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Quand les escrocs de la crypto frappent à votre porte

Les arnaques aux cryptomonnaies ne se contentent plus d’internet : des escrocs envoient désormais des lettres physiques aux domiciles de leurs victimes, exploitant des fuites de données pour tenter de voler des portefeuilles numériques.

Depuis quelques années, les fraudes liées aux cryptomonnaies se multiplient à une vitesse alarmante, profitant de l’anonymat et de la complexité technique de cet univers encore jeune. Mais en 2025, un nouveau palier inquiétant a été franchi : des victimes reçoivent désormais des lettres imprimées, livrées directement dans leur boîte aux lettres, imitant des communications officielles de la société Ledger, leader des portefeuilles matériels. Cette méthode, qui rappelle les arnaques postales d’un autre temps, témoigne de la créativité sans cesse renouvelée des cybercriminels, et de l’urgence à mieux protéger les données personnelles. Au-delà du monde numérique, c’est notre sécurité physique qui est désormais menacée, soulignant les failles béantes dans la protection de la vie privée des utilisateurs.

L’image aurait pu prêter à sourire si elle n’était pas aussi inquiétante. Sur son compte X (anciennement Twitter), l’influenceur crypto Jacob Canfield a partagé des photos de lettres prétendument envoyées par Ledger. Ces documents, présentés avec un ton formel et un graphisme quasi professionnel, réclament la « validation obligatoire du portefeuille » à la suite d’une soi-disant « mise à jour de sécurité critique ». L’objectif est clair : inciter le destinataire à scanner un code QR et, dans un second temps, à renseigner sa phrase de récupération à 24 mots, clef absolue d’un portefeuille Ledger. Une fois cette phrase divulguée, les criminels n’ont plus qu’à transférer les fonds.

« Si quelqu’un vous demande votre phrase de récupération, c’est une arnaque », martèle Ledger.

La société française, pionnière de la sécurité crypto grâce à ses portefeuilles physiques réputés inviolables, a rapidement réagi sur les réseaux sociaux. Elle a confirmé l’existence de ces lettres frauduleuses et a réitéré qu’elle ne solliciterait jamais, sous aucune forme, la phrase de récupération de ses clients. Car contrairement à des comptes bancaires traditionnels, une fois les fonds détournés depuis un portefeuille crypto, il est impossible de revenir en arrière. Il n’existe ni institution centrale pour bloquer la transaction, ni recours juridique immédiat : la perte est définitive.

Si ces lettres ont pu être envoyées, c’est notamment en raison d’une faille ancienne mais dont les effets continuent de se faire sentir. En juillet 2020, une importante fuite de données a exposé près d’un million d’adresses e-mail de clients Ledger. Pire encore, les noms, adresses postales, numéros de téléphone et détails de commande de 9 500 clients ont été rendus publics. Un trésor pour des escrocs patients, capables de concevoir des campagnes d’hameçonnage ultra ciblées plusieurs années après les faits.

Une faille de 2020 alimente encore aujourd’hui des arnaques postales, prouvant que les données personnelles volées ne périment jamais pour les cybercriminels.

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La nouveauté, cette fois, c’est le retour à un support physique, à rebours des arnaques classiques par mail ou message instantané. Cette stratégie exploite un biais psychologique puissant : une lettre tangible paraît plus authentique, plus officielle, surtout lorsqu’elle arrive dans un contexte de panique ou de méfiance généralisée envers les plateformes numériques. D’autant que ces lettres usurpent le ton rassurant et technique habituel de Ledger, avec des logos identiques et un vocabulaire spécifique destiné à piéger même les utilisateurs les plus aguerris.

L’affaire survient alors que le monde des cryptomonnaies traverse une période d’instabilité. Selon un rapport publié par la plateforme de bug bounty Immunefi, les pertes enregistrées dans l’écosystème crypto ont explosé au cours des quatre premiers mois de 2025, atteignant 1,7 milliard de dollars (environ 1,58 milliard d’euros). Ce montant est quatre fois supérieur aux 420 millions de dollars (environ 391 millions d’euros) perdus à la même période en 2024. Cette explosion s’explique en grande partie par le piratage spectaculaire de la plateforme Bybit, qui a à lui seul entraîné un préjudice estimé à 1,5 milliard de dollars (1,39 milliard d’euros).

Mais au-delà de ce cas emblématique, le mois d’avril 2025 a vu se multiplier les attaques. Quinze incidents majeurs ont été recensés, avec des pertes s’élevant à 92 millions de dollars (environ 85 millions d’euros), soit une hausse de 27 % par rapport à avril 2024 et plus du double de celles de mars 2025. La majorité de ces pertes sont dues à des piratages, et non à des escroqueries ou erreurs humaines, ce qui souligne le niveau de sophistication croissant des attaques.

En avril 2025, les attaques informatiques ont causé à elles seules plus de 92 millions de dollars de pertes dans le secteur crypto, un record alarmant.

Dans ce contexte, les lettres frauduleuses envoyées au nom de Ledger prennent une dimension encore plus menaçante. Elles représentent une nouvelle frontière dans l’ingénierie sociale, exploitant à la fois la confiance, la peur de la perte et le manque d’information. Car malgré l’expérience croissante des utilisateurs, beaucoup restent vulnérables à des sollicitations bien ficelées, d’autant plus quand elles s’adossent à des éléments tangibles et personnalisés.

Face à ces menaces, les recommandations des experts restent simples mais fondamentales. Ne jamais transmettre sa phrase de récupération, même en cas de doute. Vérifier directement les informations via les canaux officiels. Et surtout, se méfier de tout contact non sollicité, qu’il soit numérique ou physique. Car dans l’univers de la cryptomonnaie, chaque utilisateur est aussi son propre garant, son propre coffre-fort.

