse basée dans les fins fond de l’océan indien. Autant dire que pour râler, il va falloir prendre les rames… et ramer !

Installer un logiciel et reg. arder les euros défilés

La communication peut-être longue. L’interlocuteur vous prend en main. Vous dirige dans les méandres du site web de Traders Home. On vous explique que « c’est super simple […] sans aucun risque« . Il faut juste s’inscrire, choisir l’espace « étudiant » (débutant), fournir un numéro de téléphone (pour votre coach), faire virer 100€ et installer un logiciel « Dans votre téléphone portable ou tablette pour plus de confort » !

Pour rappel, le trading est une véritable activité à risque. Un trader doit être connu favorablement auprès d’une autorité financière. Et devinez quoi… L’AMF, l’Autorité des Marchés Financiers en France n’aime pas du tout Tradershome Ltd. TD est même dans la liste noire de l’AMF.

L’arnaque

« J’ai été contacté en mars, explique Jacqueline à Data Security Breach. Mon interlocuteur m’a fait rêver. Il m’a expliqué que je pouvais gagner énormément d’argent en investissant dans le trading. Je n’ai aucune expérience. Le monsieur m’a indiqué que ce n’était pas utile. Tradershome allait m’aider. Je n’avais rien à faire que de – regarder les euros défiler« .

« J’ai fait un premier versement de 100€. Tout c’est enchaîné très rapidement. J’ai reçu des appels qui m’étaient indiqué provenant de Hong-Kong. On m’appelait chaque jour. Mon – coach – souhaitait que j’augmente mon capital. Plus je verserai, plus je gagnerai, m’affirmait-t-il. Le plus fou c’est qu’au début, je recevais bien mes profits. J’avais versé 1 000€ en mars 2019. J’ai reçu un premier versement de 250€. Bilan, les appels et cette entrée d’argent m’ont incité à placer 4 000 euros. Bilan, 5 000 euros chez eux. Pour me garder, j’ai reçu 740€ sur mon compte en banque, en avril 2019. Sauf que trois semaines plus tard, ma courbe a chuté à 4 700 euros. Il ne me restait plus que 300€. Je n’ai plus jamais eu de nouvelles. J’ai perdu 4 260 dans ce piège.« 

Anubis : cheval de Troie bancaire décortiqué

Anubis 2 est apparu dans le « paysage des menaces » en 2017 en tant que cheval de Troie bancaire en location (disponible pour les fraudeurs dans des forums undergrounds), l’auteur et créateur du malware se surnomme « maza-in ». Si ce dernier a disparu des radars, son outil malveillant est toujours en action.

En tant que malware bancaire, Anubis incite ses victimes à fournir des informations personnelles et sensibles, telles que les logins bancaires, des codes de sécurité bancaire et même des informations de carte de crédit. Mais ce logiciel malveillant va au-delà des attaques « overlay » bien connues, utilisées par les chevaux de Troie bancaires, car il combine des fonctionnalités avancées telles que le streaming d’écran du téléphoné infecté, l’accès à tous les fichiers à distance, l’enregistrement sonore, le key-logging et même un proxy réseau, ce qui en fait un malware bancaire efficace, mais également un potentiel outil pour espionnage.

D’un point de vue opérationnel, Anubis peut être considéré comme l’un des chevaux de Troie bancaires Android les plus utilisés depuis fin 2017. En ce qui concerne les banques Françaises, les suivantes sont ciblées : Axa, Banque Populaire, BNP Paribas, Boursorama, Caisse d’Épargne, Crédit Agricole, Crédit Mutuel, LCL, Palatine ou encore la Société Générale.

L’auteur a disparu, par son code malveillant

Au cours du premier trimestre 2019, l’auteur et créateur du cheval de Troie a disparu, laissant les clients existants sans assistance ni mises à jour; mais le risque demeure et pourrait même augmenter. Les campagnes d’infection d’Anubis comptent parmi les plus importantes jamais enregistrées pour les malwares bancaires : De nombreuses victimes ne sont pas conscientes du fait que le malware ne se déguise pas comme l’app de la banque, il se déguise principalement en tant qu’application tierce et reste inaperçu par les usagers. Anubis se fait par exemple passer pour : de faux jeux mobiles, de fausses mises à jour de logiciels, de fausses applications postales, de fausses applications Flash Player, de fausses applications utilitaires, de faux navigateurs et même de fausses applications de réseau social et de communication.

