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Données personnelles, l’Europe s’active…

La très prochaine Réglementation Générale de l’Union Européenne sur la Protection des Données, prévue pour la fin de l’année, concerne toutes les entreprises disposant de bases de données personnelles. Celles-ci auront 2 ans pour se mettre en conformité avec cette nouvelle réglementation. Des sanctions financières lourdes (jusqu’à 5% du chiffre d’affaires annuel) seront appliquées en cas d’infraction.

Gouverner, c’est prévoir. Cette maxime doit être complétée par l’évidence qu’il faut, pour anticiper les décisions, disposer de l’information. Toutes les entreprises qui utilisent des bases de données personnelles doivent donc aujourd’hui s’intéresser à la future Réglementation Générale de l’Union Européenne sur la Protection des Données qui verra le jour à la fin de l’année. Avec d’autant plus d’attention que des sanctions financières lourdes (jusqu’à 5% du chiffre d’affaires annuel) seront appliquées en cas d’infraction.

Une Réglementation Générale sur la Protection des Données
Soucieuse de renforcer les droits sur la vie privée en ligne, la Commission Européenne a proposé le 25 janvier 2012 une réforme de l’UE 95/46 /CE sur la protection des données, une réglementation déjà vieille de 10 ans. Depuis la mise en œuvre de la directive initiale, les progrès technologiques ont en effet entraîné une modification profonde de la façon de collecter, de rendre accessibles et d’utiliser les données. Une proposition de Réglementation Générale sur la Protection des Données a donc vu le jour. Approuvée par le Parlement Européen en mars dernier, elle est en cours d’adoption par le Conseil de l’Union Européenne et sera effective d’ici la fin de l’année, c’est-à-dire dans un mois, pour entrer en vigueur définitive après une période transitoire de deux ans.

Des conséquences pour tous les résidents de l’Union…
La Réglementation Générale sur la Protection des Données sera applicable si l’entreprise ou le sujet des données – la personne – est installé dans l’Union Européenne. Ce qui est déjà le cas de la Directive actuelle qui soumet les entreprises européennes à des règles beaucoup plus strictes que les entreprises hors UE. Désormais, les entreprises établies en dehors de l’Union Européenne devront obéir aux mêmes normes que les sociétés européennes lorsqu’elles traiteront des données personnelles de résidents de l’UE.

Par donnée personnelle, la Commission Européenne désigne « toute information relative à une personne physique, se rapportant à sa vie privée, professionnelle ou publique. Il s’agit du nom, d’une photo, d’une adresse électronique, de coordonnées bancaires, de messages sur les réseaux sociaux, d’une information médicale ou de l’adresse IP d’un ordinateur. »

Les principales modifications touchent à trois sujets majeurs.
Le droit à effacer des données personnelles
Le droit à l’oubli numérique permettra aux personnes qui veulent maîtriser leur vie en ligne de ne plus avoir de données personnelles stockées, traitées ou accessibles. Tout particulier pourra obtenir qu’elles soient supprimées, à condition qu’aucun motif légitime ne justifie leur maintien.

Chaque utilisateur final aura le droit de transférer des données d’un service à l’autre. D’autre part, les entreprises devront obtenir l’accord des intéressés pour recueillir leurs données personnelles. La non-obtention ou la non-fourniture de ce consentement invalidera le processus. Les entreprises doivent être en mesure de prouver comment les données personnelles sont traitées, recueillies, conservées, accessibles et utilisées. Elles doivent pouvoir produire l’accord explicite qui leur permet de traiter les données en question.

Le Responsable de la protection des données
Les entreprises de plus de 250 salariés seront tenues de nommer un Responsable de la protection des données, dont les coordonnées devront être publiées, pour veiller au respect de la réglementation. En cas de violation des données, il devra informer les organismes de réglementation en fournissant des renseignements détaillés, dans les 72 heures qui suivent la prise de connaissance de l’infraction. Toute action ayant un impact «hostile» devra être notifiée. En conséquence, l’entreprise doit se préparer et prendre les dispositions nécessaires pour fournir les informations détaillées sur les violations de données, aux autorités compétentes, dans le laps de temps autorisé. Ces exigences signifient que l’entreprise doit être capable d’identifier rapidement l’infraction et mesurer l’étendue de la fuite.

Une protection intégrée
Des garanties de protection des données devraient être intégrées dès les premiers développements des produits et des services proposés par les entreprises. Les paramètres par défaut respectant la vie privée devraient devenir la norme, comme par exemple sur les réseaux sociaux.