La question qui se pose aujourd’hui est de savoir si les régulateurs et les plateformes technologiques prendront la mesure de ce changement de paradigme. Car tant que les données personnelles continueront de circuler dans la nature, les escrocs disposeront d’un arsenal sans fin pour piéger leurs cibles, peu importe la forme que prennent leurs attaques. Le courrier frauduleux n’est qu’un nouvel avatar d’un problème bien plus vaste : la fragilité de notre identité numérique, et désormais physique.

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La Russie légalise la saisie de cryptomonnaies

Le gouvernement russe a approuvé une réforme des codes pénal et de procédure pénale, reconnaissant les cryptomonnaies comme des biens saisissables, une étape dans la lutte contre la criminalité numérique.

Longtemps entourée d’un flou juridique, la question du statut des cryptomonnaies dans le droit pénal russe vient de connaître un tournant décisif. Le 14 avril 2025, la commission gouvernementale a validé des amendements permettant de reconnaître officiellement les actifs numériques, y compris les cryptomonnaies, comme des biens. Cette reconnaissance ouvre la voie à leur saisie, leur confiscation et leur traitement comme preuves matérielles dans les enquêtes criminelles. Annoncé dès mars par le ministère de la Justice, ce projet entend combler les lacunes qui compliquaient jusqu’alors les procédures judiciaires. Mais si cette avancée clarifie certains points, elle soulève aussi de nouvelles interrogations sur l’efficacité du mécanisme d’application dans un univers décentralisé et transfrontalier.

Le flou juridique autour des cryptomonnaies n’est plus. Avec les nouvelles modifications adoptées, les actifs numériques accèdent au statut de « bien » dans le droit pénal russe, au même titre que les comptes bancaires, les voitures ou les biens immobiliers. Le texte, dont l’approbation officielle a été confirmée le 14 avril par une commission gouvernementale, met fin à des années d’incertitude pour les autorités chargées des enquêtes criminelles. Jusque-là, les enquêteurs pouvaient se heurter à un véritable casse-tête lorsqu’il s’agissait d’intervenir sur des flux financiers illicites transitant par la blockchain.

Le président du conseil de l’Association des juristes de Russie, Vladimir Grouzdev, a salué une initiative « nécessaire et attendue« , rappelant que la cryptomonnaie était déjà considérée comme un bien dans les lois relatives à la lutte contre le blanchiment d’argent et la corruption. Mais cette reconnaissance n’avait pas encore pénétré l’ensemble du corpus pénal. Ce vide juridique, source de multiples contradictions, freinait considérablement le travail des forces de l’ordre, notamment dans les affaires de cybercriminalité.

« La reconnaissance des cryptomonnaies comme bien permettra leur saisie et leur confiscation dans les procédures pénales, ce qui jusqu’ici relevait d’une zone grise du droit« , explique Alexandre Redkine, avocat. Il précise que, dans la pratique, des tentatives de saisie existaient déjà, mais sans base légale claire. Le nouveau cadre légal permettra d’unifier les pratiques, d’officialiser les protocoles d’arrestation des fonds et de combler un vide qui profitait largement aux criminels.

Dans le détail, les amendements apportés au Code de procédure pénale définissent les procédures spécifiques que doivent suivre les autorités pour opérer des saisies d’actifs numériques. Comme a pu le lire DataSecurityBreach.fr, tout dépendra du type de portefeuille utilisé. Si le suspect détient un « wallet » dit froid, c’est-à-dire hors ligne, ce sont les supports matériels eux-mêmes (clés USB, disques durs) qui seront confisqués. En revanche, pour les portefeuilles « chauds », connectés à Internet, les fonds devront être transférés vers un compte sécurisé contrôlé par l’État.

Mais là encore, les limites du système apparaissent rapidement. Les mécanismes de compensation des victimes – en cas de confiscation de cryptomonnaies – ne sont pas encore pleinement définis. Surtout quand ces victimes sont basées dans des pays pas vraiment dans les petits papiers du Kremlin. Et c’est sans parler de la difficulté majeure que constitue l’identification des détenteurs de ces actifs, souvent anonymes ou dissimulés derrière de multiples intermédiaires.

Cette problématique est d’autant plus complexe que l’univers des cryptomonnaies fonctionne selon des logiques radicalement différentes des circuits bancaires classiques. Leur caractère transfrontalier, l’absence d’intermédiaires centralisés et l’existence de réseaux comme le dark web rendent les enquêtes particulièrement ardues. Le suivi des transactions cachées représente aujourd’hui l’un des plus grands défis de la justice numérique, et quelque soit le pays. Ces opérations, souvent fractionnées et masquées, rendent difficile la traçabilité de l’origine des fonds.

Quid des huissiers ! Les huissiers de justice ne disposent pas d’outils efficaces pour confisquer directement la cryptomonnaie. Bien souvent, ils sont contraints de convertir les cryptoactifs en monnaie fiduciaire, avec tous les risques que cela comporte, notamment la perte de valeur ou les fluctuations soudaines du marché. Le risque d’erreurs ou de manipulations est d’autant plus élevé que les compétences techniques nécessaires pour ce type d’opérations restent rares au sein des services publics.

Faux convertisseur PDF : adieu vos cryptomonnaies !

Un paquet malveillant déguisé en convertisseur PDF a été utilisé pour pirater les portefeuilles de cryptomonnaies Atomic Wallet et Exodus, exposant des milliers d’utilisateurs à une fraude invisible.