Les caractéristiques du cheval de Troie en font une menace importante : Habituellement, les chevaux de Troie bancaires effectuent principalement des attaques de type « overlay » afin de collecter les informations personnelles puis volent les SMS pour acquérir les codes bancaires, mais Anubis va plus loin que ça avec la streaming de l’écran du téléphone infecté, l’accès de fichiers à distance (accès au stockage du téléphone), l’enregistrement sonore, le key-loggign et même un proxy réseau (permettant au criminel de se connecter à la banque via le téléphone infecté).

300 banques dans le monde ciblées

Les campagnes d’infection d’Anubis ciblent en moyenne, plus de 300 banques dans le monde: La liste observée dans les campagnes Anubis contient environ 360 cibles, contenant la plupart des banques les plus grandes et les plus connues dans le monde, mais également des applications de communication et de réseautage social largement utilisées, ce qui signifie que personne n’est vraiment protégée, car même si une victime ne fait pas de banque en ligne le malware abusera d’autres applications (Liste complète de cibles en Annexe du blog).

Les malware qui deviennent orphelins ne sont pas toujours un bon signe : Beaucoup de gens pourraient penser que lorsque le propriétaire / auteur du malware disparaît, les opérations s’arrêtent… Malheureusement, ce n’est pas toujours le cas, surtout pas avec Anubis. Bien que l’acteur ait disparu, le cheval de Troie est toujours actif et le pire est que son code a été divulgué/fuit, ce qui pourrait amener de nombreux autres criminels à utiliser le programme malveillant. Toute l’analyse complète à découvrir sur Threat fabric.

Crypto-monnaie et recovery room : 113 sites douteux

Recovery room : l’Autorité des Services et Marchés Financiers diffuse une liste noire de 113 sites web douteux concernant les crypto-monnaies.

 

La FSMA, l’Autorité belge des Services et Marchés Financiers, vient de mettre en ligne une liste qui risque d’intéresser les amateurs de crypto-monnaies et autres internautes attirés par le trading. La FSMA édite depuis 1 an une liste de sites mis sur liste noire pour avoir été acteurs d’escroqueries. Si au début cette liste affichait quelques dizaines de fraudeurs, en décembre 2018, ils sont 113 montrés du doigt. A fuir, donc. Le gendarme du secteur financier belge explique que ces plateformes « proposent un investissement sur la base de crypto-espèces, en mettant l’accent sur son caractère sûr, simple et très lucratif. Elles tentent de gagner votre confiance en vous persuadant qu’il ne faut pas être un expert pour pouvoir investir dans les crypto-monnaies. Prétendent collaborer avec des spécialistes, qui gèrent vos investissements. Confirment en outre que vous pouvez retirer vos fonds à tout moment. Fonds garantis. »

Derrière, des escrocs qui empochent votre argent. Cette liste comprend : des entreprises fournissant, en Belgique (ou depuis la Belgique), des services et produits financiers sans respecter la réglementation financière belge (défaut d’agrément / défaut de publication d’un prospectus/…) ; des entreprises à l’égard desquelles, outre d’éventuels manquements aux réglementations financières dont elle assure le contrôle, la FSMA a constaté de sérieux indices de fraude à l’investissement ; des entreprises à l’origine de fraudes de type « recovery room« .

Recovery room

La fraude de type « recovery room » vise les investisseurs déjà victimes d’une arnaque. Contactés par les escrocs, ils se voient proposer de l’aide en vue de récupérer les sommes perdues. Une technique employée, entre autres, par les escrocs à l’amour, les scammeurs. Ils vous indiquent être policier, par exemple, et doivent vous permettre de retrouver votre argent perdu. Bien évidement, ils réclament des frais de « dossier » ! Les escrocs derrière une « recovery room » sont souvent les mêmes voleurs que dans le cadre de la fraude initiale. Ils peuvent aussi revendre leur « pigeon » à d’autres malveillants. « Tout investisseur qui a déjà été victime d’une fraude à l’investissement doit être conscient que les fraudeurs sont susceptibles de le viser à nouveau ou de revendre ses données. » confirme la FSMA.

Authentification forte : les commerçants pas au courant des nouvelles réglementations qui entreront en vigueur en 2019

Les commerçants doivent se préparer à fournir une authentification forte (SCA) pour éviter l’insatisfaction des clients.