Des conséquences importantes pour l’entreprise
La Directive en vigueur n’est pas appliquée de la même manière dans tous les pays membres de l’Union Européenne. La nouvelle Réglementation sur la Protection des Données sera, au contraire, mise en œuvre de manière identique dans tous les pays membres. Le fait que ce soit une Réglementation et non une Directive signifie qu’elle sera directement applicable à chaque Etat membre de l’UE.

Le respect de la Réglementation évitera des pénalités financières et d’éventuelles poursuites judiciaires. Des sanctions sont prévues. Etablies en fonction de l’ampleur de la fuite de données, elles peuvent atteindre 2 à 5% du chiffre d’affaires annuel global et aller jusqu’à 100 millions d’euros.

Une grande sévérité pour les entreprises !
Les diverses modifications comme le droit à l’oubli, l’accès facilité pour l’utilisateur à ses propres données, l’accord nécessaire pour pouvoir utiliser ou traiter les données des particuliers, la nomination d’un Responsable à la protection des données, la notification et les informations concernant les flux en cas de violation ainsi que la confidentialité par défaut sont évidemment à inclure dans le plan d’évolution du Système d’Information, et cette nouvelle réglementation, qui a des conséquences importantes sur l’organisation de l’entreprise, doit être mise en place avec attention.
Comment se conformer à cette nouvelle norme ?

La Réglementation Générale sur la Protection des Donnée engendrera des changements au niveau de la collecte, du stockage, de l’accessibilité et de l’utilisation des données. Quant à l’obligation de déclarer toute violation des données, cela nécessite un système actif de surveillance des échanges et des flux de données et un certain nombre de bonnes pratiques.

Un examen approfondi des politiques de sécurité et de protection des données ainsi que des rôles et responsabilités au sein de l’entreprise s’impose. La priorité est un audit pour évaluer les risques et déterminer les actions à entreprendre en fonction des faiblesses propres à l’entreprise sur ce sujet. En second lieu, l’adoption d’une solution de SIEM* est un moyen efficace de contrôler l’accès aux systèmes où sont stockées les données personnelles. Ce type de solution permet aussi de surveiller la sécurité des systèmes et recevoir des alertes quand on y accède. Les logs fournissent en effet une vision complète et exacte de ce qui a été consulté. Il est donc possible d’informer rapidement les organismes de réglementation en cas de violation des données. Il est également possible de configurer des rapports prouvant la conformité à la Réglementation, ce qui aide considérablement les Responsables de la protection des données.

Faire appel à des experts et mettre en place dès 2015 ces nouvelles exigences en matière de sécurité et de conformité s’avère d’ores et déjà une tâche à planifier. On peut bien sûr penser que la mise en œuvre effective de la réglementation étant prévue après une période de deux ans, rien ne presse… Mais l’expérience montre que l’examen d’une structure organisationnelle ainsi que les mises à niveau nécessaires du système prennent du temps. Anticiper est aussi un avantage concurrentiel (voire marketing) pour les entreprises utilisant pour leur métier de gros volumes de données personnelles. (Par Frédéric Saulet, Directeur Régional Europe du Sud de LogPoint.)

* SIEM : Security Information and Event Management – Le principe du security information management est de gérer les événements du système d’information (Wikipédia).

Regin: Un outil d’espionnage de pointe pour une surveillance furtive

Un malware complexe, connu sous le nom de Regin, a été utilisé dans le cadre de campagnes d’espionnage systématique envers des cibles internationales depuis au moins 2008. Trojan de type backdoor, Regin est un malware complexe dont la structure suppose des compétences techniques rarement vues.

Avec un grand nombre de fonctionnalités qui s’adaptent selon la cible, il permet à ses commanditaires d’opérer une surveillance massive et a été utilisé dans des opérations contre des organisations gouvernementales, des opérateurs d’infrastructures, des entreprises, des scientifiques et des individus. Il est probable que son développement ait pris plusieurs mois, voire plusieurs années, et ses auteurs ont tout fait pour assurer sa discrétion. Ses capacités ainsi que le niveau de ressources derrière Regin indiquent qu’il s’agit de l’un des principaux outils de cyber espionnage utilisé par un état.

Comme décrit dans le livre blanc publié par Symantec, Backdoor.Regin est une menace en différentes phases, chacune d’entre elles étant dissimulée et chiffrée, à l’exception de la première. L’exécution de la première étape génère un effet domino de déchiffrement et de chargement de la phase suivante. Chaque étape individuelle fournit peu d’informations sur l’ensemble de la menace. Seule la réalisation de l’ensemble permet l’analyse et la compréhension de la menace.

Les cinq étapes de Regin

Regin utilise également une approche modulaire, lui permettant de charger des fonctionnalités adaptées selon la cible. Cette approche modulaire a déjà été vue dans des familles de malwares sophistiqués tels que Flamer et Weevil (TheMask), alors que l’architecture en plusieurs étapes est similaire à celle observé dans Duqu/Stuxnet.