 Un paquet open source diffusé via le gestionnaire npm, baptisé pdf-to-office, prétendait offrir une fonction anodine de conversion de fichiers PDF vers des formats Microsoft Office. En réalité, il s’agissait d’un cheval de Troie sophistiqué, conçu pour infiltrer deux des portefeuilles de cryptomonnaies les plus populaires — Atomic Wallet et Exodus — et rediriger subrepticement les transactions vers des adresses contrôlées par les cybercriminels. Cette attaque ciblée souligne à nouveau les failles béantes de la chaîne d’approvisionnement logicielle dans l’univers de la blockchain, où la confiance peut être compromise par une simple ligne de code.

Ce n’est pas la première fois que des paquets npm sont détournés à des fins malveillantes, mais l’attaque révélée se distingue par sa précision chirurgicale et son camouflage élaboré. Le paquet pdf-to-office ne suscitait a priori aucun soupçon : ses métadonnées semblaient légitimes, sa description technique cohérente, et il remplissait même partiellement sa promesse en convertissant certains fichiers PDF. Mais une fois installé sur la machine d’un développeur ou d’un utilisateur peu méfiant, le vrai travail du code malveillant commençait.

Dès l’exécution, le script inspectait le système local pour détecter la présence des portefeuilles Atomic Wallet ou Exodus. En fonction de la version installée, il allait modifier directement certains fichiers critiques au sein de leurs répertoires. Le plus inquiétant : les applications continuaient à fonctionner normalement, sans éveiller la moindre alerte de la part de l’utilisateur. L’interface restait identique, les soldes n’étaient pas altérés, les fonctions paraissaient intactes. Pourtant, à l’envoi de fonds, l’adresse du destinataire était discrètement remplacée par une adresse appartenant à l’attaquant.

« Même supprimé, le virus continue d’agir dans l’ombre : seul un reformatage complet des portefeuilles permet d’en venir à bout. »

Cette technique d’injection silencieuse est particulièrement dangereuse, car elle détourne des fonds en toute discrétion, souvent sans que les victimes ne s’en rendent compte avant que le mal ne soit fait. Ce type d’attaque est difficile à détecter à l’œil nu, car elle ne repose pas sur un simple keylogger ou une interception réseau, mais sur la modification interne des composants de logiciels de confiance.

Le script malveillant effectuait un archivage de fichiers provenant de la configuration d’AnyDesk, un logiciel populaire de prise de contrôle à distance. Ces archives étaient ensuite exfiltrées vers un serveur externe, ce qui pourrait indiquer soit une tentative de nettoyage de traces, soit la préparation d’une attaque plus vaste ciblant des environnements professionnels ou des infrastructures critiques. Ce volet secondaire de l’attaque suggère un niveau de sophistication élevé, digne de groupes de cybercriminalité organisés.

L’attaque met en lumière les faiblesses structurelles de l’écosystème npm, qui repose sur la confiance entre développeurs.

À l’heure actuelle, le paquet pdf-to-office a été retiré de la plateforme npm. Mais les conséquences persistent. Car même après la suppression du paquet et son désinstallation manuelle, les fichiers infectés dans les portefeuilles restent actifs. En d’autres termes, le logiciel reste compromis à moins d’être complètement réinstallé depuis des sources officielles. Cette persistance pose un défi majeur pour la remédiation : de nombreux utilisateurs n’imaginent pas qu’une simple dépendance de développement puisse infecter leur portefeuille crypto, et continuent à utiliser leur logiciel sans se douter du détournement.

Les versions officielles d’Atomic Wallet et Exodus, disponibles sur les sites des éditeurs, n’ont pas été affectées. Seules les installations locales ayant incorporé ce paquet via une chaîne de dépendances contaminée sont concernées. Cela n’empêche pas de tirer une sonnette d’alarme : une fois de plus, c’est l’intégrité de la chaîne d’approvisionnement logicielle qui est en jeu. Une menace devenue récurrente, après des scandales retentissants comme celui de SolarWinds ou de l’attaque contre 3CX.

Le Trésor américain lève les sanctions contre Tornado Cash

Tornado Cash, une plateforme controversée de mixage de cryptomonnaies, a été retirée vendredi de la liste noire des sanctions américaines après une décision de justice favorable en novembre. Ce revirement met en lumière les tensions croissantes entre innovation technologique et sécurité nationale.

Depuis 2022, Tornado Cash figurait sur la liste des personnes nationales spécialement désignées (SDN) du département du Trésor américain. Accusée d’avoir facilité le blanchiment de centaines de millions de dollars volés par des hackers nord-coréens, la plateforme faisait l’objet de mesures strictes. La décision de la cour d’appel fédérale en novembre a toutefois bouleversé ce cadre juridique en invalidant les sanctions, estimant que le Trésor avait dépassé ses prérogatives légales.

Une victoire juridique décisive ?

La décision de la cour d’appel fédérale repose sur une interprétation clé de la loi de 1977 sur les pouvoirs économiques d’urgence internationaux (IEEPA). Le juge Don Willett de la 5e Cour d’appel des États-Unis a estimé que les contrats intelligents immuables de Tornado Cash ne peuvent pas être considérés comme des « biens » au sens de la loi. Cette distinction a été décisive dans l’annulation des sanctions. Les contrats intelligents sont des lignes de code autonomes sur la blockchain, conçues pour préserver l’anonymat des transactions. En d’autres termes, ces protocoles décentralisés échappent au contrôle direct de leurs créateurs et ne sont donc pas assimilables à des actifs traditionnels.

La plateforme de trading Coinbase, qui a soutenu financièrement la bataille juridique, a rapidement salué cette décision comme une « victoire historique pour la crypto« . Un responsable de Coinbase a déclaré que « personne ne veut que des criminels utilisent des protocoles cryptographiques, mais bloquer entièrement la technologie open source parce qu’une petite partie des utilisateurs sont de mauvais acteurs n’est pas ce que le Congrès a autorisé« . Cette déclaration illustre le débat persistant autour de la régulation des cryptomonnaies : faut-il sanctionner la technologie elle-même ou les acteurs qui en abusent ?