Le 13 décembre 2018 – L’essor du e-commerce est une bouée d’oxygène pour de nombreux commerçants. Cependant, une étude Mastercard ciblant un petit groupe de e-commerçants en Europe a révélé que 75% des commerçants en ligne en Europe ne sont potentiellement pas au courant d’une nouvelle norme de sécurité qui entrera en vigueur l’année prochaine.[1]

Conçu pour améliorer l’expérience des paiements numériques, EMV 3-D Secure (ou EMV 3DS) va ouvrir une nouvelle ère de sécurité pour les transactions en ligne et permettra à l’authentification de bénéficier d’un standard prenant en compte les nouvelles technologies telles la biométrie. Malgré ces changements, seuls 14% de cet échantillon de commerçants en ligne européens ont déjà implémenté SCA, et 51% déclarent ne pas pouvoir être prêts pour septembre 2019 ou n’ont aucun plan pour le supporter.

Le SCA sera obligatoire en vertu de la DSP2 à compter de septembre 2019. Cependant, avant cela, les commerçants en ligne doivent être préparés. Ci-dessous, deux actions que les e-commerçants doivent effectuer avant l’été 2019 :

Contacter leur acquéreur ou leur fournisseur de services de paiement (PSP) pour s’assurer que leur entreprise est prête et enregistrée dans Identity Check.
Accompagner leurs clients en les informant des changements qui seront apportés à leur expérience de paiement en en soulignant les avantages (plus besoin de se rappeler de mots de passe et une réduction probable de la fraude).

Authentification biométrique

Parallèlement, les banques enregistreront également leurs titulaires de carte au sein d’Identity Check et leur offriront des méthodes d’authentification améliorées, dont l’authentification biométrique.

Dans le but d’offrir aux consommateurs une expérience de paiement en ligne plus fluide, Mastercard déploie Mastercard® Identity Check™, une solution d’authentification de nouvelle génération basée sur EMV 3DS qui offre une expérience de paiement en ligne plus fluide pour les consommateurs. Avec un très grand nombre de consommateurs habitués à payer en un seul clic, cette nouvelle solution Mastercard est conçue pour minimiser les perturbations et les frictions inutiles au moment du paiement. Identity Check répond aux exigences SCA de la Directive sur les Services de Paiement 2 (DSP2) qui sera applicable à partir du 14 septembre 2019 dans 31 pays européens.

Milan Gauder, Executive Vice President, Services, Mastercard Europe affirme : « Le e-commerce continue de croître plus rapidement que les achats physiques et, bien que ce soit extrêmement positif pour les commerçants en ligne, cela exige d’eux de s’assurer que les transactions numériques sécurisées et transparentes. Nous avons mené à bien la première transaction EMV 3DS en septembre. Nous sommes ravis de migrer notre solution Identity Check avec EMV 3DS, en utilisant des méthodes d’authentification en temps réel telles que les mots de passe dynamiques, la biométrie (incluant la reconnaissance d’empreintes digitales, faciales, d’iris et vocale), pour offrir une expérience en ligne plus sécurisée et adaptée à l’avenir du e-commerce. »

Paiement en ligne

Avec des taux d’approbation plus faibles et des taux de fraude plus élevés, l’écart entre les achats e-commerce et en magasin demeure un problème. Le taux de fraude pour les paiements en ligne est dix fois plus élevé que pour les transactions sur un terminal de paiement en Europe, ce qui a un impact négatif sur l’utilisation et l’attrition.

Pour se préparer au déploiement de Mastercard® Identity Check™, Mastercard a lancé une phase pilote dont les résultats indiquent que la nouvelle solution permet de réduire la fraude, de diminuer le nombre de refus de cartes et de faciliter l’authentification pour le consommateur. Non seulement l’expérience utilisateur est optimisée, mais les profits des commerçants et des émetteurs ont également augmenté.

« Avec le commerce en ligne qui devient la norme, et de nouvelles exigences réglementaires, il est nécessaire de proposer des solutions innovantes pour s’assurer que les e-commerçants continuent à satisfaire leurs clients. Avec la possibilité d’échanger entre les commerçants et les émetteurs 10 fois plus d’informations que de messages d’authentification aujourd’hui, et avec les nouvelles fonctionnalités mobiles, nous relevons la barre en matière d’authentification« , a ajouté Milan Gauder.