Déroulé et profil des cibles
Les infections par Regin ont été observées dans différents types d’organisations entre 2008 et 2011, date à laquelle il a été brutalement retiré. Une nouvelle version du malware a refait surface à partir de 2013. Les cibles incluent des entreprises privées, des organisations gouvernementales et des instituts de recherche. Alors que près de la moitié des infections concerne des adresses appartenant à des fournisseurs de services Internet, les cibles de ces infections étaient les clients de ces sociétés plutôt que les sociétés elles-mêmes. De la même manière, les attaques contre des entreprises de télécommunications visaient l’accès aux appels passant par leurs infrastructures.

La géographie des infections est également diverse, et concerne principalement dix pays.

Vecteur d’infection et charges utiles
Le vecteur d’infection varie selon les cibles et aucun vecteur reproductible n’a été identifié à l’heure où ce rapport a été rédigé. Symantec estime que certaines cibles ont été leurrées vers la visite de fausses versions de site Internet bien connus, et que la menace s’est installée via un navigateur web ou lors de l’exploit d’une application. Sur un ordinateur, les fichiers log montraient que Regin venait de Yahoo ! Instant Messenger via une faille non confirmée.

Regin utilise une approche modulaire, donnant ainsi une certaine flexibilité à ses commanditaires et opérateurs qui peuvent ainsi adapter ses fonctionnalités selon les cibles individuelles et les besoins. Certaines charges utiles sont particulièrement avancées et laissent supposer un haut degré d’expertise dans des secteurs bien précis: une preuve supplémentaire du niveau de ressources dont ont bénéficié les auteurs de Regin.
Regin comporte des douzaines de charges utiles. Ses capacités de base incluent plusieurs fonctionnalités de Remote Access Trojan (RAT), telles que la capture d’écrans, la prise de contrôle de la souris, le vol de mots de passe, la surveillance du trafic réseau et  la restauration de fichiers supprimés.
Des modules de charge utile plus spécifiques et avancés ont également été découverts, tels que le monitoring de trafic de serveur web Microsoft IIS et l’aspiration du trafic des contrôleurs des stations de téléphonie mobile.
Furtivité.

Les développeurs de Regin ont fourni des efforts considérables pour le rendre indétectable. Son caractère discret semble indiquer une utilisation lors de campagnes d’espionnage qui ont duré plusieurs années. Même lorsque sa présence est détectée, il est très difficile de déterminer précisément ses actions. Symantec n’a été en mesure d’analyser les charges utiles qu’après déchiffrement des échantillons de fichiers.

Regin présente plusieurs fonctionnalités de furtivité, notamment des capacités anti-forensics, un système de fichiers virtuel chiffré unique, un chiffrement alternatif sous la forme d’une variante de RC5, qui n’est pas communément utilisé. Regin utilise de multiples moyens sophistiqués pour communiquer avec l’attaquant, notamment via ICMP/ping qui intègre des commandes dans les cookies http, via des protocoles TCP et UDP sur mesure.

Regin est une menace hautement complexe qui a été utilisée dans la collecte systématique de données ou lors de campagnes de renseignements. Le développement et l’opération de ce malware ont certainement demandé des investissements financiers et en temps importants, laissant supposer qu’un état en est le commanditaire. Sa conception en fait un outil hautement adapté pour des opérations de surveillance persistantes et à long terme contre ses cibles.

La découverte de Regin met en lumière l’importance des investissements pour le développement d’outils informatiques à des fins de renseignement. Symantec estime que de nombreuses composantes de Regin restent à découvrir et que des fonctionnalités et des versions supplémentaires existent. Symantec continue son travail d’analyse et publiera les mises à jour de ses recherches. (Par Symantec Security Response)

Arnaque aux couleurs d’Ikea

L’enseigne de meubles suédoises vient d’alerter ses clients francophones d’une arnaque en ligne à ses couleurs. Prudence !

« Cher client, souligne la marque Ikea sur son compte officiel Facebook, Nous tenions à vous avertir que des offres illégitimes circulent via Facebook. IKEA n’est pas l’auteur de ces offres vous proposant des chèques-cadeau à gagner; il s’agit probablement d’une collecte de données personnelles. » Le ton est donné pou l’enseigne IKEA, il faut dire aussi que depuis quelques jours, plusieurs fausses pages annoncent des bons cadeaux. Pour cela, il faut devenir amis et légitimer cette page en lui offrant un « j’aime » qui officialise l’honneté, aux yeux de vos ami(e)s, de ce soit disant jeux de Noël.