Une plateforme au cœur de scandales majeurs

Tornado Cash est une plateforme de mixage de cryptomonnaies lancée en 2019. Son fonctionnement repose sur un principe simple mais controversé : elle permet aux utilisateurs de combiner plusieurs transactions de cryptomonnaies afin d’en masquer l’origine. Ce processus complique considérablement la traçabilité des fonds, ce qui en fait un outil prisé des cybercriminels.

Le département du Trésor américain avait précédemment accusé Tornado Cash d’avoir blanchi plus de 7 milliards de dollars depuis sa création. Parmi les opérations de blanchiment les plus retentissantes figure le vol de plus de 600 millions de dollars du jeu Axie Infinity en mars 2022, attribué au groupe de hackers nord-coréen Lazarus. Tornado Cash aurait également été utilisé pour blanchir 275 millions de dollars dérobés sur la plateforme de trading KuCoin.

En août 2023, le cofondateur Roman Storm a été arrêté dans l’État de Washington pour blanchiment d’argent. Son associé Roman Semenov, de nationalité russe, est en fuite et reste sous le coup des sanctions américaines. Un autre développeur clé de Tornado Cash, Alexey Pertsev, a été condamné en mai 2023 à cinq ans et quatre mois de prison par un tribunal néerlandais pour blanchiment d’argent. La levée des sanctions contre Tornado Cash ne remet donc pas en cause la responsabilité pénale de ses dirigeants.

Un revirement stratégique du Trésor américain

Le département du Trésor a expliqué sa décision en évoquant un « examen des nouvelles questions juridiques et politiques soulevées par l’utilisation de sanctions financières contre l’activité financière et commerciale se produisant dans des environnements technologiques et juridiques en évolution ». Cette déclaration souligne la complexité croissante de la régulation des cryptomonnaies dans un contexte de développement technologique rapide.

Le secrétaire au Trésor, Scott Bessent, a toutefois insisté sur la nécessité de protéger le secteur des actifs numériques contre les abus. « Protéger le secteur des actifs numériques contre les abus de la Corée du Nord et d’autres acteurs illicites est essentiel pour établir le leadership des États-Unis et garantir que le peuple américain puisse bénéficier de l’innovation et de l’inclusion financières », a-t-il déclaré. Cette position reflète une volonté de concilier développement technologique et sécurité nationale, deux objectifs souvent perçus comme contradictoires.

Des tensions politiques et réglementaires persistantes

La levée des sanctions contre Tornado Cash s’inscrit dans un contexte politique plus large. L’administration Trump a adopté une posture plus favorable à l’égard des cryptomonnaies et des actifs numériques. Plusieurs défenseurs de la blockchain ont été nommés à des postes stratégiques, influençant la politique du gouvernement en matière de régulation financière.

Cependant, cette approche divise profondément le paysage politique américain. Si certains considèrent les cryptomonnaies comme une opportunité d’innovation et de croissance économique, d’autres y voient un risque majeur pour la sécurité nationale. Les cyberattaques nord-coréennes visant les plateformes de cryptomonnaie et le financement du programme nucléaire de Pyongyang exacerbent ces tensions.

Le Trésor a d’ailleurs précisé que la surveillance des transactions suspectes se poursuivra. « Le Trésor continuera de surveiller de près toute transaction susceptible de profiter à des cyber acteurs malveillants ou à la RPDC, et les citoyens américains doivent faire preuve de prudence avant de s’engager dans des transactions qui présentent de tels risques », a averti le département.

Une décision qui pourrait redéfinir la régulation des cryptomonnaies

La levée des sanctions contre Tornado Cash pourrait créer un précédent juridique majeur. La décision de la cour d’appel limite la capacité du gouvernement à imposer des sanctions sur des protocoles décentralisés et soulève la question de la responsabilité des développeurs de technologies open source. Cette situation pourrait encourager le développement de nouvelles plateformes de mixage et d’anonymisation, tout en compliquant la tâche des régulateurs.

Les partisans de la décentralisation y voient une avancée majeure pour la protection de la vie privée et la souveraineté numérique. Les autorités, en revanche, redoutent une augmentation des activités illicites, facilitée par l’opacité des transactions cryptographiques.

Le cas de Tornado Cash illustre ainsi le dilemme fondamental auquel sont confrontés les gouvernements face à la révolution des cryptomonnaies : comment protéger l’innovation sans ouvrir la porte à des dérives criminelles ? La réponse à cette question façonnera sans doute l’avenir de la régulation financière dans l’économie numérique globale.

Enlèvement et libération du cofondateur de Ledger

David Balland, cofondateur de l’entreprise de cryptomonnaies Ledger, a été enlevé le 21 janvier à son domicile dans le Cher. Une mobilisation massive des forces de l’ordre a permis de libérer l’entrepreneur et sa compagne rapidement. Quinze jours plus tôt, son associé expliquait sur Youtube comment il se protégeait !

Le mardi 21 janvier, au petit matin, des individus armés ont fait irruption au domicile de David Balland et de sa compagne, à Vierzon. Les victimes ont été séparées et emmenées dans des lieux différents. Une rançon en cryptomonnaies a été réclamée à un autre cofondateur de Ledger, ce qui a alerté les autorités.

Une intervention rapide et efficace

Le mercredi 22 janvier, grâce à une première interpellation et aux enquêtes menées par les gendarmes, le lieu de séquestration de David Balland a été identifié à Châteauroux. Une opération du GIGN a permis de libérer l’entrepreneur sans effusion de sang. Cependant, celui-ci présentait des blessures graves à la main, nécessitant une hospitalisation immédiate.