Attention, ne le faites pas. D’ailleurs, ce genre de pages tournent aussi pour « gagner des iPhones » ; « réduction sur votre console de jeux nouvelles générations. » …

Pour protéger vos données, nous vous recommandons vivement de ne pas donner suite à ces offres, et de ne pas les partager.

Chantage Internet : Rex Mundi diffuse des données d’internautes belges

Identités, adresses, numéros de registre national des travailleurs belges, le groupe de pirates informatiques Rex Mundi diffuse des données sensibles. Il souhaitait toucher 50.000 euros dans un chantage raté.

Le 15 novembre dernier, le groupe de pirates informatiques Rex Mundi, très actif sur le territoire Belge, refaisait parler de lui sur la toile. Après avoir diffusé un extrait de la base de données de Domino’s Pizza, après avoir attaqué Thomas Cook Belgium, Finalease Cars, c’est au tour de l’entreprise Mensura de faire les frais de ces maîtres chanteurs.

Les e.voleurs ont d’abord tenté de toucher 50.000 euros de ce spécialise du contrôle médical. Leur idée, toujours la même, faire chanter l’entreprise piratée. Vous donnez tant, et nous ne diffusons rien. Bilan, Menura n’a pas payé, Rex Mundi a diffusé les informations collectées, dont les fameux NATIONAAL RIJKSREGISTER.

Un millier de belges sont concernés. Mensura a déposé plainte auprès de la FCCU, la Federal Computer Crime Unit qui a une piéce compléte de dossiers sur le thème de Rex Mundi ! De son côté, Rex Mundi a indiqué que Mensura voulait payer, mais que l’avocat de l’entreprise a déconseillé cette alternative. Alternative que déconseille aussi les cyber policiers belges. Le compte Twitter de Rex Mundi a été suspendu. Il reviendra, très certainement, comme les 13 autres fois !

Objets connectés : Le mot de passe reste la meilleure sécurité, si on s’en sert !

Un pirate a récemment mis en ligne sur un site russe des liens qui permettent de regarder en direct les vidéos de milliers webcams de particuliers et d’entreprises, dans plus de 250 pays. En se connectant au site, on peut voir en direct ce qui se passe dans une chambre d’enfants à Birmingham ou dans un magasin de vêtements à Aix En Provence. Comment cela est-il possible ? Une grande partie de ces utilisateurs auraient tout simplement oublié de changer le mot de passe par défaut permettant d’accéder au flux vidéo de leur webcam.

Ce nouveau piratage illustre les nouveaux défis de sécurité qui sont induits par le développement des objets connectés. Ces derniers, souvent regroupés sous l’appellation « Internet des objets » connaissent une croissance fulgurante. Le Gartner prévoit ainsi qu’en 2015 4,9 Milliards d’objets connectés seront en circulation. Qu’il s’agisse de votre maison (domotique), de votre corps (capteur d’activité, montres connectées, appareils médicaux), de votre voiture ou de vos vêtements, de nouveaux objets et services connectés sont inventés tous les jours. Ils collectent des données de votre quotidien, les interprètent via des logiciels en ligne et vous aident à améliorer différents aspects de votre vie : confort, santé, dépenses, performance, productivité…

Ces données qui partent dans le Cloud
Pour pouvoir vous aider au mieux et pour stocker toutes ces données collectées sur votre quotidien, ces objets communiquent généralement avec des logiciels hébergés sur des serveurs sur Internet, « dans le Cloud », accessibles via des identifiants et mots de passe, comme n’importe quel site web. Mais cela n’est pas sans danger car si les français digitalisent leur vie quotidienne, ils n’adoptent pas pour autant les comportements de sécurité en ligne qu’ils ont dans la vie réelle. L’étude IFOP réalisée pour Dashlane en 2012 l’avait montré : Alors que 100% des français mettent leur ceinture de sécurité en voiture, 42% utilisent encore le même mot de passe sur plusieurs sites. Et pourtant, c’est une règle de base que d’utiliser un mot de passe différent par site web…

Et alors ?
Beaucoup minimisent sans doute le risque : on pense que lorsque l’on se fait pirater son compte email ou sa carte bancaire,  il y a toujours un moyen de réinitialiser son compte ou d’annuler les transactions frauduleuses réalisées avec la carte. Il n’y a pas « mort d’homme ». Maintenant imaginez-vous ce que peut être un piratage à l’heure de l’Internet des objets : une webcam pour surveiller vos enfants qui s’éteint toute seule, une voiture automatisée qui ne s’arrête plus, des données médicales modifiées qui conduisent à un traitement inapproprié, un pacemaker ou une pompe à insuline qui se mettent à fonctionner anormalement… Ce ne sont plus uniquement nos comptes en banque ou notre vie privée qui sont menacés, c’est notre intégrité physique et celle de nos proches.