La libération de la compagne

Dans la nuit suivante, les enquêteurs ont localisé la compagne de David Balland, ligotée dans un véhicule à Étampes, dans l’Essonne. Libérée sans blessure physique, elle a été prise en charge pour un suivi psychologique.

Un réseau criminel rapidement identifié

Des interpellations en série

Dix individus, âgés de 20 à 40 ans, ont été interpellés. Parmi eux, neuf hommes et une femme, pour la plupart connus des services de police. Les enquêtes ont révélé une organisation criminelle structurée, qui avait planifié chaque étape de l’enlèvement. Les ravisseurs avaient choisi d’utiliser les cryptomonnaies pour tenter de dissimuler les traces de la rançon. « La gendarmerie nationale a été saisie dans son ensemble, de la section de recherches de Bourges à l’Unité nationale Cyber. Son travail a permis la libération de David Balland le 22 janvier, celui-ci ayant été pris en charge par les secours et devant faire l’objet de soins. » comme le stipule le communiqué de presse du Parquet de Paris JUNALCO.

La traçabilité des cryptomonnaies

Grâce à la technologie blockchain, une partie des fonds réclamés a été localisée, gelée, puis saisie. Cet épisode met en avant à la fois les avantages et les limites des cryptomonnaies dans de telles situations. « les malfaiteurs ont […] réclamé le paiement d’une importante rançon en cryptomonnaie.« 

Une enquête toujours en cours

Une information judiciaire a été ouverte pour enlèvement et séquestration en bande organisée avec actes de torture et extorsion sous menace d’armes. L’enquête, supervisée par la Juridiction nationale de lutte contre la criminalité organisée (Junalco), se poursuit pour démanteler entièrement ce réseau. Les personnes arrêtées, s’ils sont reconnus coupables encourent « la réclusion criminelle a perpétuité.« 

Le rôle prévisible des cryptomonnaies

Une cible de choix pour les criminels

L’utilisation des cryptomonnaies dans cette affaire illustre une nouvelle tendance dans les activités criminelles. Ledger, entreprise spécialisée dans la sécurité des actifs numériques, gère des millions d’euros en cryptomonnaies, ce qui en fait une cible de choix.

Un avertissement qui prend tout son sens

En janvier, Eric Larchevêque, cofondateur de Ledger, avait publié une vidéo sur les précautions à prendre pour protéger l’entreprise et ses collaborateurs. Ironiquement, quelques semaines plus tard, David Balland a été kidnappé, confirmant que ces risques sont réels et imminents.

Cette affaire met en lumière l’importance des mesures de protection dans un secteur où les cyberattaques et les risques physiques sont en augmentation, sans parler de ce que vous montrez ou racontez sur Internet. « La vigilance de la presse est à saluer dans cette affaire, nombreux media ayant été attentifs à ne pas divulguer trop tôt d’informations risquant de mettre en danger la vie humaine.« 

BlueNoroff : la nouvelle menace contre les cryptomonnaies sur macOS

Le groupe nord-coréen BlueNoroff, spécialisé dans les cyberattaques ciblant les sociétés de cryptomonnaies, a lancé une campagne massive baptisée Hidden Risk. Utilisant un malware multi-étapes sophistiqué, ce groupe vise les systèmes macOS en exploitant un mécanisme de persistance indétectable par les dernières versions de l’OS.

BlueNoroff utilise des e-mails de phishing pour attirer ses victimes, exploitant l’intérêt croissant autour des actualités liées aux crypto-monnaies. Les messages se présentent comme des communications d’influenceurs reconnus, renforçant ainsi leur crédibilité aux yeux des destinataires. Chaque e-mail contient un lien soi-disant associé à un document PDF informatif sur les événements récents, mais qui redirige en réalité vers le domaine contrôlé par les attaquants, « delphidigital[.]org ».

Point clé : le phishing reste une des méthodes les plus efficaces pour infiltrer des systèmes et accéder à des données sensibles.

Les experts de SentinelLabs ont découvert que le malware déployé par BlueNoroff utilise un mécanisme de persistance novateur qui ne déclenche aucune alerte sur les dernières versions de macOS. Ce logiciel malveillant ouvre un shell distant sur les appareils compromis, permettant aux cybercriminels d’effectuer des actions à distance sans que l’utilisateur ne le soupçonne.

L’URL malveillante est configurée pour distribuer un document apparemment inoffensif sur le Bitcoin ETF, mais elle sert également à déployer un package d’application intitulé « Le risque caché derrière la nouvelle flambée des prix du Bitcoin« .

La première étape de l’attaque repose sur une application compte-gouttes signée et notariée avec un identifiant de développeur Apple légitime, « Avantis Regtech Private Limited (2S8XHJ7948)« , qui a été révoqué par Apple depuis. Une fois lancé, le programme télécharge un faux fichier PDF à partir d’un lien Google Drive, l’ouvrant dans une visionneuse standard pour occuper la victime, tandis qu’en arrière-plan, la charge utile principale est téléchargée depuis « matuaner[.]com ».

cette campagne s’appuie sur un document de recherche authentique de l’Université du Texas, soulignant le niveau de détail et de planification de l’attaque.

BlueNoroff, déjà connu pour ses vols de cryptomonnaies, met en œuvre des stratégies de plus en plus complexes, ciblant directement l’écosystème macOS qui, jusqu’ici, restait moins affecté par ce type d’attaques. Cette campagne met en lumière la nécessité pour les entreprises et les utilisateurs de rester vigilants et de renforcer leur sécurité.