Certains prennent ces menaces très au sérieux. Par exemple l’ancien Vice-Président américain Dick Cheney est en effet allé jusqu’à se faire opérer pour retirer les possibilités de connexion sans fil de son Pacemaker, par crainte d’un piratage potentiellement mortel. Solution radicale mais qui a le mérite d’être efficace. La sécurité en ligne n’est plus uniquement une question d’argent ou de confidentialité. Avec l’explosion des objets connectés c’est maintenant une question qui va concerner nos proches, notre intimité, notre santé, notre vie quotidienne dans toutes nos activités.

La nature du risque a changé. Il y a encore quelques années, pour les consommateurs, les risques associés au monde digital étaient limités à cet objet encombrant posé sur leur bureau, l’ordinateur. On se protégeait de ces risques à l’aide d’antivirus, d’anti spam, de firewall….Aujourd’hui, le risque s’est déplacé vers le Cloud : nos données personnelles y sont stockées et c’est aussi par-là que des hackers peuvent prendre le contrôle des objets connectés. Le seul rempart qui protège nos données et nos objets dans le Cloud, ce sont nos mots de passe. Ne l’oublions pas ! (Par Emmanuel Schalit, CEO de Dashlane)

Phishing : quand le chiffrement s’invite dans les liens

Le phishing est une menace majeure, qui accroît de manière importante la méfiance d’un nombre croissant d’internautes dans leur utilisation d’Internet, notamment dans le cadre d’opérations sensibles telles que les opérations bancaires et le commerce électronique. Cette méfiance freine grandement le développement d’Internet en tant qu’espace de confiance et de sécurité. En réponse à ce problème, des efforts importants sont menés au quotidien par les principaux acteurs de l’écosystème numérique : généralisation des moyens de protection tant au niveau des messageries électroniques que des navigateurs, information et éducation des utilisateurs – menées en particulier par les marques dont la réputation est ternie par le phishing. Toutefois, en dépit de tous ces efforts, on constate une pérennisation – ainsi qu’une évolution – de cette menace.

En effet, d’une part, le spectre des marques concernées par le phishing s’est considérablement élargi. Il y a quelques années, un nombre relativement limité de marques était confronté à cette menace, au premier rang desquels on pourra citer PayPal, Apple ainsi que les grandes banques et les principaux services de messagerie. Dorénavant, tous les acteurs de l’écosystème numérique sont concernés : la totalité des banques – et même des banques de dimension régionale – les sites de commerce électronique, les services publics, les réseaux sociaux… Cet élargissement du spectre pose un nouveau défi, car d’une part cela rend la tâche de protection de l’utilisateur plus complexe, et d’autre part cela crée un climat d’insécurité numérique permanent.

D’autre part, on constate que les phishers utilisent des techniques de plus en plus sophistiquées pour contourner les mécanismes de filtrage mis en place pour protéger l’utilisateur. L’une de ces techniques consiste à encoder ou à chiffrer le contenu de la page, pour rendre son analyse par des systèmes automatisés plus complexe et plus coûteuse.

Par exemple, une proportion importante de pages de phishing ont leur contenu encodé en percent encoding : le contenu de la page est alors décodé à la volée en javascript par le navigateur du client par l’intermédiaire de la fonction unescape, ce qui n’affecte en rien l’expérience utilisateur. Le phishing est une menace particulièrement pernicieuse et par conséquent difficile à combattre, qui nécessite une vigilance de tous les instants. A ce titre, il est particulièrement important de continuer à informer et à éduquer les utilisateurs, car la réponse à cette menace ne peut pas être que technologique. En particulier, l’application de quelques règles simples permet de réduire considérablement les risques : l’utilisateur doit d’une part, toujours vérifier l’identité d’un site web dès lors que des informations critiques sont échangées, et d’autre part, s’assurer qu’une communication chiffrée est utilisée.

A noter que les acteurs du monde numérique collaborent pour lutter contre cette menace, avec des projets tels que APWG, Phishing Initiative ou encore isitphishing.org. Ce dernier permet d’ailleurs à l’utilisateur de s’assurer de l’innocuité d’une URL. (par Sébastien Goutal, Responsable du Laboratoire R&D de Vade Retro)

Facebook sécurise WhatsApp à coup de chiffrement

L’outil de conversation WhatsApp chiffre dorénavant les messages diffusés par ses utilisateurs. Voilà une nouvelle qui a de quoi étonner. Non pas que Facebook soit considéré comme un pirate, mais plutôt comme un aspirateur de données.