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Une attaque SIM-swap bouleverse le marché des cryptomonnaies

Janvier 2024, un incident majeur secoue le monde de la cryptomonnaie. La page officielle de la Securities and Exchange Commission (SEC) américaine sur le réseau social x a été la cible d’une attaque de type SIM-swap. ce type d’attaque, bien connu dans l’univers du piratage, permet à des cybercriminels de prendre le contrôle d’un numéro de téléphone en le transférant sur un autre appareil. Dans ce cas précis, les attaquants ont réussi à accéder au compte de la SEC, et ont publié un faux message qui allait perturber le marché du bitcoin de manière significative.

Avant d’analyser les détails de cette attaque, il est important de comprendre le fonctionnement d’une attaque SIM-swap. le principe est relativement simple : les cybercriminels ciblent les services de télécommunications pour rediriger un numéro de téléphone vers une nouvelle carte SIM en prétendant être le véritable propriétaire. une fois le contrôle obtenu, ils peuvent contourner les systèmes d’authentification, en particulier ceux reposant sur des SMS pour l’authentification à deux facteurs (2FA). Dans le cas de la SEC, l’authentification à deux facteurs n’était pas activée, ce qui a facilité l’accès des hackers au compte officiel sur le réseau social x. cette faille de sécurité a permis aux attaquants de publier un message prétendant que la SEC venait d’approuver un bitcoin-ETF, ce qui a déclenché une série de réactions sur le marché.

Le faux message qui sème la panique

Une fois aux commandes du compte officiel de la SEC, les pirates ont publié un faux message qui annonçait l’approbation d’un ETF bitcoin (un fonds indiciel coté permettant d’investir sur le bitcoin via la bourse). l’annonce d’un bitcoin-ETF est un événement très attendu par les investisseurs et les spéculateurs, car cela signifierait une étape majeure pour l’adoption légale de la cryptomonnaie. Le faux tweet a immédiatement provoqué une flambée du prix du bitcoin. les spéculateurs, voyant cette « information » relayée par un compte officiel aussi influent que celui de la SEC, ont rapidement investi dans la cryptomonnaie, ce qui a fait grimper sa valeur jusqu’à un sommet de 48 000 dollars en quelques minutes. c’est un bond spectaculaire pour une cryptomonnaie qui est soumise à de fortes fluctuations de prix.

Malheureusement, la hausse soudaine du prix du bitcoin ne fut que de courte durée. peu de temps après la publication du tweet, la SEC a réagi en déclarant que le message était faux et que leur compte avait été piraté. cette déclaration a provoqué un renversement brutal du marché : la valeur du bitcoin a chuté aussi vite qu’elle avait grimpé, créant un véritable effet de yo-yo. La chute brutale a provoqué des liquidations massives sur les marchés de la cryptomonnaie. environ 230 millions de dollars ont été liquidés, ce qui signifie que de nombreux investisseurs ont perdu d’importantes sommes d’argent. les traders utilisant des effets de levier ont été particulièrement affectés, car ils se sont retrouvés dans l’incapacité de maintenir leurs positions à cause des fluctuations soudaines. cette volatilité, alimentée par la publication d’une fausse information, a révélé à quel point le marché des cryptomonnaies peut être sensible à des manipulations externes, même lorsqu’elles sont brèves.

Comment une faille de sécurité a pu permettre une telle attaque

L’une des questions centrales qui ressort de cet incident est : comment une organisation aussi influente que la SEC a-t-elle pu être vulnérable à une attaque SIM-swap ? la réponse réside dans une série de manquements au niveau de la sécurité du compte sur x. Le plus préoccupant a été la désactivation de l’authentification à deux facteurs. en temps normal, l’authentification à deux facteurs ajoute une couche supplémentaire de sécurité en exigeant non seulement un mot de passe, mais aussi un code envoyé par SMS ou généré par une application. or, dans ce cas, cette fonctionnalité était désactivée, rendant l’accès au compte plus facile pour les pirates. De plus, l’attaque a ciblé le fournisseur de télécommunications de la SEC. les attaquants ont réussi à convaincre l’opérateur de transférer le numéro de téléphone associé au compte x vers un autre appareil, probablement en se faisant passer pour un employé de la SEC ou en utilisant des informations volées. cela a permis aux pirates de contourner les mesures de sécurité traditionnelles, comme la réinitialisation de mot de passe via un code envoyé par SMS.

Les répercussions de l’attaque et la réponse des autorités

La SEC, après avoir pris conscience de l’incident, a réagi rapidement en rétablissant l’authentification à deux facteurs sur ses comptes et en renforçant ses mesures de sécurité. mais l’impact de l’attaque a mis en lumière des vulnérabilités dans la gestion des comptes de réseaux sociaux par les grandes institutions. il est désormais clair que la désactivation de certaines fonctionnalités de sécurité peut avoir des conséquences dramatiques, en particulier dans un contexte où des millions d’investisseurs surveillent activement les annonces de la SEC. Les autorités américaines, dont le FBI et le département de la sécurité intérieure, ont également pris l’incident au sérieux. une enquête a été ouverte pour identifier les responsables de l’attaque et comprendre comment les pirates ont réussi à obtenir le contrôle du compte de la SEC.

Quelques semaines après l’attaque, le FBI a annoncé l’arrestation de l’auteur du piratage. les détails sur la façon dont l’arrestation a été effectuée restent confidentiels. Cet incident est un rappel de l’importance des mesures de sécurité en ligne, en particulier pour les entreprises et institutions qui gèrent des comptes à haute visibilité.

Ça pirate à tout-va dans le monde de la cryptomonnaie.

Une série d’attaques majeures secoue l’écosystème des crypto-monnaies et des services financiers

Ces dernières semaines, l’écosystème des crypto-monnaies et des services financiers a été frappé par une série d’attaques massives, affectant plusieurs plateformes de premier plan à travers le monde. Indodax, BingX, Truflation et MoneyGram figurent parmi les victimes les plus marquantes de ces incidents de cybersécurité, qui ont entraîné des pertes cumulées de plusieurs millions de dollars. Ces événements soulignent la vulnérabilité des systèmes numériques et la nécessité croissante de renforcer la sécurité dans l’univers des actifs numériques et des services financiers en ligne.

L’attaque contre Indodax : plus de 22 millions de dollars en crypto-monnaies volés

Le 10 septembre 2024, l’échange de crypto-monnaies Indodax, basé en Indonésie, a été frappé par une cyberattaque qui a conduit au vol de plus de 22 millions de dollars en divers jetons numériques. Selon des rapports publiés par les experts en cybersécurité de Slowmist et CertiK, l’attaque a ciblé les portefeuilles chauds de la plateforme – ces portefeuilles qui sont connectés en permanence à Internet pour permettre un accès rapide aux fonds et aux transactions. Bien que cette fonctionnalité soit essentielle pour faciliter l’expérience utilisateur, elle présente également des risques accrus de vulnérabilité face aux cyberattaques.

Plus de 14 millions de dollars en Ethereum (ETH)
2,4 millions de dollars en Tron (TRX)
1,4 million de dollars dans d’autres actifs cryptographiques

L’attaque contre Indodax est l’une des plus importantes en termes de montant dérobé cette année. Elle a jeté un froid sur l’industrie des crypto-monnaies, suscitant des inquiétudes quant à la sécurité des actifs détenus sur les plateformes d’échange. Bien que la société ait immédiatement pris des mesures pour renforcer ses mesures de sécurité et protéger les fonds restants, cet incident met en lumière les failles persistantes dans les systèmes de sécurité des portefeuilles chauds.

BingX : une perte colossale de plus de 44 millions de dollars

À peine quelques jours après l’attaque contre Indodax, un autre échange de crypto-monnaies majeur a été ciblé. BingX, une plateforme de crypto-monnaies basée à Singapour, a révélé avoir subi une cyberattaque qui a entraîné la perte de plus de 44 millions de dollars en actifs numériques.

L’attaque a été découverte après que les spécialistes en sécurité de la blockchain ont commencé à enregistrer des retraits anormalement élevés sur la plateforme. En réponse, BingX a suspendu temporairement ses opérations, expliquant qu’il s’agissait d’une « maintenance du portefeuille ». Cependant, l’entreprise a rapidement confirmé que cette suspension était en réalité due à la détection d’un accès réseau anormal, ce qui a mis en lumière la gravité de la situation.

La suspension des travaux et des transactions a généré une onde de choc parmi les utilisateurs de la plateforme, soulevant des questions sur la sécurité des fonds déposés. À ce jour, BingX n’a pas encore fourni de détails sur la manière dont l’attaque a été menée, ni sur la manière dont l’entreprise prévoit de compenser les pertes subies. Cependant, cette attaque est l’une des plus importantes survenues cette année en termes de pertes financières.

Truflation : une attaque ciblant la trésorerie et les portefeuilles personnels

Le 25 septembre 2024, une nouvelle attaque a secoué la sphère des crypto-monnaies. Cette fois, c’est Truflation, une plateforme blockchain spécialisée dans la fourniture de données financières, qui a été prise pour cible. Selon des informations partagées par le chercheur en sécurité blockchain ZachXBT, environ 5 millions de dollars ont été volés au cours de cette attaque, principalement à partir de la trésorerie de la plateforme et des portefeuilles personnels de certains de ses membres.

L’incident a été détecté lorsque Truflation a observé des activités anormales sur ses systèmes, indiquant un accès non autorisé à ses fonds. Les hackers semblent avoir utilisé des techniques avancées pour contourner les mesures de sécurité de la plateforme et s’approprier les actifs cryptographiques. Truflation a rapidement réagi en renforçant ses contrôles de sécurité, mais l’incident montre à quel point même les projets les plus réputés peuvent être vulnérables.

Ce type d’attaque soulève des préoccupations importantes quant à la protection des fonds au sein des plateformes décentralisées, et met en avant l’importance de systèmes de sécurité encore plus robustes, particulièrement lorsqu’il s’agit de protéger des trésoreries conséquentes.

MoneyGram : perturbation majeure des services de transfert d’argent

Le secteur financier traditionnel n’a pas été épargné par cette vague d’attaques. Le 20 septembre 2024, MoneyGram, un géant des services de transfert d’argent, a suspendu l’ensemble de ses opérations en raison d’un cyber-incident d’envergure. Les services en ligne et hors ligne de MoneyGram ont cessé de fonctionner, plongeant ses millions d’utilisateurs dans l’incertitude.

Le 22 septembre, MoneyGram a confirmé que cette suspension était la conséquence directe d’une cyberattaque ayant compromis les données personnelles de ses clients ainsi que des informations sur leurs transactions. Bien que la société ait indiqué qu’elle enquêtait sur l’incident, elle n’a pas encore fourni de détails quant au nombre exact d’utilisateurs touchés ni à l’ampleur des données compromises.

L’impact de cette attaque est profond. MoneyGram, étant un acteur majeur dans le secteur des transferts d’argent, dessert des millions de personnes à travers le monde. La perturbation de ses services pendant plusieurs jours a non seulement affecté des transactions financières cruciales, mais a également semé le doute sur la capacité de l’entreprise à protéger les données sensibles de ses utilisateurs. Bien que le système soit progressivement remis en ligne, la réputation de MoneyGram pourrait être durablement affectée par cet incident.

Ces attaques successives montrent clairement que l’ère numérique, et en particulier le secteur des crypto-monnaies, reste une cible privilégiée pour les cybercriminels. Les attaques contre Indodax, BingX, Truflation, et MoneyGram mettent en lumière la sophistication croissante des menaces auxquelles ces plateformes doivent faire face.