WhatsApp, la messagerie rachetée par Facebook se lance dans la grande aventure du chiffrement qui transitent par ses bits. Facebook vient d’annoncer un chiffrement de bout-en-bout, comprenez que même Facebook ne possède pas les clés de lecture. Whisper Systems, développeur de TextSecure, considéré comme étant l’application de messagerie la plus sécurisée du moment, a aidé à la mise en place de cette protection qui doit permettre aux internautes de chiffrer leurs messages. Bilan, la derniére mise à jour de WhatsApp pour Android transporte cette sécurité. Les 600 millions d’utilisateurs de WhatsApp vont donc apprécier cette attention. Attention, elle ne chiffre que les messages textes.

TextSecure est une application de messagerie qui vous permet de vous réapproprier votre vie privée tout en communiquant facilement avec vos amis. Avec TextSecure, vous pouvez communiquer instantanément tout en évitant les frais de SMS, créer des groupes pour discuter en temps réel avec tous vos amis à la fois, et partager des pièces jointes, photos ou autres en toute confidentialité. Le serveur n’a jamais accès à vos communications et n’enregistre aucune donnée vous concernant. (The Verge)

 

Le paradoxe de la sécurité

Les salariés adoptent des pratiques à risques, alors qu’ils s’estiment sensibilisés sur la sécurisation des données.

Près de 3/4 des actifs interrogés se considèrent bien sensibilisés à la protection des données professionnelles, pourtant une majorité d’entre eux ont toujours des pratiques risquées. Les techniques de protection sophistiquées (changement de mot de passe régulier, système de cryptage des données) ne concernent qu’une moitié des actifs interrogés équipés d’un appareil mobile et seulement 30% disposent de ce type de protection sur l’ensemble de ces appareils fournis par leur entreprise. Le partage de fichiers en ligne via un service de cloud n’est pas jugé dangereux par la majorité des répondants (54%). Bien que les mots de passe soient imposés dans la majorité des entreprises (9/10), on observe de grandes disparités quant à leur élaboration et leur mise à jour, 63% laissent leur ordinateur allumé lorsqu’ils quittent le bureau en fin de journée ou ne le verrouillent pas en quittant leur poste.

De nombreuses études confirment l’influence des appareils mobiles sur le rétrécissement des frontières entre les sphères professionnelles et personnelles. Mais qu’en est-il de leur impact sur la sécurité des données des entreprises ? Les salariés sont-ils suffisamment sensibilisés sur les risques inhérents à ces nouveaux usages et mettent-ils en pratique les règles de sécurité ? Hiscox, en collaboration avec l’institut IFOP, s’est penché sur le sujet et les résultats de cette étude illustrent un important décalage entre le sentiment de connaître les consignes de sécurité et des pratiques à risques largement répandues dans les entreprises.

Des pratiques jugées sans risque par les salariés, mais qui exposent la sécurité de l’entreprise
72% des actifs interrogés se considèrent bien sensibilisés quant à la nécessité de protéger les données professionnelles. Ces actifs sont pourtant les mêmes à adopter des pratiques qui peuvent s’avérer dangereuses pour les données de l’entreprise. Les salariés équipés d’au moins un appareil mobile professionnel sont les plus concernés par ces pratiques risquées puisqu’ils sont 77% à déclarer transporter des fichiers professionnels sur une clé USB ou un disque dur externe (contre 63% pour l’ensemble du panel) et la moitié (53%) partage des fichiers en ligne via un service de cloud (contre 39% pour l’ensemble du panel).

Ces usages ne sont pourtant pas jugés risqués par les répondants : en effet, 54% estiment que le partage de fichiers via le cloud n’a pas d’incidence sur la sécurité et 57% ne voient aucun danger à transporter des données professionnelles sur une clé USB. De même, 63% des actifs laissent leur ordinateur allumé lorsqu’ils quittent le bureau ou ne le verrouillent pas en quittant leur poste. Moins de la moitié seulement perçoit cette pratique comme potentiellement imprudente.

Les petites entreprises plus vulnérables… Et friandes de solutions mobiles
Les salariés des petites entreprises (0 à 49 employés) font partie des publics qui identifient le moins ces pratiques comme pouvant mettre en péril la sécurité des données des entreprises. Des attitudes pourtant risquées quand on sait que les travailleurs « mobiles » et les salariés des très petites entreprises (moins de 10 salariés) sont également ceux disposant de la plus grande latitude en termes d’achats et d’opérations bancaires impliquant l’entreprise. 65% des employés travaillant dans des structures de moins de 10 salariés sont en effet amenés à effectuer des achats en ligne à titre professionnel contre 46% pour l’ensemble des actifs interrogés.

L’utilisation des appareils professionnels dans la sphère personnelle est un autre vecteur de menace pour la sécurité des données des entreprises. Les salariés des petites structures (moins de 10 employés) sont les mieux équipés en appareils mobiles. Ils font aussi partie de ceux  qui utilisent le plus leur matériel professionnel à titre personnel. 82% des salariés de ces entreprises se connectent à Internet au moins une fois par semaine pour des raisons personnelles à partir de leur appareil professionnel (contre 72% de l’ensemble des actifs).