Telegram : les transactions crypto dans la ligne de mire

Telegram vient d’ajouter une nouveauté dans sa FAQ qui ne plaira pas aux pirates !

Depuis l’arrestation en août 2024 de Pavel Durov, cofondateur de Telegram, les groupes de pirates sur la plateforme sont en panique. La FAQ de Telegram précise désormais que l’application Wallet, utilisée pour les transactions en cryptomonnaies, est prête à divulguer les informations des utilisateurs aux forces de l’ordre.

Bien que Telegram ne gère pas directement Wallet, cette mise à jour de la politique de confidentialité intervient après l’arrestation de Durov et signale un changement dans la gestion de l’anonymat pour les transactions effectuées via la plateforme.

Rapport du FBI sur la fraude aux cryptomonnaies : alerte face à la montée des délits

En 2023, la fraude aux cryptomonnaies a atteint des niveaux préoccupants, selon le rapport du FBI. Le Centre de plaintes pour la criminalité sur Internet (IC3) a enregistré plus de 69 000 plaintes liées aux cryptomonnaies, représentant des pertes estimées à 5,6 milliards de dollars. Bien que ces plaintes ne représentent que 10 % des signalements de fraudes financières, les pertes associées à ces cas représentent près de 50 % des pertes totales signalées.

La cryptomonnaie est de plus en plus exploitée dans des escroqueries variées, telles que les fraudes à l’investissement, les escroqueries au support technique, les arnaques amoureuses, ou encore les stratagèmes d’usurpation d’identité gouvernementale. Cependant, la fraude à l’investissement en cryptomonnaies s’est imposée comme la plus répandue et la plus dommageable, causant plus de 3,9 milliards de dollars de pertes en 2023.

La sophistication croissante des fraudes cryptographiques

Le directeur du FBI, Christopher Wray, a exprimé son inquiétude face à la montée en sophistication de ces escroqueries. Il a mis en avant la nécessité d’une vigilance publique accrue, affirmant que la signalisation des fraudes, même en l’absence de pertes financières, est essentielle pour aider le FBI à détecter les nouvelles tendances criminelles et à informer le public.

Les escroqueries liées aux cryptomonnaies suivent souvent un schéma d’ingénierie sociale sophistiqué, dans lequel les victimes sont manipulées pour investir de l’argent dans des opportunités fictives. Voici les étapes typiques d’une fraude à l’investissement en cryptomonnaie :

Cibler les victimes : Les escrocs utilisent diverses méthodes pour attirer leurs victimes, notamment via les réseaux sociaux, les SMS ou les sites de rencontres.

Instaurer la confiance : Une fois la victime approchée, les escrocs cherchent à établir une relation de confiance en flattant et en sympathisant avec leurs difficultés.

Le pitch d’investissement : Après avoir gagné la confiance de la victime, les fraudeurs introduisent l’idée d’un investissement « lucratif », souvent dans des secteurs comme le trading de cryptomonnaies ou le mining.

Investissement initial : Les victimes sont incitées à ouvrir des comptes sur des plateformes légitimes, puis à transférer des fonds vers des plateformes frauduleuses.

Augmentation de l’investissement : Les premières transactions semblent fructueuses, encourageant les victimes à investir davantage. Les escrocs peuvent même autoriser des retraits partiels pour renforcer la confiance.

Le piège final : Lorsque les victimes tentent de retirer tous leurs fonds, elles sont bloquées sous prétexte de frais ou d’impôts supplémentaires à payer. Ce dernier stratagème permet aux criminels de soutirer davantage d’argent avant de disparaître.

La réponse du FBI : Virtual Assets Unit (VAU)

En réponse à cette vague de criminalité, le FBI a renforcé ses capacités d’enquête sur les fraudes liées aux cryptomonnaies en 2022 en créant la Virtual Assets Unit (VAU). Cette équipe spécialisée utilise des technologies de pointe pour analyser la blockchain, suivre les transactions suspectes et saisir les actifs virtuels.

Le FBI encourage les victimes, même celles n’ayant subi aucune perte, à signaler les escroqueries via le portail IC3 (ic3.gov). Ces signalements sont essentiels pour suivre l’évolution des stratagèmes et protéger le public.

Conseils pour éviter les arnaques liées aux cryptomonnaies

Pour se prémunir contre les arnaques en cryptomonnaies, voici quelques conseils :

Méfiez-vous des communications non sollicitées via SMS, réseaux sociaux ou autres canaux proposant des opportunités d’investissement.
Vérifiez de manière indépendante les conseils d’investissement, en particulier s’ils proviennent de contacts en ligne que vous n’avez jamais rencontrés en personne.
Soyez attentif aux signaux d’alerte, tels que les demandes de communication via des applications comme WhatsApp ou Telegram.
Évitez les plateformes d’investissement qui semblent trop belles pour être vraies ou qui imitent des institutions légitimes.
Ne répondez jamais à des demandes de paiements en cryptomonnaie provenant de prétendues agences gouvernementales.

Pourquoi les criminels exploitent-ils les cryptomonnaies ?

La nature décentralisée des cryptomonnaies, combinée à la rapidité et à l’irréversibilité des transactions, en fait une cible attrayante pour les criminels. Les transactions sans supervision d’un tiers sont difficiles à annuler, permettant ainsi aux malfaiteurs de déplacer de grosses sommes d’argent à travers les frontières avec une traçabilité minimale. Bien que la blockchain permette de suivre les transactions, il est difficile de récupérer les fonds lorsque ceux-ci sont transférés dans des pays aux lois anti-blanchiment d’argent peu strictes.