Des usages qui pèsent d’autant plus sur la sécurité de ces entreprises qu’elles ne disposent pas de services informatiques ou de services généraux pour assurer le contrôle et la gestion des appareils mobiles.

Des disparités dans la mise en place des techniques de sécurisation
Pour se prémunir des risques auxquels elles sont exposées et assurer la protection de leurs ordinateurs fixes, 9 entreprises sur 10 s’appuient sur la mise en place d’un mot de passe. Cependant, la fréquence de mise à jour exigée n’est pas la même partout. Seuls 18% des actifs doivent changer leur mot de passe tous les mois quand 34% déclarent devoir le changer moins de 2 fois par an. Une disparité également observée dans son élaboration : 62% des entreprises imposent un nombre minimum de caractères, 56% demandent à leurs salariés de choisir un mot de passe incluant des chiffres et des caractères spéciaux et 57% interdisent de réutiliser un ancien mot de passe. De manière globale, 70% des entreprises imposent au moins une règle à leurs salariés pour le choix du mot de passe mais cette proportion chute à 51% dans les structures de moins de 10 salariés.

Parmi les autres techniques, 35% des actifs interrogés déclarent disposer d’outils de cryptage des données mais 22% ne savent pas s’ils peuvent bénéficier de cette technique dans leur entreprise. De même, si les accès au réseau sont contrôlés dans 61% des entreprises, 16% des actifs ne connaissent pas la politique utilisée par leur entreprise dans ce domaine.

Sur les appareils mobiles, le mot de passe est également le mode de protection le plus répandu. Il concerne en effet 81% des actifs disposant d’appareils mobiles. Les techniques plus sophistiquées (changement de mot de passe tous les 3 mois, système de contrôle d’accès renforcé de type Token, données cryptées non accessibles) ne concernent qu’une moitié des actifs interrogés équipés d’un appareil mobile et seulement 30% disposent de ce type de protection sur l’ensemble des appareils que leur fournit leur entreprise.

Au delà de revoir leur méthode de sensibilisation des salariés aux risques informatiques, les entreprises doivent également faire évoluer leurs dispositifs techniques de sécurité pour les adapter aux nouveaux usages.

« L’explosion des appareils et solutions mobiles dans les entreprises soulève plus que jamais des problématiques de sécurité importantes. La mesure préventive la moins onéreuse consiste à sensibiliser le personnel à l’importance de la sécurité des données. Les connaissances en la matière sont souvent limitées, surtout dans les petites entreprises, et le recours à un expert pour en expliquer les bases peut représenter l’un des meilleurs investissements d’une entreprise » conseille François Brisson, Responsable marché Technologie-Média-Télécom chez Hiscox. « Néanmoins en cas de problème, les sociétés doivent disposer d’un plan de réaction rapide afin de limiter les dommages et de prouver qu’elles prennent toutes les mesures nécessaires. Dans ce cadre, elles sontparfois amenées à faire appel à des spécialistes en gestion de crise, voire à des conseillers en relations publiques. Notre assurance Data Risks permet de couvrir ces coûts et de réduire les conséquences d’une violation de données ».

Configurer efficacement la double identification de son Dropbox

Le 13 octobre 2014, un pirate informatique annonçait avoir mis la main sur plusieurs millions de comptes utilisateurs Dropbox.Voici comment protéger, au mieux, votre espace privé de sauvegarde.

Plusieurs listes ont été diffusées sur la toile, certaines étaient fausses. Pour éviter que vos données soient interceptées, via votre mot de passe intercepté par un pirate via de multiples possibilités (phishing, logiciel espion, fuite interne à l’entreprise, …) il est conseillé d’installer la double authentification. L’idée, recevoir un code de sécurité en supplément de votre mot de passe. Sans ce dernier, point de possibilité, même pour vous, d’accéder à vos informations. Voici la méthode pour installer efficacement la double authentification de votre dropbox. Nous vous proposons le même pas-à-pas pour Google, Youtube, gMail, ainsi que pour Facebook.

1 – Le site DropBox
D’abord se rentre sur la page dédiée double authentification de Dropbox. Comme le rappel Dropbox, la validation en deux étapes est une fonctionnalité facultative mais vivement recommandée. Elle ajoute un niveau supplémentaire de protection à votre compte Dropbox. Lorsqu’elle est activée, Dropbox exige un code de sécurité à six chiffres en plus de votre mot de passe dès que vous vous connectez à Dropbox ou que vous associez un nouvel ordinateur, téléphone ou tablette.

2 – Activation
Connectez-vous d’abord au site Web Dropbox. Attention, une seule et unique adresse (https://www.dropbox.com/login). Cliquez sur votre nom dans la partie supérieure droite de n’importe quelle page pour ouvrir le menu Compte. Dans ce menu, vous cliquez sur « Paramètres » et vous sélectionnez l’onglet « Sécurité« . Direction le lien « Validation en deux étapes » et vous l’activez. Il vous faudra votre mot de passe de connexion à DropBox pour valider la modification. Il vous suffit ensuite de suivre le pas-à-pas pour installer sur votre tablette/smarpthone l’outil de création de code de sécurité. Après avoir activé cette fonctionnalité, pensez à ajouter un numéro de téléphone secondaire doté d’une fonction de réception des SMS. Si vous perdez votre téléphone principal, DropBox vous communique un code de sécurité sur ce numéro de téléphone de secours.

3 – Sécurité dropbox
Une fois le système installé, il vous suffira de choisir le mode de réception de ce code de sécurité. Soit par SMS, soit une application tiers. Vous pouvez utiliser, par facilité et regroupement de vos autres doubles authentification, le logiciel gratuit proposé par Google, le Google Authenticator.

Infidélité virtuelle : attention à vos emails

Infidèle par emails ? Oui, c’est possible. Une décision de la Cour de cassation a attiré l’attention en mai 2014. La Cour a en effet estimé que la fréquentation, par l’épouse, d’un site de rencontre, avec échanges d’emails et de photos intimes, était une « violation grave et renouvelée des obligations du mariage ». Et ce n’est pas la première fois que les tribunaux choisissent cette voie…

Inscriptions sur des sites de rencontres, échanges de mails tendancieux, conversations osées sur un tchat, envois de photos intimes… Les écarts de conduite sur Internet sont sanctionnés par les juges. Ce type de comportements, même si chacun reste derrière son écran, est considéré comme une faute entrainant un divorce aux torts exclusifs de l’époux internaute.

La dernière décision, datant du 9 mai 2014, semble avoir particulièrement marqué les esprits. Sans doute parce que les notions d’infidélité et de tromperie sont forcément rattachées à un rapport sexuel. Mais aussi parce qu’Internet, perçu comme un espace de liberté sans limite, voire déconnecté de la vie réelle, a été atteint par la logique jurisprudentielle.

Pourtant cette décision n’est pas la première et ne crée pas de révolution d’un point de vue juridique. Les tribunaux ont de nombreuses fois considéré comme une faute le batifolage sur Internet. Une inscription isolée sur un site de rencontre ne suffit pas à qualifier une faute. Mais la recherche manifeste de partenaires pour des échanges de fantasmes ou autre relation virtuelle constitue une faute. Certaines juridictions vont même plus loin : la Cour d’appel de Limoges a considéré, le 22 mars 2012, que la recherche d’un « réconfort intellectuel » sur des sites web est un comportement « injurieux » de l’époux.

Mais alors jusqu’où va l’infidélité ?
La notion est large et la jurisprudence exigeante envers les époux. Le devoir de fidélité est non seulement charnel, mais aussi moral et affectif. Prouver qu’il y a eu des relations sexuelles n’est pas toujours nécessaire dans un divorce pour faute. Un comportement équivoque, provoquant ou immoral peut suffire à constituer une infidélité. Plus encore, une relation platonique mais trop intime ou trop forte peut être une infidélité intellectuelle, et donc une faute. Et si l’infidélité n’est pas prouvée, ces comportements seront toujours qualifiés d’injurieux, violant le devoir de respect à son époux. Il ne faut pas seulement surveiller les mains baladeuses mais également les sentiments.

Internet facilite l’accès à la preuve
L’infidélité dématérialisée n’est donc une nouveauté que par l’aspect récent d’Internet. Ses ancêtres ont tout autant été limités : les recherches de partenaires dans des petites annonces, sur le minitel rose ou dans des clubs de rencontre ont aussi été sanctionnées. Internet ne sera donc pas le lieu de liberté des conjoints adultérins, malgré le business qui se développe pour cibler les époux en quête de relations extra-conjugales. Reste alors la question de la preuve : dans la procédure de divorce, comme dans toutes les procédures civiles, la preuve est libre. En d’autres termes, les tribunaux acceptent tout ce que l’époux lésé pourrait fournir : emails, contenus issus des réseaux sociaux, tchats ou SMS… Et ces échanges sur Internet créent une multitude de preuves écrites ! Pour se protéger de fouilles frénétiques sur son ordinateur, mieux vaut donc penser à effacer ses historiques de navigation. (Maître Romain Omer, Avocat du Barreau de Paris, pour DataSecurityBreach.fr)